



{"id":4810,"date":"2017-01-09T12:22:33","date_gmt":"2017-01-09T10:22:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4810"},"modified":"2017-01-09T12:33:40","modified_gmt":"2017-01-09T10:33:40","slug":"creation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4810","title":{"rendered":"Peut-on vivre de sa musique en Suisse?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/112016\/Large06012017.jpg\" alt=\"Large06012017.jpg\" title=\"Large06012017.jpg\" height=\"311\" width=\"468\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>\u00abIl n&rsquo;y a jamais eu autant de bons groupes en Suisse\u00bb, constate Marc Ridet. Le Vaudois d\u2019adoption sait de quoi il parle: acteur de la premi\u00e8re heure de la Dolce Vita, lieu embl\u00e9matique des nuits lausannoises entre 1985 et 1999, il est aujourd&rsquo;hui directeur de <a href=\"http:\/\/swiss-music-export.com\/\" target=\"_blank\">Swiss Music Export<\/a> et de la Fondation romande pour la chanson et les musiques actuelles (<a href=\"http:\/\/www.fcma.ch\/\" target=\"_blank\">FCMA<\/a>). \u00abCes dix derni\u00e8res ann\u00e9es, la sc\u00e8ne suisse s&rsquo;est \u00e9norm\u00e9ment d\u00e9velopp\u00e9e. Six groupes du pays ont par exemple \u00e9t\u00e9 programm\u00e9s aux Rencontres Trans Musicales de Rennes l&rsquo;ann\u00e9e pass\u00e9e. Auparavant, il y en avait \u00e0 peine un tous les quatre ans!\u00bb R\u00e9put\u00e9 pour sa programmation ax\u00e9e sur les d\u00e9couvertes, le festival a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 accueillir Ben Harper, Lenny Kravitz ou encore Nirvana en France.<\/p>\n<p>Autre exemple de la vitalit\u00e9 de la sc\u00e8ne musicale suisse, le festival lausannois <a href=\"https:\/\/labelsuisse.ch\/site\/fr\/news\" target=\"_blank\">Label Suisse<\/a>, qui accueillait en septembre dernier les sonorit\u00e9s \u00e9lectroniques de Kadebostany, le m\u00e9tal d\u2019Eluveitie en passant par les m\u00e9lodies accrocheuses de Sophie Hunger ou Bastian Baker. Le rendez-vous a attir\u00e9 60&rsquo;000 spectateurs en un weekend. Une affluence qui montre que la musique swiss made trouve son public. Mais, \u00e0 quelques rares exceptions pr\u00e8s, les artistes suisses peinent \u00e0 vivre de leur art. Malgr\u00e9 son sacre \u00e0 l\u2019\u00e9mission de t\u00e9l\u00e9-crochet fran\u00e7aise \u00abNouvelle Star\u00bb cette ann\u00e9e, le chanteur fribourgeois Patrick Rouiller travaille par exemple encore \u00e0 mi-temps comme m\u00e9canicien sur v\u00e9lo (voir encadr\u00e9).<\/p>\n<p>\u00abLa sc\u00e8ne musicale suisse a beaucoup de potentiel, il suffit de lui donner les moyens de grandir, estime Andreas Ryser, pr\u00e9sident d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.indiesuisse.ch\/\" target=\"_blank\">IndieSuisse<\/a>. Si l&rsquo;on pense au football suisse, c&rsquo;est gr\u00e2ce aux investissements effectu\u00e9s dans les ann\u00e9es 1990 qu&rsquo;il a pu s&rsquo;\u00e9panouir.\u00bb Selon lui, il n&rsquo;y a pas assez de structures permettant d&rsquo;investir dans la musique. Avant la cr\u00e9ation d&rsquo;IndieSuisse en 2014, il n&rsquo;existait par exemple aucune association des labels ind\u00e9pendants. Or, \u00abce sont toujours eux qui ont lanc\u00e9 et soutenu les artistes suisses, jamais les majors\u00bb, insiste Marc Ridet.