



{"id":4910,"date":"2017-06-15T16:00:25","date_gmt":"2017-06-15T14:00:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4910"},"modified":"2017-06-20T12:57:10","modified_gmt":"2017-06-20T10:57:10","slug":"tendance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4910","title":{"rendered":"\u00abMoi quantifi\u00e9\u00bb, ou le corps d\u00e9chiffr\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/062017\/img_du_jour_15_juin.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"img_du_jour_15_juin.jpg\" alt=\"img_du_jour_15_juin.jpg\" \/><\/p>\n<p>En l\u2019an 2057, un syst\u00e8me politique dictatorial impose \u00e0 la population des tests de d\u00e9pistage syst\u00e9matiques et l\u2019oblige \u00e0 collecter des donn\u00e9es concernant son sommeil et son alimentation. Un climat de m\u00e9fiance s\u2019installe o\u00f9 chaque \u00e9ternuement peut faire objet d\u2019une d\u00e9nonciation aupr\u00e8s des autorit\u00e9s. Dans <em>Corpus Delicti<\/em>, la romanci\u00e8re allemande Juli Zeh d\u00e9crit une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle la sant\u00e9 prime sur tous les autres aspects de la vie. Le best-seller, traduit en plusieurs langues, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 en 2009. Quelques ann\u00e9es plus tard, une partie de l\u2019histoire semble \u00eatre devenue r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>On ne compte plus le nombre d\u2019utilisateurs d\u2019applications mobiles &#8212; comme \u00ab<a href=\"http:\/\/optimized-app.com\/\" target=\"_blank\">Optimized<\/a>\u00bb ou \u00ab<a href=\"https:\/\/health.apps.samsung.com\/\" target=\"_blank\">S Health<\/a>\u00bb &#8212; ou des bracelets intelligents connect\u00e9s au smartphone tels que \u00ab<a href=\"https:\/\/www.fitbit.com\/fr\/home\" target=\"_blank\">Fitbit<\/a>\u00bb qui mesurent leurs pas, leur consommation de calories ou encore leur fr\u00e9quence cardiaque. Et non seulement les gens r\u00e9coltent des donn\u00e9es sur eux-m\u00eames, mais ils n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 les partager sur internet: 24 millions de personnes publient leurs progr\u00e8s di\u00e9t\u00e9tiques sur \u00ab<a href=\"https:\/\/www.loseit.com\/\" target=\"_blank\">Lose It!<\/a>\u00bb, tandis que presque 30 millions de sportifs comparent leurs r\u00e9sultats sur \u00ab<a href=\"http:\/\/www.nikeplus.com.br\/\" target=\"_blank\">Nike +<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>Selon une \u00e9tude r\u00e9cente du cabinet de conseil berlinois Research2guidance, ils seront plus de 500 millions dans le monde entier \u00e0 utiliser de telles applications au moins une fois par mois d\u2019ici \u00e0 2020. Aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0, il existe plus de 100\u2019000 applications pour smartphones qui permettent de s\u2019automesurer. Bon nombre de mod\u00e8les proposent m\u00eame des services pr\u00e9install\u00e9s. La valeur du march\u00e9 de ces applications atteindra 30 milliards de francs dans trois ans avec une croissance annuelle de 15%, toujours selon la m\u00eame \u00e9tude.<\/p>\n<p><strong>Un avenir meilleur<\/strong><\/p>\n<p>Les pr\u00e9curseurs du \u00abmoi quantifi\u00e9\u00bb (\u00abquantified self\u00bb en anglais) se sont retrouv\u00e9s \u00e0 San Francisco \u00e0 partir de 2008 autour de Gary Wolf, journaliste au magazine de technologie <em>Wired<\/em>. La motivation? Apprendre plus sur soi-m\u00eame et am\u00e9liorer son bien-\u00eatre, selon le fondateur. Une des figures les plus embl\u00e9matiques du mouvement est sans doute Chris Dancy. Cet homme d\u2019affaires am\u00e9ricain a investi plus de 40\u2019000 dollars en technologies qui permettent de mesurer chaque