



{"id":4899,"date":"2017-05-30T15:33:17","date_gmt":"2017-05-30T13:33:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4899"},"modified":"2017-07-12T10:02:20","modified_gmt":"2017-07-12T08:02:20","slug":"infertilite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4899","title":{"rendered":"Quand la science cr\u00e9e la vie"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/062017\/Large_30_05_2017.png\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Large_30_05_2017.png\" alt=\"Large_30_05_2017.png\" \/><\/p>\n<p>Le 25 juillet 1978, tous les regards \u00e9taient braqu\u00e9s sur l\u2019h\u00f4pital d\u2019Oldham, au nord-est de Manchester (UK). Ce jour-l\u00e0 est n\u00e9e Louise Brown, le premier \u00abb\u00e9b\u00e9-\u00e9prouvette\u00bb au monde, c\u2019est-\u00e0-dire con\u00e7u par f\u00e9condation in vitro (FIV). Depuis, des millions d\u2019enfants ont vu le jour aux quatre coins du monde gr\u00e2ce \u00e0 cette technique de procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e (PMA), qui s\u2019est progressivement sophistiqu\u00e9e. En 2009, c\u2019est \u00e0 Gen\u00e8ve que la premi\u00e8re naissance par f\u00e9condation assist\u00e9e in vivo a eu lieu. Tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9s, ces \u00e9v\u00e9nements ont redonn\u00e9 espoir aux couples infertiles. Au point, parfois, de leur laisser croire qu\u2019il suffit de consulter pour enfanter.<\/p>\n<p>Or, selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, en 2014 seuls 37,1% des femmes trait\u00e9es en Suisse sont tomb\u00e9es enceintes. Dans 72% des cas, cette grossesse a abouti \u00e0 une naissance. \u00abLe taux de succ\u00e8s d\u2019une FIV se situe aux environs des 30% en moyenne, pr\u00e9cise Nicolas Vulliemoz, responsable de l\u2019Unit\u00e9 de m\u00e9decine de la reproduction (UMR) au CHUV. Ce chiffre d\u00e9pend grandement de l\u2019\u00e2ge maternel: il atteint 40 \u00e0 50% avant 30 ans et retombe \u00e0 10-15% au-del\u00e0 de la quarantaine.\u00bb<\/p>\n<p>Pour le sp\u00e9cialiste, la d\u00e9mocratisation de la FIV a \u00e9galement eu un impact n\u00e9gatif sur la recherche dans le domaine: \u00abSon succ\u00e8s limite les investissements pour d\u00e9velopper d\u2019autres techniques et rar\u00e9fie les fonds de recherche attribu\u00e9s \u00e0 la m\u00e9decine reproductive\u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p>Car, malgr\u00e9 son efficacit\u00e9 dans de multiples cas, elle ne permet pas de r\u00e9pondre \u00e0 tous les probl\u00e8mes de fertilit\u00e9. D\u2019autres avanc\u00e9es sont aujourd\u2019hui attendues, notamment celles qui concernent la production \u00abartificielle\u00bb de spermatozo\u00efdes et d\u2019ovocytes (lire point 2 ci-dessous).<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement aux progr\u00e8s de la science, la loi \u00e9volue aussi en la mati\u00e8re: en juin 2016, les Suisses ont accept\u00e9 la modification de la loi sur la procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e (LMPA), assouplissant les contraintes et augmentant les chances de mener une grossesse \u00e0 terme (voir lexique ci-dessous). Des voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e9galement pour am\u00e9liorer l\u2019encadrement psychologique des patients et des patientes tout au long d\u2019une prise en charge qui reste co\u00fbteuse d\u2019un point de vue financier, mais aussi sur le plan \u00e9motionnel.<\/p>\n<p><strong>1. DES CAUSES PLURIELLES<br \/>\nELLE, LUI ET LE COUPLE<\/strong><\/p>\n<p>Contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, l\u2019infertilit\u00e9 ne touche pas que les femmes. \u00abL\u2019infertilit\u00e9 f\u00e9minine est en cause dans seulement 30% des cas, indique Nicolas Vulliemoz. Les hommes sont responsables d\u2019un autre tiers et l\u2019infertilit\u00e9 dite \u00abde couple\u00bb du troisi\u00e8me tiers. Quant aux 10% restants, ils \u00e9chappent pour l\u2019instant \u00e0 nos connaissances.