



{"id":4832,"date":"2017-02-15T11:33:21","date_gmt":"2017-02-15T09:33:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4832"},"modified":"2017-02-15T12:22:24","modified_gmt":"2017-02-15T10:22:24","slug":"precarite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4832","title":{"rendered":"La vie nocturne des sans-abri"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/112016\/large15022017.jpg\" border=\"0\" height=\"312\" width=\"469\" title=\"large15022017.jpg\" alt=\"large15022017.jpg\" \/><\/p>\n<p>Un homme livide, transi de froid et \u00e9puis\u00e9, rencontr\u00e9 au petit matin. Cette silhouette cherchant un rayon de soleil pour r\u00e9chauffer son visage est l\u2019une des nombreuses images venant \u00e0 l\u2019esprit d\u2019Ana\u00efs Rapo quand elle \u00e9voque la nuit des sans-abri. Travailleuse sociale \u00e0 Gen\u00e8ve, elle accompagne depuis plus de quatre ans cette population dans le cadre de l\u2019accueil d\u2019urgence, du foyer de r\u00e9insertion et des tourn\u00e9es nocturnes organis\u00e9s par l\u2019association genevoise <a href=\"http:\/\/www.lavirgule.ch\/\" target=\"_blank\">La Virgule<\/a>.<\/p>\n<p>En Suisse, il n\u2019existe ni statistique nationale sur le nombre de personnes dormant dans la rue, ni politique f\u00e9d\u00e9rale sp\u00e9cifique, au contraire de la Belgique, de la France, de l\u2019Allemagne ou des pays nordiques. Cela ne signifie pas que les sans-abri n\u2019existent pas. Bien au contraire: la longue liste des accueils de nuit du pays ou \u00absleep-ins\u00bb en atteste. Deux cent cinquante-cinq couchages d\u2019urgence sont offerts dans les cantons romands (\u00e0 l\u2019exception du Jura et de Neuch\u00e2tel) et 288 en Suisse al\u00e9manique.<\/p>\n<p>Ces chiffres ne tiennent pas compte des centaines de places en abris PC mises \u00e0 disposition pendant l\u2019hiver sur Vaud et Gen\u00e8ve. Et comme le confient plusieurs responsables de ces lieux, la suroccupation des locaux est r\u00e9currente. \u00abDes personnes sans logement sont malheureusement r\u00e9guli\u00e8rement refus\u00e9es par les structures d\u2019h\u00e9bergement \u00e0 Gen\u00e8ve par manque de places\u00bb, affirme notamment la travailleuse sociale de La Virgule. A l\u2019accueil de nuit pour sans-abri de Fribourg, <a href=\"http:\/\/www.la-tuile.ch\/\" target=\"_blank\">La Tuile<\/a>, on ajoute des matelas d\u2019appoint dans presque toutes les pi\u00e8ces. \u00abUne nuit sur trois, les 28 lits de la maison ne suffisent pas\u00bb, explique le directeur, Eric Mullener.<\/p>\n<p>La chute des temp\u00e9ratures, l\u2019humidit\u00e9 et l\u2019inconfort repr\u00e9sentent autant d\u2019ennemis nocturnes pour les sans domicile fixe, qui ne passent, dans la rue, \u00abjamais des nuits comme les n\u00f4tres, souligne Ana\u00efs Rapo. En plus de supporter les conditions climatiques, le principal d\u00e9fi pour ces personnes consiste \u00e0 trouver un endroit pour dormir \u2039tranquillement\u203a, afin d\u2019\u00e9viter de se faire attaquer, voler, ou encore d\u00e9loger.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des vies \u00e0 la marge qui concernent tous les \u00e2ges<\/strong><\/p>\n<p>Bien que coucher dehors, dans des conditions extr\u00eamement pr\u00e9caires, soit \u00e0 la fois risqu\u00e9 et destructeur, la nuit n\u2019est pas uniquement synonyme de difficult\u00e9s ou d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, selon Annamaria Colombo, professeure \u00e0 la Haute \u00e9cole de travail social Fribourg &#8212; HETS-FR. Tr\u00e8s au fait de cette r\u00e9alit\u00e9, la chercheuse s\u2019est notamment int\u00e9ress\u00e9e aux repr\u00e9sentations sociales des sans-abri au travers de la mobilisation men\u00e9e par les Enfants de Don Quichotte \u00e0 Paris durant l\u2019hiver 2006-2007, \u00e0 la mendicit\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve ou encore aux trajectoires des jeunes qu\u00e9b\u00e9cois ayant v\u00e9cu dans la rue et s\u2019en \u00e9tant sortis.