



{"id":4732,"date":"2016-09-01T14:56:33","date_gmt":"2016-09-01T12:56:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4732"},"modified":"2016-09-01T16:22:48","modified_gmt":"2016-09-01T14:22:48","slug":"sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4732","title":{"rendered":"L&rsquo;union fait la m\u00e9decine personnalis\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/img_du_jour_1_sept_2016_1.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"img_du_jour_1_sept_2016_1.jpg\" alt=\"img_du_jour_1_sept_2016_1.jpg\" \/><\/p>\n<p>\u00abC\u2019est un projet qui r\u00e9unit 2,5 millions de chercheurs.\u00bb C\u2019est ainsi que Didier Trono, professeur au laboratoire de virologie et g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019EPFL, se pla\u00eet \u00e0 d\u00e9crire la nouvelle initiative l\u00e9manique baptis\u00e9e \u00abHealth 2030\u00bb. \u00abDes scientifiques, mais aussi tous les citoyens de Suisse occidentale sont impliqu\u00e9s.\u00bb Ensemble, ils contribueront au d\u00e9veloppement de la m\u00e9decine personnalis\u00e9e. Cette approche, aussi appel\u00e9e \u00abm\u00e9decine de pr\u00e9cision\u00bb, vise \u00e0 \u00e9tablir des traitements qui tendent au \u00absur-mesure\u00bb pour chaque patient. Elle accorde aussi une place essentielle \u00e0 la pr\u00e9vention, par l\u2019identification des risques de maladies \u00e0 des stades pr\u00e9coces.<\/p>\n<p>\u00abLa m\u00e9decine personnalis\u00e9e implique des moyens consid\u00e9rables et des comp\u00e9tences multiples. Elle ne peut s\u2019envisager qu\u2019au niveau r\u00e9gional, voire national\u00bb, explique Philippe Moreillon, vice-doyen de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne et membre du trio de coordination de \u00abHealth 2030\u00bb, aux c\u00f4t\u00e9s de Didier Trono et Denis Hochstrasser, vice-recteur de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. Ce projet a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 en 2015 par l\u2019UNIL, l\u2019UNIGE, l\u2019EPFL, le CHUV et les HUG. La coop\u00e9ration, \u00e9largie cette ann\u00e9e \u00e0 Berne, est qualifi\u00e9e par Philippe Moreillon de \u00abremarquable\u00bb. \u00abC\u2019est l\u2019un des rares projets o\u00f9 l\u2019on r\u00e9unit toutes les comp\u00e9tences de Suisse occidentale.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019objectif: regrouper les moyens financiers et d\u00e9velopper les savoir-faire qui permettront de cr\u00e9er des outils performants pour d\u00e9velopper une m\u00e9decine personnalis\u00e9e de qualit\u00e9. Les meilleurs experts du g\u00e9nome seront ainsi regroup\u00e9s dans un centre de s\u00e9quen\u00e7age, localis\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve et con\u00e7u par les HUG et l\u2019EPFL, o\u00f9 seront envoy\u00e9s les \u00e9chantillons d\u2019ADN de toute la r\u00e9gion &#8212; voire au-del\u00e0.<\/p>\n<p><strong>Analyser de multiples facteurs<\/strong><\/p>\n<p>Un autre centre, probablement \u00e0 Zurich, r\u00e9alisera la prot\u00e9omique, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019analyse des prot\u00e9ines (parfois, deux organismes ont exactement les m\u00eames g\u00e8nes; pour comprendre ce qui les distingue, il faut s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019expression des g\u00e8nes, soit les prot\u00e9ines). A Lausanne, le CHUV dispose depuis 2013 de la Biobanque institutionnelle lausannoise (BIL), o\u00f9 sont d\u00e9j\u00e0 rassembl\u00e9s les \u00e9chantillons biologiques de pr\u00e8s de 30\u2019000 personnes, malades ou non, qui ont donn\u00e9 leur consentement pour une utilisation \u00e0 des fins de recherche.