\u00bb<\/p>\n<p>Chez les femmes, le r\u00e9servoir d\u2019ovocytes (les cellules sexuelles qui deviennent des ovules) est d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 la naissance. Leur maturation prend fin \u00e0 la m\u00e9nopause. L\u2019\u00e2ge est donc un facteur d\u2019infertilit\u00e9. \u00abLe dysfonctionnement des ovaires, l\u2019obstruction des voies d\u2019entr\u00e9e des spermatozo\u00efdes \u00e0 destination de l\u2019ovocyte ou encore l\u2019endom\u00e9triose sont d\u2019autres causes courantes de difficult\u00e9 \u00e0 concevoir\u00bb, pr\u00e9cise Nicolas Vulliemoz. C\u2019est l\u2019absence, le nombre insuffisant ou l\u2019anomalie des spermatozo\u00efdes qui sont les causes principales de l\u2019infertilit\u00e9 chez l\u2019homme. \u00abUn spermogramme d\u00e9finit si la morphologie, la mobilit\u00e9 et le nombre des spermatozo\u00efdes sont satisfaisants, pr\u00e9cise Laurent Vaucher, urologue \u00e0 l\u2019UMR et \u00e0 la Clinique de Genolier (VD). Toutefois, cet examen ne renseigne pas sur la f\u00e9condit\u00e9 des spermatozo\u00efdes, c\u2019est un simple indicateur.\u00bb<\/p>\n<p>Les partenaires d\u2019un couple peuvent avoir des analyses dans la norme et pour autant \u00eatre en situation d\u2019infertilit\u00e9. \u00abDans ce cas, il y a probablement un cumul de facteurs n\u00e9gatifs, indique l\u2019urologue. Deux r\u00e9sultats d\u2019analyse moyens chez les deux partenaires sont souvent plus probl\u00e9matiques que des \u00e9l\u00e9ments forts chez l\u2019un uniquement. Pour l\u2019heure, nous ne comprenons pas totalement ces ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019infertilit\u00e9 de couple.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Quand soigner rend infertile<\/strong><\/p>\n<p>Des traitements peuvent aussi an\u00e9antir les possibilit\u00e9s de procr\u00e9er. Les produits de chimioth\u00e9rapie ou de radioth\u00e9rapie par exemple, toxiques pour les cellules reproductrices, peuvent induire une infertilit\u00e9 transitoire ou d\u00e9finitive chez les deux sexes. En Suisse romande, le R\u00e9seau romand de cancer et fertilit\u00e9 (RRCF) soutient les patients concern\u00e9s. Des techniques sont aujourd\u2019hui disponibles pour pr\u00e9server la fertilit\u00e9, notamment celles de la cong\u00e9lation des gam\u00e8tes (ovules et spermatozo\u00efdes) avant les traitements.<\/p>\n<p>Pour les femmes, la cong\u00e9lation d\u2019ovocytes par vitrification est un progr\u00e8s majeur, estime S\u00e9bastien Adamski, responsable de la banque de sperme de l\u2019UMR. \u00abGr\u00e2ce \u00e0 elle, le succ\u00e8s des grossesses apr\u00e8s cong\u00e9lation atteint les m\u00eames taux que ceux obtenus avec des ovocytes frais. La vitrification pr\u00e9vient la formation de cristaux qui endommage l\u2019ovocyte.\u00bb La cong\u00e9lation de spermatozo\u00efdes est propos\u00e9e depuis longtemps, mais reste probl\u00e9matique pour les jeunes gar\u00e7ons. \u00abIls n\u2019ont pas encore de spermatozo\u00efdes matures, indique S\u00e9bastien Adamski. En cas de traitement toxique, il est toutefois possible de pr\u00e9lever du tissu testiculaire immature et de le pr\u00e9server en attendant l\u2019arriv\u00e9e hypoth\u00e9tique d\u2019un protocole de maturation des cellules reproductrices.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Contraception en cause<\/strong><\/p>\n<p>Certaines m\u00e9thodes de contraception peuvent \u00e9galement \u00eatre impliqu\u00e9es. La vasectomie, qui consiste \u00e0 couper les canaux permettant aux spermatozo\u00efdes de migrer, est une technique contraceptive tr\u00e8s fiable, qui ne change en rien la facult\u00e9 \u00e9rectile ni l\u2019\u00e9jacul\u00e2t chez l\u2019homme. L\u2019\u00e9jacul\u00e2t ne contient juste plus de cellules reproductives. \u00abIl faut toujours consid\u00e9rer une vasectomie comme irr\u00e9versible, pr\u00e9vient Laurent Vaucher. Dans les faits, on arrive facilement \u00e0 relier les canaux aux testicules, ce qui permet \u00e0 nouveau le passage des spermatozo\u00efdes. Par contre, la vasectomie peut avoir des cons\u00e9quences sur la spermatogen\u00e8se, qui n\u2019est plus garantie \u00e0 100%.