



{"id":4849,"date":"2017-03-14T11:28:32","date_gmt":"2017-03-14T10:28:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4849"},"modified":"2017-07-12T12:07:37","modified_gmt":"2017-07-12T10:07:37","slug":"entreprise-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4849","title":{"rendered":"Ces Fran\u00e7ais qui choisissent la Suisse pour lancer leur soci\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/112016\/large14032017_24.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"large14032017_24.jpg\" alt=\"large14032017_24.jpg\" \/><\/p>\n<p>Ils sont Fran\u00e7ais, bien form\u00e9s, enthousiastes et cr\u00e9atifs. Et ils sont toujours plus nombreux \u00e0 lancer leur entreprise en terres helv\u00e9tiques. Les motivations de ces entrepreneurs expatri\u00e9s sont souvent li\u00e9es \u00e0 des consid\u00e9rations personnelles ou familiales. Mais le cadre \u00e9conomique et administratif moins lourd en Suisse qu&rsquo;en France p\u00e8se \u00e9galement dans la balance. Ainsi, malgr\u00e9 le franc fort et les incertitudes li\u00e9es \u00e0 la question migratoire, la Chambre de commerce et d&rsquo;investissement France-Suisse observe un maintien \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9 des investissements fran\u00e7ais en Suisse.<\/p>\n<p>\u00abDe nombreux entrepreneurs fran\u00e7ais s&rsquo;installent en Suisse pour d\u00e9velopper leur id\u00e9e en raison de la proximit\u00e9 g\u00e9ographique, mais aussi du cadre fiscal et administratif favorable\u00bb, note son directeur Romain Duriez. L&rsquo;Hexagone est aujourd&rsquo;hui le quatri\u00e8me partenaire commercial de la Suisse (son stock d&rsquo;investissements s&rsquo;\u00e9levait \u00e0 45 milliards de francs en 2014) derri\u00e8re l&rsquo;Allemagne, les Etats-Unis et l&rsquo;Italie.<\/p>\n<p><strong>Diff\u00e9rences culturelles et manag\u00e9riales<\/strong><\/p>\n<p>Les profils sont vari\u00e9s. On trouve aussi bien des chefs d&rsquo;entreprise qui souhaitent diversifier leur portefeuille, par exemple en reprenant une soci\u00e9t\u00e9 locale, que de jeunes cr\u00e9ateurs attir\u00e9s par un terreau ouvert \u00e0 l&rsquo;innovation. Plusieurs adaptations demeurent n\u00e9anmoins n\u00e9cessaires. Malgr\u00e9 la proximit\u00e9 g\u00e9ographique, les diff\u00e9rences culturelles et manag\u00e9riales restent importantes. Romain Duriez souligne une culture de la responsabilisation des employ\u00e9s plus accentu\u00e9e c\u00f4t\u00e9 Suisse, surtout au sein des PME. La consultation et le compromis y sont plus importants, par opposition \u00e0 l&rsquo;image plus r\u00e9pandue en France du leader qui m\u00e8ne son groupe vers un but. Le dialogue social et la base consultative sont ainsi, selon lui, des \u00e9l\u00e9ments plus pr\u00e9sents dans la culture entrepreneuriale helv\u00e9tique.<\/p>\n<p>Bien que le syst\u00e8me suisse soit plus lib\u00e9ral, avec notamment un Code du travail simplifi\u00e9, il reste cependant moins incitatif que le syst\u00e8me fran\u00e7ais. \u00abOn trouve, c\u00f4t\u00e9 Suisse, moins de subventions, ce qui peut parfois surprendre certains chefs d&rsquo;entreprise fran\u00e7ais, souligne Romain Duriez. En outre, il ne faut pas oublier qu&rsquo;une partie des charges est report\u00e9e sur l&#8217;employ\u00e9, \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;assurance maladie.\u00bb Mais malgr\u00e9 ces diff\u00e9rences, la Chambre de commerce et d&rsquo;investissement France-Suisse enregistre de plus en plus de demandes de consultations d&rsquo;entrepreneurs fran\u00e7ais souhaitant d\u00e9velopper leurs affaires en Suisse. Une tendance qui concerne \u00e9galement la Belgique ou l&rsquo;Angleterre et qui est li\u00e9e \u00e0 une internationalisation et une culture de la mobilit\u00e9 toujours plus r\u00e9pandue dans le monde.<\/p>\n<p><strong>Des march\u00e9s oppos\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>\u00abBien s\u00fbr, le march\u00e9 suisse pr\u00e9sente un fort potentiel, notamment en raison du haut pouvoir d&rsquo;achat de ses habitants. En outre, la paperasse est moins lourde qu&rsquo;en France. Mais il ne faut pas oublier qu&rsquo;il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;un pays extr\u00eamement compliqu\u00e9 et segment\u00e9, o\u00f9 les charges et les salaires demeurent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s.