



{"id":4800,"date":"2016-12-21T15:24:58","date_gmt":"2016-12-21T13:24:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4800"},"modified":"2021-11-10T17:16:09","modified_gmt":"2021-11-10T16:16:09","slug":"batiment","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4800","title":{"rendered":"Les mat\u00e9riaux durables d\u00e9fient le b\u00e9ton"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"img_du_jour_21_dec.jpg\" src=\"\/wp-content\/uploads\/112016\/img_du_jour_21_dec.jpg\" alt=\"img_du_jour_21_dec.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Qu\u2019il semble loin le temps o\u00f9 le b\u00e9ton \u00e9tait le graal des architectes. De nombreux exemples r\u00e9cents en Suisse t\u00e9moignent de l\u2019emploi croissant de mat\u00e9riaux durables: \u00e0 Zurich, le nouveau si\u00e8ge de sept \u00e9tages du groupe de presse Tamedia r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019architecte japonais Shigeru Ban est compos\u00e9 de 2\u2019000 m3 de bois. Ce m\u00eame architecte a con\u00e7u le futur si\u00e8ge du groupe Swatch, en cours de construction \u00e0 Bienne, qui sera dot\u00e9 d\u2019une toiture avec une charpente entrecrois\u00e9e en bois. Plus surprenant, \u00e0 Lausanne, le b\u00e2timent administratif ECO46, construit en 2011, poss\u00e8de une enveloppe en paille et des parois en terre.<\/p>\n<p>L\u2019emploi de mati\u00e8res plus naturelles est le reflet d\u2019une volont\u00e9 politique de construire de mani\u00e8re plus \u00e9cologique, comme exig\u00e9 entre autres par la loi f\u00e9d\u00e9rale de 2011 sur la r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2. Le bois, la terre et la paille r\u00e9pondent \u00e0 ces attentes, puisqu\u2019ils consomment tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9nergie grise, celle n\u00e9cessaire au cycle de vie d\u2019un mat\u00e9riau, de la production au recyclage. Par ailleurs, la paille et la terre conservent la chaleur: le b\u00e2timent ECO46 consomme environ cinq fois moins d\u2019\u00e9nergie en chauffage qu\u2019une construction habituelle &#8212; une aubaine puisque le secteur du b\u00e2timent est responsable en Suisse d\u2019un tiers des \u00e9missions de CO2 caus\u00e9es notamment par la perte de chaleur.<\/p>\n<p><strong>Le bois en t\u00eate<\/strong><\/p>\n<p>Mais c\u2019est le bois qui semble devenir le mat\u00e9riau favori des architectes: son processus de fabrication \u00e9met moiti\u00e9 moins de CO2 que celui du b\u00e9ton, qui lui se base sur des ressources non renouvelables &#8212; comme le sable &#8212; et est difficilement recyclable. Selon l\u2019organisation fa\u00eeti\u00e8re Economie suisse du bois, son emploi dans les structures et les fa\u00e7ades des immeubles collectifs a augment\u00e9 de 73% entre 2009 et 2014. Aujourd\u2019hui, 15% des immeubles en contiennent.<\/p>\n<p>\u00abJusque dans les ann\u00e9es 1980, le bois \u00e9tait utilis\u00e9 pour les toitures et les planchers, explique Marc Walgenwitz, ing\u00e9nieur \u00e0 Gen\u00e8ve chez Ingeni, une soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans les structures porteuses des b\u00e2timents. Le d\u00e9veloppement des syst\u00e8mes d\u2019assemblage ainsi que celui des plaques en agglom\u00e9r\u00e9 de grands formats ont \u00e9largi les champs d\u2019application de ce mat\u00e9riau. Trois projets sur dix chez nous sont aujourd\u2019hui en lien avec ce mat\u00e9riau, contre un sur dix il y a dix ans.