<\/p>\n<p>La BIL pourra centraliser les \u00e9chantillons des partenaires et, une fois les budgets disponibles, ces dizaines de milliers d\u2019ADN pourront \u00eatre s\u00e9quenc\u00e9s. Quant \u00e0 l\u2019UNIL, elle prendra en charge les questions \u00e9pid\u00e9miologiques et \u00e9thiques. \u00abLes sciences sociales ont une place \u00e9vidente, de l\u2019anthropologie \u00e0 l\u2019\u00e9thique en passant par la psychologie, le droit ou la sociologie. Les \u00e9volutions actuelles forcent \u00e0 l\u2019interdisciplinarit\u00e9, ce qui est une tr\u00e8s bonne chose\u00bb, se r\u00e9jouit Philippe Moreillon.<\/p>\n<p>Denis Hochstrasser rappelle que la sant\u00e9 personnalis\u00e9e ne se limite pas \u00e0 la g\u00e9n\u00e9tique: \u00abIl est vrai que ce mouvement a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 par les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans le s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome \u00e0 haut d\u00e9bit, mais la g\u00e9n\u00e9tique n\u2019est qu\u2019un des outils utilis\u00e9s, aux c\u00f4t\u00e9s de la prot\u00e9omique ou de la m\u00e9tabolomique (l\u2019analyse des compos\u00e9s organiques pr\u00e9sents dans une cellule). Par ailleurs, la m\u00e9decine de pr\u00e9cision ambitionne d\u2019analyser l\u2019ensemble des facteurs qui influencent l\u2019\u00e9tat de la sant\u00e9 d\u2019une population, qu\u2019ils soient g\u00e9n\u00e9tiques mais aussi \u00e9cosyst\u00e9miques (microbes et toxiques) et comportementaux (hygi\u00e8ne, alimentation, activit\u00e9 physique).\u00bb Si l\u2019on ajoute les d\u00e9terminants socio-affectifs (environnement familial, professionnel&#8230;), on comprend le d\u00e9fi auquel sont confront\u00e9s m\u00e9decins et ing\u00e9nieurs dans l\u2019interpr\u00e9tation de ces donn\u00e9es massives appel\u00e9es \u00abBig data\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Cancers et allergies<\/strong><\/p>\n<p>Tr\u00e8s concr\u00e8tement, que peut attendre le patient d\u2019un tel projet de coop\u00e9ration? Si l\u2019on se cantonne \u00e0 l\u2019analyse du s\u00e9quen\u00e7age de l\u2019ADN (qui n\u2019est, rappelons-le qu\u2019un des aspects de la m\u00e9decine personnalis\u00e9e), c\u2019est en oncologie que les applications seront les plus imm\u00e9diates, indique Didier Trono. \u00abSur la base de la signature mol\u00e9culaire de la tumeur, nous sommes d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 capables de stratifier certaines th\u00e9rapies, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019assigner un traitement pr\u00e9f\u00e9rentiel \u00e0 une tumeur. L\u2019id\u00e9e n\u2019est plus de diagnostiquer, par exemple, un cancer du poumon, mais d\u2019identifier les mutations d\u2019une tumeur, qui peuvent se retrouver \u00e0 l\u2019identique dans d\u2019autres formes de cancer. Cela permet de proposer des th\u00e9rapies plus efficaces. Nous savons aussi d\u00e9tecter les particularit\u00e9s immunologiques de la tumeur, que l\u2019on peut cibler gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019immunoth\u00e9rapie. On est enfin capables d\u2019identifier certains facteurs de risques g\u00e9n\u00e9tiques, comme le montre l\u2019histoire d\u2019Angelina Jolie, qui a subi une ablation pr\u00e9ventive des seins \u00e0 37 ans apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert qu\u2019elle \u00e9tait porteuse du g\u00e8ne BRCA2 qui pr\u00e9dispose au cancer du sein et des ovaires.\u00bb<\/p>\n<p>Outre l\u2019oncologie, l\u2019allergologie est un domaine o\u00f9 le projet Health 2030 devrait \u00eatre porteur, signale Philippe Moreillon: \u00abLes allergies sont un vrai probl\u00e8me de sant\u00e9 publique. On pourra \u00e0 terme \u00e9largir notre champ d\u2019action, notamment en croisant les donn\u00e9es du patient avec celles fournies par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement.\u00bb<\/p>\n<p>A long terme, la population pourra b\u00e9n\u00e9ficier des informations issues de l\u2019analyse de ces donn\u00e9es. \u00abLe jour o\u00f9, en temps r\u00e9el et sur l\u2019ensemble de la Suisse romande, nous pourrons informer les habitants de la concentration en micro-particules ou d\u00e9tecter la pr\u00e9sence d\u2019allerg\u00e8nes, et que l\u2019on recoupera ces informations avec les pathologies observ\u00e9es localement, nous pourrons intervenir pour supprimer les causes. Ce genre d\u2019applications, envisageable dans le futur, rel\u00e8vent d\u2019un savoir-faire qu\u2019il convient de d\u00e9velopper\u00bb, s\u2019enthousiasme Didier Trono.<\/p>\n<p>On s\u2019achemine donc vers un couplage clinique-recherche, dans lequel les enseignements issus de la recherche seraient appliqu\u00e9s \u00e0 la clinique en temps quasi-r\u00e9el. \u00abLes d\u00e9fis sont immenses, avertit Denis Hochstrasser. Outre les questions techniques, m\u00e9dicales, \u00e9thiques, l\u00e9gales, il faudra aussi reconsid\u00e9rer la formation des praticiens et adapter l\u2019information des patients.\u00bb La r\u00e9volution du syst\u00e8me de sant\u00e9 aujourd\u2019hui en place est ainsi en marche.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRE<\/p>\n<p><strong>Un r\u00e9seau dans un r\u00e9seau<\/strong><\/p>\n<p>Au niveau national, une initiative d\u2019encouragement de la m\u00e9decine personnalis\u00e9e a aussi \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e. Baptis\u00e9 Swiss Personalized Health Network (SPHN), ce r\u00e9seau vise \u00e0 \u00abvaloriser le potentiel de donn\u00e9es de sant\u00e9 biologiques personnelles, comparables dans tout le pays, au profit de la gestion individuelle de la sant\u00e9 et de la maladie ainsi que de la recherche\u00bb, d\u00e9taille Peter Meier-Abt, pr\u00e9sident de l\u2019Acad\u00e9mie suisse des sciences m\u00e9dicales, qui assure la coordination du projet durant la phase de mise en place 2017 \u00e0 2020. Le r\u00e9seau occidental Health 2030 participera au SPHN. \u00abPour que la Suisse puisse s\u2019\u00e9tablir dans le domaine de la recherche en &lsquo;Personalized Health&rsquo;, les efforts doivent \u00eatre conjugu\u00e9s dans l\u2019ensemble du pays, avec la participation de tous les partenaires y compris des institutions non m\u00e9dicales telles que les autorit\u00e9s politiques, les institutions de promotion de la recherche, les caisses maladie et l\u2019industrie\u00bb, estime Peter Meier-Abt.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 9).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\" target=\"_blank\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinq institutions de l\u2019Arc l\u00e9manique ont lanc\u00e9 un vaste programme de coop\u00e9ration scientifique baptis\u00e9 \u00abHealth 2030\u00bb. Objectif: r\u00e9unir forces et comp\u00e9tences pour mettre sur pied la m\u00e9decine de demain.<\/p>\n","protected":false},"author":20209,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4732","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4732","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20209"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4732"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4732\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4732"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4732"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4732"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}