



{"id":4729,"date":"2016-08-30T00:29:38","date_gmt":"2016-08-29T22:29:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4729"},"modified":"2017-07-12T10:51:06","modified_gmt":"2017-07-12T08:51:06","slug":"beaute-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4729","title":{"rendered":"Les nouveaux clients de la chirurgie esth\u00e9tique"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Chirurgie-01_1.jpg\" alt=\"Chirurgie-01_1.jpg\" title=\"Chirurgie-01_1.jpg\" height=\"329\" border=\"0\" width=\"486\" \/><\/p>\n<p>\u00abJ\u2019\u00e9tais tr\u00e8s complex\u00e9 par mon torse et je n\u2019osais pas enlever mon T-shirt \u00e0 la plage. Aujourd\u2019hui je me sens beaucoup mieux dans mon corps.\u00bb Fabrice Mazenauer, Vaudois de 24 ans, a subi une r\u00e9duction mammaire &#8212; gyn\u00e9comastie &#8212; l\u2019an dernier. Sa d\u00e9marche est repr\u00e9sentative de l\u2019\u00e9volution des pratiques: la chirurgie esth\u00e9tique touche une population de plus en plus jeune et masculine (lire son t\u00e9moignage en ci-dessous). \u00abLorsque j\u2019ai commenc\u00e9 ce m\u00e9tier il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, un patient sur dix \u00e9tait un homme, dit le chirurgien genevois Alexander Cuno. Aujourd\u2019hui, c\u2019est le double, et la tendance est clairement \u00e0 la hausse.\u00bb<\/p>\n<p>A part la gyn\u00e9comastie, les interventions les plus courantes pour la client\u00e8le masculine sont les injections de Botox ou d\u2019acide hyaluronique, le raffermissement des paupi\u00e8res, la liposuccion, les greffes de cheveux ou de barbe.<\/p>\n<p>L\u2019ouverture de cliniques r\u00e9serv\u00e9es aux hommes illustre l\u2019augmentation de la demande masculine. Apr\u00e8s Zurich en 2014, le groupe Gentlemen\u2019s Clinic a inaugur\u00e9 une succursale \u00e0 Gen\u00e8ve en avril dernier. La client\u00e8le-type de l\u2019\u00e9tablissement va de l\u2019ouvrier au chef d\u2019entreprise, et 80% d\u2019entre eux ont moins de quarante ans. \u00abMes patients ne sont de loin pas tous des gens ais\u00e9s, poursuit Alexander Cuno, qui op\u00e8re \u00e0 la Gentlemen\u2019s Clinic. Les hommes avec un revenu modeste me demandent d\u2019ailleurs davantage d\u2019interventions que les autres, et ce afin d\u2019\u00eatre plus comp\u00e9titifs sur le march\u00e9 du travail.\u00bb Chlo\u00e9 Gaden, responsable de la succursale genevoise, estime que la chirurgie esth\u00e9tique est aussi davantage accept\u00e9e socialement aujourd\u2019hui: \u00abLes hommes se sentent moins complex\u00e9s d\u2019y avoir recours, d\u2019autant plus que les r\u00e9sultats sont beaucoup plus discrets.\u00bb<\/p>\n<p>En 2015, 54&rsquo;000 interventions de chirurgie esth\u00e9tique ont \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9es en Suisse, selon Acredis, groupe de centres sp\u00e9cialis\u00e9s dans la chirurgie esth\u00e9tique en Suisse et en Allemagne. Cela repr\u00e9sente 65 interventions pour 10&rsquo;000 habitants, un chiffre qui place le pays en deuxi\u00e8me position sur le podium des nations, juste derri\u00e8re le Br\u00e9sil (66 op\u00e9rations). Ce chiffre s\u2019explique par l\u2019importante client\u00e8le \u00e9trang\u00e8re, comme le souligne Pierre Quinodoz, pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de chirurgie plastique, reconstructive et esth\u00e9tique. \u00abLa Suisse jouit d\u2019une tr\u00e8s bonne r\u00e9putation, m\u00eame si les prix des interventions y sont plus \u00e9lev\u00e9s.\u00bb Dans certaines cliniques de l\u2019Arc l\u00e9manique, comme celle de Genolier, la proportion d\u2019\u00e9trangers atteint le tiers de la client\u00e8le.