



{"id":4791,"date":"2016-12-07T19:11:40","date_gmt":"2016-12-07T17:11:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4791"},"modified":"2016-12-07T20:35:35","modified_gmt":"2016-12-07T18:35:35","slug":"recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4791","title":{"rendered":"Open science: la naissance d\u2019un mouvement"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/112016\/Large07122016.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Large07122016.jpg\" alt=\"Large07122016.jpg\" \/><\/p>\n<p><strong>Comment le mouvement est-il n\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>Avec la r\u00e9volution num\u00e9rique, une s\u00e9rie de paradoxes a provoqu\u00e9 une crise de la science. Loin d\u2019\u00eatre diffus\u00e9 plus \u00e9quitablement et simplement, le savoir est de plus en plus tenu en otage par les scientifiques, \u00e9diteurs et entreprises priv\u00e9es. Ce n\u2019est pas l\u00e0 sa premi\u00e8re p\u00e9riode de trouble: depuis l\u2019Antiquit\u00e9, la science conna\u00eet des cycles d\u2019ouverture et de fermeture.<\/p>\n<p>Au XVIIe si\u00e8cle, les savants se sont aper\u00e7us que garder leurs r\u00e9sultats secrets freinait leurs progr\u00e8s et ils ont commenc\u00e9 \u00e0 divulguer leurs informations pour gagner en reconnaissance. \u00abCette premi\u00e8re r\u00e9volution scientifique a fa\u00e7onn\u00e9 une \u00e9conomie de r\u00e9putation dans laquelle les chercheurs n\u2019\u00e9taient pas r\u00e9compens\u00e9s pour la production de connaissances, mais pour leur diffusion aupr\u00e8s du public, explique Bruno Strasser, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve et sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire des sciences de la vie. C\u2019est le d\u00e9but, avec l\u2019invention de l\u2019imprimerie et l\u2019essor des journaux scientifiques, d\u2019une \u00e8re d\u2019ouverture.\u00bb<\/p>\n<p>Les maisons d\u2019\u00e9dition, privatis\u00e9es les unes apr\u00e8s les autres, commencent \u00e0 abuser de leur position privil\u00e9gi\u00e9e de fournisseurs de savoir. A la fin du XXe si\u00e8cle, leurs profits consid\u00e9rables et les prix d\u2019abonnement \u00e9lev\u00e9s sont vus d\u2019un mauvais \u0153il. Les contribuables ayant d\u00e9j\u00e0 financ\u00e9 la recherche avec leurs imp\u00f4ts doivent \u00e0 nouveau payer pour acc\u00e9der \u00e0 cette litt\u00e9rature. En outre, les \u00e9diteurs font fi des opportunit\u00e9s de collaboration offertes par le Web 2.0 et continuent \u00e0 publier les rapports scientifiques au format PDF, pi\u00e8tre substitut du papier. Pour pallier cette situation, plusieurs communaut\u00e9s scientifiques d\u00e9cident de r\u00e9inventer les modes de diffusion du savoir. Le mouvement de la science ouverte est n\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Comment ouvrir la science?<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9volution de la science ouverte, aussi appel\u00e9e Science 2.0, est en cours. Des outils num\u00e9riques sont mis au point pour aider les scientifiques \u00e0 partager leurs travaux tout au long du cycle de recherche (hypoth\u00e8se initiale, collecte de donn\u00e9es, phase exp\u00e9rimentale, diffusion des r\u00e9sultats). La science ouverte est plus qu\u2019une r\u00e9volution de l\u2019\u00e9dition. Sascha Friesike, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Wurtzbourg et chercheur \u00e0 l\u2019Alexander von Humboldt Institute for Internet and Society de Berlin, en d\u00e9crit dans son ouvrage Opening Science les cinq tendances. \u00abComme dans tous les domaines, la frustration des utilisateurs est source d\u2019innovation, commente-t-il. Ce sont souvent les scientifiques eux-m\u00eames qui d\u00e9veloppent des outils pour acc\u00e9l\u00e9rer le partage de connaissances.\u00bb<\/p>\n<p>Certains continuent la recherche tout en travaillant sur leur solution. Lawrence Rajendran, professeur de neurosciences \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Zurich, a r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9 la start-up <a href=\"https:\/\/www.sciencematters.io\/\" target=\"_blank\">ScienceMatters<\/a> pour r\u00e9volutionner l\u2019\u00e9valuation et le partage des r\u00e9sultats de travaux. \u00abNous essayons de r\u00e9parer les failles du syst\u00e8me actuel\u00bb, explique-t-il. Exemple: au lieu de r\u00e9diger un article couvrant plusieurs ann\u00e9es de recherche, les chercheurs peuvent utiliser ScienceMatters pour publier en quelques clics une seule observation. \u00abLeur conclusion est ainsi jug\u00e9e sur sa qualit\u00e9 scientifique et non sur le potentiel de son impact\u00bb, explique-t-il. ScienceMatters est une plateforme en libre acc\u00e8s, gratuite pour tous.