\u00bb A 27 ans, Max-Herv\u00e9 George consid\u00e8re ces march\u00e9s comme diam\u00e9tralement oppos\u00e9s. Ce jeune Fran\u00e7ais ne cesse de d\u00e9velopper de nouveaux projets en Suisse et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, il a ouvert \u00e0 Etoy (VD) le concept-store culinaire <a href=\"http:\/\/www.duchessa.ch\/\" target=\"_blank\">Duchessa<\/a> et le centre de loisirs <a href=\"http:\/\/www.i-lifeswiss.com\/\" target=\"_blank\">i.Life<\/a>. A Gstaad, il vient d&rsquo;inaugurer l&rsquo;h\u00f4tel ultraluxe <a href=\"http:\/\/www.ultimagstaad.com\/fr\/\" target=\"_blank\">Ultima<\/a>: un \u00e9tablissement dont la d\u00e9coration \u00e9voque l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un yacht, comptant dix suites, sept appartements, un spa, une clinique esth\u00e9tique, un fumoir et un restaurant Duchessa. Un troisi\u00e8me Duchessa ouvrira ses portes d\u00e8s ce printemps dans le Quartier des banques \u00e0 Gen\u00e8ve (dans les locaux de l&rsquo;ancien Buddha Bar) et deux nouveaux projets h\u00f4teliers devraient voir le jour ces prochains mois.<\/p>\n<p>Les opportunit\u00e9s et les conditions-cadres ne font pas tout. Le jeune entrepreneur compte diverses attaches personnelles en Suisse. Originaire de l&rsquo;est de la France, Max-Herv\u00e9 George a v\u00e9cu auparavant \u00e0 Paris &#8212; o\u00f9 il a fait des \u00e9tudes de droit &#8212; et travaill\u00e9 quelque temps dans un business agroalimentaire familial, avant de \u00abvoler de ses propres ailes\u00bb dans le domaine de la finance et de l&rsquo;immobilier.<\/p>\n<p><strong>Excellent transfert de technologie<\/strong><\/p>\n<p>Commenc\u00e9e en 2014, la construction de l&rsquo;Ultima s&rsquo;est termin\u00e9e en d\u00e9cembre dernier avec l&rsquo;arriv\u00e9e des premiers clients officiels quelques jours avant les f\u00eates de fin d&rsquo;ann\u00e9e. L&rsquo;h\u00f4tel, construit comme un chalet, peut accueillir jusqu&rsquo;\u00e0 70 visiteurs. Le restaurant dispose pour sa part de 130 places assises. Au total, l&rsquo;\u00e9tablissement compte 85 employ\u00e9s. De son c\u00f4t\u00e9, le Duchessa d&rsquo;Etoy emploie une quarantaine de collaborateurs. A cela s&rsquo;ajoute une \u00e9quipe de management d&rsquo;une vingtaine de personnes, charg\u00e9e de chapeauter les diff\u00e9rentes exploitations. Si l&rsquo;on prend en compte tous les projets en cours, ce ne sont ainsi pas moins de 200 personnes qui collaborent \u00e0 ce jour dans ses diff\u00e9rentes entreprises en Suisse.<\/p>\n<p>Concernant le positionnement de ses diff\u00e9rents \u00e9tablissements &#8212; le concept-store culinaire Duchessa s&rsquo;adresse \u00e0 un large public, alors que l&rsquo;Ultima vise une client\u00e8le tr\u00e8s ais\u00e9e avec des prix compris entre 700 et 10&rsquo;000 francs par nuit &#8212; Max-Herv\u00e9 George souhaite continuer \u00e0 proposer des prix l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux d&rsquo;\u00e9tablissements comparables. A titre d&rsquo;exemple, le restaurant d&rsquo;Etoy propose plusieurs plats, dont le plat du jour, pour moins de 20 francs, avec la possibilit\u00e9 de consommer un vin \u00e0 table au m\u00eame prix qu&rsquo;\u00e0 la boutique (le restaurant est entour\u00e9 de divers magasins proposant notamment de la charcuterie, des fromages, des articles d&rsquo;\u00e9picerie fine et du vin). Dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9es, les suites pr\u00e9sidentielles de l&rsquo;Ultima restent, selon lui, moins ch\u00e8res que des suites comparables dans d&rsquo;autres \u00e9tablissements de haut standing. \u00abIl reste beaucoup de choses \u00e0 faire en Suisse, dit-il. On peut encore se positionner en dessous du march\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Ag\u00e9 de 38 ans, Ma\u00ebl Guillemot dispose pour sa part d&rsquo;une formation d&rsquo;ing\u00e9nieur informatique en t\u00e9l\u00e9communications. Originaire de Bretagne, il a choisi Martigny pour cr\u00e9er en 2007 <a href=\"http:\/\/www.klewel.com\/\" target=\"_blank\">Klewel<\/a>, une soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans la retransmission d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, de conf\u00e9rences ou de manifestations. La solution mise au point par l&rsquo;entreprise permet d&rsquo;enregistrer et de r\u00e9f\u00e9rencer automatiquement l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des contenus pr\u00e9sent\u00e9s. Les flux audio, vid\u00e9o et les diapositives projet\u00e9es sont archiv\u00e9s de