<\/p>\n<p><strong>Les jeunes et le porno<\/strong><\/p>\n<p>La chirurgie esth\u00e9tique, dont le march\u00e9 croit pr\u00e8s de 4% par an, s\u00e9duit \u00e9galement une client\u00e8le de plus en plus jeune. \u00abBeaucoup d\u2019adolescentes consultent pour les augmentations mammaires et les gar\u00e7ons pour les gyn\u00e9comasties\u00bb, confirme Fran\u00e7oise Narring, responsable de l\u2019unit\u00e9 Sant\u00e9 Jeunes des H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve (HUG), qui accueille les patients \u00e2g\u00e9s de 12 \u00e0 25 ans. Elle rappelle que l\u2019adolescence repr\u00e9sente une p\u00e9riode d\u2019adaptation durant laquelle les jeunes se questionnent sur leur ad\u00e9quation \u00e0 une certaine \u00abnormalit\u00e9\u00bb. Ils sont aussi plus confront\u00e9s \u00e0 des images pornographiques ou de silhouettes parfaites dans les publicit\u00e9s. \u00abSubmerg\u00e9s par ce bain d\u2019images qui exposent le corps dans ses moindres coutures et auxquels ils ont tous acc\u00e8s facilement aujourd\u2019hui, les adolescents s\u2019identifient davantage \u00e0 des corps d\u00e9j\u00e0 retouch\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Michal Yaron, sp\u00e9cialiste en gyn\u00e9cologie p\u00e9diatrique et adolescente aux HUG, note une hausse des demandes au sujet des interventions intimes (voir encadr\u00e9 ci-dessous), plus particuli\u00e8rement pour la labiaplastie. Un ph\u00e9nom\u00e8ne qui a pris une ampleur sans pr\u00e9c\u00e9dent aux Etats-Unis o\u00f9 les demandes \u00e9manant des adolescentes pour cette chirurgie plastique des petites l\u00e8vres du vagin a doubl\u00e9 entre 2014 et 2015. La gyn\u00e9cologue constate souvent une m\u00e9connaissance des jeunes filles de leur organe g\u00e9nital et que leur g\u00eane \u00e9mane souvent de pressions ext\u00e9rieures, des envies de leur petit copain ou d\u2019un effet de mode. \u00abMais elles ne comprennent pas que leur sexe peut \u00eatre diff\u00e9rent de celui d\u2019une autre et \u00eatre tout \u00e0 fait normal! Les cons\u00e9quences d\u2019une telle op\u00e9ration ne sont pas anodines pour leur vie intime. Nous essayons toujours d\u2019ajourner ces demandes, au moins jusqu\u2019\u00e0 la majorit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Radiofr\u00e9quence, lumi\u00e8re puls\u00e9e et cryolipolyse<\/strong><\/p>\n<p>Comment expliquer cette tendance? \u00abLes jeunes patients cherchent souvent \u00e0 corriger un complexe pour am\u00e9liorer leur estime de soi, explique Pierre Quinodoz de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de chirurgie plastique, reconstructive et esth\u00e9tique. La raison est diff\u00e9rente pour les personnes \u00e2g\u00e9es chez qui un sentiment d\u2019inad\u00e9quation domine: elles se sentent jeunes, mais voient que leur corps ne suit pas forc\u00e9ment.\u00bb Un constat partag\u00e9 par Francesco Panese, sociologue des sciences et de la m\u00e9decine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. \u00abLa chirurgie esth\u00e9tique prend les habits d\u2019une chirurgie de l\u2019accomplissement de soi. Elle en devient une chirurgie psychique.\u00bb Pour le sociologue, cela s\u2019inscrit m\u00eame dans une tendance plus globale: \u00abLe corps est devenu un crit\u00e8re de diff\u00e9renciation. La soci\u00e9t\u00e9 se r\u00e9alise de plus en plus \u00e0 travers lui.