



{"id":4880,"date":"2017-05-01T14:07:59","date_gmt":"2017-05-01T12:07:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4880"},"modified":"2017-08-24T10:29:44","modified_gmt":"2017-08-24T08:29:44","slug":"innovation-17","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4880","title":{"rendered":"L\u2019exode des start-up europ\u00e9ennes"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/112016\/large01052017.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"large01052017.jpg\" alt=\"large01052017.jpg\" \/><\/p>\n<p>Le Brexit et la crise migratoire sont l\u2019objet de toutes les attentions. Mais une autre menace pourrait bien toucher l\u2019\u00e9conomie de l\u2019UE plus durement encore: la fuite incessante du savoir-faire technologique et de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle europ\u00e9enne vers les Etats-Unis.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne est discret mais bien r\u00e9el. Des soci\u00e9t\u00e9s am\u00e9ricaines acqui\u00e8rent un grand nombre de start-up technologiques europ\u00e9ennes, le fleuron de la Silicon Valley &#8212; Google, Microsoft et Facebook &#8212; menant la danse. Et si personne ne sait quelle sera l\u2019influence de l\u2019administration Trump, les chiffres actuels sont \u00e9loquents. Le bureau d\u2019\u00e9tudes de march\u00e9 Tech.eu a en effet montr\u00e9 que 122 des 332 entreprises europ\u00e9ennes vendues en 2014 (soit pr\u00e8s de 37%) avaient \u00e9t\u00e9 happ\u00e9es par des soci\u00e9t\u00e9s<br \/>\nam\u00e9ricaines. Les autres principaux acqu\u00e9reurs \u00e9taient l\u2019Allemagne (40 soci\u00e9t\u00e9s), le Royaume-Uni (33) et la France (30).<\/p>\n<p>Le partenariat <a href=\"http:\/\/startupeuropeclub.eu\/\" target=\"_blank\">Startup Europe<\/a>, une organisation parrain\u00e9e par la Commission europ\u00e9enne qui vise \u00e0 mettre en relation innovateurs et grands groupes europ\u00e9ens, avance m\u00eame des chiffres plus \u00e9lev\u00e9s. Les r\u00e9sultats d\u2019une analyse d\u00e9taill\u00e9e des acquisitions entre 2012 et 2016 montrent que 44% des start-up europ\u00e9ennes ont \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9es par des entit\u00e9s am\u00e9ricaines au cours de cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p>Pourquoi cela est-il important \u00e0 l\u2019\u00e8re de la mondialisation? Tout simplement parce que l\u2019Europe risque de perdre de nouvelles technologies \u00e9mergentes dont le d\u00e9veloppement serait contr\u00f4l\u00e9 par les Etats-Unis, au d\u00e9triment du capital intellectuel europ\u00e9en. Ce qu\u2019illustre bien l\u2019effet des acquisitions am\u00e9ricaines sur le domaine tr\u00e8s prometteur de l\u2019intelligence artificielle, domin\u00e9 par les Etats-Unis, Isra\u00ebl et le Royaume-Uni. Entre mi-2015 et d\u00e9but 2016, au moins cinq start-up britanniques novatrices ont \u00e9t\u00e9 englouties par des firmes am\u00e9ricaines:<\/p>\n<p>&#8212; <a href=\"https:\/\/deepmind.com\/\" target=\"_blank\">DeepMind<\/a>, le pionnier des r\u00e9seaux neuronaux, dont la technologie a battu le champion du monde de go, a \u00e9t\u00e9 acquise par Google pour pr\u00e8s de 500 millions de dollars;<\/p>\n<p>&#8212; <a href=\"https:\/\/swiftkey.com\/en\" target=\"_blank\">Swiftkey<\/a>, fabricant de claviers virtuels intelligents, a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9 par Microsoft pour 250 millions de dollars;<\/p>\n<p>&#8212; Magic Pony Technology, soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9veloppant des algorithmes de