<\/p>\n<p>Andreas Ryser mise sur le lobbying pour d\u00e9crocher des fonds pour les petits labels. \u00abNous essayons de faire comprendre au monde politique que la musique est un vrai secteur \u00e9conomique. Mais \u00e0 ce jour, nous ne disposons d&rsquo;aucun chiffre permettant d&rsquo;\u00e9valuer pr\u00e9cis\u00e9ment le poids \u00e9conomique des labels ind\u00e9pendants. Difficile d\u00e8s lors de peser dans les discussions politiques et d&rsquo;obtenir des subventions\u00bb, conc\u00e8de le pr\u00e9sident d\u2019IndieSuisse.<\/p>\n<p><strong>T\u00e9l\u00e9chargements payants en baisse<\/strong><\/p>\n<p>Le co\u00fbt de la vie et les infrastructures nationales sont des facteurs qui comptent, mais les enjeux de la musique suisse doivent \u00eatre compris dans une perspective plus globale. En effet, les musiciens du monde entier font face \u00e0 une situation paradoxale depuis une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, ils n&rsquo;ont jamais eu autant de possibilit\u00e9s d&rsquo;enregistrer leurs compositions et de les faire conna\u00eetre gr\u00e2ce \u00e0 Internet. De l&rsquo;autre, la chute des ventes du disque, les t\u00e9l\u00e9chargements ill\u00e9gaux et la diffusion en ligne (ou streaming) fragilisent l&rsquo;industrie musicale.<\/p>\n<p>Le chanteur Patrick Rouiller se montre tr\u00e8s pessimiste: \u00abLes jeunes se sont habitu\u00e9s \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la musique gratuitement et il sera tr\u00e8s compliqu\u00e9 de leur faire comprendre que la consommation musicale a un prix.\u00bb Les chiffres annonc\u00e9s par IFPI Suisse en d\u00e9but d&rsquo;ann\u00e9e lui donnent raison. Entre 2001 et 2015, le march\u00e9 suisse de la musique enregistr\u00e9e a perdu 73% de sa valeur. Les ventes de disques sont pass\u00e9es de 19.6 millions d&rsquo;unit\u00e9s en 2000 \u00e0 3,6 millions en 2015. Le retour \u00e0 la mode du vinyle (50% d\u2019augmentation en 2015) n\u2019apporte qu\u2019une faible consolation, puisque cela ne repr\u00e9sente que 3% du march\u00e9 total.<\/p>\n<p>Plus \u00e9tonnant, les t\u00e9l\u00e9chargements num\u00e9riques payants sont \u00e9galement en baisse de 4% par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Le ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;est d\u2019ailleurs pas limit\u00e9 \u00e0 la Suisse. La raison? Les services de streaming tels que <a href=\"https:\/\/www.spotify.com\/ch-fr\/\" target=\"_blank\">Spotify<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.deezer.com\/fr\/\" target=\"_blank\">Deezer<\/a> ou encore <a href=\"http:\/\/www.apple.com\/chfr\/music\/\" target=\"_blank\">Apple Music<\/a>, qui peuvent se r\u00e9jouir d&rsquo;une progression de 30% en Suisse et de 45% au niveau mondial au cours de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Bien qu\u2019\u00e9tant une plateforme vid\u00e9o, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/?hl=FR\" target=\"_blank\">Youtube<\/a> fait \u00e9galement partie des grands acteurs du streaming musical. Sur la trentaine de vid\u00e9os ayant d\u00e9pass\u00e9 le milliard de visionnements, seules deux ne sont pas des \u0153uvres musicales.<\/p>\n<p><strong>Des concerts plus rentables que le streaming<\/strong><\/p>\n<p>Ces services rapportent toutefois peu d&rsquo;argent aux ayant-droits. L\u2019an dernier, la Soci\u00e9t\u00e9 suisse des droits d&rsquo;auteur (<a href=\"https:\/\/www.suisa.ch\/fr\/page-daccueil.html\" target=\"_blank\">SUISA<\/a>) a obtenu 300&rsquo;000 francs de la part de YouTube, \u00e0 partager entre ses 30&rsquo;000 membres. Il faut dire que le montant revers\u00e9 pour chaque clic est tr\u00e8s faible: il s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 0,0008 francs pour Youtube et 0,0018 pour Spotify. Les 24&rsquo;000 vues du clip \u00abPixel\u00bb du groupe genevoise Aliose rapportent ainsi moins de vingt francs \u00e0 ses auteurs.