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLes chirurgiens esth\u00e9tiques pratiquent de moins en moins la chirurgie\u00bb, constate Pierre Quinodoz. Aujourd\u2019hui, 35% de ses interventions concernent la chirurgie non-invasive, appel\u00e9e aussi m\u00e9decine esth\u00e9tique. Un chiffre qui se montait \u00e0 20% il y a dix ans. \u00abCertains chirurgiens ne r\u00e9alisaient pas d\u2019op\u00e9rations de m\u00e9decine esth\u00e9tique \u00e0 cette \u00e9poque. Aujourd\u2019hui, la demande est telle que je n\u2019en connais plus aucun qui ne la pratique pas.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLes techniques non-invasives se sont massivement d\u00e9velopp\u00e9es ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es\u00bb, confirme le chirurgien Sabri Derder. A l\u2019image de la radiofr\u00e9quence, permettant notamment de raffermir les tissus du visage, ou encore de la lumi\u00e8re puls\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle les sp\u00e9cialistes peuvent att\u00e9nuer les vergetures ou les taches sur le visage. La cryolipolyse est \u00e9galement \u00e0 la mode: alternative \u00e0 la liposuccion, ce proc\u00e9d\u00e9 permet de faire \u00abfondre\u00bb la graisse par le froid.<\/p>\n<p><strong>Abus et assurances<\/strong><\/p>\n<p>Moins r\u00e9centes mais aussi tr\u00e8s pris\u00e9es: les injections de Botox (une toxine qui paralyse les rides actives) et d\u2019acide hyaluronique (un gel qui comble les rides permanentes). Des proc\u00e9d\u00e9s qui comportent n\u00e9anmoins des risques (voir encadr\u00e9 ci-dessous) et dont les effets ne sont pas aussi durables que ceux de la chirurgie esth\u00e9tique classique. Il faut par exemple r\u00e9p\u00e9ter les injections d\u2019acide hyaluronique une \u00e0 deux fois par ann\u00e9e pour obtenir un r\u00e9sultat visible. Une habitude qu\u2019a prise Patricia*, 47 ans, Genevoise adepte du Botox et de l\u2019acide hyaluronique depuis ses 40 ans. \u00abJ\u2019y pensais depuis des ann\u00e9es, je trouvais que la peau de mes paupi\u00e8res \u00e9tait lourde. Je m\u2019y suis lanc\u00e9e apr\u00e8s avoir appris que mes copines avaient d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u des injections. On a davantage de recul sur ces produits aujourd\u2019hui.\u00bb La fr\u00e9quence des piq\u00fbres ne d\u00e9range pas cette m\u00e8re de deux enfants qui en fait usage sur les paupi\u00e8res et sur le front pour masquer quelques ridules. \u00abParce que les effets de ces produits se r\u00e9sorbent, on a le contr\u00f4le, on peut choisir de ne pas y retourner. Mais souvent, apr\u00e8s six mois, on ne se reconna\u00eet plus, alors on recommence.\u00bb Le prix de ces injections (400 francs environ) est aussi raisonnable pour la jeune femme qui dit pouvoir facilement mettre ce montant de c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>Pierre Quinodoz met pourtant en garde contre l\u2019augmentation de l\u2019offre en mati\u00e8re de m\u00e9decine et chirurgie esth\u00e9tique. Selon le chirurgien, n\u2019importe quel m\u00e9decin peut effectuer une op\u00e9ration de chirurgie esth\u00e9tique aujourd\u2019hui, ce qui se solde par une augmentation des complications li\u00e9es aux interventions chirurgicales et aux injections. Son conseil: v\u00e9rifier que le m\u00e9decin est certifi\u00e9 par la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de chirurgie plastique, reconstructive et esth\u00e9tique avant de franchir le pas.<\/p>\n<p>Il convient aussi de se renseigner aupr\u00e8s de son assurance avant l\u2019op\u00e9ration: toutes les interventions ne sont pas couvertes. Une distinction est faite entre les op\u00e9rations de confort (lifting, op\u00e9ration esth\u00e9tique du nez, Botox, etc.) et les op\u00e9rations de n\u00e9cessit\u00e9 r\u00e9sultant d\u2019un accident ou d\u2019une pathologie (br\u00fblures, cancers du sein, etc.). Dans ce deuxi\u00e8me cas, les frais sont pris en charge soit par l\u2019assurance-accident, soit par l\u2019assurance-maladie. Seules certaines interventions de chirurgie plastique, comme une r\u00e9duction mammaire par exemple, peuvent \u00eatre rembours\u00e9es par l\u2019assurance maladie, mais selon des crit\u00e8res stricts.