traitement et de nettoyage d\u2019image, a rejoint Twitter pour 150 millions de dollars;<\/p>\n<p>&#8212; PredictionIO, serveur open source de machine learning, a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9 pour un montant inconnu par <a href=\"https:\/\/www.salesforce.com\/fr\/\" target=\"_blank\">SalesForce<\/a>, une plateforme de <em>cloud computing<\/em>;<\/p>\n<p>&#8212; VocalIQ, qui a d\u00e9velopp\u00e9 une IA de reconnaissance vocale tr\u00e8s pr\u00e9cise, a \u00e9t\u00e9 acquise par Apple pour plus de 50 millions de dollars.<\/p>\n<p>Un \u00e9largissement du ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 l\u2019ensemble du secteur technologique pourrait engendrer des pertes de savoir-faire \u00e9normes. Entre 2011 et 2016, les g\u00e9ants am\u00e9ricains Amazon, Apple, Alphabet (Google), Microsoft et Facebook ont \u00e0 eux seuls acquis 52 soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>L\u2019acquisition de Skype par Microsoft pour 8,5 milliards de dollars en 2011 constitue une \u00e9tape importante de la tendance. Depuis, Microsoft a fait de Skype Entreprise un \u00e9l\u00e9ment essentiel de son offre de t\u00e9l\u00e9conf\u00e9rence et de son HoloLens. Ce rachat a cependant \u00e9t\u00e9 \u00e9clips\u00e9, en octobre 2016, par celui de NXP Semiconductors par <a href=\"https:\/\/www.qualcomm.com\/\" target=\"_blank\">Qualcomm<\/a>, fabricant am\u00e9ricain de puces pour t\u00e9l\u00e9phones portables, pour la somme de 47 milliards de dollars. NXP, l\u2019ancienne branche semi-conducteurs de Philips, bas\u00e9e \u00e0 Eindhoven, \u00e9tait un g\u00e9ant europ\u00e9en dans le domaine des puces pour cartes de paiement s\u00e9curis\u00e9es ainsi que pour l\u2019industrie automobile.<\/p>\n<p><strong>Les universit\u00e9s montent au cr\u00e9neau<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Europe doit imp\u00e9rativement changer la donne. En effet, comme le soulignent certains observateurs, pourquoi encourager les universit\u00e9s \u00e0 former de talentueux ing\u00e9nieurs et \u00e0 produire de pr\u00e9cieux brevets si les revenus et les emplois g\u00e9n\u00e9r\u00e9s profitent aux Etats-Unis?<\/p>\n<p>Certaines grandes universit\u00e9s techniques europ\u00e9ennes proposent de nouvelles id\u00e9es, notamment des r\u00e9formes en mati\u00e8re d\u2019imp\u00f4ts et d\u2019octroi de brevets (voir encadr\u00e9 ci-dessous). Mais il en faudra bien plus pour cr\u00e9er des \u00e9quivalents europ\u00e9ens \u00e0 Google, Facebook ou Amazon. Pour de nombreux experts, un changement culturel et comportemental est indispensable. \u00c0 l\u2019instar des investisseurs de capital-risque, les grandes institutions comme la Banque europ\u00e9enne d\u2019investissement et la Commission europ\u00e9enne devraient soutenir les jeunes entrepreneurs, s\u2019ouvrir \u00e0 la prise de risques et abandonner leur hostilit\u00e9 face \u00e0 l\u2019argent rapidement gagn\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019Europe doit cr\u00e9er un environnement plus propice au d\u00e9veloppement des entreprises technologiques. Cela contribuerait non seulement \u00e0 conserver les inventions europ\u00e9ennes, mais \u00e9galement \u00e0 attirer davantage d\u2019entrepreneurs \u00e9trangers\u00bb, explique Georges Romme, titulaire de la chaire d\u2019entrepreneuriat et d\u2019innovation \u00e0 l\u2019Eindhoven University of Technology.