



{"id":4892,"date":"2017-05-18T17:27:50","date_gmt":"2017-05-18T15:27:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4892"},"modified":"2017-05-18T18:22:31","modified_gmt":"2017-05-18T16:22:31","slug":"societe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4892","title":{"rendered":"Toxicod\u00e9pendance parentale: les enfants s\u2019en sortent rarement indemnes"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/112016\/Large18052017.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Large18052017.jpg\" alt=\"Large18052017.jpg\" \/><\/p>\n<p>On dit qu\u2019un tiers des enfants de parents d\u00e9pendants d\u00e9veloppe \u00e0 son tour une addiction, qu\u2019un autre tiers est affect\u00e9 par des troubles psychologiques et que seul le troisi\u00e8me tiers conna\u00eet plus tard une vie d\u2019adulte \u00abnormale\u00bb. Avoir un parent toxicomane n\u2019est donc ni sans cons\u00e9quences, ni synonyme de vie paisible pour les mineurs. En Suisse, difficile de savoir combien d\u2019enfants sont concern\u00e9s. \u00abA l\u2019heure actuelle, il existe tr\u00e8s peu de chiffres et d\u2019\u00e9tudes \u00e0 ce sujet\u00bb, souligne Marion Forel, cheffe de projet pr\u00e9vention aupr\u00e8s d\u2019Addiction Suisse. Une des barri\u00e8res majeures \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de statistiques? Le tabou et la discr\u00e9tion r\u00e9gnant autour de la prise de ces substances, ill\u00e9gales pour la plupart.<\/p>\n<p>On commence n\u00e9anmoins \u00e0 en savoir davantage sur le quotidien (parfois tr\u00e8s chaotique) des enfants dont au moins un parent est toxicod\u00e9pendant. Sans tomber dans la g\u00e9n\u00e9ralisation &#8212; les sp\u00e9cialistes s\u2019accordent \u00e0 dire qu\u2019il y a autant de parcours de vie diff\u00e9rents que d\u2019enfants touch\u00e9s &#8211;, on peut lister quelques-unes des principales difficult\u00e9s qu\u2019ils rencontrent: honte, impuissance, culpabilit\u00e9, solitude, pr\u00e9carit\u00e9 ou manque de cadre.<\/p>\n<p>\u00abSans oublier la parentification, \u00e0 savoir la prise de responsabilit\u00e9s qui ne sont pas de leur \u00e2ge\u00bb, ajoute l\u2019experte d\u2019Addiction Suisse. En effet, \u00abpour une personne s\u00e9v\u00e8rement d\u00e9pendante, la premi\u00e8re priorit\u00e9 n\u2019est pas ses enfants, c\u2019est la substance\u00bb. Dans ces conditions, certains bambins se voient oblig\u00e9s \u00abde s\u2019occuper d\u2019eux-m\u00eames, de leurs fr\u00e8res et s\u0153urs cadets, de la maison, voire du parent. Cela cr\u00e9e beaucoup de stress et les prive de l\u2019insouciance \u00e0 laquelle ils ont besoin en tant que mineurs.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des modes de prise en charge multiples<\/strong><\/p>\n<p>A une \u00e9poque o\u00f9 la prise en consid\u00e9ration du bien-\u00eatre des enfants a beaucoup \u00e9volu\u00e9, de plus en plus de professionnels planchent sur une am\u00e9lioration de l\u2019encadrement des familles affect\u00e9es par la toxicod\u00e9pendance. \u00abGlobalement, il existe deux grandes tendances, explique Bernard Vuignier, ancien collaborateur du Service vaudois de protection de la jeunesse (SPJ). Les partisans de l\u2019\u00e9cole Berger pensent qu\u2019il vaut mieux tenter un nouveau d\u00e9part dans une structure ou une famille d\u2019accueil, alors que ceux de l\u2019\u00e9cole syst\u00e9mique privil\u00e9gient le maintien dans la famille biologique. Il n\u2019y a pas de solution d\u2019accompagnement miracle et on doit souvent prendre la moins mauvaise d\u00e9cision.