<\/p>\n<p>Les artistes pourraient-ils se passer des services de streaming, purement et simplement? Christian Wicky, CEO du distributeur musical suisse Irascible, estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un pari trop risqu\u00e9: \u00abAujourd\u2019hui, les consommateurs sont fid\u00e8les \u00e0 certaines plateformes. Si un artiste n\u2019est pas pr\u00e9sent sur l\u2019une d\u2019elles, il se coupe d\u2019une partie de son public\u00bb. Bien que peu rentables actuellement, YouTube et Spotify sont en effet des vitrines exceptionnelles pour les groupes suisses. Ces services leur permettent de s&rsquo;exporter et d&rsquo;agrandir leur fan base. \u00abC&rsquo;est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant pour les artistes de niche, poursuit Christian Wicky. Auparavant, ils n\u2019int\u00e9ressaient qu\u2019un public de trente amateurs pointus \u00e0 Lausanne. Aujourd&rsquo;hui, ce sont 30 amateurs pointus dans toutes les villes du monde!\u00bb<\/p>\n<p>En facilitant sa diffusion, le web a permis de d\u00e9mocratiser la musique, mais il a \u00e9galement fait exploser l\u2019offre. Sur Spotify, un groupe suisse se trouve mis en concurrence directe avec des millions d\u2019artistes de tous les pays et toutes les \u00e9poques au m\u00eame endroit. \u00abC&rsquo;est comme si vous \u00e9tiez dans une rue et qu&rsquo;il y avait 500 boulangeries, compare Andreas Ryser. Mais personnellement, je crois au mod\u00e8le Spotify car c\u2019est un investissement sur le long terme. Chaque \u00e9coute g\u00e9n\u00e8re un revenu. Alors que lorsqu\u2019on ach\u00e8te un disque une seule fois, on peut ensuite l\u2019\u00e9couter des centaines de fois gratuitement.\u00bb<\/p>\n<p>En attendant que les droits d\u2019auteur soient mieux valoris\u00e9s sur Internet et qu\u2019un nouveau mod\u00e8le \u00e9conomique s\u2019impose pour la vente de musique enregistr\u00e9e, les revenus se d\u00e9placent vers le live. Depuis 2009, le chiffre d&rsquo;affaire annuel des organisateurs de festivals et concerts est ainsi pass\u00e9 de 250 \u00e0 357 millions de francs, selon les chiffres du SMPA. \u00abEn plus du cachet, les concerts permettent de vendre des disques et des t-shirts, souligne Marc Ridet. Dans certains milieux, comme le hip hop ou le m\u00e9tal, ce sont des revenus non-n\u00e9gligeables.\u00bb<\/p>\n<p>Christian Wicky rappelle toutefois que pour remplir une salle, un artiste doit au pr\u00e9alable avoir s\u00e9duit le public avec des enregistrements, qu\u2019ils soient sur support physique ou sur Internet. Les albums ne seront-ils \u00e0 l\u2019avenir qu\u2019un instrument de promotion destin\u00e9 \u00e0 remplir les salles? C\u2019est en tout cas la strat\u00e9gie du chanteur Patrick Rouiller, r\u00e9cemment sign\u00e9 chez Polydor. \u00abJ\u2019esp\u00e8re profiter au maximum de la visibilit\u00e9 offerte par mon label afin d\u2019agrandir ma fan base. Ensuite, je pourrai peut-\u00eatre organiser des tourn\u00e9es rentables\u2026\u00bb<br \/>\n_______<br \/>\nENCADRES<br \/>\n<strong><br \/>\n\u00abNous avons surv\u00e9cu en nous diversifiant\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Christian Wicky, CEO de Irascible, distributeur suisse ind\u00e9pendant <\/em><\/p>\n<p>Irascible est n\u00e9 en pleine chute du disque. Fond\u00e9 en 2001, le distributeur de musiques ind\u00e9pendantes se contentait d\u2019\u00eatre l\u2019interm\u00e9diaire entre labels et d\u00e9taillants. \u00abA l\u2019\u00e9poque, c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s simple, se souvient le CEO Christian Wicky. On traitait uniquement avec les labels. On vendait leurs disques et eux \u00e9taient les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires. Quand les revenus ont commenc\u00e9 \u00e0 se fragmenter, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de nous diversifier. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 cela que nous avons surv\u00e9cu.\u00bb Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;entreprise cumule les revenus en \u00e9tant active dans la distribution, la promotion, le publishing, le consulting et l&rsquo;\u00e9dition.<\/p>\n<p>Christian Wicky craint-il pour l&rsquo;avenir des labels ind\u00e9pendants? Honn\u00eatement, si vous m&rsquo;aviez pos\u00e9 la question il y a trois ans, j&rsquo;aurais dit oui. Les ventes de disques s&rsquo;\u00e9croulaient et c&rsquo;\u00e9tait notre principale source de revenu. Mais le retour du vinyle a sauv\u00e9 beaucoup de labels et de disquaires ind\u00e9pendants.\u00bb Il y a dix ans, Irascible vendait 97% de disques et 3% de vinyles. Aujourd&rsquo;hui, les ventes sont \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9es. \u00abCe retour \u00e0 la mode m&rsquo;a compl\u00e8tement sid\u00e9r\u00e9! Nous avons la chance de vendre surtout de la musique indie et des r\u00e9\u00e9ditions, ce qui est tr\u00e8s populaire en vinyle.\u00bb<\/p>\n<p>Christian Wicky se f\u00e9licite d&rsquo;avoir gard\u00e9 un chiffre d&rsquo;affaires plus ou moins stable au cours des ann\u00e9es, mais la musique ind\u00e9pendante n\u2019est pas un domaine o\u00f9 l\u2019on fait fortune. \u00abJe ne connais franchement personne qui gagne beaucoup d\u2019argent dans ce milieu. Nous avons tous le m\u00eame salaire \u00e0 Irascible. On ne gagne pas beaucoup mais c\u2019est un m\u00e9tier passionnant. Il n&rsquo;y a rien de plus gratifiant que de contribuer au succ\u00e8s d\u2019un bon groupe local!\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abNous avons adopt\u00e9 un esprit d\u2019auto-entrepreneur\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Aliose, duo genevois<\/em><\/p>\n<p>Depuis 2007, Aliz\u00e9 Oswald et Xavier Michel entrem\u00ealent leurs voix a\u00e9riennes sous le nom d&rsquo;Aliose. Derri\u00e8re la douceur de leurs harmonies se cache l&rsquo;ambition d&rsquo;un couple qui s&rsquo;est donn\u00e9 les moyens de r\u00e9ussir. En 2012, le duo genevois d\u00e9cide de cr\u00e9er sa propre S\u00e0rl. \u00abC&rsquo;est un risque de s&rsquo;autoproduire, mais si cela fonctionne, on r\u00e9colte les fruits \u00e0 100%, explique Aliz\u00e9 Oswald. Nous nous sommes renseign\u00e9 aupr\u00e8s des gens du milieu pour nous structurer, notamment aupr\u00e8s de la FCMA et de MyMusicRights, et nous avons cr\u00e9\u00e9 notre propre petit label, Biin\u00f4me.\u00bb Le duo apprend alors sur le tas les m\u00e9tiers de producteur, \u00e9diteur, tourneur et communicant. En cumulant ces diff\u00e9rentes sources de revenu, ils parviennent \u00e0 vivre, modestement, de leur musique. \u00abNous avons adopt\u00e9 un esprit d\u2019auto-entrepreneur, explique Xavier Michel. Peu d&rsquo;artistes cr\u00e9ent leur propre soci\u00e9t\u00e9, entre autres parce que cela repr\u00e9sente beaucoup de travail administratif.