<\/p>\n<p>Pour Ann-Kristin Achleitner, professeure de finance d\u2019entreprise et de transfert technologique \u00e0 la Technische Universit\u00e4t M\u00fcnchen, il est primordial d\u2019enrayer cette fuite des start-up vers les Etats-Unis: \u00abLes rachats par des firmes am\u00e9ricaines sont trop fr\u00e9quents. Nous devons assurer un meilleur transfert de nos projets de recherche technologique afin de cr\u00e9er des start-up r\u00e9solument ancr\u00e9es en Europe. Le fait que des soci\u00e9t\u00e9s passent en mains \u00e9trang\u00e8res repr\u00e9sente aussi une perte de contr\u00f4le sur les emplois.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Avantage am\u00e9ricain<\/strong><\/p>\n<p>Alors que faire? Pourquoi les Etats-Unis s\u00e9duisent-ils autant? Revenons aux bases de la cr\u00e9ation d\u2019entreprise: le travail acharn\u00e9. Un entrepreneur doit voir grand, aff\u00fbter et matraquer son argument de vente, continuellement revoir son concept en fonction des retours des utilisateurs (dans l\u2019univers des start-up, on parle de d\u00e9marche \u00abit\u00e9rative\u00bb), trouver un financement initial et faire d\u00e9coller sa soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e8s qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 s\u2019engage sur la voie de la r\u00e9ussite, elle attire l\u2019attention de pr\u00e9dateurs. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019il faut multiplier les investissements, voire racheter la soci\u00e9t\u00e9, afin de lui permettre d\u2019embaucher du personnel et de cro\u00eetre davantage. Il peut d\u2019ailleurs \u00eatre utile de rappeler que l\u2019objectif d\u2019une entreprise n\u2019est pas de faire la une de <em>Wired<\/em> ou de <em>Handelsblatt<\/em> gr\u00e2ce \u00e0 ses gadgets, mais bien de r\u00e9aliser des b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n<p>\u00abLa rentabilit\u00e9 repr\u00e9sente l\u2019indicateur id\u00e9al \u00e0 long terme. Elle requiert un march\u00e9 unique important, et celui des Etats-Unis est \u00e9norme compar\u00e9 \u00e0 celui de l\u2019UE, bien plus fragment\u00e9\u00bb, explique Rashid Mansoor, entrepreneur technologique bas\u00e9 \u00e0 Londres.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s technologiques adultes, qui peuvent investir davantage, sont nettement plus r\u00e9pandues aux Etats-Unis. Une start-up a donc plus de chances d\u2019\u00eatre rachet\u00e9e par un g\u00e9ant am\u00e9ricain. Cela est d\u2019autant plus vrai lorsqu\u2019il existe une synergie importante entre les activit\u00e9s du repreneur et de la cible, comme dans le cas des recherches sur l\u2019IA de Google et de DeepMind.<\/p>\n<p>Et les succ\u00e8s am\u00e9ricains en mati\u00e8re de rachats de start-up europ\u00e9ennes semblent augmenter la capacit\u00e9 des Etats-Unis \u00e0 effectuer de nouvelles acquisitions. \u00abDans la mesure o\u00f9 il y a eu peu de rachats d\u2019envergure \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019UE, l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me europ\u00e9en est moins bien \u00e9quip\u00e9\u00bb, analyse Rashid Mansoor. Cela diminue en cons\u00e9quence la probabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9mergence en Europe d\u2019un g\u00e9ant tel que Google, Microsoft ou Apple.<\/p>\n<p>Le partenariat Startup Europe reconna\u00eet que \u00abl\u2019Europe continentale g\u00e9n\u00e8re moins d\u2019entreprises \u00e0 forte croissance que d\u2019autres r\u00e9gions du monde, notamment la Silicon Valley\u00bb. Il cherche \u00e9galement \u00e0 int\u00e9grer des start-up au sein de grands groupes europ\u00e9ens &#8212; comme Unilever, Telefonica ou Orange &#8212; dans l\u2019espoir d\u2019amener les innovateurs \u00e0 rechercher des investisseurs en Europe. Mais la cause de cette situation r\u00e9side dans la diff\u00e9rence entre l\u2019approche audacieuse des Etats-Unis et celle, plus timide, de l\u2019Europe. Selon certains observateurs, l\u2019establishment europ\u00e9en a des difficult\u00e9s profond\u00e9ment ancr\u00e9es \u00e0 accepter la prise de risques indispensable \u00e0 l\u2019innovation.