



{"id":4784,"date":"2016-11-29T15:58:30","date_gmt":"2016-11-29T13:58:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4784"},"modified":"2016-11-29T16:42:32","modified_gmt":"2016-11-29T14:42:32","slug":"education","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4784","title":{"rendered":"L\u2019art des bonnes mani\u00e8res survit \u00e0 Villa Pierrefeu"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/112016\/img_du_jour_28_11.jpg\" title=\"img_du_jour_28_11.jpg\" alt=\"img_du_jour_28_11.jpg\" height=\"311\" width=\"468\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Quelle argenterie sortir pour l\u2019heure du th\u00e9? Comment garder une distance professionnelle avec ses domestiques? Est-il poli, ou impoli, de dire \u00abbon app\u00e9tit\u00bb au d\u00e9but d\u2019un repas? Ces connaissances, aussi surann\u00e9es que parfois n\u00e9cessaires, s\u2019enseignent encore \u00e0 l<a href=\"http:\/\/www.ivpworld.com\/en.html\" target=\"_blank\">\u2019Institut Villa Pierrefeu<\/a>, la derni\u00e8re \u00abfinishing school\u00bb du pays. Juch\u00e9e sur les hauteurs de Montreux, \u00e0 Glion (VD), cette \u00e9cole de bonnes mani\u00e8res pour jeunes filles est devenue, \u00e0 force de survivre, la r\u00e9f\u00e9rence mondiale de l\u2019\u00e9tiquette.<\/p>\n<p>Viviane Neri, actuelle tenanci\u00e8re des lieux, reste discr\u00e8te sur l\u2019identit\u00e9 de ses \u00e9tudiantes. \u00abJe ne peux divulguer de noms, s\u2019excuse-t-elle. Ce que je peux vous dire, c\u2019est qu\u2019ici nous ne faisons gu\u00e8re de diff\u00e9rences entre une princesse ou une fille de ministre. Les \u00e9l\u00e8ves s\u2019appellent par leur pr\u00e9nom, ce qu\u2019elles appr\u00e9cient g\u00e9n\u00e9ralement beaucoup.\u00bb La formation d\u2019une semaine, h\u00e9bergement non compris, co\u00fbte environ 5&rsquo;600 francs. Le b\u00e2timent principal de l\u2019\u00e9cole est compos\u00e9 d\u2019un chalet art nouveau sans fioritures. Quelques chambres \u00e0 coucher destin\u00e9es aux \u00e9tudiantes se trouvent \u00e0 l\u2019\u00e9tage. Carnotzet et cuisines se situent au rez inf\u00e9rieur, \u00aben vue des ateliers pratiques\u00bb.<\/p>\n<p>Accompagn\u00e9e de son fils Philippe, directeur de l\u2019institut, Viviane Neri fait servir le th\u00e9 dans le grand salon. Assise droite comme un piquet sur un si\u00e8ge en tissu ancien, elle raconte son parcours, ses origines zurichoises, son passage en Angleterre puis aux Etats-Unis, ses \u00e9tudes d\u2019histoire latino-am\u00e9ricaine. Sa permanente impeccable s\u2019allie \u00e0 merveille aux grosses perles qu\u2019elle porte au ras du cou. L\u2019atmosph\u00e8re est presque r\u00e9confortante. En arri\u00e8re-plan, le L\u00e9man affronte les Alpes dans l\u2019une des vues les plus spectaculaires du monde.<\/p>\n<p><strong>La bible de l\u2019\u00e9tiquette<\/strong><\/p>\n<p>Mais la magie du d\u00e9cor est loin d\u2019\u00eatre l\u2019unique force de Villa Pierrefeu. L\u00e0-haut, dans cette Suisse f\u00e9erique, \u00e9tiquette et protocole sont enseign\u00e9s depuis d\u00e9sormais trois g\u00e9n\u00e9rations. Une affaire familiale qui fait de Glion l\u2019autorit\u00e9 ultime des codes de biens\u00e9ance.<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, six fascicules de cours scrupuleusement mis \u00e0 jour par les enseignants de Villa Pierrefeu sont distribu\u00e9s aux \u00e9tudiantes. Tout y est. Le nez qu\u2019il ne faut pas moucher au Japon, alors qu\u2019il est impoli de renifler en Europe, les histoires de couteau pour la salade, de fourchette pour la glace, de lait qui pr\u00e9c\u00e8de le th\u00e9 ou qui lui succ\u00e8de, les mani\u00e8res de dresser une table, \u00e0 la fran\u00e7aise, \u00e0 l\u2019anglaise ou \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine\u2026 Les polycopi\u00e9s de cours de Villa Pierrefeu constituent une v\u00e9ritable bible de l\u2019\u00e9tiquette internationale.