<\/p>\n<p>Loin de la figure unique du clochard dormant sur les bancs des grandes villes, les sans-abri ont de multiples visages. \u00abIl s\u2019agit d\u2019une vie \u00e0 la marge qui ne se r\u00e9sume pas \u00e0 l\u2019absence de logement, d\u00e9taille la chercheuse. Le ph\u00e9nom\u00e8ne peut s\u2019articuler avec d\u2019autres probl\u00e9matiques li\u00e9es \u00e0 la migration, aux d\u00e9pendances, \u00e0 la sant\u00e9 psychique, aux ruptures familiales, etc.\u00bb Il concerne tous les \u00e2ges. \u00abOn a vu notamment dans plusieurs grandes villes l\u2019\u00e9mergence de jeunes itin\u00e9rants qui adoptent un mode de vie marginal, et dont les probl\u00e9matiques peuvent \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rentes de celles des adultes. Par exemple, ceux qui sont parfois famili\u00e8rement appel\u00e9s les \u2039punks \u00e0 chiens\u203a.\u00bb<\/p>\n<p>Ces diff\u00e9rentes facettes de la rue engendrent des perceptions de la nuit elles aussi tr\u00e8s diff\u00e9rentes. \u00abLe rapport \u00e0 la vie diurne et nocturne est \u00e0 comprendre en lien avec le rapport plus large \u00e0 la rue, qui est souvent \u00e0 la fois positif et n\u00e9gatif\u00bb, analyse Annamaria Colombo. Elle cite notamment les personnes ayant des activit\u00e9s r\u00e9mun\u00e9ratrices telles que la prostitution, le deal ou la mendicit\u00e9. \u00abDans le cadre de notre recherche sur la mendicit\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve, nous avons par exemple rencontr\u00e9 un sans-abri qui mendiait la nuit, car il estimait que les f\u00eatards donnaient plus. Certaines personnes sans abri que j\u2019ai interrog\u00e9es m\u2019ont \u00e9galement expliqu\u00e9 qu\u2019elles se sentaient mieux la nuit que le jour parce que les contr\u00f4les de police y \u00e9taient moins fr\u00e9quents et qu\u2019elles \u00e9taient moins souvent d\u00e9rang\u00e9es dans leurs activit\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des lieux pour retrouver une dignit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Reste qu\u2019\u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, les angoisses ont tendance \u00e0 ressurgir chez certains, notamment chez ceux souffrant de troubles psychiques. C\u2019est aussi la fin du parcours de consommation des personnes toxicod\u00e9pendantes ou alcooliques. Pour \u00e9viter que la nuit ne se transforme en cauchemar, la douzaine d\u2019accueils d\u2019urgence de Suisse romande organise donc une tr\u00eave nocturne. Derri\u00e8re une porte blind\u00e9e, mais vitr\u00e9e, La Tuile \u00e0 Fribourg accueille ainsi depuis vingt-cinq ans les personnes qui n\u2019ont plus de toit: \u00abCertains passent une fois, deux fois, trois fois, avant d\u2019oser sonner par d\u00e9pit ou par g\u00eane, explique Eric Mullener, directeur de l\u2019association. Les sans-abri ont souvent des comportements d\u2019animaux bless\u00e9s. C\u2019est aux veilleurs de nuit de l\u2019association de les aider \u00e0 passer ce cap, par leur convivialit\u00e9, leur savoir-\u00eatre, leur humanit\u00e9, mais aussi leur professionnalisme.\u00bb<\/p>\n<p>Comme la plupart des accueils de nuit de Suisse romande, La Tuile poursuit en premier lieu une politique dite de bas seuil: \u00abQuand nos clients arrivent ici, on ne leur pose pas de questions, on ne leur demande pas les raisons de leur vie \u00e0 la rue. On ne demande quasiment aucune contrepartie financi\u00e8re. On prend la personne o\u00f9 elle est, comme elle est.