<\/p>\n<p><strong>Cr\u00e9ation de nouveaux hubs<\/strong><\/p>\n<p>Selon Dominique Foray, expert en \u00e9conomie de l\u2019innovation \u00e0 l\u2019EPFL, d\u2019autres facteurs culturels jouent un r\u00f4le: \u00abLa gestion paternaliste, qui favorise le contr\u00f4le et non la responsabilisation et la d\u00e9l\u00e9gation au niveau local, est incompatible avec des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 forte croissance.\u00bb De plus, la crainte de l\u2019\u00e9chec et le manque g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de reconnaissance des entrepreneurs p\u00e9nalisent l\u2019Europe. \u00abLes jeunes pousses rencontrent de nombreux obstacles en Europe, ce qui les incite \u00e0 chercher un environnement plus favorable ailleurs.\u00bb<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, les comportements vont en s\u2019am\u00e9liorant \u00e0 mesure que des plateformes d\u2019innovation voient le jour. Selon Dominique Foray, \u00abcertains obstacles commencent \u00e0 dispara\u00eetre gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes riches en start-up\u00bb. Ainsi, Berlin est devenue une plaque tournante technologique. Selon le site <a href=\"https:\/\/techcrunch.com\/\" target=\"_blank\">TechCrunch<\/a>, sp\u00e9cialis\u00e9 dans le capital-risque et l\u2019actualit\u00e9 des start-up technologiques, une start-up y \u00e9tait cr\u00e9\u00e9e toutes les vingt minutes l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier, apr\u00e8s le vote sur le Brexit.<\/p>\n<p>Georges Romme consid\u00e8re lui aussi que les plateformes d\u2019innovation sont essentielles. A ses yeux, il faudrait en cr\u00e9er bien plus, par exemple dans des zones urbaines frapp\u00e9es par la d\u00e9sertification industrielle. \u00abAux Etats-Unis, des villes en d\u00e9clin comme Akron ou D\u00e9troit se sont m\u00e9tamorphos\u00e9es en hubs technologiques. Ces r\u00e9gions s\u2019av\u00e8rent aujourd\u2019hui bien plus importantes pour l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine que la Silicon Valley. L\u2019Europe poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 des plateformes technologiques, comme Dresde, Berlin ou Eindhoven, mais afin de conserver les meilleurs entrepreneurs, elle doit multiplier ces lieux d\u2019innovation.\u00bb<\/p>\n<p>Des pays scandinaves comme la Su\u00e8de ou le Danemark pourraient montrer la voie gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement pr\u00e9coce de la culture entrepreneuriale. \u00abLes \u00e9coles &#8212; dont les \u00e9tablissements primaires &#8212; et les universit\u00e9s ont ajout\u00e9 l\u2019innovation et l\u2019entrepreneuriat \u00e0 leurs programmes d\u2019\u00e9tudes, dit S\u00f8ren Salomo, professeur de Management Engineering \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 technique du Danemark. Les nouveaux \u00e9tudiants ont par exemple pu affronter des d\u00e9fis li\u00e9s au monde des start-up dans un jeu vid\u00e9o. Bien entendu, ce projet seul n\u2019explique pas l\u2019augmentation du nombre de jeunes souhaitant fonder une entreprise plus tard. Mais, en le combinant \u00e0 de nombreuses autres mesures, ces pays ont r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er un environnement favorable aux start-up.