\u00bb<\/p>\n<p>De l\u2019enfant plac\u00e9 \u00e0 100% dans une famille d\u2019accueil \u00e0 celui vivant avec ses parents toxicod\u00e9pendants sous l\u2019encadrement d\u2019un professionnel du SPJ, en passant par celui logeant dans un foyer la semaine et se rendant au domicile familial le week-end, les cas de figure sont multiples en Suisse. Dans notre pays, l\u2019accompagnement d\u2019un enfant de parent toxicomane d\u00e9pend d\u2019ailleurs \u00e9norm\u00e9ment de la personne qui g\u00e8re son dossier aupr\u00e8s du SPJ. \u00abParfois, j\u2019ai pris la d\u00e9cision de maintenir un jeune dans sa famille alors que les trois quarts de mes coll\u00e8gues l\u2019auraient plac\u00e9\u00bb, se souvient Bernard Vuignier.<\/p>\n<p>Le souci de conserver le lien entre les enfants et leurs parents biologiques fait par contre l\u2019unanimit\u00e9. Des structures sp\u00e9cialis\u00e9es dans la prise en charge des m\u00e8res toxicod\u00e9pendantes et de leurs enfants ont vu le jour dans cette optique. Sabrina Leo est employ\u00e9e par l\u2019une d\u2019entre elles, la communaut\u00e9 th\u00e9rapeutique <a href=\"http:\/\/www.mutterkindwohnen.ch\/muschle-suchttherapie-bern.html\" target=\"_blank\">Muschle<\/a>, qui peut h\u00e9berger jusqu\u2019\u00e0 neuf familles dans ses locaux situ\u00e9s \u00e0 Berne. \u00abNotre but principal est de construire le lien m\u00e8re-enfant et d\u2019aider ces femmes \u00e0 apprendre &#8212; si possible &#8212; \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins de leurs petits. Ce qui rend notre t\u00e2che difficile, c\u2019est qu\u2019elles ont souvent eu elles-m\u00eames une enfance compliqu\u00e9e et qu\u2019elles manquent cruellement de mod\u00e8le.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un syst\u00e8me trop rigide<\/strong><\/p>\n<p>Les organismes-ponts tels que la communaut\u00e9 Muschle sont malheureusement encore rares en terres helv\u00e9tiques. \u00abJ\u2019entends souvent dire qu\u2019il y a les sp\u00e9cialistes de l\u2019encadrement des parents toxicod\u00e9pendants et les sp\u00e9cialistes de l\u2019accompagnement de leurs enfants. Et que ces points de vue sont incompatibles, s\u2019\u00e9tonne Annamaria Colombo, professeure \u00e0 la Haute \u00e9cole de travail social Fribourg. Mais la parentalit\u00e9, c\u2019est justement le lien entre les deux!\u00bb<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019une \u00e9tude sur la parentalit\u00e9 en situation de toxicod\u00e9pendance dans le canton de Vaud, la chercheuse a pu constater un net d\u00e9calage entre les visions qu\u2019ont les mamans (toxicomanes) et certains professionnels de ce qu\u2019est un \u00abbon parent\u00bb. \u00abCes m\u00e8res ont toutes sortes de clich\u00e9s qui leur collent \u00e0 la peau, dont le plus tenace est l\u2019id\u00e9e qu\u2019elles sont forc\u00e9ment incomp\u00e9tentes en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation.\u00bb Annamaria Colombo rel\u00e8ve par ailleurs \u00abqu\u2019on entend sans cesse parler de \u2018parent \u00e0 temps partiel\u2019 d\u00e8s lors qu\u2019un enfant est plac\u00e9 dans une famille ou un foyer. C\u2019est compl\u00e8tement absurde: on reste parent \u00e0 100%, m\u00eame si on voit peu son enfant.\u00bb<\/p>\n<p>La travailleuse sociale hors murs Patricia Fontannaz, qui a cor\u00e9alis\u00e9 cette recherche mandat\u00e9e par la fondation <a href=\"http:\/\/www.relais.ch\/\" target=\"_blank\">Le Relais<\/a> et anime un \u00abCaf\u00e9 des mamans\u00bb \u00e0 Lausanne, corrobore les propos d\u2019Annamaria Colombo. \u00abLes femmes (toxicod\u00e9pendantes) que je rencontre ne me parlent que de leurs enfants, m\u00eame si elles ne les voient que deux heures par mois!\u00bb Ce que regrette tout particuli\u00e8rement Patricia Fontannaz, c\u2019est \u00able peu de souplesse dont fait preuve le syst\u00e8me \u00e0 l\u2019\u00e9gard des parents qui sortent de la normalit\u00e9. Il peut notamment \u00eatre tr\u00e8s angoissant pour un parent toxicod\u00e9pendant d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de se rendre \u00e0 un rendez-vous dans une institution formelle.