battement de son c\u0153ur, chaque calorie qu\u2019il consomme, chaque chanson qu\u2019il \u00e9coute en ligne &#8212; et ce depuis huit ans. Dans la m\u00eame optique &#8212; quoique moins extr\u00eame &#8212; le journaliste genevois Cl\u00e9ment Charles a fond\u00e9 le groupe Quantified Self Geneva en 2012. Lui-m\u00eame s\u2019automesure depuis 2009: activit\u00e9s sportives, alimentation ou encore consommation d\u2019essence sont r\u00e9pertori\u00e9es dans des tableaux Excel qu\u2019il partage en partie sur des plateformes en ligne. \u00abCe qui m\u2019a au d\u00e9part fascin\u00e9 dans ce mouvement, c\u2019est son c\u00f4t\u00e9 futuriste. Ses adeptes croyaient en un avenir diff\u00e9rent et meilleur\u00bb, explique-t-il tout en pr\u00e9cisant que ce c\u00f4t\u00e9 utopique est maintenant r\u00e9volu, puisque le moi quantifi\u00e9 est \u00e0 pr\u00e9sent adopt\u00e9 par le grand public. Son groupe compte toujours 150 membres, mais seuls 5 \u00e0 15 membres viennent aux meetings, qui ont lieu environ quatre fois par ann\u00e9e.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 vient cet engouement pour le moi quantifi\u00e9? Selon Francesco Panese, professeur \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, ses origines remontent au XVIIe si\u00e8cle, lorsque la mesure de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des populations commence \u00e0 r\u00e9pondre au souci \u00e9conomique des nations. \u00abAujourd\u2019hui encore, le mod\u00e8le de pr\u00e9vention fonctionne sur une compl\u00e9mentarit\u00e9 id\u00e9ale entre la biom\u00e9decine qui objective des risques de sant\u00e9, comme le tabac, l\u2019alcool ou la s\u00e9dentarit\u00e9, et les individus qui les int\u00e8grent subjectivement \u00e0 leur mode de vie pour devenir, toujours id\u00e9alement, les acteurs responsables de leur sant\u00e9. Ce qui est nouveau depuis l\u2019arriv\u00e9e des smartphones et des bracelets intelligents, c\u2019est que les gens objectivent par eux-m\u00eames leur \u00e9tat de sant\u00e9 avec pour but un retour de leurs mesures sur leurs comportements, en contournant en quelque sorte la pr\u00e9vention traditionnelle d\u2019\u00e9tat.\u00bb En effet, beaucoup d\u2019applications non seulement enregistrent des donn\u00e9es, mais donnent aussi des conseils, comme une invitation \u00e0 se lever lorsque l\u2019algorithme remarque que l\u2019utilisateur est assis depuis longtemps.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s l\u2019expert, cette \u00e9volution touche aussi les relations m\u00e9decin-patient: \u00abLe patient connect\u00e9 tend \u00e0 accumuler beaucoup de connaissances sur son \u00e9tat de sant\u00e9, et sa relation au m\u00e9decin prend de plus en plus le chemin de la n\u00e9gociation, au risque parfois de tensions.\u00bb Une \u00e9volution que beaucoup de m\u00e9decins observent avec scepticisme, comme l\u2019explique Nicolas Senn, directeur de l\u2019Institut universitaire de m\u00e9decine de famille \u00e0 Lausanne: \u00abIl y a des personnes qui nous appellent, car leur application ou leur bracelet indique une pression art\u00e9rielle trop \u00e9lev\u00e9e.\u00bb Pour le m\u00e9decin, il s\u2019agit du bon r\u00e9flexe. Mais il faut faire attention \u00e0 la mauvaise interpr\u00e9tation des donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les applications: \u00abElles peuvent aussi cr\u00e9er une sorte d\u2019angoisse chez l\u2019utilisateur. Les algorithmes ne sont pas tr\u00e8s exacts et peuvent \u00eatre porteurs de faux diagnostics. C\u2019est le r\u00f4le du m\u00e9decin de conseiller le patient et de lui expliquer que les donn\u00e9es enregistr\u00e9es par les applications mobiles ne d\u00e9voilent