<\/p>\n<p>\u00abCertaines modes changent tr\u00e8s vite, ajoute Viviane Neri avec s\u00e9rieux. En Italie par exemple, les spaghettis se d\u00e9gustent \u00e0 nouveau uniquement avec la fourchette, sans la cuill\u00e8re, peu \u00e0 peu devenue l\u2019ustensile pour touristes. Il y a quelques ann\u00e9es, c\u2019\u00e9tait le contraire. Utiliser les deux \u00e9tait la norme.\u00bb<\/p>\n<p>Imprim\u00e9s maison, ces ouvrages ne se trouvent chez aucun \u00e9diteur. \u00abNous ne souhaitons pas n\u00e9cessairement diffuser le business model\u00bb, commente Philippe Neri, qui travailla pr\u00e9c\u00e9demment dans le monde de la finance. Les programmes contiennent plusieurs variantes et sont rythm\u00e9s par des examens th\u00e9oriques et pratiques qui ne sont pas \u00e0 prendre \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. On y trouve des cours allant du \u00absmall talk\u00bb aux tabous culturels pos\u00e9s par certains mets et boissons.<\/p>\n<p><strong>Une faute de go\u00fbt princier<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLa plupart de nos \u00e9tudiantes ont des masters\u00bb, souligne Philippe Neri, qui utilisera le terme de \u00abpowerwomen\u00bb pour d\u00e9crire sa client\u00e8le type. \u00abCe sont des femmes ambitieuses qui veulent r\u00e9ussir.\u00bb Nous sommes loin de la potiche aux mauvaises notes qui vient apprendre la couture. \u00abQuoique, ajoute Viviane Neri, certaines \u00e9tudiantes ne savent plus coudre un bouton, ce qui devient probl\u00e9matique.\u00bb<\/p>\n<p>Fra\u00eechement dipl\u00f4m\u00e9e de la Harvard Business School, c\u2019est \u00e0 Villa Pierrefeu qu\u2019Aurora* d\u00e9cide de passer une partie de son \u00e9t\u00e9. \u00abJe ressentais un besoin immense de me recentrer sur la part f\u00e9minine de mon \u00eatre, explique-t-elle, de me reconnecter au Vieux Monde, passer du temps dans un climat sain et m\u00e9ditatif, sans hommes.\u00bb<\/p>\n<p>Elle ne s\u2019attendait pas \u00e0 une charge de travail aussi importante. Mais \u00e0 la sortie, cette fille d\u2019oligarque russe est combl\u00e9e. \u00abJ\u2019ai ador\u00e9. La ma\u00eetrise de l\u2019\u00e9tiquette est ind\u00e9niablement un moyen de s\u2019\u00e9panouir et de se sentir plus libre.\u00bb Confirmant l\u2019absence d\u2019Europ\u00e9ens de l\u2019ouest \u00e0 Villa Pierrefeu, elle pose un avis tranch\u00e9 sur la question: \u00abLes ressortissants ouest-europ\u00e9ens s\u2019imaginent sup\u00e9rieurs, mais ne le sont pas. L\u2019autre jour, j\u2019\u00e9tais assise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une princesse assez connue et elle ne savait absolument pas se tenir. Elle est partie aux toilettes en laissant sa serviette ouverte sur la table. Les gens ne savent plus que ce faisant, ils imposent aux convives le spectacle des reliquats qui peuvent y \u00eatre coll\u00e9s. Les r\u00e8gles les plus basiques sont ignor\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Les best-sellers du savoir-vivre<\/strong><\/p>\n<p>Pourtant, il fut un temps o\u00f9 les normes du savoir-vivre importaient. Pensez aux \u00abUsages du monde\u00bb de la baronne Staffe ou encore, outre-Atlantique, \u00e0 \u00abEtiquette\u00bb d\u2019Emily Post. Ces ouvrages \u00e9taient litt\u00e9ralement d\u00e9vor\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise des XIXe et XXe si\u00e8cles. De v\u00e9ritables best-sellers. C\u2019est \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, au tournant du XXe, que bon nombre de \u00abfinishing schools\u00bb \u00e9mergent sur les bords du L\u00e9man.