<\/p>\n<p><strong>Une start-up dans la course<\/strong><\/p>\n<p>La tendance ne faiblissant pas, de nouveaux proc\u00e9d\u00e9s en m\u00e9decine esth\u00e9tique ne cessent de voir le jour. Exemple avec la start-up lausannoise PB&amp;B, qui veut r\u00e9volutionner le march\u00e9 avec un produit biocompatible permettant de r\u00e9duire &#8212; voire m\u00eame d\u2019\u00e9liminer &#8212; les rides, qui apparaissent avec l\u2019\u00e2ge lorsque les tissus graisseux perdent en volume. \u00abDes microsph\u00e8res constitu\u00e9es d\u2019acide ol\u00e9ique (un acide gras pr\u00e9sent notamment dans l\u2019huile d\u2019olive, ndlr) sont inject\u00e9es localement, explique Sergio Klinke, cofondateur. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019eau pr\u00e9sente dans le corps, ces petites billes vont fondre et ainsi rel\u00e2cher la graisse qu\u2019elles contiennent. Cela permet au corps de restaurer par lui-m\u00eame les tissus graisseux vieillis ou endommag\u00e9s, en augmentant localement la taille des cellules.\u00bb<\/p>\n<p>La technique de la start-up se d\u00e9marque des produits existants, dans la mesure o\u00f9 la substance inject\u00e9e reforme les plaques de graisse naturellement pr\u00e9sentes dans le visage, tandis que l\u2019acide hyaluronique ne fait que \u00abremplir\u00bb temporairement les rides. Les premiers tests effectu\u00e9s sur des souris se sont montr\u00e9s concluants. Des essais cliniques sur les \u00eatres humains sont pr\u00e9vus pour 2017 et la commercialisation du produit est attendue pour 2019. A terme, la start-up esp\u00e8re pouvoir \u00e9tendre l\u2019utilisation de son produit \u00e0 la poitrine, afin de remplacer l\u2019implantation de proth\u00e8ses mammaires, un geste que Sergio Klinke consid\u00e8re comme \u00abbarbare\u00bb.<\/p>\n<p><em>*Nom connu de la r\u00e9daction<\/em><\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>ENCADRES<\/p>\n<p><strong>Le Botox ne fige pas que les rides<\/strong><\/p>\n<p>Pris\u00e9e par de nombreuses patientes en qu\u00eate de bonne mine, la toxine botulique cache pourtant un effet surprenant: les personnes \u00abbotox\u00e9es\u00bb auraient plus de peine \u00e0 interpr\u00e9ter les \u00e9motions des autres.<\/p>\n<p>\u00abUne patiente qui a re\u00e7u des injections de Botox ne peut pas imiter les expressions de ses interlocuteurs et ne peut donc pas interpr\u00e9ter le ressenti de ces personnes.\u00bb Jenny-Charlotte Baumeister est la principale auteure d\u2019une r\u00e9cente \u00e9tude* publi\u00e9e dans la revue Toxicon sur les effets de la toxine botulique sur l\u2019interpr\u00e9tation des \u00e9motions. Elle explique: \u00abDe mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, une personne peut ressentir les \u00e9motions d\u2019une autre quand elle peut reproduire son expression sur son visage (on parle de feedback proprioceptif, ndlr). Or apr\u00e8s injection, ce feedback est interrompu.