\u00bb<\/p>\n<p><strong>L\u2019importance de parler librement des probl\u00e8mes<\/strong><\/p>\n<p>Si la formule magique permettant de maintenir un lien solide entre les enfants et leurs parents toxicomanes &#8212; tout en faisant prendre le moins de risques physiques et psychologiques aux premiers &#8212; n\u2019existe pas, plusieurs pistes sont explor\u00e9es, dont le \u00abrenforcement des comp\u00e9tences parentales\u00bb. \u00abAu Canada, des formations sp\u00e9cifiques ont \u00e9t\u00e9 mises sur pied \u00e0 l\u2019intention des parents d\u00e9pendants, durant lesquelles on dispense des conseils concrets: pr\u00e9parer des repas \u00e0 heure r\u00e9guli\u00e8re, encourager les enfants \u00e0 se cr\u00e9er un r\u00e9seau social, etc.\u00bb, note Marion Forel.<\/p>\n<p>\u00abMais au fond, l\u2019objectif ultime des personnes concern\u00e9es par l\u2019accompagnement de ces parents et de ces enfants devrait \u00eatre de briser les tabous et de favoriser la communication, afin que chacun se sente libre de demander de l\u2019aide, estime la responsable d\u2019Addiction Suisse. Des sp\u00e9cialistes ont par exemple pu observer que lorsqu\u2019on laisse aux personnes d\u00e9pendantes l\u2019espace pour parler sans jugement de leur parentalit\u00e9 et des cons\u00e9quences de leur maladie sur l\u2019enfant, c\u2019est un important levier motivationnel pour aller vers un changement.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>TEMOIGNAGES<\/p>\n<p><strong>\u00abMa m\u00e8re n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 nier son probl\u00e8me, c\u2019est ce qui m\u2019a sauv\u00e9e\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>La toxicod\u00e9pendance de sa m\u00e8re, Sonia Pernet ne l\u2019a d\u00e9couverte qu\u2019\u00e0 l\u2019adolescence. \u00abQuand j\u2019\u00e9tais petite, sa consommation d\u2019h\u00e9ro\u00efne \u00e9tait &lsquo;g\u00e9r\u00e9e&rsquo; et je ne me suis aper\u00e7ue de rien. Lorsqu\u2019elle est pass\u00e9e \u00e0 la coca\u00efne, elle est alors compl\u00e8tement tomb\u00e9e dedans et c\u2019est devenu la gal\u00e8re \u00e0 la maison: les t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res ne se faisaient pas, on s\u2019engueulait tout le temps et mes r\u00e9sultats scolaires en ont p\u00e2ti.\u00bb Sa \u00abreprise en main\u00bb, l\u2019adolescente la doit \u00e0 ses grands-parents, \u00abqui avaient les moyens de m\u2019envoyer \u00e0 l\u2019internat (le p\u00e8re de Sonia est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 avant ses 3 ans). Etre cadr\u00e9e m\u2019a fait un bien fou. Quant \u00e0 ma m\u00e8re, elle est parvenue \u00e0 arr\u00eater la coca\u00efne le week-end, lorsque je rentrais.\u00bb<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es ont pass\u00e9 et la jeune femme a poursuivi avec succ\u00e8s son cursus, encha\u00eenant sur un master universitaire, puis une th\u00e8se de doctorat. Sa m\u00e8re a, quant \u00e0 elle, altern\u00e9 les phases de d\u00e9pression aigu\u00eb et les s\u00e9jours \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour infections cardiaques. \u00abA une exception de quelques mois pr\u00e8s, nous sommes toujours rest\u00e9es en contact. Lorsque son \u00e9tat s\u2019est encore d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 et qu\u2019elle a accept\u00e9 d\u2019aller aux soins palliatifs, c\u2019est moi qui l\u2019y ai emmen\u00e9e.\u00bb Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa maman &#8212; survenu il y a deux ans &#8211;, Sonia s\u2019est sentie extr\u00eamement soulag\u00e9e: \u00abTant qu\u2019elle \u00e9tait en vie, j\u2019avais toujours un nuage au-dessus de la t\u00eate, cette peur qu\u2019on m\u2019appelle et qu\u2019on me dise &lsquo;elle a fait une overdose&rsquo;.