<\/p>\n<p><strong>Qui en b\u00e9n\u00e9ficie?<\/strong><\/p>\n<p>Les exp\u00e9riences de \u00abbig science\u00bb (projets internationaux dans lesquels les gouvernements investissent des milliards) sont ouvertes par nature. Le Grand collisionneur de hadrons du CERN et le Human Brain Project, initiative phare de l\u2019Union europ\u00e9enne cordonn\u00e9e par l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne, sont deux exemples notoires de collaboration internationale, dont la \u00absmall science\u00bb pourrait s\u2019inspirer. Le partage de ressources r\u00e9duit les co\u00fbts et \u00e9vite les doublons de donn\u00e9es. Les publications en libre acc\u00e8s ont aussi plus d\u2019impact puisqu\u2019elles sont mieux relay\u00e9es par les m\u00e9dias et plus souvent cit\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00abD\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s d\u2019informations sont d\u00e9j\u00e0 disponibles, estime Gernot Abel, responsable scientifique chez Novozymes (Danemark), une entreprise de biotechnologie. Nous avons besoin d\u2019un dialogue plus ouvert entre deux cultures diff\u00e9rentes &#8212; la curiosit\u00e9 acad\u00e9mique et l\u2019innovation industrielle &#8212; dont les acteurs ne sont pas les donn\u00e9es, mais les personnes.\u00bb Nicola Breugst, professeur de comportement entrepreneurial \u00e0 la Technische Universit\u00e4t M\u00fcnchen, confirme: \u00abIl est important que les scientifiques rendent accessibles leurs informations, mais aussi qu\u2019ils exploitent celles des autres. Bien souvent, les acteurs tiers n\u2019ont pas l\u2019exp\u00e9rience, le sentiment d\u2019appartenance ou l\u2019autorisation formelle n\u00e9cessaires pour transformer ces connaissances en produit.\u00bb Selon lui, le manque d\u2019ouverture en mati\u00e8re de partage de donn\u00e9es est criant dans les sciences sociales: \u00abLes sciences comportementales produisent beaucoup d\u2019informations qui seraient concr\u00e8tement utiles, par exemple pour la gestion ou la prise de d\u00e9cision en entreprise.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Quelles en sont les r\u00e9ussites?<\/strong><\/p>\n<p>Pour faire progresser la science de mani\u00e8re plus rapide et collaborative, partager les d\u00e9marches en plus des r\u00e9sultats est essentiel. En s\u2019associant, les 40 contributeurs d\u2019un forum en ligne ont r\u00e9solu en sept semaines seulement le premier probl\u00e8me math\u00e9matique du \u00ab<a href=\"http:\/\/michaelnielsen.org\/polymath1\/index.php?title=Main_Page\" target=\"_blank\">Projet Polymath<\/a>\u00bb, lanc\u00e9 d\u00e9but 2009. Avec cet incroyable cas de \u00abcollaboration massive entre math\u00e9maticiens\u00bb, Timothy Gowers, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Cambridge, a d\u00e9montr\u00e9 que plusieurs cerveaux pouvaient r\u00e9soudre ensemble des probl\u00e8mes ardus. Pour souligner la dimension collaborative de l\u2019initiative, tous les travaux ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sous le pseudonyme D.H.J. Polymath.<\/p>\n<p>Dans la sant\u00e9 mondiale aussi, acc\u00e9der rapidement aux r\u00e9sultats peut tout changer. Face aux menaces repr\u00e9sent\u00e9es par les virus Ebola et Zika, les laboratoires de recherche ont partag\u00e9 plus d\u2019informations, plus vite. Plus surprenant, la recherche pharmaceutique, normalement prot\u00e9g\u00e9e par le secret et la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, a parfois livr\u00e9 ses donn\u00e9es. En 2010, la mol\u00e9cule JQ1 s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e un excellent outil potentiel pour \u00e9tudier les m\u00e9canismes \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques et traiter divers cancers. Apr\u00e8s l\u2019avoir d\u00e9crite, Jay Bradner et son \u00e9quipe de la Harvard Medical School ont publi\u00e9 sa structure chimique et envoy\u00e9 des \u00e9chantillons \u00e0 toute personne int\u00e9ress\u00e9e. Les r\u00e9sultats de cette d\u00e9marche pionni\u00e8re sont stup\u00e9fiants: cinq ans plus tard, plus de 500 laboratoires dans le monde ont test\u00e9 JQ1, et la publication initiale a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9e plus de 800 fois.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 10).<\/p>\n<p>Pour souscrire un abonnement \u00e0 Technologist au prix de CHF 45.- (42 euros) pour 8 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/www.technologist.eu\/print-magazine\/subscribe\/\" target=\"_blank\">technologist.eu<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis l\u2019Antiquit\u00e9, la recherche a connu des cycles d\u2019ouverture et de fermeture. 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