\u00bb<\/p>\n<p>La scientifique a men\u00e9 sa recherche sur le Botox &#8212; consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des plus puissants poisons connu au monde &#8212; durant deux ans au d\u00e9partement de neurosciences cognitives de l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure italienne SISSA. Elle a confront\u00e9 deux groupes de patientes face \u00e0 des phrases et des images d\u2019expressions faciales repr\u00e9sentant des \u00e9motions tr\u00e8s tristes, tr\u00e8s joyeuses, moyennement tristes et neutres. R\u00e9sultat? \u00abLes femmes ayant re\u00e7u une injection de toxine botulique percevaient tr\u00e8s bien les \u00e9motions extr\u00eames (tr\u00e8s triste, tr\u00e8s heureux), mais pas les \u00e9motions plus subtiles et prenaient plus de temps pour les d\u00e9crypter. Elles montraient aussi une plus grande difficult\u00e9 \u00e0 caract\u00e9riser des \u00e9motions proches les unes des autres.\u00bb<\/p>\n<p><em>*Toxicon, April 2016. Deeper than skin deep \u2013 The effect of botulinum toxin-A on emotion processing. J.-C. Baumeister, G. Papa, F.Foroni.<\/em><br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La chirurgie esth\u00e9tique s\u2019invite sous la ceinture<\/strong><\/p>\n<p>Les demandes d\u2019interventions intimes explosent. Op\u00e9ration phare: la nymphoplastie, qui consiste \u00e0 raccourcir les petites l\u00e8vres du vagin. \u00abDepuis 2009, le nombre de patientes voulant se faire raccourcir les petites l\u00e8vres ne cesse d\u2019augmenter, indique le chirurgien genevois Xavier Tenorio. Je fais une intervention toutes les semaines.\u00bb La nymphoplastie, ou labiaplastie, est aujourd\u2019hui l\u2019op\u00e9ration de chirurgie intime la plus demand\u00e9e. Elle consiste \u00e0 raccourcir les petites l\u00e8vres du vagin lorsqu\u2019elles sont jug\u00e9es trop grandes. \u00abChez certaines femmes, les petites l\u00e8vres d\u00e9passent les grandes, alors qu\u2019elles ne devraient pas\u00bb, explique Xavier Tenorio. La majorit\u00e9 de ses clientes ont entre 20 et 30 ans. La nymphoplastie conna\u00eet un grand succ\u00e8s depuis quelques ann\u00e9es, influenc\u00e9 par l\u2019effet de mode du \u00absex design\u00bb, qui consiste \u00e0 resculpter son sexe au moyen de la chirurgie esth\u00e9tique pour le rendre conforme aux canons actuels de beaut\u00e9. Rien qu\u2019\u00e0 Gen\u00e8ve, plusieurs dizaines de chirurgiens pratiquent cette intervention, factur\u00e9e entre 2000 et 15&rsquo;000 francs.<\/p>\n<p>La nymphoplastie est d\u2019ordre esth\u00e9tique. Mais le chirurgien Xavier Tenorio \u00e9voque \u00e9galement des aspects pratiques: \u00abDes petites l\u00e8vres trop importantes peuvent d\u00e9passer des sous-v\u00eatements et cr\u00e9er une g\u00eane, causant irritations ou encore impossibilit\u00e9 de faire du v\u00e9lo.\u00bb D\u2019autres interventions de chirurgie intime existent, tel que l\u2019agrandissement du clitoris, le r\u00e9tr\u00e9cissement du vagin, ou encore l\u2019infiltration du point G \u00e0 l\u2019acide hyaluronique. \u00abCes op\u00e9rations ont un but fonctionnel, explique le gyn\u00e9cologue Bernard Gall. Les femmes qui y ont recours souhaitent retrouver le plaisir sexuel qu\u2019elles avaient avant un accouchement.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Les hommes aussi ont des seins<\/strong><\/p>\n<p>La gyn\u00e9comastie est une pathologie peu connue et encore taboue. Une intervention rapide suffit pourtant \u00e0 la traiter.<br \/>\nPlus de 100 par an: c\u2019est le nombre de cas d\u2019hypertrophie des seins chez les hommes que St\u00e9phane Smarrito, chirurgien \u00e0 la Clinique de Montchoisi \u00e0 Lausanne, op\u00e8re. Cette pathologie, appel\u00e9e gyn\u00e9comastie, est pr\u00e9sente chez plus d\u2019un adolescent sur deux. Elle peut \u00eatre la cons\u00e9quence de surpoids, mais \u00e9galement d\u2019un d\u00e9r\u00e8glement hormonal ou d\u2019un cancer des testicules. Dans le premier cas, on parle de \u00abpseudo-gyn\u00e9comastie\u00bb, ou d\u2019adipomastie. Une liposuccion suffit alors \u00e0 enlever l\u2019accumulation de graisse au niveau des pectoraux. Dans le second, un bilan de sant\u00e9 est n\u00e9cessaire pour traiter la cause directe de la gyn\u00e9comastie. La plupart du temps pourtant, il n\u2019y a pas de raison particuli\u00e8re qui explique cette pathologie.