que rarement une maladie chez un individu en bonne sant\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des algorithmes perfectibles<\/strong><\/p>\n<p>Mais ce ne sont pas seulement les individus qui ont recours aux enregistrements de donn\u00e9es: les m\u00e9decins eux-m\u00eames y voient \u00e9galement un grand potentiel pour am\u00e9liorer leurs diagnostics et traitements. Ainsi, Roger Hilfiker, chercheur dans le domaine de la physioth\u00e9rapie \u00e0 la HES-SO Valais-Wallis, utilise des capteurs ou des ceintures intelligentes qui enregistrent des donn\u00e9es pendant une semaine pour observer la stabilit\u00e9 de la marche d\u2019un patient en r\u00e9\u00e9ducation. Ces donn\u00e9es sont ensuite analys\u00e9es en laboratoire: \u00abCela nous permet de d\u00e9finir un traitement beaucoup plus pr\u00e9cis et adapt\u00e9 aux besoins du patient, explique-t-il. Aujourd\u2019hui, ces donn\u00e9es n\u00e9cessitent encore une intervention de notre part, mais je pense qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir les algorithmes seront en mesure de donner en direct un feedback au patient.\u00bb Jean-Paul Calbimonte contribue avec ses travaux \u00e0 la r\u00e9alisation de cet objectif. Il est chercheur \u00e0 l\u2019Applied Intelligent Systems Lab (AISLab) de la HES-SO Valais-Wallis et travaille sur l\u2019application de l\u2019intelligence artificielle dans le domaine de la sant\u00e9. Selon lui, le potentiel des algorithmes dans ce secteur est loin d\u2019\u00eatre exploit\u00e9: \u00abLes technologies aujourd\u2019hui sur le march\u00e9 utilisent de simples algorithmes qui ne livrent pas toujours des r\u00e9sultats pr\u00e9cis, ce qui peut \u00eatre probl\u00e9matique dans le domaine m\u00e9dical. Par exemple, si vous \u00eates en bonne sant\u00e9 et que l\u2019application indique que vous avez fait 50 pas alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 vous en avez fait 40, ce n\u2019est pas tr\u00e8s grave. Mais pour une personne \u00e2g\u00e9e dont l\u2019activit\u00e9 cardiovasculaire est contr\u00f4l\u00e9e, il faut que les donn\u00e9es soient exactes\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p>A l\u2019heure actuelle, que manque-t-il donc aux algorithmes? Jean-Paul Calbimonte \u00e9voque les \u00abbruits\u00bb qui faussent encore les donn\u00e9es. \u00abIl faut que les algorithmes filtrent davantage les donn\u00e9es pertinentes. Ainsi, les r\u00e9sultats d\u2019un bracelet intelligent qui mesure diff\u00e9rentes activit\u00e9s du corps peuvent \u00eatre d\u00e9natur\u00e9s lorsqu\u2019une autre personne touche l\u2019appareil.\u00bb En plus d\u2019algorithmes performants, l\u2019expert pr\u00e9dit des supports moins visibles. Les capteurs de l\u2019avenir seront int\u00e9gr\u00e9s dans les v\u00eatements, les pansements ou m\u00eame implant\u00e9s directement dans la peau. Ainsi, le Centre suisse d\u2019\u00e9lectronique et de microtechnique (CSEM) \u00e0 Neuch\u00e2tel a cr\u00e9\u00e9 avec la marque de sport am\u00e9ricaine Altra une chaussure de course qui analyse, entre autres, la course de l\u2019utilisateur et lui donne des conseils pour am\u00e9liorer sa foul\u00e9e en temps r\u00e9el. Autre exemple: des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology ont r\u00e9cemment d\u00e9velopp\u00e9 un pansement qui surveille la cicatrisation de la blessure du patient.