



{"id":4736,"date":"2016-09-07T16:59:43","date_gmt":"2016-09-07T14:59:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4736"},"modified":"2016-09-07T17:33:34","modified_gmt":"2016-09-07T15:33:34","slug":"prevention","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4736","title":{"rendered":"L\u2019assurance se r\u00e9invente face aux nouveaux risques"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/img_di_jour_7_sept_1.jpg\" alt=\"img_di_jour_7_sept_1.jpg\" title=\"img_di_jour_7_sept_1.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Voitures sans conducteur, drones suiveurs, robots: l\u2019av\u00e8nement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 automatis\u00e9e n\u2019est plus une lointaine utopie. Pour les assureurs, qui doivent accompagner ces changements soci\u00e9taux, la num\u00e9risation de la vie quotidienne laisse de nombreuses questions en suspens. Comment calculer les pertes occasionn\u00e9es par une cyberattaque massive? Comment exploiter le big data? Ou encore automatiser le versement des primes d\u2019assurance?<\/p>\n<p>Pour le r\u00e9assureur Swiss Re, notre soci\u00e9t\u00e9 minimise les risques num\u00e9riques et leurs cons\u00e9quences \u00e9conomiques et r\u00e9putationnelles. Les entreprises cherchent peu \u00e0 se pr\u00e9munir et \u00e0 \u00e9laborer des strat\u00e9gies en cas de hacking. Des assurances contre le vol de donn\u00e9es ou la violation de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle existent, mais ces march\u00e9s restent pour l\u2019instant limit\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans un r\u00e9cent rapport, Swiss Re encourage les entreprises \u00e0 partager leurs mauvaises exp\u00e9riences de mani\u00e8re plus syst\u00e9matique (elles y rechignent encore pour des raisons commerciales). Ces t\u00e9moignages permettraient d\u2019\u00e9laborer une cartographie plus pr\u00e9cise des risques cybern\u00e9tiques et des dommages &#8212; directs et indirects &#8212; subis par les firmes. En raison des donn\u00e9es lacunaires, les assureurs ne disposent pas des outils leur permettant d\u2019\u00e9tablir des corr\u00e9lations entre les diff\u00e9rentes menaces. Des mod\u00e8les complexes existent par exemple pour les catastrophes naturelles: \u00abPrenez un ouragan, exemplifie Rolf Tanner, Senior Risk Manager chez Swiss Re. Nous pouvons estimer les dommages li\u00e9s au vent, ceux li\u00e9s aux inondations ou \u00e0 la chute de l\u2019activit\u00e9 commerciale. Cela nous permet d\u2019appr\u00e9hender le risque dans sa totalit\u00e9 et d\u2019\u00e9tablir un mod\u00e8le d\u2019assurance.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Nouveaux march\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Mais la technologie cr\u00e9e d\u00e9j\u00e0 de nouveaux march\u00e9s pour les assureurs. Les compagnies s\u2019int\u00e9ressent par exemple \u00e0 l\u2019exploitation des m\u00e9gadonn\u00e9es (big data). L\u2019utilisation des donn\u00e9es vitales collect\u00e9es gr\u00e2ce aux montres intelligentes pose des probl\u00e8mes \u00e9thiques, ces donn\u00e9es pouvant \u00eatre utilis\u00e9es pour exclure des personnes en moins bonne sant\u00e9 du march\u00e9 des assurances. Mais d\u2019autres applications sont moins sujettes \u00e0 controverse.<\/p>\n<p>Avec des partenaires suisses et internationaux, la Haute Ecole Arc Ing\u00e9nierie est actuellement en train de tester, en Tanzanie et en Asie centrale, un syst\u00e8me de gestion des ressources en eau \u00e0 travers l\u2019exploitation de donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9orologiques microlocales. Max Monti, responsable du projet, consid\u00e8re que \u00abce type d\u2019initiative pourrait cr\u00e9er un appel d\u2019air. Les assureurs ont besoin de donn\u00e9es de plus en plus pr\u00e9cises.\u00bb Pour lui, l\u2019installation de senseurs low cost sur les exploitations agricoles permettrait aux assureurs de calculer plus pr\u00e9cis\u00e9ment le rapport entre pr\u00e9cipitations m\u00e9t\u00e9orologiques et rendements agricoles. Objectif: automatiser le versement d\u2019\u00e9ventuels d\u00e9dommagements. \u00abLes mesures effectu\u00e9es sur le terrain avec une localisation de plus en plus fine, coupl\u00e9es aux techniques d\u2019agr\u00e9gation de plusieurs sources de donn\u00e9es diff\u00e9rentes, permettent \u00e0 tout le monde &#8212; agriculteurs comme assureurs &#8212; d\u2019y trouver son compte\u00bb, explique Max Monti.<\/p>\n<p>Autre \u00e9volution du march\u00e9 actuariel: le d\u00e9veloppement des microassurances. Bas\u00e9 sur le versement de faibles primes, ce syst\u00e8me permet d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une couche de la population qui \u00e9tait auparavant exclue du march\u00e9. Diff\u00e9rentes fondations mais aussi des Etats participent au financement de ce type de syst\u00e8me. \u00abLe march\u00e9 priv\u00e9 n\u2019est, pour l\u2019heure, pas encore arriv\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9\u00bb, explique Rolf Tanner. Zurich Assurance est active dans ce domaine depuis 2007. Avec un consortium, la compagnie a lanc\u00e9 l\u2019an dernier un incubateur de microassurances. Dix jeunes pousses doivent \u00e9merger en Afrique, Asie et Am\u00e9rique latine dans les dix prochaines ann\u00e9es.