\u00bb Le visiteur est ensuite \u00e0 l\u2019abri des agressions, du froid et de la faim. De quoi se laver et des habits lui sont aussi fournis. \u00abLes personnes retrouvent ainsi de la dignit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Un casier et un lit attitr\u00e9s dans une chambre collective exigu\u00eb sont offerts aux personnes qui arrivent \u00e0 l\u2019accueil de nuit. Elles ont droit ensuite \u00e0 trois s\u00e9jours de trois mois pour se stabiliser \u00e9motionnellement et psychologiquement. \u00abLa Tuile est un m\u00e9lange de confort et d\u2019inconfort. C\u2019est socialement vivable mais personne ne veut \u00eatre ici, encore moins rester l\u00e0 pour toujours. Et c\u2019est l\u2019un des buts que nous poursuivons.\u00bb<\/p>\n<p>Au petit matin, apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, les usagers de La Tuile doivent &#8212; \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres lieux d\u2019accueil nocturne de Suisse &#8212; quitter la maison pour la journ\u00e9e. Avec l\u2019espoir, pour certains, d\u2019acc\u00e9der prochainement \u00e0 l\u2019un des logements de l\u2019association. \u00abApr\u00e8s les 90 nuits pass\u00e9es ici, une personne qui en fait la d\u00e9marche peut signer un bail pour un logement transitoire. Elle s\u2019engage \u00e9galement au travers d\u2019un contrat social portant par exemple sur le travail, l\u2019int\u00e9gration dans la communaut\u00e9, la nourriture, l\u2019hygi\u00e8ne, etc.\u00bb Et les r\u00e9sultats sont l\u00e0: 91% des personnes qui passent par cette phase transitoire ne reviennent plus \u00e0 l\u2019accueil d\u2019urgence.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRE<\/p>\n<p><strong>\u00abQuand on dort dehors, on a l\u2019impression d\u2019\u00eatre une tache dans le d\u00e9cor\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est avec un toit au-dessus de la t\u00eate, autour de burgers fumants offerts par un restaurateur du quartier et dans une ambiance chaleureuse, que Manu, 50 ans, raconte son histoire. Il est entour\u00e9 d\u2019une dizaine de personnes, comme lui sans logement, qu\u2019il retrouve tous les soirs au centre d\u2019accueil genevois de <a href=\"http:\/\/www.carrefour-rue.ch\/cr.php?p=vie&amp;s=coulou\" target=\"_blank\">La Coulou<\/a>. A le voir aujourd\u2019hui s\u2019exprimer avec assurance, bien peign\u00e9, la barbe taill\u00e9e, il est difficile de l\u2019imaginer passer ses nuits dans la rue. Lui se souvient parfaitement quand, un an auparavant, il a perdu son appartement. \u00abApr\u00e8s huit mois sans ouvrir une lettre, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 mis dehors par un huissier. J\u2019\u00e9tais fragile psychologiquement et je ne voulais pas demander de l\u2019aide.\u00bb<\/p>\n<p>Durant tout l\u2019automne, il dort \u00e0 la gare ou \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Gen\u00e8ve, des lieux publics ouverts et chauff\u00e9s pendant la nuit. \u00abOn se retrouvait avec d\u2019autres sans-abri \u00e0 Cornavin, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit. C\u2019\u00e9tait plus rassurant d\u2019\u00eatre \u00e0 plusieurs parce que, sinon, on risquait de se faire emb\u00eater par des jeunes qui avaient bu. Pour pouvoir dormir-l\u00e0, il fallait ne pas faire de vagues, rester assis et non compl\u00e8tement couch\u00e9 et surtout, que les vigiles ce soir-l\u00e0 soient sympas.\u00bb Quand il passe ainsi la nuit dehors, Manu a toujours l\u2019impression de d\u00e9ranger, \u00abd\u2019\u00eatre une tache dans le d\u00e9cor\u00bb. En hiver, on lui propose une place dans un abri de la protection civile, puis il rejoint La Coulou au printemps.