\u00bb<\/p>\n<p>En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, Aliose a d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 la production d\u2019albums et de concerts en signant respectivement chez les g\u00e9ants Warner Music France et Live Nation France. \u00abNous arrivions \u00e0 nos limites techniques et financi\u00e8res en Suisse romande, explique Xavier Michel. Nous aurions difficilement pu nous exporter tout seul, car la France est un march\u00e9 plus grand, avec d\u2019autres r\u00e8gles.\u00bb<\/p>\n<p>Regrettent-ils leur ind\u00e9pendance? \u00abLe processus cr\u00e9atif \u00e9tait en fait plus difficile avant, car nous avions beaucoup de choses \u00e0 g\u00e9rer, raconte Aliz\u00e9 Oswald. Nous avons fait le choix de nous entourer. Si notre \u00e9quipe nous propose de couper 30 secondes d\u2019une chanson pour faciliter sa diffusion, il est \u00e9vident que nous en tiendrons compte.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJe dois aussi me consid\u00e9rer comme un produit\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Patrick Rouiller, vainqueur de la \u00abNouvelle Star\u00bb 2016<\/em><\/p>\n<p>Vainqueur de l\u2019\u00e9mission \u00abNouvelle Star\u00bb cette ann\u00e9e, Patrick Rouiller a franchi un palier dans sa carri\u00e8re. Le Fribourgeois a sign\u00e9 un contrat avec Polydor: 30&rsquo;000 euros d&rsquo;avance pour la production de son prochain album. Le t\u00e9l\u00e9-crochet, moins populaire qu\u2019il y a dix ans, n&rsquo;a toutefois pas enti\u00e8rement chamboul\u00e9 la vie du chanteur: \u00abJe travaille encore \u00e0 50% comme m\u00e9canicien sur v\u00e9lo. Avec ce que je gagne gr\u00e2ce \u00e0 mon label, je pourrais vivre en France, mais pas ici.\u00bb<\/p>\n<p>Patrick Rouiller a tent\u00e9 plusieurs fois sa chance lors de concours avant sa victoire de cette ann\u00e9e. \u00abJe suis souvent critiqu\u00e9 par les artistes plus alternatifs, mais je l&rsquo;assume compl\u00e8tement. J&rsquo;ai remarqu\u00e9 qu&rsquo;il y avait plein de musiciens bourr\u00e9s de talent en Suisse, qui stagnent faute de moyens et d&rsquo;encadrement. Je me suis alors acharn\u00e9 et j&rsquo;ai utilis\u00e9 un des derniers moyens \u00e0 ma disposition.\u00bb<\/p>\n<p>Il y a deux ans, Patrick Rouiller a \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 la Montreux Jazz Academy. Entour\u00e9 de virtuoses du jazz et de mentors prestigieux, le Fribourgeois a notamment suivi des cours de business et de management. \u00abJe me suis rendu compte que je devais aussi me consid\u00e9rer comme un produit. Quand on aborde la musique, on pense avant tout \u00e0 l&rsquo;approche artistique. Mais aujourd&rsquo;hui, c\u2019est la notori\u00e9t\u00e9 qui fait le talent, pas le contraire.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sc\u00e8ne musicale helv\u00e9tique regorge de talents. Mais il reste difficile d\u2019en faire son m\u00e9tier: les artistes suisses font face au co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de la vie et \u00e0 une industrie chamboul\u00e9e par les d\u00e9fis num\u00e9riques.<\/p>\n","protected":false},"author":20195,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-4810","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4810","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20195"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4810"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4810\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4810"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4810"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4810"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}