<\/p>\n<p>Contr\u00e9e s\u00fbre et centrale, \u00e0 l\u2019abri de la d\u00e9bauche des capitales, la Suisse romande poss\u00e8de tous les atouts n\u00e9cessaires pour s\u00e9duire l\u2019\u00e9lite du monde d\u2019hier. En attendant l\u2019heure fatale du mariage, c\u2019est chez nous que les jeunes filles de bonne famille sont envoy\u00e9es apprendre le fran\u00e7ais, l\u2019arrangement floral, la peinture sur porcelaine, le piano, la comptabilit\u00e9 domestique, bref, tout ce dont elles pourraient avoir besoin pour briller aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019un \u00e9poux que l\u2019on esp\u00e8re aussi bien n\u00e9 que fortun\u00e9.<\/p>\n<p>Femmes de maharajas, princesses et duchesses, comme Gayatri Devi, Ir\u00e8ne de Gr\u00e8ce, Lady Diana et Camilla Parker Bowles, futures \u00e9pouses du prince Charles, toutes sont pass\u00e9es par des \u00abfinishing\u00bb romandes. M\u00eame Carla Bruni a su profiter des derniers soupirs de l\u2019enseignement de Ch\u00e2teau Mont-Choisi, fameuse \u00abfinishing\u00bb situ\u00e9e dans la r\u00e9gion lausannoise.<\/p>\n<p><strong>Maudit 68<\/strong><\/p>\n<p>Vint 1968 et l\u2019\u00e9mancipation des femmes, le \u00ablundi noir\u00bb de l\u2019industrie de l\u2019\u00e9tiquette. Broderie et bonnes mani\u00e8res sont flanqu\u00e9es par la fen\u00eatre. Les femmes commencent \u00e0 \u00e9tudier, travailler, puis revendiquer les m\u00eames droits que le sexe fort. Plus besoin de savoir jouer au clavecin pour r\u00e9ussir sa vie. Dans les ann\u00e9es 1990, la quasi-totalit\u00e9 des \u00e9coles de bonnes mani\u00e8res ferment boutique. En Suisse, c\u2019est l\u2019extinction g\u00e9n\u00e9rale. \u00abLa question de la succession a jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans la disparition de ces \u00e9coles, souligne Philippe Neri, h\u00e9ritier unique de Villa Pierrefeu. La valeur de l\u2019immobilier ayant passablement augment\u00e9, je pense notamment \u00e0 Beau-C\u00e8dre (Clarens) ou au Mesnil (Montreux), les successeurs ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 vendre.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abNon, nous ne sommes justement pas le village d\u2019Ast\u00e9rix\u00bb, r\u00e9torque Viviane Neri, qui parvint, malgr\u00e9 la disette des ann\u00e9es 1990, \u00e0 garder son business ouvert. \u00abNous avons surv\u00e9cu parce que nous \u00e9tions moins snobs que les autres.\u00bb Alors que le Vieux Monde se d\u00e9sint\u00e9resse progressivement de l\u2019\u00e9tiquette et du protocole, Viviane Neri adapte sa strat\u00e9gie. C\u2019est en Am\u00e9rique latine qu\u2019elle part chercher sa client\u00e8le de substitution. Les cours sont traduits en anglais et en espagnol, adapt\u00e9s \u00e0 un savoir-vivre de plus en plus international. Bien que peu fr\u00e9quent\u00e9, Pierrefeu r\u00e9ussit, co\u00fbte que co\u00fbte, \u00e0 garder son \u00e9tablissement ouvert.<\/p>\n<p>La chute du Mur portera ses fruits. Depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, Russes et Chinoises se rendent \u00e0 Glion pour apprendre ce que leurs parents furent contraints d\u2019oublier. A pr\u00e9sent, Villa Pierrefeu prosp\u00e8re. Les listes d\u2019attente s\u2019allongent et une certaine parano\u00efa se fait m\u00eame sentir. \u00abNon, nous n\u2019avons pas de concurrents directs, pr\u00e9cise Viviane Neri. Que des indirects.