<\/p>\n<p><strong>Une aubaine pour les assureurs<\/strong><\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 des m\u00e9decins, ce sont les entreprises et les assurances qui commencent \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux pratiques du moi quantifi\u00e9. Dans ces deux secteurs, on pense qu\u2019une personne s\u2019automesurant vit de mani\u00e8re plus consciente que les autres, ce qui aurait des cons\u00e9quences positives sur son \u00e9tat de sant\u00e9. L\u2019assureur Swiss Re, par exemple, a propos\u00e9 \u00e0 tous ses collaborateurs un compteur de pas il y a deux ans. 90% des salari\u00e9s l\u2019ont utilis\u00e9 et ont m\u00eame partag\u00e9 leurs donn\u00e9es en interne pour se comparer \u00e0 leurs coll\u00e8gues. Le groupe zurichois assure n\u00e9anmoins que ceux qui ne participaient pas ou qui ne marchaient pas assez n\u2019avaient pas de sanctions \u00e0 craindre, le but \u00e9tant uniquement de cr\u00e9er une conscience pour une vie plus active.<\/p>\n<p>L\u2019assurance SWICA va un peu plus loin avec son projet \u00abBenevita\u00bb: les clients peuvent partager leurs donn\u00e9es via une plateforme num\u00e9rique. Sur cette base, l\u2019assurance fournit des recommandations &#8212; ceux qui les respectent se voient offrir des rabais de 5 \u00e0 15% sur certaines mutuelles. \u00abNous pensons que chacun peut influencer son \u00e9tat de sant\u00e9 par son comportement. Et c\u2019est encore plus motivant s\u2019il y a des avantages financiers \u00e0 la cl\u00e9\u00bb, explique Silvia Schnidrig, porte-parole de SWICA.<\/p>\n<p>M\u00eame si le m\u00e9decin lausannois Nicolas Senn ne remet pas en cause les bienfaits d\u2019une activit\u00e9 physique r\u00e9guli\u00e8re, il est plus critique quant \u00e0 l\u2019utilit\u00e9 des applications mobiles et des bracelets connect\u00e9s dans ce contexte: \u00abIl n\u2019y a aucune \u00e9tude qui montre que le fait de s\u2019automesurer aide \u00e0 \u00eatre en meilleure sant\u00e9\u00bb, dit-il. Pour le sociologue Francesco Panese, une telle \u00e9volution peut remettre en question notre syst\u00e8me de sant\u00e9 bas\u00e9 sur la solidarit\u00e9: \u00abAujourd\u2019hui, ceux qui g\u00e8rent mal leur sant\u00e9 peuvent aussi \u00eatre expos\u00e9s au jugement moral de leurs pairs, un jugement qui pourrait se transformer en punition financi\u00e8re dans un syst\u00e8me tr\u00e8s n\u00e9olib\u00e9ral.\u00bb Le pr\u00e9curseur Cl\u00e9ment Charles n\u2019y voit en revanche rien de n\u00e9gatif. Il estime que l\u2019enregistrement des donn\u00e9es personnelles m\u00e8nera \u00e0 terme \u00e0 une personnalisation du soin m\u00e9dical. En comparant les donn\u00e9es dans d\u2019immenses banques de donn\u00e9es et en permettant un suivi m\u00e9dical permanent, les m\u00e9decins seraient en mesure d\u2019offrir des traitements plus pr\u00e9cis et surtout individualis\u00e9s pour chaque patient.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 13).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 H\u00e9misph\u00e8res au prix de CHF 45.- (d\u00e8s 45 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/revuehemispheres.com\/\">revuehemispheres.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Applications et capteurs connect\u00e9s mesurent l\u2019activit\u00e9 sportive, les param\u00e8tres corporels ou les habitudes alimentaires. Les adeptes de cette pratique y voient un moyen d\u2019optimiser leur vie quotidienne ou leur sant\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":20177,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4910","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4910","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20177"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4910"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4910\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4910"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4910"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4910"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}