mani\u00e8re synchronis\u00e9e. Gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me d&rsquo;indexation, la soci\u00e9t\u00e9, qui emploie aujourd&rsquo;hui cinq personnes pour un chiffre d&rsquo;affaires de 500&rsquo;000 francs, met les conf\u00e9rences enregistr\u00e9es \u00e0 la disposition de tous, via un moteur de recherche similaire \u00e0 ceux qu&rsquo;on utilise commun\u00e9ment pour trouver des pages web. Les contenus peuvent \u00eatre consult\u00e9s en tout temps sur un site internet et toute personne int\u00e9ress\u00e9e peut, \u00e0 l&rsquo;aide de mots cl\u00e9s, imm\u00e9diatement y trouver une information cibl\u00e9e sans avoir besoin de les visionner int\u00e9gralement. La soci\u00e9t\u00e9 compte une cinquantaine de clients parmi lesquels Nestl\u00e9, l&rsquo;EPFL ou Ferring International.<\/p>\n<p><strong>Aide au d\u00e9marrage<\/strong><\/p>\n<p>Ma\u00ebl Guillemot a fond\u00e9 sa soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00e9tape par \u00e9tape\u00bb, alors qu&rsquo;il exer\u00e7ait la fonction d&rsquo;ing\u00e9nieur en d\u00e9veloppement au sein de l&rsquo;institut de recherche Idiap \u00e0 Martigny, organisme affili\u00e9 \u00e0 l&rsquo;EPFL. Plus que les raisons fiscales, ce sont essentiellement les possibilit\u00e9s de transfert de technologie depuis la recherche vers le march\u00e9 qui l&rsquo;ont pouss\u00e9 \u00e0 installer sa soci\u00e9t\u00e9 en Suisse. \u00abPar ailleurs, j&rsquo;ai trouv\u00e9 excellent le travail d&rsquo;accompagnement d&rsquo;agences cantonales telles que The Ark en Valais, ainsi que l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me entrepreneurial romand avec Venturelab de Jordi Montserrat ou l&rsquo;IMD avec Jim Pulcrano\u00bb, consid\u00e8re l&rsquo;ing\u00e9nieur.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Beno\u00eet de Combaud, ing\u00e9nieur parisien de 32 ans, a cr\u00e9\u00e9 en 2012 <a href=\"https:\/\/www.combagroup.com\/\" target=\"_blank\">CombaGroup<\/a>. Bas\u00e9e \u00e0 Molondin (VD), cette soci\u00e9t\u00e9 a d\u00e9velopp\u00e9 un nouveau concept dans la production et la transformation de salades permettant de r\u00e9duire l&rsquo;impact environnemental (production locale et sans pesticides), d&rsquo;am\u00e9liorer la qualit\u00e9 et de r\u00e9duire plusieurs inefficacit\u00e9s que l&rsquo;on trouve dans la cha\u00eene de valeur alimentaire. Pour ce faire, l&rsquo;entreprise a mis au point une technologie capable de produire, dans un environnement contr\u00f4l\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 dix fois plus qu&rsquo;en production traditionnelle. Elle a d\u00e9velopp\u00e9 divers partenariats et pr\u00e9voit une entr\u00e9e sur le march\u00e9 effective en 2017 \u00e0 travers plusieurs serres aujourd&rsquo;hui en phase de d\u00e9veloppement avanc\u00e9.<\/p>\n<p>CombaGroup compte actuellement cinq employ\u00e9s, trois clients\/prospects et une serre pilote de 600 m2. Beno\u00eet de Combaud a d\u00e9couvert en Suisse un environnement particuli\u00e8rement favorable \u00e0 l&rsquo;entrepreneuriat. \u00abLe support aux start-up en Suisse est tr\u00e8s bon, avec diff\u00e9rents soutiens comme Innovaud ou Platinn. L&rsquo;aide au d\u00e9marrage et le financement &lsquo;seed&rsquo; sont \u00e9galement facilit\u00e9s \u00e0 travers plusieurs structures tr\u00e8s bien organis\u00e9es.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De plus en plus d\u2019entrepreneurs fran\u00e7ais \u00e9tablissent leur soci\u00e9t\u00e9 en terres helv\u00e9tiques, o\u00f9 les subventions sont pourtant moins importantes. Quels avantages y trouvent-ils? Rencontre avec trois d\u2019entre eux.<\/p>\n","protected":false},"author":18920,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[1302],"class_list":["post-4849","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","tag-rencontres","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4849","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18920"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4849"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4849\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6062,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4849\/revisions\/6062"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4849"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4849"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4849"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}