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRES<\/p>\n<p><strong>Des syst\u00e8mes alternatifs de gestion du risque<\/strong><\/p>\n<p>Les entreprises ne passent pas toujours par les assureurs traditionnels pour g\u00e9rer le risque d\u2019exploitation. Sur le march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, les fournisseurs peuvent, par exemple, proposer \u00e0 leurs clients de payer une prime, comprise dans le prix de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, pour se pr\u00e9munir contre la volatilit\u00e9 des prix. Alternativement, les consommateurs peuvent \u00e9galement obtenir sur le march\u00e9 diff\u00e9rents mod\u00e8les de couverture partielle des risques. La lib\u00e9ralisation du march\u00e9 avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019\u00e9nergie allemande (fortement carbonn\u00e9e) \u00e0 bas co\u00fbt a accentu\u00e9 la pression sur les prix. Pour St\u00e9phane Genoud, sp\u00e9cialiste du march\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie et professeur \u00e0 la HES-SO Valais-Wallis Haute Ecole de Gestion &amp; Tourisme &#8212; HEG, la volatilit\u00e9 des prix ne peut qu\u2019augmenter ces prochaines ann\u00e9es avec la hausse pr\u00e9vue de l\u2019offre d\u2019\u00e9nergies renouvelables: \u00abDans un contexte de franc fort, il sera plus important que jamais pour les entreprises d\u2019adopter une strat\u00e9gie leur permettant de ne pas payer leur \u00e9nergie plus cher que leurs concurrentes europ\u00e9ennes.\u00bb<\/p>\n<p>Autre exemple de gestion du risque: la gouvernance d\u2019entreprise. Lors de la fondation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, les entrepreneurs se tournent de plus en plus vers des sp\u00e9cialistes charg\u00e9s d\u2019\u00e9valuer tous les risques potentiels de conflit. \u00abLes int\u00e9r\u00eats des actionnaires finissent t\u00f4t ou tard par diverger, explique Florent Ledentu, qui enseigne la finance et la gouvernance d\u2019entreprise \u00e0 la Haute \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nierie et de gestion du Canton de Vaud &#8212; HEIG-VD. Dans le cas de cofondateurs, une convention d\u2019actionnaires peut \u00eatre un instrument efficace pour concilier les int\u00e9r\u00eats des propri\u00e9taires et limiter l\u2019apparition de conflits entre eux. Le but de ce document est de r\u00e9gir les relations entre ces actionnaires pour \u00e9viter, par exemple, que l\u2019un d\u2019entre eux ne revende subitement ses titres \u00e0 un tiers ou qu\u2019il ne cr\u00e9e une nouvelle entreprise concurrente. Cette convention peut \u00eatre conclue lors de la cr\u00e9ation de l\u2019entreprise ou \u00e0 tout moment, notamment lors de l\u2019entr\u00e9e d\u2019un nouvel actionnaire.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Des doigts qui valent de l\u2019or<\/strong><\/p>\n<p>Le talent d\u2019Oliver Lewis n\u2019a pas de prix. Aussi loin que sa m\u00e9moire le porte, ce quadrag\u00e9naire britannique a toujours jou\u00e9 de son instrument: le violon. En 2010, il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9 \u00abvioloniste le plus rapide au monde\u00bb par le Guiness des records pour avoir jou\u00e9 l\u2019interlude \u00able Vol du bourdon\u00bb en 63 secondes, contre plus de 3,20 minutes normalement. Si le talent d\u2019Olivier Lewis n\u2019a pas de prix, ses doigts &#8212; les plus rapides au monde &#8212; en ont un: 1 million de dollars, soit 100\u2019000 dollars l\u2019unit\u00e9, rapporte \u00abForbes\u00bb. En \u00e9change d\u2019une prime mensuelle de 3\u2019500 dollars, ce Londonien s\u2019est pr\u00e9muni contre un accident ou une arthrite chronique mettant en p\u00e9ril son pr\u00e9cieux outil de travail. La pratique fait des \u00e9mules. En Allemagne, la compagnie Mannheimer propose d\u00e9sormais des produits d\u2019assurance ciblant sp\u00e9cialement les pianistes. Mais la plus connue des firmes sp\u00e9cialis\u00e9es dans les assurances corporelles reste la britannique Lloyds. C\u2019est elle qui a assur\u00e9 les cordes vocales de Bruce Springsteen pour 6 millions de dollars ou les mains du guitariste des Rolling Stones, Keith Richards, pour 1,6 million de dollars.<\/p>\n<p>Ce mod\u00e8le d\u2019assurance remonte aux ann\u00e9es 1940. A l\u2019\u00e9poque, la pin-up Betty Grable, dont les posters ornaient les casiers des soldats am\u00e9ricains, avait alors fait assurer ses jambes pour 1 million de dollars. L\u2019\u00e9volution n\u2019a toutefois pas touch\u00e9 la Suisse: aucune compagnie ne propose de tels produits, faute de demande. \u00abC\u2019est un march\u00e9 de niche\u00bb, indique un assureur qui n\u2019a pas souhait\u00e9 \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 ce type de mod\u00e8le.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 11).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 H\u00e9misph\u00e8res au prix de CHF 45.- (d\u00e8s 45 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/revuehemispheres.com\/\" target=\"_blank\">revuehemispheres.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bouscul\u00e9es par la technologie, les sciences actuarielles cherchent \u00e0 affiner leurs mod\u00e8les d\u2019analyse. 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