<\/p>\n<p>Reparler des moments de d\u00e9tresse et de fragilit\u00e9 n\u2019est jamais facile. Si Manu a trouv\u00e9 le courage de t\u00e9moigner de son exp\u00e9rience, c\u2019est avant tout pour sensibiliser. \u00abLes gens normaux ne se rendent pas compte \u00e0 quel point c\u2019est horrible de dormir dans la rue. Vous m\u2019auriez vu \u00e0 l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9tais une \u00e9pave et je sentais mauvais. Le regard des autres, c\u2019est le plus dur.\u00bb Ses compagnons du foyer acquiescent, pr\u00e9f\u00e8rent pour leur part ne pas revenir sur ces instants douloureux. Les yeux riv\u00e9s sur un \u00e9cran t\u00e9l\u00e9, ils se passionnent pour le match de foot de la Suisse.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>TROIS QUESTIONS A<\/p>\n<p>Ya\u00ebl Liebkind est directrice de l\u2019antenne de <a href=\"https:\/\/www.143.ch\/fr\/\" target=\"_blank\">La Main Tendue<\/a> \u00e0 Gen\u00e8ve. Elle anime une \u00e9quipe de b\u00e9n\u00e9voles qui a r\u00e9pondu \u00e0 16737 appels anonymes de personnes seules ou en d\u00e9tresse en 2015 et ce, aussi la nuit.<\/p>\n<p><strong>Observez-vous une diff\u00e9rence du nombre d\u2019appels entre le jour et la nuit?<\/strong><br \/>\nEn plus de cinquante-cinq ans d\u2019existence, nous avons constat\u00e9 que la fr\u00e9quence des appels \u00e9tait tr\u00e8s al\u00e9atoire. Mais je dirais, intuitivement, que notre p\u00e9riode la plus charg\u00e9e est celle de la fin de journ\u00e9e, soit entre 17 heures et 19 heures environ. D\u2019ailleurs, m\u00eame si nous ne le faisons pas \u00e0 Gen\u00e8ve, d\u2019autres antennes suisses ont augment\u00e9 le nombre de b\u00e9n\u00e9voles au d\u00e9but de la nuit.<\/p>\n<p><strong>Comment expliquez-vous cette augmentation \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit?<\/strong><br \/>\nCertains \u00e9l\u00e9ments entrent certainement en jeu comme l\u2019effet de la lumi\u00e8re qui d\u00e9cline, l\u2019arr\u00eat des activit\u00e9s ou le fait que chacun rentre chez soi. Cette baisse de mouvement peut \u00e9ventuellement amener certaines personnes fragilis\u00e9es \u00e0 redouter la confrontation avec leur vie int\u00e9rieure. Quand tout devient calme, les bruits int\u00e9rieurs s\u2019amplifient. Les pens\u00e9es et les \u00e9motions peuvent alors g\u00e9n\u00e9rer de l\u2019angoisse.<\/p>\n<p><strong>Quel est le contenu de ces appels nocturnes?<\/strong><br \/>\nLes principales raisons de ces appels sont la solitude, les conflits familiaux, ainsi que les troubles psychiques. La solitude est un sentiment qui peut survenir m\u00eame en ayant un th\u00e9rapeute, de la famille, des amis, etc. Et quand quelqu\u2019un a l\u2019impression de n\u2019avoir personne vers qui se tourner, il nous appelle.<br \/>\n_____<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 12).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 H\u00e9misph\u00e8res au prix de CHF 45.- (d\u00e8s 45 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/revuehemispheres.com\/\" target=\"_blank\">revuehemispheres.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment passe-t-on la nuit quand on n\u2019a pas de logement \u00e0 soi? En Suisse, des centaines de professionnels et de b\u00e9n\u00e9voles tentent, tous les soirs, d\u2019all\u00e9ger le quotidien des personnes \u00e0 la rue. Rencontre.<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4832","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4832","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4832"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4832\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4832"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4832"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4832"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}