\u00bb<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la pilule contraceptive f\u00e9minine, elle a \u00e0 de nombreuses reprises \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e de favoriser la st\u00e9rilit\u00e9 f\u00e9minine. Pour Nicolas Vulliemoz, il est clair qu\u2019elle ne p\u00e9jore pas la fertilit\u00e9 des femmes. Il faut simplement observer une p\u00e9riode sans contraception.<\/p>\n<p>Laurent Vaucher indique \u00abqu\u2019une augmentation des \u0153strog\u00e8nes (une hormone s\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par les ovaires et contenue dans certaines pilules contraceptives) est clairement observ\u00e9e dans les nappes phr\u00e9atiques &#8212; car v\u00e9hicul\u00e9e par l\u2019urine des femmes. Si la dose est trop \u00e9lev\u00e9e, cela peut poser des probl\u00e8mes chez l\u2019homme, car ce sont des perturbateurs endocriniens qui agissent sur la production de spermatozo\u00efdes.\u00bb<\/p>\n<p><strong>2. AVANC\u00c9ES TECHNOLOGIQUES: AU-DEL\u00c0 DE LA FIV<br \/>\nDES PROGR\u00c8S SOUS LE COUP DE LA LOI<\/strong><\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre aux d\u00e9fauts de fertilit\u00e9, la m\u00e9decine poss\u00e8de un arsenal qui s\u2019orchestre autour de la FIV. Dans certains cas, les troubles de la spermatogen\u00e8se ou de l\u2019ovulation peuvent \u00eatre corrig\u00e9s par la prise de m\u00e9dicaments; pour induire l\u2019ovulation chez la femme, des hormones lui sont administr\u00e9es. Une ins\u00e9mination artificielle de spermatozo\u00efdes dans l\u2019ut\u00e9rus est dans certains cas n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>En Suisse, les assurances remboursent trois ins\u00e9minations. En cas d\u2019\u00e9chec, une FIV (non rembours\u00e9e) est tent\u00e9e dans la majorit\u00e9 des sc\u00e9narios. Les ovocytes impr\u00e9gn\u00e9s sont mis en culture pour obtenir des embryons. Trois sont choisis al\u00e9atoirement (standards suisses actuels) pour \u00eatre transf\u00e9r\u00e9s dans l\u2019ut\u00e9rus. En cas d\u2019infertilit\u00e9 masculine, les ovocytes ne sont plus incub\u00e9s, mais inject\u00e9s avec un seul spermatozo\u00efde (injection intracytoplasmique d\u2019un spermatozo\u00efde, ICSI). La nouvelle loi sur la LPMA, vot\u00e9e en 2016, va permettre, une fois son application effective, la culture de 12 embryons, de les congeler et de pouvoir effectuer un diagnostic pr\u00e9implantatoire, sous des conditions strictes. \u00abNous pr\u00e9serverons les futurs b\u00e9b\u00e9s de certaines maladies g\u00e9n\u00e9tiques, mais surtout nous pourrons s\u00e9lectionner les embryons avant leur transfert, ce qui rendra les traitements plus efficaces et diminuera le taux de grossesses multiples. Cette nouvelle loi permettra d\u2019atteindre les standards internationaux de la PMA en Suisse, tout en restant un garde-fou n\u00e9cessaire\u00bb, se r\u00e9jouit Nicolas Vulliemoz.<\/p>\n<p>A l\u2019international, la recherche avance et pourrait offrir \u00e0 terme des solutions compl\u00e9mentaires. Une avanc\u00e9e attendue est la production de cellules g\u00e9n\u00e9ratrices de spermatozo\u00efdes <em>in vitro<\/em>. \u00abPlusieurs groupes de recherche internationaux ont annonc\u00e9 avoir reproduit des spermatozo\u00efdes de souris, qui ont donn\u00e9 naissance \u00e0 des souriceaux\u00bb, indique Laurent Vaucher.<\/p>\n<p>Un domaine de recherche moins avanc\u00e9 vise \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des spermatozo\u00efdes \u00e0 partir de cellules souches de la moelle ou de la peau chez l\u2019animal. \u00abCertaines de ces techniques pourraient bien aboutir dans quelques ann\u00e9es. N\u00e9anmoins, le processus de maturation est plus complexe chez l\u2019homme que chez la souris\u00bb, pr\u00e9cise S\u00e9bastien Adamski.<\/p>\n<p>La production de gam\u00e8tes artificiels permettrait de ne plus d\u00e9pendre des dons. \u00abLes donneurs de sperme ne sont pas assez nombreux, regrette S\u00e9bastien Adamski. Quant \u00e0 ceux d\u2019ovocytes, ils sont tout simplement interdits en Suisse.\u00bb Une situation qui contraint de multiples couples helv\u00e9tiques \u00e0 se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un tel don.