\u00bb Les r\u00e9sultats sont encourageants: la Su\u00e8de arrive en deuxi\u00e8me position des pays europ\u00e9ens poss\u00e9dant le plus de licornes, tandis que le Danemark a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 parmi les pays les plus accueillants pour les entrepreneurs par la Banque mondiale.<\/p>\n<p><strong>Ne pas rester les bras crois\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Rashid Mansoor a de l\u2019exp\u00e9rience dans la recherche de fonds. Il a fond\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.adbrain.com\/\" target=\"_blank\">AdBrain<\/a>, dont la technologie analyse les pr\u00e9f\u00e9rences d\u2019achat des clients. Et il est d\u00e9sormais directeur de <a href=\"https:\/\/hadean.com\/\" target=\"_blank\">Hadean<\/a>, dont les programmes r\u00e9duisent de plusieurs mois le temps n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9daction d\u2019algorithmes.<\/p>\n<p>L\u2019entrepreneur londonien vient de boucler avec succ\u00e8s une campagne de financements pour Hadean. Il s\u2019est focalis\u00e9 sur des investisseurs europ\u00e9ens ayant \u00able m\u00eame go\u00fbt du risque que ceux de la Silicon Valley\u00bb. Il souhaitait qu\u2019ils s\u2019engagent sur le long terme, \u00abune approche atypique pour des investisseurs europ\u00e9ens, qui pr\u00e9f\u00e8rent les risques faibles et le court terme\u00bb. Il a toutefois d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il ciblerait \u00e9galement des acteurs am\u00e9ricains lors de sa prochaine recherche de fonds.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre faut-il suivre l\u2019exemple de Rashid Mansoor: combiner des investisseurs europ\u00e9ens et am\u00e9ricains. Par ailleurs, d\u2019apr\u00e8s Ann-Kristin Achleitner, les grands groupes allemands commencent \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019innovation dans les start-up. \u00abL\u2019Allemagne change. Siemens et Bosch, par exemple, se montrent plus enclins \u00e0 racheter de jeunes entreprises. Ils jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me en tant qu\u2019acqu\u00e9reurs potentiels.\u00bb<\/p>\n<p>Quelle que soit la solution, il n\u2019est pas envisageable de rester les bras crois\u00e9s. Selon James Wise, associ\u00e9 chez Balderton Capital, une firme de capital-risque londonienne, \u00absi nous ne prot\u00e9geons pas nos soci\u00e9t\u00e9s technologiques comme nos soci\u00e9t\u00e9s de services \u00e9nerg\u00e9tiques ou de d\u00e9fense, nous risquons de perdre une importante source de croissance \u00e9conomique.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRES<\/p>\n<p><strong>Capital-risque investi entre 2006 et 2013<\/strong><br \/>\nTop 5 (en milliards de dollars)<\/p>\n<p><strong>Etats-Unis<\/strong>: 254,6<br \/>\n<strong>Europe<\/strong>: 55,4<br \/>\n<strong>Chine<\/strong>: 33,05<br \/>\n<strong>Isra\u00ebl<\/strong>: 13,1<br \/>\n<strong>Inde<\/strong>: 9,9<\/p>\n<p>Source: Ernst &amp; Young<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Nombre de licornes<\/strong><br \/>\nTop 5, Europe<\/p>\n<p><strong>Royaume-Uni<\/strong>: 18<br \/>\n<strong>Su\u00e8de<\/strong>: 7<br \/>\n<strong>Allemagne<\/strong>: 6<br \/>\n<strong>France<\/strong>: 3<br \/>\n<strong>Isra\u00ebl<\/strong>: 3<\/p>\n<p><strong>47<\/strong><br \/>\nNombre de licornes europ\u00e9ennes en 2016<\/p>\n<p><strong>98<\/strong><br \/>\nNombre de licornes am\u00e9ricaines en 