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une copie chinoise<\/strong><\/p>\n<p>En 2013, Sara Jane Ho, fille d\u2019un milliardaire chinois, se rend \u00e0 Villa Pierrefeu pour suivre le cursus int\u00e9gral. Six semaines de cours intensifs. Elle profite de ce s\u00e9jour pour s\u2019emparer du graal: les six polycopi\u00e9s de cours de l\u2019Institut Villa Pierrefeu. \u00abNos \u00e9l\u00e8ves signent un contrat de confidentialit\u00e9. Visiblement, tout le monde ne le respecte pas\u00bb, racontent am\u00e8rement les Neri.<\/p>\n<p>En rentrant chez elle, Sara Jane Ho ouvre sa propre \u00e9cole \u00e0 P\u00e9kin puis \u00e0 Shanghai. Baptis\u00e9 Institut Sarita, le succ\u00e8s est imm\u00e9diat aupr\u00e8s de la haute soci\u00e9t\u00e9 chinoise. Les Neri gardent leurs l\u00e8vres pinc\u00e9es. Le th\u00e9 a refroidi. Voil\u00e0 que ce savoir si soigneusement couv\u00e9 pendant de longues ann\u00e9es s\u2019envole pour l\u2019Asie. D\u00e9cid\u00e9ment, les bonnes mani\u00e8res ne sont plus ce qu\u2019elles \u00e9taient.<\/p>\n<p>* Nom connu de la r\u00e9daction<br \/>\n_______<br \/>\nENCADRE<\/p>\n<p><strong>Le \u00abbon app\u00e9tit\u00bb expliqu\u00e9 par Viviane Neri<\/strong><br \/>\nEn France, la tradition exigeait qu\u2019un grand seigneur offr\u00eet, une fois par ann\u00e9e, un bon repas \u00e0 ses paysans. Ayant conscience que ces gens mangeaient mal le restant de l\u2019ann\u00e9e, il leur disait \u00abbon app\u00e9tit\u00bb. Ainsi, en France, bon app\u00e9tit ne se souhaite pas. Mais en Suisse, si vous ne dites pas bon app\u00e9tit, 99% de la population vous prendra pour un mal \u00e9lev\u00e9. La r\u00e8gle? Observer puis s\u2019adapter. Si l\u2019on vous dit \u00abbon app\u00e9tit\u00bb, r\u00e9pondez \u00abbon app\u00e9tit\u00bb. Il n\u2019y a que le snob qui s\u2019entoure de petits codes pour exclure les autres.<\/p>\n<p><strong>On peut (parfois) couper de la salade<\/strong><br \/>\n\u00abCertaines personnes ne coupent pas la salade avec le couteau, rappelle Viviane Neri. A l\u2019origine, c\u2019\u00e9tait pour \u00e9viter l\u2019oxydation de la lame provoqu\u00e9e par le vinaigre. Mais \u00e7a fait maintenant 100 ans que les couteaux sont en acier inoxydable. Il convient donc de r\u00e9fl\u00e9chir avant d\u2019entreprendre toute une gymnastique avec le pain, la fourchette, les petits tas. Il ne faut jamais devenir l\u2019esclave de ces r\u00e8gles. Mais comprendre leurs origines afin de pouvoir librement choisir de les appliquer ou non.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le quotidien Le Temps.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur les hauts de Glion se trouve la derni\u00e8re \u00e9cole romande \u00e0 enseigner les r\u00e8gles de savoir-vivre. A sa t\u00eate, Viviane et Philippe Neri livrent quelques secrets de leur art d\u00e9licat. Visite d\u2019un lieu exclusif, mais pas snob.<\/p>\n","protected":false},"author":20216,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4784","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4784","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20216"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4784"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4784\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4784"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4784"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4784"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}