



{"id":555,"date":"2000-11-06T00:00:00","date_gmt":"2000-11-05T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=555"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"acteur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=555","title":{"rendered":"Dutronc: \u00abJ\u2019aimais trop le cin\u00e9ma pour en faire\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Son premier r\u00f4le au cin\u00e9ma date de 1973. Il avait juste trente ans et sa carri\u00e8re discographique \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 entr\u00e9e en hibernation. Depuis, Jacques Dutronc est apparu tr\u00e8s discr\u00e8tement \u00e0 l\u2019\u00e9cran, comme si le cin\u00e9ma n\u2019\u00e9tait qu\u2019une activit\u00e9 secondaire \u00e0 ses yeux.<\/p>\n<p>En 27 ans, il a tout de m\u00eame tourn\u00e9 27 films. Il a balad\u00e9 sa silhouette d\u2019\u00e9l\u00e9gant dilettante dans des \u0153uvres de Zulawski (\u00abL\u2019important c\u2019est d\u2019aimer\u00bb), de Godard (\u00abSauve qui peut (la vie)\u00bb), de Pialat (\u00abVan Gogh\u00bb) et de quelques autres.<\/p>\n<p>En cet automne 2000, on peut le voir dans \u00abMerci pour le chocolat\u00bb, le dernier Chabrol (lire <a href=http:\/\/largeur.com\/expArt.asp?artID=554>ici<\/a> la critique d\u2019Alain Perroux). A cette occasion, Jacques Dutronc a accord\u00e9 une interview exceptionnelle aux Cahiers du cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>On savait qu\u2019il n\u2019aimait pas les entretiens. Dutronc ne parle presque jamais aux m\u00e9dias. Cette fois, il a parl\u00e9 un peu, mais les choses n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 faciles.<\/p>\n<p>\u00abPour r\u00e9aliser cet entretien, deux mois de tractations ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires, avec revirements, doutes, surprises et longs silences\u00bb, expliquent Olivier Joyard et J\u00e9r\u00f4me Larcher, les deux journalistes des \u00abCahiers\u00bb qui l\u2019ont interview\u00e9.<\/p>\n<p>Dans les dix pages que le magazine lui consacre ce mois-ci, l\u2019acteur appara\u00eet souvent brumeux, anecdotique, contradictoire. Mais il se livre un peu. Voici quelques extraits de cette interview dont l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 peut \u00eatre lui dans la livraison de novembre 2000 des Cahiers. <\/p>\n<p><b>Comment en \u00eates-vous venu au cin\u00e9ma?<\/b><br \/>\nC\u2019est Jean-Marie Perier qui m\u2019a longtemps emmerd\u00e9 avec \u00e7a avant de finir par me convaincre (&#8230;) J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s impressionn\u00e9 (&#8230;) J\u2019aimais trop le cin\u00e9ma pour en faire&#8230; On ne fait pas un film comme \u00e7a, du moins \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Aujourd\u2019hui tout le monde tourne, tout le monde est admir\u00e9. Avant, \u00eatre chanteur ou acteur, c\u2019\u00e9tait vraiment p\u00e9joratif. <\/p>\n<p><b>Le cin\u00e9ma a-t-il \u00e9t\u00e9 pour vous une activit\u00e9 compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9e de la musique?<\/b><br \/>\nOui, oui. La preuve est que, quand je dois faire un disque, un film arrive. Ou l\u2019inverse. Mais je pr\u00e9f\u00e8re le cin\u00e9ma (&#8230;) Je n\u2019ai aucun regret en ce qui concerne la musique car je m\u2019en fous. Mais, au cin\u00e9ma, j\u2019ai rencontr\u00e9 des gens exceptionnels que je n\u2019ai plus vus par la suite, peut-\u00eatre parce que je ne fais pas partie de ce monde. Je ne pensais pas, alors, que le cin\u00e9ma \u00e9tait \u00e0 prendre autant au s\u00e9rieux, qu\u2019il \u00e9tait aussi important pour moi. <\/p>\n<p><b>Que voulez-vous dire par \u00abprendre le cin\u00e9ma au s\u00e9rieux\u00bb?<\/b><br \/>\nC\u2019est une attitude. Je parle de la mienne. J\u2019aurais d\u00fb m\u2019y int\u00e9resser davantage (&#8230;)<\/p>\n<p><b>Recevez-vous beaucoup de sc\u00e9narios?<\/b><br \/>\nJ\u2019en ai un paquet dans ma chambre, mais je ne les lis pas. Je ne suis pas en confiance avec les jeunes r\u00e9alisateurs. J\u2019ai des doutes maintenant. Je lis des trucs qui n\u2019ont rien \u00e0 voir avec le r\u00e9el. Marre des devoirs!<\/p>\n<p><b>Depuis vingt ans, vous faites plus de films que de disques.<\/b><br \/>\nJe n\u2019ai plus envie de grand chose surtout. Je ne vis pas de projets. Je vais faire le film d\u2019Am\u00e9ris avec la formidable Sandrine Bonnaire.<\/p>\n<p><b>Vous avez refus\u00e9 de tourner avec Spielberg et Visconti<\/b><br \/>\nOui, c\u2019est possible.<\/p>\n<p><b>En attendant un tournage, que faites-vous, vous \u00e9coutez de la musique?<\/b><br \/>\nJe regarde des films \u00e0 la t\u00e9l\u00e9. J\u2019ai le c\u00e2ble et je suis insomniaque. J\u2019aime bien les films asiatiques. Sinon, Mahler ou Gorecki. J\u2019\u00e9coute \u00e9galement beaucoup des crooners comme Nat King Cole. Mais il faut faire attention, cela peut vous attirer vers le bas. Bon, il est tard. Regardez comme l\u2019humidit\u00e9 tombe! Apr\u00e8s, c\u2019est le film de Sergio Leone, tout est ferm\u00e9, il y a de la broussaille, juste un volet qui claque (rires).<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;<br \/>\nPropos recueillis le 5 septembre \u00e0 Balagne, en Corse, par Olivier Joyard et J\u00e9r\u00f4me Larcher pour les Cahiers du cin\u00e9ma.<br \/>\n\u00a9 Cahiers du cin\u00e9ma<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion de la sortie de \u00abMerci pour le chocolat\u00bb, le com\u00e9dien a accord\u00e9 une interview exceptionnelle aux Cahiers du cin\u00e9ma. Il s\u2019y livre un peu. 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