<\/p>\n<p><strong>3. ENTENDRE LA SOUFFRANCE<br \/>\nUN ENCADREMENT PSYCHOLOGIQUE N\u00c9CESSAIRE<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la prise en charge m\u00e9dicale, les sp\u00e9cialistes recommandent vivement aux couples de suivre un encadrement psychologique. C\u2019est d\u2019ailleurs une prestation impos\u00e9e par la LPMA avant, pendant et apr\u00e8s les traitements. \u00abLe chemin n\u2019est pas simple, pr\u00e9vient Dani\u00e8le Besse, conseill\u00e8re en sant\u00e9 sexuelle \u00e0 l\u2019UMR. Lors de la recherche des causes de l\u2019infertilit\u00e9, l\u2019un ou l\u2019autre des partenaires peut se sentir responsable, voire coupable, ce qui peut questionner le couple.\u00bb De plus, une fois le diagnostic pos\u00e9, un traitement plus ou moins complexe va \u00eatre propos\u00e9. \u00abLes couples ne s\u2019attendent pas forc\u00e9ment aux effets des traitements sur leur corps et leur sexualit\u00e9. Ils sous-estiment l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019un \u00e9chec. La PMA est une succession d\u2019attente, d\u2019espoir et de revers qui, telles des montagnes russes, mettent le psychisme \u00e0 rude \u00e9preuve\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle.<\/p>\n<p>\u00abSouvent, les couples se sentent mal \u00e9cout\u00e9s, voire pas soutenus par la m\u00e9decine\u00bb, indique Estelle M\u00e9trot, sp\u00e9cialiste de l\u2019accompagnement en pr\u00e9conception entre Gen\u00e8ve et Paris, et auteure de l\u2019ouvrage <em>1001 f\u00e9condit\u00e9s<\/em>. Il est crucial d\u2019associer \u00e0 l\u2019innovation m\u00e9dicale des espaces d\u2019\u00e9coute.\u00bb<\/p>\n<p>La souffrance peut affecter les deux membres du couple. \u00abCertaines ne se sentent femmes que si elles peuvent \u00eatre m\u00e8res\u00bb, indique Dani\u00e8le Besse. Les hommes associent plus facilement la fertilit\u00e9 \u00e0 la virilit\u00e9, et de ce fait, peuvent mal vivre l\u2019infertilit\u00e9.\u00bb Estelle M\u00e9trot pr\u00e9cise que malgr\u00e9 tout la m\u00e9decine reproductive sollicite beaucoup plus le corps de la femme. \u00abBeaucoup plus d\u2019examens sont propos\u00e9s \u00e0 la femme lors de l\u2019exploration et du traitement. C\u2019est elle que l\u2019on va stimuler, ponctionner et qui ouvre son corps au regard des autres r\u00e9guli\u00e8rement.\u00bb<\/p>\n<p>Face, entre autres, \u00e0 un soutien inappropri\u00e9, la Genevoise Pascale de Senarclens a d\u2019ailleurs choisi de mettre fin aux traitements (lire t\u00e9moignage ci-dessous). \u00abLa technologie ne comble pas l\u2019impact \u00e9motionnel.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>INTERVIEW<\/p>\n<p><strong>\u00abEnvisager une vie sans enfants est moins stigmatis\u00e9 que par le pass\u00e9\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>La baisse de la f\u00e9condit\u00e9 dans les pays occidentaux est en constante progression. La sociologue \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Lausanne Laura Bernardi en explique les causes.<\/em><\/p>\n<p>Les comportements en mati\u00e8re de f\u00e9condit\u00e9 ont \u00e9norm\u00e9ment \u00e9volu\u00e9 au cours du XXe si\u00e8cle. D\u00e8s 1900, le nombre moyen d\u2019enfants par femme r\u00e9sidant en Suisse a fortement diminu\u00e9, passant de 3,7 \u00e0 1,8 \u00e0 la veille de la Seconde Guerre mondiale. A partir de 1938, ce taux remonte pour atteindre 2,6 en 1945. Depuis 1975, il est stable, fluctuant entre 1,5 et 1,6 pour l\u2019ensemble des femmes. Les explications de Laura Bernardi.<\/p>\n<p><strong>Un nombre grandissant de couples ne r\u00e9alise pas leurs souhaits de f\u00e9condit\u00e9. Quelles en sont les raisons? <\/strong><br \/>\nLes couples reportent souvent leur parentalit\u00e9 \u00e0 plus tard, car elle est per\u00e7ue comme difficilement conciliable avec la formation ou l\u2019entr\u00e9e dans le march\u00e9 du travail. Une des raisons de ce report est l\u2019augmentation de la dur\u00e9e des formations sup\u00e9rieures et le fait que de plus en plus de femmes les suivent. A cela, il faut ajouter la pr\u00e9carit\u00e9 prolong\u00e9e avant le premier emploi susceptible d\u2019assurer les moyens pour cr\u00e9er une famille.