2016<\/p>\n<p>Sources: CB Insights, GP Bullhound<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Des experts de quatre grandes universit\u00e9s r\u00e9clament des imp\u00f4ts plus transparents et des brevets plus pertinents<\/strong><\/p>\n<p>Pour faciliter l\u2019innovation et la croissance des start-up, les Etats de l\u2019UE devraient harmoniser leurs imp\u00f4ts sur les soci\u00e9t\u00e9s et l\u2019Office europ\u00e9en des brevets limiter l\u2019attribution de brevets aux projets r\u00e9ellement novateurs. Telle est la strat\u00e9gie propos\u00e9e par plusieurs professeurs de l\u2019alliance <a href=\"http:\/\/eurotech-universities.eu\/\" target=\"_blank\">Eurotech Universities<\/a> dans un document de r\u00e9flexion.<\/p>\n<p>Cette alliance r\u00e9unit la Technische Universit\u00e4t M\u00fcnchen (TUM), l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL), la Danmarks Tekniske Universitet (DTU) et l\u2019Eindhoven University of Technology (TU\/e).<\/p>\n<p>Ils souhaitent que l\u2019Europe devienne une \u00abmine d\u2019innovations \u00e0 forte croissance \u00e9conomique\u00bb \u00e0 l\u2019horizon 2040. Pour cela, ils pr\u00e9conisent de d\u00e9velopper ce que Georges Romme, expert en innovation \u00e0 la TU\/e, nomme \u00abde meilleures conditions pour conserver la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle en Europe\u00bb.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>R\u00e9compenser les inventeurs<\/strong><\/p>\n<p>Les politiques d\u2019innovation au sein de l\u2019UE reposent sur des subventions, des primes fiscales et des bourses de recherche collaborative. Le groupe d\u2019experts estime qu\u2019il serait b\u00e9n\u00e9fique d\u2019harmoniser les imp\u00f4ts pour l\u2019ensemble des entrepreneurs europ\u00e9ens. Cela \u00e9viterait les mauvaises surprises lorsque ces derniers cherchent \u00e0 s\u2019implanter dans d\u2019autres pays de l\u2019UE. De plus, la cr\u00e9ation d\u2019un syst\u00e8me fiscal \u00e9quitable \u00e0 taux unique, ax\u00e9 sur la consommation et non sur le revenu, limiterait les \u00e9vasions fiscales \u00e0 grande \u00e9chelle, comme celles r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par les Luxembourg Leaks et les Panama Papers, qui d\u00e9tournent \u00abune part \u00e9norme\u00bb des ressources disponibles pour l\u2019innovation.<\/p>\n<p>R\u00e9compenser les inventeurs de mani\u00e8re juste constitue un autre principe cl\u00e9. Les experts recommandent que l\u2019Office europ\u00e9en des brevets place plus haut la barre de l\u2019\u00abactivit\u00e9 inventive\u00bb, condition sine qua non \u00e0 l\u2019octroi d\u2019un brevet. Selon eux, trop d\u2019entreprises font ce que les Am\u00e9ricains appellent du \u00abpatent trolling\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire le d\u00e9p\u00f4t de brevets peu novateurs dans le but de dissuader les concurrents. \u00abCe &lsquo;brevetage strat\u00e9gique&rsquo; vise \u00e0 bloquer les autres entreprises et, lorsque cela est possible, \u00e0 extorquer des redevances\u00bb, soulignent les professeurs.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 12).<\/p>\n<p>Pour souscrire un abonnement \u00e0 Technologist au prix de CHF 45.- (42 euros) pour 8 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/www.technologist.eu\/print-magazine\/subscribe\/\" target=\"_blank\">technologist.eu<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De nombreuses technologies innovantes quittent le continent pour les \u00c9tats-Unis. 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