



{"id":556,"date":"2000-11-07T00:00:00","date_gmt":"2000-11-06T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=556"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=556","title":{"rendered":"Et \u00abKomiker\u00bb est devenu un film-ph\u00e9nom\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<p>Cela faisait longtemps que le cin\u00e9ma suisse ne nous avait pas apport\u00e9 une si bonne nouvelle. En ce d\u00e9but de si\u00e8cle, un film 100% zurichois, jou\u00e9 en dialecte, est devenu un v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne dans les villes al\u00e9maniques. Partout o\u00f9 il est pass\u00e9, \u00abKomiker\u00bb a fait le plein et s\u00e9duit les foules, enregistrant le score de 156\u2019000 entr\u00e9es, alors que les productions suisses qui d\u00e9passent la barre des 100\u2019000 spectateurs restent rarissimes. A Zurich, \u00abKomiker\u00bb a tenu l\u2019affiche pendant six mois, de mars \u00e0 ao\u00fbt.<\/p>\n<p>Comment expliquer un tel succ\u00e8s? Il y a d\u2019abord le personnage principal, interpr\u00e9t\u00e9 par Beat Schlatter, acteur tr\u00e8s populaire en Suisse al\u00e9manique. Cet ancien batteur de Stephan Eicher est devenu une star du comique: il appara\u00eet r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision (dans l\u2019\u00e9mission Kassensturz) et dans un cabaret qu\u2019il a co-fond\u00e9, le G\u00f6tterspass (Plaisir des dieux). Son film pr\u00e9c\u00e9dent, \u00abKatzendiebe\u00bb (Voleurs de chats), tourn\u00e9 par la m\u00eame \u00e9quipe, avait enregistr\u00e9 120\u2019000 entr\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais la popularit\u00e9 de Beat Schlatter n\u2019explique pas tout. Le succ\u00e8s de \u00abKomiker\u00bb, qui sortira \u00e0 la mi-novembre \u00e0 Gen\u00e8ve et Lausanne, tient aussi \u00e0 son marketing. \u00abNous avons d\u2019abord fait \u00e9norm\u00e9ment de publicit\u00e9 et d\u2019avant-premi\u00e8res, explique Hansj\u00f6rg Beck, distributeur du film. Ensuite, nous avons inond\u00e9 le march\u00e9 al\u00e9manique avec 34 copies: le film est sorti dans quasiment toutes les villes de grande et moyenne importance. Nous l\u2019avons plac\u00e9 tout autour de Zurich \u00e0 Kloten, Bulach, Wetzikon, Pf\u00e4ffikon, dans des salles o\u00f9, d\u2019habitude, on ne passe que des films am\u00e9ricains.\u00bb<\/p>\n<p>Autre explication du succ\u00e8s de \u00abKomiker\u00bb: le facteur de proximit\u00e9. \u00abLe film a v\u00e9ritablement circul\u00e9 sans interruption pendant plusieurs mois de ville moyenne en ville moyenne, en \u00e9tant toujours bien accueilli, poursuit Hansj\u00f6rg Beck. Nous avons vraiment jou\u00e9 sur la proximit\u00e9. J\u2019ai souvent accompagn\u00e9 Beat Schlatter assister \u00e0 une vision du film, surtout dans la campagne, \u00e0 Wohlen ou Landquart. Les spectateurs aiment beaucoup le rencontrer, lui poser des questions, lui demander un autographe. Et ils adorent ses blagues.\u00bb <\/p>\n<p>\u00abKomiker\u00bb raconte l\u2019histoire de Roni Beck, un comique rat\u00e9 frisant la quarantaine. Compl\u00e8tement fauch\u00e9, il se r\u00e9fugie chez sa maman, qui l\u2019accueille g\u00e9n\u00e9reusement dans son lit. Car elle n\u2019a plus qu\u2019un seul lit, celui de la maison de retraite o\u00f9 elle vit \u2013 plut\u00f4t bien \u2013 depuis plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Le fils prodigue est engag\u00e9 comme aide-soignant par le directeur. Entre deux soins, Roni tente de peaufiner ses num\u00e9ros de cabaret avec l\u2019aide d\u2019un comp\u00e8re, vieillard de l\u2019hospice qui fume de l\u2019herbe, provoque involontairement des incendies et s\u00e9duit la m\u00e8re du comique.<\/p>\n<p>\u00abKomiker\u00bb est un film touchant. Sans pathos, il montre la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des personnes \u00e2g\u00e9es autant que leur capacit\u00e9 de r\u00e9sistance, voire de r\u00e9volte, brossant un tableau plus qu\u2019affectueux du troisi\u00e8me \u00e2ge. Parall\u00e8lement, les affres du cr\u00e9ateur sont peintes en demi-teintes avec une bonne dose d\u2019autod\u00e9rision. Roni, comique malgr\u00e9 lui, est sexuellement encore vierge, mais il prend son mal en patience, s\u00fbr d\u2019\u00eatre sur la bonne voie. Point de mis\u00e9rabilisme. <\/p>\n<p>Pour atteindre un large public, le r\u00e9alisateur Markus Imboden (qui vient d\u2019ailleurs de tourner une nouvelle version de \u00abHeidi\u00bb) a privil\u00e9gi\u00e9 une facture simple qui ressemble furieusement \u00e0 celle d\u2019un soap-op\u00e9ra. Il pointe un th\u00e8me social qui ne laisse pas insensible: le troisi\u00e8me \u00e2ge.<\/p>\n<p>Enfin, le genre du cabaret est des plus pris\u00e9s outre-Sarine. Les apparitions de personnalit\u00e9s locales dans leur propre r\u00f4le (l\u2019homme de t\u00e9l\u00e9vision Roger Schawinski, le cabarettiste Franz Hohler, le comique Bernard Thurnheer) ne peuvent qu\u2019amuser, autant que les allusions directes \u00e0 ce qui nourrit l\u2019actualit\u00e9 al\u00e9manique: les Servelat Prominenz et l\u2019UDC (Union d\u00e9mocratique du centre). <\/p>\n<p>Le succ\u00e8s du film \u00e9tait pratiquement programm\u00e9. D\u2019autant que le sc\u00e9nario a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9crit pendant plusieurs mois, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il corresponde aux attentes du r\u00e9alisateur et de la productrice.<\/p>\n<p>Reste une inconnue: \u00abKomiker\u00bb plaira-t-il aussi au public romand? \u00abPeu probable, reconna\u00eet Hansj\u00f6rg Beck. Les acteurs ne sont pas connus en Suisse romande et les blagues en dialecte al\u00e9manique sont pratiquement intraduisibles. Je n\u2019ai pas grand espoir. C\u2019est pour cela que nous n\u2019osons pas faire de grande sortie, nous nous limitons \u00e0 Gen\u00e8ve et Lausanne.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n\u00abKomiker\u00bb, de Markus Imboden avec Beat Schlatter, sortie pr\u00e9vue le 15 novembre \u00e0 Lausanne et Gen\u00e8ve.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tourn\u00e9 en dialecte, le dernier film de Markus Imboden a enthousiasm\u00e9 le public al\u00e9manique. Explications d\u2019un succ\u00e8s, \u00e0 l\u2019heure de sa sortie \u00e0 Lausanne et Gen\u00e8ve.<\/p>\n","protected":false},"author":6209,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-556","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/556","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6209"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=556"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/556\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=556"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=556"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=556"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}