<\/p>\n<p><strong>Quelle est la situation en Suisse?<\/strong><br \/>\nElle n\u2019est pas bonne! Ici, c\u2019est surtout le co\u00fbt par enfant qui limite leur nombre par famille.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9volution des normes et des comportements est-elle aussi responsable?<\/strong><br \/>\nEnvisager une vie sans enfants est moins stigmatis\u00e9 que par le pass\u00e9. Les individus attachent plus d\u2019importance \u00e0 la r\u00e9alisation personnelle qu\u2019\u00e0 la famille. Depuis la normalisation de la contraception, la sexualit\u00e9 est moins associ\u00e9e \u00e0 la reproduction. D\u00e9cider d\u2019avoir un enfant passe donc par le choix d\u2019interrompre un comportement par d\u00e9faut, la contraception, pour pouvoir procr\u00e9er. C\u2019est une r\u00e9volution copernicienne dans le processus de d\u00e9cision menant \u00e0 la parentalit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La solution est-elle politique?<\/strong><br \/>\nOui, la politique peut am\u00e9liorer la compatibilit\u00e9 entre parentalit\u00e9, formation, travail et loisirs. Les limites d\u2019\u00e2ge pour les emplois et la formation doivent s\u2019assouplir, salaires et cong\u00e9s parentaux doivent \u00eatre rendus \u00e9quitables entre les genres. De plus, les frais et horaires de garde et de scolarit\u00e9 doivent demeurer compatibles avec ceux des deux parents qui travaillent.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>TEMOIGNAGE<\/p>\n<p><strong>\u00abNous avons opt\u00e9 pour le don d\u2019ovocytes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>P. et B.*, un couple de Genevois, s\u2019est rendu en Espagne pour  b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un don d\u2019ovocytes. Ils racontent leur parcours, qui a abouti \u00e0 la naissance d\u2019un petit gar\u00e7on.<\/em><\/p>\n<p>Dans le berceau, le b\u00e9b\u00e9 de 8 mois tente ses premiers retournements sous l\u2019\u0153il attentif de ses parents. Le bonheur r\u00e9gnant contraste avec la d\u00e9cennie sem\u00e9e d\u2019emb\u00fbches qui a men\u00e9 \u00e0 cet instant. \u00ab\u00c7a a dur\u00e9 une \u00e9ternit\u00e9, raconte la jeune maman. Apr\u00e8s trois ans de tentatives sans tomber enceinte, mon compagnon et moi avons consult\u00e9 un sp\u00e9cialiste de la m\u00e9decine reproductive en Suisse. Nos tests \u00e9taient corrects, hormis un nombre restreint de spermatozo\u00efdes. Trois ins\u00e9minations artificielles plus tard, nous n\u2019avions toujours pas d\u2019explications m\u00e9dicales. C\u2019est lorsque nous sommes pass\u00e9s aux FIV que le biologiste a d\u00e9couvert la faiblesse de mes ovocytes. Comme le m\u00e9decin restait positif, nous avons retent\u00e9 une FIV, sans succ\u00e8s. Le manque d\u2019explications nous a pouss\u00e9s \u00e0 consulter ailleurs.\u00bb<\/p>\n<p>Leur nouveau m\u00e9decin a propos\u00e9 des alternatives: \u00abIl a d\u00e9couvert que je souffrais d\u2019endom\u00e9triose et m\u2019a op\u00e9r\u00e9e. Les espoirs \u00e9taient alors r\u00e9els, mais lorsqu\u2019il a vu l\u2019\u00e9tat de mes ovocytes lors de la troisi\u00e8me FIV, il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s clair: adoption ou don d\u2019ovocytes. Apr\u00e8s sept ann\u00e9es de combat, nous voulions nous laisser encore une chance et avons opt\u00e9 pour l\u2019Espagne.\u00bb<\/p>\n<p>L\u00e0-bas, le plus d\u00e9routant a \u00e9t\u00e9 l\u2019exposition \u00e0 la \u00abm\u00e9decine business\u00bb. \u00abPour nous faire traiter, nous avons fait la queue comme chez le boucher.\u00bb L\u2019organisation relative \u00e0 ce type de d\u00e9placement est compliqu\u00e9e. \u00abIl faut prendre cong\u00e9, subir les effets secondaires des traitements hormonaux et g\u00e9rer le quotidien avec le travail sans pouvoir en parler. D\u2019autant plus que les deux premiers transferts se sont sold\u00e9s par un \u00e9chec puis, enfin, le troisi\u00e8me a fonctionn\u00e9!