



{"id":4919,"date":"2017-06-28T10:04:21","date_gmt":"2017-06-28T08:04:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4919"},"modified":"2017-07-12T17:49:44","modified_gmt":"2017-07-12T15:49:44","slug":"valais-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4919","title":{"rendered":"L\u2019art contemporain au milieu du village"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/062017\/Large_29_06_2017.png\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Large_29_06_2017.png\" alt=\"Large_29_06_2017.png\" \/><\/p>\n<p>Toujours plus pr\u00e9sent hors des circuits habituels, l\u2019art contemporain fait d\u00e9sormais sa marque en r\u00e9gion p\u00e9riph\u00e9rique. Pour accro\u00eetre leur capital touristique, les zones excentr\u00e9es y recourent pour g\u00e9n\u00e9rer une plus-value \u00e0 la fois culturelle et \u00e9conomique. Forte de ces constats, une \u00e9quipe de l\u2019Ecole cantonale d\u2019art du Valais (ECAV) a entrepris un projet pilote de recherche sur vingt-deux mois, <a href=\"http:\/\/www.ecav.ch\/fr\/projets\/projets-de-recherche\/creative-villages--669\" target=\"_blank\">Creative Villages<\/a> (Villages cr\u00e9atifs). Son but: mieux comprendre les enjeux de ce ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9cent, qui s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>\u00abNotre objectif initial \u00e9tait de d\u00e9velopper une r\u00e9flexion critique par rapport \u00e0 &lsquo;l\u2019\u00e9conomie cr\u00e9ative&rsquo;, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019utilisation de l\u2019art pour valoriser \u00e9conomiquement un territoire\u00bb, explique Beno\u00eet Antille, chef de projet et historien de l\u2019art \u00e0 l\u2019ECAV. Comment l\u2019art contemporain peut-il \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 des fins autres que purement artistiques; comment peut-il \u00eatre exploit\u00e9 \u00e9conomiquement; comment, le cas \u00e9ch\u00e9ant, peut-il pr\u00e9server ses vocations critiques et exp\u00e9rimentales, ainsi que son autonomie; quel r\u00f4le peut-il jouer dans une dynamique territoriale; qu\u2019attend-on d\u2019une politique culturelle? Voil\u00e0 certaines des questions que se sont pos\u00e9es les chercheurs.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de l\u2019ECAV, \u00e0 Leytron, le conseiller communal charg\u00e9 de la Culture, Alexandre Crettenand, aspirait \u00e0 profiler la commune valaisanne de 3&rsquo;100 habitants comme destination touristique culturelle originale. Il souhaitait par ailleurs faire vivre l\u2019ancienne \u00e9glise du village, en la d\u00e9diant \u00e0 la culture. Suite \u00e0 une rencontre avec Beno\u00eet Antille, les deux Valaisans ont d\u00e9cid\u00e9 de collaborer. C\u2019est ainsi que le projet Creative Villages &#8212; financ\u00e9 par Pro Helvetia et le Fonds strat\u00e9gique de la HES-SO Haute \u00e9cole sp\u00e9cialis\u00e9e de Suisse occidentale, la Loterie romande, le canton du Valais et la commune de Leytron &#8212; est pass\u00e9 de la th\u00e9orie \u00e0 la pratique sur le terrain.<\/p>\n<p><strong>Un programme vari\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>En utilisant la plate-forme de Leytron, l\u2019\u00e9quipe de l\u2019ECAV a non seulement voulu approfondir son travail sur le r\u00f4le de l\u2019art contemporain dans les r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques, mais elle a aussi propos\u00e9 un riche programme culturel dans la commune. \u00abDes expositions, des concerts, des ateliers, des d\u00e9bats, des conf\u00e9rences ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s, \u00e9num\u00e8re Beno\u00eet Antille. Dans l\u2019ancienne \u00e9glise, mais aussi en plein air, dans des buvettes et des caf\u00e9s du village, en partenariat avec les artisans et les restaurateurs de Leytron.\u00bb Des artistes de France, des \u00c9tats-Unis, de Colombie, mais aussi de Fribourg et du Valais ont \u00e9t\u00e9 accueillis en r\u00e9sidence \u00e0 Leytron. \u00abIls ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 cr\u00e9er des projets <em>in situ<\/em>, soit des \u0153uvres destin\u00e9es au lieu qui les h\u00e9berge. Quatre journaux ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s en marge de Creative Villages et l\u2019ensemble de l\u2019initiative a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e sur vid\u00e9o dont des extraits ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9s sur Canal 9, la t\u00e9l\u00e9vision cantonale valaisanne.\u00bb<\/p>\n<p>Des liens ont par ailleurs \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s avec d\u2019autres manifestations culturelles de r\u00e9gions voisines, comme le <a href=\"http:\/\/palpfestival.ch\/\" target=\"_blank\">Palp Festival<\/a> de Monthey et les Nuits valaisannes des images \u00e0 Riddes. Le public vis\u00e9 s\u2019est divis\u00e9 en trois cat\u00e9gories, pr\u00e9cise l\u2019historien de l\u2019art: les citoyens de Leytron, les Valaisans et, enfin, une communaut\u00e9 internationale sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019art contemporain. \u00abCelle-ci a pris part \u00e0 des d\u00e9bats plus pointus, circonscrits \u00e0 la probl\u00e9matique plus vaste de l\u2019art contemporain en r\u00e9gion p\u00e9riph\u00e9rique en g\u00e9n\u00e9ral, et cela, en anglais.