\u00bb Cette mort a aussi \u00e9t\u00e9 synonyme d\u2019un profond vide. \u00abJ\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019une grande partie de ma vie \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 me faire du souci pour ma maman. Je n\u2019arrive toujours pas \u00e0 \u00e9teindre mon portable la nuit.\u00bb Quand on lui demande ce qui, \u00e0 son avis, lui a permis de s\u2019\u00e9panouir malgr\u00e9 la toxicomanie de sa m\u00e8re, la jeune femme r\u00e9pond sans h\u00e9siter \u00abl\u2019honn\u00eatet\u00e9\u00bb. \u00ab\u00c0 partir du moment o\u00f9 j\u2019ai d\u00e9couvert sa d\u00e9pendance, ma maman n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 nier son probl\u00e8me et a toujours fait en sorte de me motiver \u00e0 aller de l\u2019avant et d\u2019\u00e9viter que je me sente coupable. C\u2019est probablement ce qui m\u2019a sauv\u00e9e.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abPar honte, ma s\u0153ur et moi passions notre temps \u00e0 l\u2019\u00e9cart des autres gamins\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>St\u00e9phane* touche l\u2019aide sociale depuis des ann\u00e9es. \u00abEntre 25 et 30 ans, j\u2019ai eu une bonne phase. J\u2019ai termin\u00e9  la formation que j\u2019avais laiss\u00e9e en plan vers 17 ans et j\u2019ai m\u00eame trouv\u00e9 du travail. Mais l\u2019h\u00e9ro\u00efne m\u2019a rattrap\u00e9 quelques ann\u00e9es plus tard.\u00bb Lorsque St\u00e9phane \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de 8 ans, son p\u00e8re &#8212; alcoolique &#8212; s\u2019est suicid\u00e9. \u00abAvec le recul, je me dis que c\u2019\u00e9tait probablement lui qui tenait la baraque. Apr\u00e8s sa disparition, notre appartement a commenc\u00e9 \u00e0 ressembler \u00e0 ceux qu\u2019on voit dans les films: avec de la vaisselle sale dans l\u2019\u00e9vier, une m\u00e8re inerte sur le canap\u00e9 et une fillette de 11 ans (en l\u2019occurrence ma grande s\u0153ur) qui pr\u00e9pare le go\u00fbter de son fr\u00e8re cadet.\u00bb De son enfance, St\u00e9phane se rappelle surtout cette s\u0153ur omnipr\u00e9sente. \u00abNous avions trop honte de la salet\u00e9 et du d\u00e9sordre ambiant pour amener des copains \u00e0 la maison. Du coup, ma s\u0153ur et moi passions une bonne partie de notre temps \u00e0 l\u2019\u00e9cart des autres gamins.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est lorsque son a\u00een\u00e9e a quitt\u00e9 la maison pour aller faire un apprentissage en Suisse al\u00e9manique que la vie de St\u00e9phane a commenc\u00e9 \u00e0 se craqueler. \u00abDurant l\u2019adolescence, j\u2019ai plus ou moins tenu le cap, notamment gr\u00e2ce \u00e0 un prof qui m\u2019a pris sous son aile. Mais la rencontre avec l\u2019h\u00e9ro\u00efne m\u2019a fait plonger.\u00bb M\u00eame s\u2019il a une compagne depuis plusieurs ann\u00e9es &#8212; h\u00e9ro\u00efnomane elle aussi &#8211;, St\u00e9phane ne souhaite pas avoir d\u2019enfants. \u00abJe ne dis pas qu\u2019\u00eatre parent et d\u00e9pendant est impossible. Mais il faut \u00eatre pr\u00eat \u00e0 assumer la culpabilit\u00e9 li\u00e9e au fait de faire souffrir son enfant, car forc\u00e9ment on le fait souffrir. Et \u00e7a, je ne m\u2019en sens pas capable.\u00bb<\/p>\n<p>*Pr\u00e9nom d\u2019emprunt<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 12).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 H\u00e9misph\u00e8res au prix de CHF 45.- (d\u00e8s 45 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/revuehemispheres.com\/\" target=\"_blank\">revuehemispheres.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>S\u2019il est difficile de chiffrer le nombre d\u2019enfants dont au moins un parent est toxicomane en Suisse, on en sait d\u00e9sormais davantage sur le parcours souvent chaotique de ces mineurs\u2026 et de leurs g\u00e9niteurs. 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