\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un important travail sur elle-m\u00eame, la m\u00e8re a bien v\u00e9cu le don, puis la grossesse. Le couple a investi plus de 60\u2019000 francs pour l\u2019ensemble des traitements. Ce n\u2019est pas l\u2019absence de prise en charge financi\u00e8re qui l\u2019interroge: \u00abMais pourquoi donc le don de sperme est-il autoris\u00e9 en Suisse alors que celui d\u2019ovocytes ne l\u2019est pas?\u00bb<\/p>\n<p>*Noms connus de la r\u00e9daction<br \/>\n_______<\/p>\n<p>VRAI \/ FAUX<\/p>\n<p><strong>\u00abLes dons de sperme sont anonymes\u00bb<\/strong><br \/>\n<strong>FAUX<\/strong>. En Suisse, les enfants issus de dons peuvent obtenir l\u2019identit\u00e9 du donneur d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 18 ans. Avant la conception, un donneur est attribu\u00e9 en fonction de l\u2019ethnicit\u00e9, la couleur des cheveux et des yeux. Chaque pays dispose de sa l\u00e9gislation: certaines banques de sperme \u00e9trang\u00e8res proposent des photos, voire les pages Facebook des donneurs, en fonction du prix pay\u00e9 par les receveurs.<\/p>\n<p><strong>\u00abLa fertilit\u00e9 mondiale est en baisse\u00bb<\/strong><br \/>\n<strong>FAUX<\/strong>. C\u2019est la f\u00e9condit\u00e9 qui est en baisse, soit la r\u00e9alisation du d\u00e9sir d\u2019enfant. Bien qu\u2019il soit reconnu que les hormones et les pesticides causent une baisse du nombre de spermatozo\u00efdes chez les hommes, \u00ableurs taux restent n\u00e9anmoins largement au-dessus de la valeur pour parler d\u2019infertilit\u00e9\u00bb, pr\u00e9cise Laurent Vaucher. Une \u00e9tude publi\u00e9e dans la revue <em>PLOS<\/em> en 2012 le confirme. R\u00e9alis\u00e9e entre 1990 et 2010, elle indique qu\u2019il n\u2019y a pas de baisse de fertilit\u00e9 mondiale, sauf en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p><strong>\u00abLa greffe d\u2019un ut\u00e9rus est possible\u00bb<\/strong><br \/>\n<strong>VRAI<\/strong>. En 2015, le premier enfant issu d\u2019une m\u00e8re ayant re\u00e7u une greffe d\u2019ut\u00e9rus est n\u00e9 en Su\u00e8de. L\u2019\u00e9tude, publi\u00e9e dans <em>The Lancet<\/em>, rapporte que la m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 transplant\u00e9e d\u2019un ut\u00e9rus m\u00e9nopaus\u00e9 donn\u00e9 par une amie de 61 ans. Un an apr\u00e8s la transplantation, la m\u00e8re a recouru \u00e0 une FIV avec ses propres ovocytes et les spermatozo\u00efdes de son mari. \u00abC\u2019est une technique tr\u00e8s complexe, qui comporte de nombreux risques. On doutait de sa faisabilit\u00e9, ce qui rend cette premi\u00e8re m\u00e9dicale importante\u00bb, pr\u00e9cise Nicolas Vulliemoz.<\/p>\n<p><strong>\u00abUn donneur de sperme peut \u00eatre le p\u00e8re biologique de centaines d\u2019enfants\u00bb<\/strong><br \/>\n<strong>FAUX<\/strong>. En Suisse, les dons sont limit\u00e9s \u00e0 huit enfants par donneur afin de ne pas favoriser la consanguinit\u00e9.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>CHIFFRES<\/p>\n<p><strong>La f\u00e9condit\u00e9 en suisse<\/strong><\/p>\n<p><strong>85\u2019648<\/strong><br \/>\nLe nombre de naissances en 2016. Il s\u2019agit de 43\u2019759 gar\u00e7ons et 41\u2019889 filles.<\/p>\n<p><strong>31,9<\/strong><br \/>\nL\u2019\u00e2ge moyen de la m\u00e8re \u00e0 la naissance de l\u2019enfant en 2016.<\/p>\n<p><strong>6\u2019269<\/strong><br \/>\nEn 2014, le nombre de couples ayant eu recours \u00e0 la f\u00e9condation in vitro. Cela a permis la naissance de 1\u2019955 enfants.<\/p>\n<p><strong>28\u2019483<\/strong><br \/>\nLe nombre d\u2019accouchements par c\u00e9sarienne en 2015, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 plus d\u2019un accouchement sur trois.<\/p>\n<p>Source: Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRES<\/p>\n<p><strong>\u00abLa m\u00e9decine ne soigne pas la difficult\u00e9 \u00e9motionnelle\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>La Genevoise Pascale de Senarclens est directrice de l\u2019association genevoise <a href=\"http:\/\/bloomandboom.com\/\" target=\"_blank\">Bloom and Boom<\/a> qui \u0153uvre notamment pour l\u2019\u00e9mancipation des femmes. Elle livre un t\u00e9moignage issu de son exp\u00e9rience personnelle et des conf\u00e9rences-d\u00e9bats consacr\u00e9es au d\u00e9sir d\u2019enfant men\u00e9es par son association.