\u00bb<\/p>\n<p>Un autre facteur a facilit\u00e9 sa renaissance: utilis\u00e9 dans la plupart des constructions jusqu\u2019\u00e0 la Seconde Guerre mondiale, le bois avait d\u00fb faire place au b\u00e9ton pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9 li\u00e9es aux incendies. Mais la donne a chang\u00e9 gr\u00e2ce aux progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine de la r\u00e9sistance au feu: depuis d\u00e9but 2015, le bois est autoris\u00e9 pour tout type de construction ne d\u00e9passant pas 30 m\u00e8tres de hauteur en Suisse. \u00c0 l\u2019\u00e9tranger, il est m\u00eame possible de construire des tours en bois, comme la tour \u00abHaute couture\u00bb \u00e0 Amsterdam, d\u2019une hauteur de 73 m\u00e8tres (livraison en 2017). \u00abUn autre atout du bois comme mat\u00e9riau de construction est sa l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, puisqu\u2019il est cinq fois plus l\u00e9ger que le b\u00e9ton. Cette caract\u00e9ristique s\u2019av\u00e8re utile notamment pour des projets de sur\u00e9l\u00e9vation, explique Marc Walgenwitz. Comme le b\u00e9ton reste une r\u00e9f\u00e9rence en termes d\u2019isolation acoustique &#8212; ce qui constitue le point faible du bois &#8211;, il est de plus en plus courant d\u2019assembler les deux mat\u00e9riaux.\u00bb Ainsi, les bureaux d\u2019architectes et d\u2019ing\u00e9nieurs LBL &amp; Ingeni ont con\u00e7u des fa\u00e7ades en structure mixte bois-b\u00e9ton pour trois immeubles du nouvel \u00e9co-quartier \u00abLes Vergers\u00bb \u00e0 Meyrin (GE).<\/p>\n<p><strong>Des murs en terre<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ing\u00e9nieur Rodrigo Fernandez et l\u2019architecte Laurent de Wurstemberger ont pris le pari de la terre crue. Lanc\u00e9e en 2011, leur entreprise genevoise Terrabloc fabrique des briques \u00e0 base de d\u00e9blais d\u2019excavation. Ils r\u00e9cup\u00e8rent la terre des d\u00e9charges, enl\u00e8vent les cailloux, pressent la terre et la stabilisent avec moins de 5% de ciment. \u00abNous n\u2019avons rien invent\u00e9, insiste Laurent de Wurstemberger. Plus de la moiti\u00e9 des habitats dans le monde sont construits avec de la terre.\u00bb Selon lui, il s\u2019agit de connaissances oubli\u00e9es dans les pays occidentaux. \u00abLe b\u00e9ton est devenu un choix par d\u00e9faut. Pourtant, la terre offre un confort de vie int\u00e9ressant: sa densit\u00e9 permet une isolation acoustique optimale ainsi qu\u2019une conservation de la chaleur. De plus, l\u2019argile contenu dans la terre absorbe l\u2019eau et la redistribue, ce qui donne au mur un r\u00f4le de r\u00e9gulateur d\u2019humidit\u00e9 au sein d\u2019une pi\u00e8ce.\u00bb Un argument qui avait d\u00e9j\u00e0 convaincu les architectes b\u00e2lois Herzog &amp; de Meuron en 2014: pour le confiseur Ricola, ils ont r\u00e9alis\u00e9 une halle industrielle en argile \u00e0 Laufon (BL). Avec une longueur de 100 m\u00e8tres et une hauteur de 11 m\u00e8tres, il s\u2019agit du plus grand \u00e9difice d\u2019Europe utilisant cette technique.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Terrabloc, sa fabrication est encore artisanale: le site de production \u00e0 Gland sort environ 600 blocs par jour &#8212; les industriels de la terre cuite, comme l\u2019entreprise Gasser Ceramic \u00e0 Payerne, en fabriquent six fois plus. Comme les briques peuvent \u00eatre utilis\u00e9es pour n\u2019importe quelle partie d\u2019un immeuble, \u00e0 l\u2019exception des fondations, les deux associ\u00e9s sont optimistes pour l\u2019avenir. Pour l\u2019ann\u00e9e prochaine, les deux entrepreneurs ont d\u00e9j\u00e0 plusieurs projets, dont la construction des murs porteurs int\u00e9rieurs d\u2019un restaurant scolaire dans le parc Geisendorf \u00e0 Gen\u00e8ve. Laurent de Wurstemberger reste toutefois conscient des contraintes de ce mat\u00e9riau: \u00abIl ne sera pas possible de construire en Suisse des immeubles de 15 \u00e9tages en terre, car les hivers sont beaucoup trop rudes.