



{"id":568,"date":"2000-11-22T00:00:00","date_gmt":"2000-11-21T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=568"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"zurich","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=568","title":{"rendered":"Skim.com, la cyberboutique qui tatoue ses membres"},"content":{"rendered":"<p>On connaissait les sacs des fr\u00e8res Freitag, faits de b\u00e2ches de camion recycl\u00e9es. Ils \u00e9taient devenus l\u2019accessoire indispensable des jeunes branch\u00e9s, d\u2019abord \u00e0 Zurich puis \u00e0 B\u00e2le, pour envahir ensuite les milieux techno de toute la Suisse, de l\u2019Autriche et de l\u2019Allemagne. Ils ont maintenant d\u00e9pass\u00e9 les fronti\u00e8res europ\u00e9ennes et sont devenus un v\u00e9ritable insigne helv\u00e9tique au m\u00eame titre que le coucou et la Swatch.<\/p>\n<p>Depuis une ann\u00e9e, ces sacs arborent, bien visiblement inscrit, un num\u00e9ro. Les initi\u00e9s savent que ce num\u00e9ro est une adresse e-mail, soit la marque d\u2019appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 n\u00e9e en novembre 1999: <a href=http:\/\/www.skim.com target=_blank class=std>skim.com<\/a>. Si vous rep\u00e9rez dans la rue un(e) bel(e) inconnu(e) qui porte un tel sac, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 noter son num\u00e9ro: vous voudrez peut-\u00eatre le (la) contacter par courrier \u00e9lectronique&#8230;<\/p>\n<p>Ce sont les m\u00eames fr\u00e8res Freitag qui ont lanc\u00e9 ce projet avec quatre autres cr\u00e9ateurs dans l\u2019id\u00e9e de r\u00e9unir sur un site une communaut\u00e9 virtuelle et des articles \u00e0 vendre. Un groupe de six designers cr\u00e9e la ligne skim.com, branch\u00e9e sport mais pas trop technique, qui tente de viser les 18-30 ans. <\/p>\n<p>Pour d\u00e9marrer, les fondateurs, parmi lesquels le compagnon de Pipilotti Rist, ont r\u00e9ussi \u00e0 trouver le soutien financier d\u2019une trentaine d\u2019investisseurs venus essentiellement des milieux de la culture et des m\u00e9dias. Ils ont install\u00e9 leurs bureaux sur le site industriel de Maag, o\u00f9 l\u2019on traite encore l\u2019acier. On est en plein Kreis 5, quartier zurichois o\u00f9 l\u2019on trouve les clubs, les bistrots et les boutiques les plus branch\u00e9es.<\/p>\n<p>Les d\u00e9buts de Skim ont \u00e9t\u00e9 florissants. La startup a trouv\u00e9 des boutiques dans une vingtaine de pays qui ont commenc\u00e9 \u00e0 vendre ses produits. Elle a engag\u00e9 trente collaborateurs fixes, elle a lanc\u00e9 un magazine vendu 15 francs suisses et tir\u00e9 \u00e0 20\u2019000 exemplaires (sorti jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent deux fois).<\/p>\n<p>Une centaine de personnes collaborent \u00e0 ce magazine. On y trouve des cr\u00e9ateurs de Sarajevo, Delhi, Los Angeles ou Tel Aviv. Enfin, la marque Adidas est devenue partenaire, et les contacts avec Levi\u2019s sont \u00e9troits. Mais si la premi\u00e8re livraison des produits skim.com a imm\u00e9diatement trouv\u00e9 des diffuseurs sur trois continents, la deuxi\u00e8me s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e d\u00e9cevante. Pr\u00e8s de 20% des distributeurs se sont d\u00e9command\u00e9s. Que s\u2019est-il pass\u00e9? <\/p>\n<p>\u00abNous n\u2019avons pas pu assurer une livraison ponctuelle, explique Steffen Gaschik, attach\u00e9 de presse de skim.com. Nous avons vis\u00e9 trop grand, nous avions trop de projets. Aujourd\u2019hui, nous savons que nous devons nous recentrer sur la mode et la communaut\u00e9 avant de multiplier nos activit\u00e9s comme nous en avions l\u2019intention.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abIl ne suffit pas de livrer des produits marqu\u00e9s d\u2019un num\u00e9ro pour que \u00e7a marche, poursuit Steffen Gaschik. Nous devons assurer la qualit\u00e9 et la beaut\u00e9 du design. De nombreux cr\u00e9ateurs allemands et autrichiens voudraient entrer dans notre r\u00e9seau, mais nous devons leur demander d\u2019attendre. Il nous faut d\u2019abord assurer les processus de production et la livraison.\u00bb<\/p>\n<p>Un autre facteur a ralenti l\u2019expansion de skim.com: le capital de d\u00e9marrage de 25 millions de francs n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9uni. Et le financement interm\u00e9diaire pr\u00e9vu est arriv\u00e9 trop tard. \u00abCe retard est d\u00fb au fait que nous relions off et on line. Je m\u2019explique. Nous esp\u00e9rions nous associer \u00e0 Diesel qui, pour l\u2019instant, h\u00e9site: la marque ne comprend pas bien l\u2019int\u00e9r\u00eat de se retrouver on line sur notre site. A l\u2019inverse, les investisseurs sensibles au virtuel ne comprennent pas l\u2019avantage de la mode.\u00bb<\/p>\n<p>Cependant, ces r\u00e9flexions ne font pas douter les cr\u00e9ateurs, bien au contraire. Selon eux, l\u2019union entre communaut\u00e9 virtuelle et mode permet d\u2019adapter les produits \u00e0 la demande: par e-mail, les cyber-acheteurs peuvent exprimer leurs souhaits. Les designers en tiennent compte et changent les couleurs en fonction des d\u00e9sirs des consommateurs.<\/p>\n<p>Si les produits skim.com sont distribu\u00e9s dans un r\u00e9seau de boutiques (dont No Way \u00e0 Fribourg), la soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9galement ouvert son propre magasin \u00e0 Davos en f\u00e9vrier dernier. Une mani\u00e8re de test, dans une ville o\u00f9 les cr\u00e9ateurs sont s\u00fbrs de trouver une client\u00e8le internationale \u2013 et peut-\u00eatre de futurs investisseurs gr\u00e2ce au Forum \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une ann\u00e9e de vie, la startup veut tirer un bilan positif de son exp\u00e9rience \u2013 les six prochains mois et les nouvelles livraisons de ses produits vont \u00eatre un test important. Mais ses concepteurs, malgr\u00e9 les probl\u00e8mes, ne renoncent pas \u00e0 lancer des id\u00e9es. Ils veulent s\u2019ouvrir au domaine musical en donnant la possibilit\u00e9 \u00e0 leurs membres de commander sur leur site des CDs personnalis\u00e9s.<\/p>\n<p>De plus, le syst\u00e8me e-mail devrait bient\u00f4t pouvoir se passer de l\u2019ordinateur et fonctionner par messages SMS. De sorte que si l\u2019on croise un(e) splendide inconnu(e) tatou\u00e9(e) d\u2019un num\u00e9ro dans la rue, on puisse directement le (la) contacter, sans devoir l\u2019aborder de front. Excitant, non?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A la fois communaut\u00e9 virtuelle et label de mode, ce ph\u00e9nom\u00e8ne zurichois veut contaminer le monde. Apr\u00e8s un d\u00e9marrage trop ambitieux, skim.com a trouv\u00e9 sa vitesse de croisi\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"author":6209,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-568","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6209"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=568"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/568\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}