<\/em><\/p>\n<p>\u00abC\u2019est mon compagnon de l\u2019\u00e9poque qui avait un fort d\u00e9sir d\u2019enfant &#8212; plus que moi, je le reconnais. Quelque part, c\u2019est la d\u00e9couverte de ma situation d\u2019infertilit\u00e9 qui m\u2019a donn\u00e9 envie de procr\u00e9er. Cette envie est vite devenue probl\u00e9matique, une sorte de frustration caus\u00e9e par des performances f\u00e9minines non accomplies, je ne me sentais plus femme, comme handicap\u00e9e. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s dur de subir l\u2019omnipr\u00e9sence de quelque chose que je ne d\u00e9sirais pas vraiment.\u00bb Une premi\u00e8re consultation aupr\u00e8s d\u2019un sp\u00e9cialiste a lieu en 2013. Pendant un an, la jeune femme encha\u00eene les traitements. \u00abCe fut un processus \u00e9motionnel compliqu\u00e9 fait de solitude, d\u2019incompr\u00e9hensions et de souffrances auxquelles la m\u00e9decine n\u2019a absolument pas palli\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Dans ces conditions, le couple d\u00e9cide de ne pas s\u2019acharner et stoppe tous traitements. \u00abC\u2019est un choix rare, que j\u2019attribue \u00e0 mon tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9 d\u00e9sir d\u2019enfant, car il est tout autre pour la majorit\u00e9 des femmes. Enfanter est si central qu\u2019elles sont pr\u00eates \u00e0 tout. S\u2019il y a arr\u00eat des traitements, il survient apr\u00e8s \u00e9norm\u00e9ment de souffrances, d\u2019argent d\u00e9pens\u00e9, parfois de s\u00e9paration, voire de d\u00e9pression. A travers mon association, j\u2019ai organis\u00e9 de nombreux cercles de femmes sur ce th\u00e8me et r\u00e9guli\u00e8rement les participantes parlaient des attitudes inappropri\u00e9es des m\u00e9decins. J\u2019entends par l\u00e0, un manque d\u2019empathie et de la duret\u00e9, cette impression que l\u2019on est des voitures qui passent chez le garagiste. C\u2019est une forme de maltraitance \u00e9motionnelle qui fait presque syst\u00e9matiquement partie des parcours et cela me r\u00e9volte.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Ovulation connect\u00e9e<\/strong><br \/>\nLes smart technologies peuvent aussi aider \u00e0 procr\u00e9er. C\u2019est un bracelet connect\u00e9 con\u00e7u en Suisse qui se d\u00e9marque sur le march\u00e9: bas\u00e9 sur des mesures physiologiques corr\u00e9l\u00e9es aux variations du taux d\u2019hormones (pouls, sommeil, temp\u00e9rature, etc.), l\u2019accessoire de la start-up zurichoise <a href=\"https:\/\/www.avawomen.com\/fr\/\" target=\"_blank\">Ava<\/a> pr\u00e9dit les p\u00e9riodes d\u2019ovulation. Valid\u00e9 par la FDA, il sera prochainement commercialis\u00e9 en Suisse. La soci\u00e9t\u00e9 Ava a par ailleurs lev\u00e9 9,7 millions de dollars en novembre 2016. Le montant sera principalement investi dans la recherche et les \u00e9tudes cliniques. Il y aurait d\u00e9j\u00e0 huit b\u00e9b\u00e9s Ava amen\u00e9s \u00e0 na\u00eetre en 2017.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Don d\u2019ovocytes: une interdiction qui fait d\u00e9bat<\/strong><br \/>\nAutoris\u00e9 dans 20 pays europ\u00e9ens, le don d\u2019ovocytes demeure \u00e0 ce jour interdit en Suisse. Voil\u00e0 pourquoi plusieurs centaines de couples helv\u00e9tiques se rendent chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour y recourir (lire t\u00e9moignage plus haut). Plusieurs parlementaires ont d\u00e9j\u00e0 soulev\u00e9 la question, qui n\u2019a pour l\u2019heure pas trouv\u00e9 de r\u00e9ponse: pourquoi interdire le don d\u2019ovocytes alors que le don de sperme a \u00e9t\u00e9 l\u00e9galis\u00e9 en 2001 avec l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la premi\u00e8re Loi sur la procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e (LPMA)?<\/p>\n<p>En 2014, l\u2019ancien conseiller national Jacques Neirynck (PDC\/VD) d\u00e9posait une initiative parlementaire afin d\u2019autoriser la pratique. Le projet sera finalement abandonn\u00e9 en 2016. \u00abIl n\u2019y avait pas d\u2019opposition sur le fond, commente Isabelle Chevalley (PVL\/VD). Mais pour donner acc\u00e8s au don d\u2019ovocytes, il faut modifier plusieurs lois. Certains parlementaires ont estim\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque que c\u2019\u00e9tait trop compliqu\u00e9. Ce n\u2019est pas un argument valable de mon point de vue.