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Valentin Kunik, architecte chez Kunik de Morsier \u00e0 Lausanne, le futur de l\u2019architecture passe \u00e9galement par les champignons: \u00abDes myc\u00e9liums &#8212; la partie souterraine du champignon &#8212; s\u00e9ch\u00e9s peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour cr\u00e9er un mat\u00e9riau plus dur que le b\u00e9ton et qui en plus r\u00e9siste \u00e0 l\u2019eau et au feu.\u00bb Il r\u00e9alise des tests pour int\u00e9grer ces champignons \u00e0 des structures porteuses. Les constructions \u00e0 base de champignons sont encore rares, mais la tendance est l\u00e0: il y a deux ans, le mus\u00e9e d\u2019art moderne de New York (MoMa) a \u00e9lu une tour en champignons meilleur projet de son concours annuel de jeunes architectes.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRE<\/p>\n<p><strong>Des mat\u00e9riaux \u00e9cologiques issus des laboratoires<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019am\u00e9lioration de l\u2019efficience \u00e9nerg\u00e9tique est au c\u0153ur des recherches men\u00e9es au sein des laboratoires suisses sp\u00e9cialis\u00e9s dans les mat\u00e9riaux de construction. Ainsi, \u00e0 l\u2019\u00e9cole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL), Andreas Sch\u00fcler, du Laboratoire d\u2019\u00e9nergie solaire, travaille sur des fen\u00eatres intelligentes. Celles-ci changent la superficie de la vitre en fonction de la lumi\u00e8re: elle devient opaque quand il s\u2019agit de se prot\u00e9ger du soleil et transparente quand l\u2019int\u00e9rieur doit \u00eatre chauff\u00e9 par les rayons du soleil. Le d\u00e9fi consiste \u00e0 rendre encore plus efficaces les couches d\u2019oxyde m\u00e9tallique qui sont \u00e0 l\u2019origine du m\u00e9canisme de ces fen\u00eatres intelligentes.<\/p>\n<p>Les chercheurs du Laboratoire f\u00e9d\u00e9ral d\u2019essai des mat\u00e9riaux et de recherche (Empa) \u00e0 D\u00fcbendorf (ZH) se concentrent quant \u00e0 eux sur les a\u00e9rogels. Ce mat\u00e9riau \u00e0 base de silice est consid\u00e9r\u00e9 comme le meilleur isolant au monde, mais est critiqu\u00e9 pour sa fragilit\u00e9 lors de sa mise en \u0153uvre. Afin de le rendre plus solide, les chercheurs de l\u2019Empa l\u2019ont m\u00e9lang\u00e9 avec de la pectine que l\u2019on trouve par exemple dans les pommes. Gr\u00e2ce \u00e0 cette invention, l\u2019a\u00e9rogel peut \u00eatre comprim\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 80% sans se rompre.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine FLAT (no 1).<\/p>\n<p>Pour souscrire un abonnement \u00e0 FLAT au prix de CHF 30.- (30 euros) pour 8 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"https:\/\/flatmagazine.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">flatmagazine.ch<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les architectes recourent toujours davantage \u00e0 des mat\u00e9riaux naturels: l\u2019avenir de la construction passe par le bois, la terre et les champignons.<\/p>\n","protected":false},"author":20177,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-4800","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4800","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20177"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4800"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4800\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12318,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4800\/revisions\/12318"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4800"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4800"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4800"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}