



{"id":4751,"date":"2016-09-29T18:00:55","date_gmt":"2016-09-29T16:00:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4751"},"modified":"2016-09-29T18:01:37","modified_gmt":"2016-09-29T16:01:37","slug":"democratisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4751","title":{"rendered":"Moocs: la r\u00e9volution attendra"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Mooc_09.jpg\" border=\"0\" height=\"312\" width=\"469\" title=\"Mooc_09.jpg\" alt=\"Mooc_09.jpg\" \/><\/p>\n<p>Le chiffre impressionne: entre 2011 et 2015, 35 millions de personnes ont suivi des Moocs propos\u00e9s par plus de 500 universit\u00e9s dans le monde, selon la plateforme d\u2019\u00e9ducation num\u00e9rique Class Central. De quoi justifier leur appellation de \u00abMassive Open Online Courses\u00bb (\u00abcours en ligne ouverts et massifs\u00bb en fran\u00e7ais), qui \u00e9taient cens\u00e9s d\u00e9mocratiser l\u2019enseignement sup\u00e9rieur?<\/p>\n<p>Certains consid\u00e8rent que les Moocs ont failli \u00e0 leur mission. \u00abPlusieurs \u00e9tudes montrent que ces cours sont principalement fr\u00e9quent\u00e9s par des personnes \u00e9duqu\u00e9es et de niveau Bac+5 environ\u00bb, rel\u00e8ve Marc Trestini, enseignant-chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Strasbourg et sp\u00e9cialiste des environnements num\u00e9riques d\u2019apprentissage.<\/p>\n<p>Le constat se v\u00e9rifie \u00e0 l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL), pionni\u00e8re europ\u00e9enne du Mooc avec une offre remontant \u00e0 2012 d\u00e9j\u00e0: 72% des participants \u00e0 la cinquantaine d\u2019enseignements num\u00e9riques que l\u2019institution propose d\u00e9tiennent un titre universitaire. \u00abLes cours fournis par des universit\u00e9s comme la n\u00f4tre sont difficiles pour celui qui ne poss\u00e8de pas les pr\u00e9requis\u00bb, justifie Pierre Dillenbourg, responsable du projet \u00abMooc\u00bb \u00e0 l\u2019EPFL.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9requis ne se limitent pas \u00e0 des connaissances th\u00e9oriques, \u00e0 entendre Marc Trestini: \u00abPour suivre un Mooc, il faut d\u00e9j\u00e0 savoir de quoi il s\u2019agit et disposer du temps n\u00e9cessaire. Il faut aussi avoir acquis des strat\u00e9gies d\u2019apprentissage et \u00eatre \u00e0 m\u00eame de les mobiliser.\u00bb La formation reste donc un privil\u00e8ge que les cours en ligne ne sont pas en mesure d\u2019abolir compl\u00e8tement. Etait-il alors utopique de parler de d\u00e9mocratisation de l\u2019enseignement? Pas selon Pierre Dillenbourg: \u00abLa d\u00e9mocratisation suppose un acc\u00e8s g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, pas une garantie de r\u00e9ussite.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Mod\u00e8les toujours \u00e0 trouver<\/strong><\/p>\n<p>Les mod\u00e8les \u00e9conomiques imagin\u00e9s par les grands fournisseurs de cours en ligne, tels que <a href=\"https:\/\/www.coursera.org\/\" target=\"_blank\">Coursera<\/a> ou <a href=\"https:\/\/www.edx.org\/\" target=\"_blank\">edX<\/a>, tentent de faire perdurer l\u2019acc\u00e8s g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 aux Moocs: les modules restent gratuits, mais les certifications deviennent payantes. Un concept qui convainc l\u2019EPFL: \u00abNous offrons des enseignements qui fournissent des comp\u00e9tences utiles sur le march\u00e9 de l\u2019emploi et pour lesquelles les \u00e9tudiants sont d\u2019accord de payer un certificat. Nous devons miser sur ce qu\u2019ils rapportent pour continuer \u00e0 proposer le reste gratuitement\u00bb, explique Pierre Dillenbourg.<\/p>\n<p>Depuis peu, l\u2019Open University et l\u2019Universit\u00e9 de Leeds, au Royaume-Uni, permettent aux \u00e9tudiants d\u2019obtenir une partie de leur dipl\u00f4me en effectuant des Moocs. Les \u00e9coles partenaires de la plateforme allemande Iversity ont aussi l\u2019opportunit\u00e9 de d\u00e9livrer des cr\u00e9dits. Mais l\u00e0 encore, il faut mettre la main au porte-monnaie pour obtenir une validation.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement au mod\u00e8le \u00e9conomique, c\u2019est aussi le mod\u00e8le p\u00e9dagogique qui se cherche. On distinguait surtout jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent le xMooc, avec un professeur qui enseigne une mati\u00e8re \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves, et le cMooc, qui consiste en une co-construction du savoir entre internautes. On parle d\u00e9sormais beaucoup de Spocs, pour \u00abSmall Private Online Courses\u00bb (\u00abpetits cours priv\u00e9s en ligne\u00bb), r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 une s\u00e9lection restreinte d\u2019utilisateurs b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un meilleur encadrement.<\/p>\n<p><strong>Diversification<\/strong><\/p>\n<p>Pour Marc Trestini, les cours en ligne adopteront des approches plus dirig\u00e9es \u00e0 l\u2019avenir, \u00abcar les internautes ont besoin de structure\u00bb. Mais l\u2019enseignant-chercheur strasbourgeois a une crainte: \u00abA force de trop vouloir contraindre le Mooc, on risque de le d\u00e9naturer. Les Spocs sont des Moocs dont on a r\u00e9duit l\u2019effectif: ils retournent aux formes classiques de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 distance, alors que les Moocs promettaient quelque chose de diff\u00e9rent.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019EPFL, de son c\u00f4t\u00e9, mise sur la diversification. En plus des Moocs tr\u00e8s acad\u00e9miques ou de ceux tourn\u00e9s sp\u00e9cifiquement vers les universit\u00e9s africaines, l\u2019institution lausannoise a r\u00e9cemment mis en place un programme d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la formation continue.<\/p>\n<p>Les Moocs \u00abn\u2019ont pas chang\u00e9 le monde\u00bb, conc\u00e8de Pierre Dillenbourg. Mais le responsable insiste sur les aspects positifs: \u00abDes apprenants de 186 pays ont pu suivre des enseignements de l\u2019EPFL. Les Moocs permettent aussi aux professeurs d\u2019explorer d\u2019autres approches p\u00e9dagogiques et de trouver des exemples utiles \u00e0 leurs cours.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 10).<\/p>\n<p>Pour souscrire un abonnement \u00e0 Technologist au prix de CHF 45.- (42 euros) pour 8 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/www.technologist.eu\/print-magazine\/subscribe\/\" target=\"_blank\">technologist.eu<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toujours plus ferm\u00e9s, parfois payants et souvent suivis par des \u00e9tudiants d\u00e9j\u00e0 hautement dipl\u00f4m\u00e9s&#8230; Les \u00abcours en ligne ouverts et massifs\u00bb sont accus\u00e9s d\u2019avoir \u00e9chou\u00e9 \u00e0 d\u00e9mocratiser l\u2019enseignement.<\/p>\n","protected":false},"author":20206,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-4751","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4751","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20206"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4751"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4751\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4751"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4751"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4751"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}