\u00bb En mars dernier, la conseill\u00e8re nationale cosignait une motion pour demander au Conseil f\u00e9d\u00e9ral de l\u00e9galiser le don d\u2019ovocytes. S\u2019il y consent, l\u2019entr\u00e9e en vigueur pourrait avoir lieu dans deux ans au plus t\u00f4t. \u00abUn sc\u00e9nario tr\u00e8s optimiste\u00bb, selon Isabelle Chevalley.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>LEXIQUE<\/p>\n<p><strong>Endom\u00e9triose<\/strong><br \/>\nIl s\u2019agit d\u2019une maladie gyn\u00e9cologique qui tient son nom de l\u2019endom\u00e8tre, tissu qui tapisse l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019ut\u00e9rus. Chez certaines femmes, un tissu semblable \u00e0 l\u2019endom\u00e8tre s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la cavit\u00e9 ut\u00e9rine, provoquant de fortes douleurs, des saignements, des adh\u00e9rences, des kystes ovariens, augmentant ainsi le risque d\u2019infertilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>F\u00e9condation in vitro<\/strong><br \/>\nLors de cette proc\u00e9dure m\u00e9dicalement assist\u00e9e, la f\u00e9condation entre l\u2019ovocyte et le spermatozo\u00efde a lieu hors du corps de la femme, dans une \u00e9prouvette, en laboratoire, soit <em>in vitro<\/em>. L\u2019embryon issu de cette manipulation est ensuite implant\u00e9 dans l\u2019ut\u00e9rus de la m\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>F\u00e9condation in vivo<\/strong><br \/>\nLors de cette proc\u00e9dure m\u00e9dicalement assist\u00e9e, un ovocyte et un spermatozo\u00efde sont pr\u00e9lev\u00e9s avant d\u2019\u00eatre directement implant\u00e9s dans l\u2019ut\u00e9rus. La f\u00e9condation a ainsi lieu au sein du corps de la femme, soit <em>in vivo<\/em> et non en laboratoire.<\/p>\n<p><strong>Ovocyte<\/strong><br \/>\nCellule f\u00e9minine produite par les ovaires. Les ovocytes deviennent des ovules apr\u00e8s maturation.<\/p>\n<p><strong>Spermatogen\u00e8se<\/strong><br \/>\nCe processus d\u00e9signe la production de spermatozo\u00efdes. Il d\u00e9bute \u00e0 la pubert\u00e9 et s\u2019effectue au sein des testicules.<\/p>\n<p><strong>LPMA<\/strong><br \/>\nLa Loi sur la procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e r\u00e9glemente les m\u00e9thodes &#8212; telles que la FIV &#8212; permettant d\u2019induire une grossesse artificiellement. En Suisse, cette loi date de 1998, mais a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e en 2016. Elle permet aujourd\u2019hui de pr\u00e9lever jusqu\u2019\u00e0 12 ovocytes et d\u2019effectuer un diagnostic pr\u00e9implantatoire (DPI) sur les embryons afin de d\u00e9tecter une possible anomalie avant de les implanter dans l\u2019ut\u00e9rus. Le DPI a pour but de n\u2019implanter que des embryons sains et d\u2019optimiser ainsi les chances de grossesse pour les couples en difficult\u00e9.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 11).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\" target=\"_blank\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9decine et \u00e0 l\u2019assouplissement de la loi, les couples infertiles ont aujourd\u2019hui plus de chance de concevoir un enfant. Mais le parcours reste sinueux et extr\u00eamement \u00e9prouvant.<\/p>\n","protected":false},"author":20200,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-4899","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4899","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20200"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4899"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4899\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4980,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4899\/revisions\/4980"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4899"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4899"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4899"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}