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Alexandre Crettenand, faire en sorte que les habitants s\u2019approprient cette culture amen\u00e9e de l\u2019ext\u00e9rieur a \u00e9t\u00e9 un d\u00e9fi de taille. Le projet \u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement provocateur; il a un peu bouscul\u00e9 la r\u00e9gion, admet-il. Pour la population locale qui n\u2019avait pas forc\u00e9ment d\u2019attentes culturelles, comme c\u2019est le cas dans les grandes villes, l\u2019art contemporain \u00e9tait en quelque sorte un ovni, souligne le responsable de la Culture de Leytron. \u00abIci, nous sommes habitu\u00e9s \u00e0 l\u2019art plus folklorique, comme la fanfare, et moins \u00e0 l\u2019art lyrique ou visuel plus moderne. Faire prendre la sauce n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9vident!\u00bb<\/p>\n<p><strong>Se rapprocher des habitants<\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9part, une approche trop peu accessible a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, en pr\u00e9sentant des expositions abstraites, mal saisissables, estime-t-il. \u00abLa communication a d\u00fb \u00eatre repens\u00e9e, pour \u00eatre mieux adapt\u00e9e au public local. Mais avec le temps, les uns et les autres ont progressivement appris \u00e0 se conna\u00eetre, \u00e0 comprendre les attentes r\u00e9ciproques.\u00bb En traitant davantage des enjeux locaux, les initiatives se sont rapproch\u00e9es des habitants de Leytron.<\/p>\n<p>\u00abLes d\u00e9fis ont \u00e9t\u00e9 multiples, reconna\u00eet \u00e9galement Alain Antille, responsable de la recherche et de la formation continue \u00e0 l\u2019ECAV qui a particip\u00e9 \u00e0 la coordination du projet. Le challenge principal a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9velopper des pratiques artistiques dans un village relativement rural o\u00f9 il existait peu de culture et d\u2019infrastructure li\u00e9es \u00e0 l\u2019art contemporain.\u00bb Certains \u00e9v\u00e9nements ont re\u00e7u des \u00e9chos positifs, d\u2019autres en revanche ont connu des r\u00e9sultats plus mitig\u00e9s. Au terme du projet, le 20 mai dernier, un rapport d\u00e9taill\u00e9 avec conclusions et pistes de travail a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 pour le compte de la Commune de Leytron. Celles-ci pourront \u00eatre reprises par les autorit\u00e9s communales de fa\u00e7on \u00e0 p\u00e9renniser certains aspects du projet Creative Villages. Le bilan est pour l\u2019instant nuanc\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Eviter l\u2019instrumentalisation<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, les organisateurs ont pu observer que dans le cadre de l\u2019\u00e9conomie cr\u00e9ative, il existe le risque d\u2019une double instrumentalisation. Celle de la population locale qui se voit imposer de l\u2019ext\u00e9rieur des pratiques artistiques ne r\u00e9pondant pas n\u00e9cessairement \u00e0 ses besoins. Et celle de l\u2019artiste qui devient un instrument pour poser une probl\u00e9matique qui ne le concerne pas directement. \u00abCependant, entre ces deux \u00e9cueils, il existe un espace \u00e0 explorer, \u00e0 d\u00e9finir\u00bb, fait valoir Alain Antille.<\/p>\n<p>Autre constat: cr\u00e9er des partenariats, des ponts et travailler main dans la main avec la population locale est fondamental pour la r\u00e9ussite d\u2019une exp\u00e9rience similaire. Il a aussi \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 que lorsqu\u2019il existait un lien entre le territoire et un projet artistique, par exemple un aspect li\u00e9 \u00e0 l\u2019agriculture ou \u00e0 la viticulture dans le cas de Leytron, l\u2019int\u00e9r\u00eat est plus grand. En t\u00e9moigne le succ\u00e8s de l\u2019exposition de photos Vignes en mouvement du photographe Gilbert Vogt, pr\u00e9sent\u00e9e en mars.<\/p>\n<p>Pour avoir des r\u00e9sultats probants, il n\u2019y a pas de r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, rel\u00e8ve Alain Antille. Il s\u2019agit d\u2019un processus qui demande du temps, pour conna\u00eetre la population et pour familiariser celle-ci avec des pratiques qu\u2019elle ne conna\u00eet pas forc\u00e9ment. Beaucoup d\u00e9pend des artistes, de leur personnalit\u00e9, de leurs \u0153uvres et des caract\u00e9ristiques du lieu d\u2019accueil. \u00abL\u2019ECAV se situant dans une r\u00e9gion p\u00e9ri-urbaine, plusieurs projets artistiques ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 men\u00e9s dans des villages et selon les cas, la r\u00e9ception varie.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 13).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 H\u00e9misph\u00e8res au prix de CHF 45.- (d\u00e8s 45 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/revuehemispheres.com\/\" target=\"_blank\">revuehemispheres.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A travers le projet pilote Creative Villages, des chercheurs de l\u2019Ecole cantonale d\u2019art du Valais questionnent le r\u00f4le de l\u2019art contemporain dans les r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques.<\/p>\n","protected":false},"author":20192,"featured_media":6104,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-4919","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4919","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20192"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4919"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4919\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6110,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4919\/revisions\/6110"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/6104"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4919"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4919"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4919"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}