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration chirurgicale &#8212; d\u2019une dur\u00e9e de 45 minutes &#8212; est alors conseill\u00e9e. Il s\u2019agit d\u2019enlever une partie de la glande mammaire, trop volumineuse, tout en effectuant une liposuccion. L\u2019intervention co\u00fbte entre 2&rsquo;500 et 12&rsquo;000 francs. Elle se place au quatri\u00e8me rang des op\u00e9rations de chirurgie esth\u00e9tique les plus pratiqu\u00e9es chez les hommes au monde (172&rsquo;000 interventions en 2014), apr\u00e8s la correction des paupi\u00e8res (pr\u00e8s de 300&rsquo;000), la rhinoplastie (235&rsquo;000) et la liposuccion (175&rsquo;000).<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des patients de St\u00e9phane Smarrito ont entre 18 et 25 ans. \u00abIl m\u2019arrive d\u2019op\u00e9rer de temps en temps des ados lorsque les seins sont trop volumineux, pr\u00e9cise-t-il. Mais il ne faut pas se pr\u00e9cipiter: 90% des gyn\u00e9comasties r\u00e9gressent de mani\u00e8re spontan\u00e9e \u00e0 la fin de l\u2019adolescence.\u00bb Fabrice Mazenauer, Vaudois de 24 ans, a subi une gyn\u00e9comastie en 2015. \u00abEnfant, j\u2019\u00e9tais grassouillet. Puis \u00e0 mes 18 ans, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de me prendre en main et de faire du fitness. Alors que j\u2019avais perdu beaucoup de poids, j\u2019ai remarqu\u00e9 que de grosses boules au niveau des t\u00e9tons persistaient.\u00bb A l\u2019\u00e9poque, le jeune homme pensait que c\u2019\u00e9tait de la graisse. C\u2019est apr\u00e8s quelques recherches sur Internet qu\u2019il d\u00e9couvre qu\u2019il souffre d\u2019une gyn\u00e9comastie. L\u2019op\u00e9ration l\u2019a d\u00e9complex\u00e9: \u00abAujourd\u2019hui, mon torse est totalement plat. Je peux enfin mettre un t-shirt moulant.\u00bb Il regrette que la gyn\u00e9comastie soit encore un sujet tabou en Suisse: \u00abTrop peu de personnes savent de quoi il s\u2019agit. Je suis s\u00fbr que certains gar\u00e7ons en souffrent sans m\u00eame s\u2019en rendre compte.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>CHIFFRES<\/p>\n<p><strong>188<\/strong><br \/>\nLe nombre de chirurgiens plasticiens FMH exer\u00e7ant en Suisse en 2015.<\/p>\n<p><strong>27 milliards<\/strong><br \/>\nLa valeur du march\u00e9 de la chirurgie esth\u00e9tique estim\u00e9e d\u2019ici \u00e0 2019.<\/p>\n<p><strong>20 millions<\/strong><br \/>\nLe nombre d\u2019interventions invasives et non-invasives r\u00e9alis\u00e9es dans le monde en 2014.<\/p>\n<p><strong>54\u2019000<\/strong><br \/>\nLe nombre d\u2019op\u00e9rations esth\u00e9tiques pratiqu\u00e9es en Suisse en 2015.<\/p>\n<p><strong>10\u2019500<\/strong><br \/>\nLe nombre de liposuccions effectu\u00e9es en Suisse en 2015. Il s\u2019agit de l\u2019intervention la plus populaire dans le pays.<br \/>\n<strong><br \/>\n13,7%<\/strong><br \/>\nLa part d\u2019interventions r\u00e9alis\u00e9es sur des hommes dans le monde en 2014, soit 2,7 millions d\u2019op\u00e9rations d\u2019esth\u00e9tique chirurgicales et non-invasives.<\/p>\n<p>(Sources: F\u00e9d\u00e9ration des m\u00e9decins suisses FMH, PRnewswire, ISAPS, Acredis)<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>CO\u00dbTS<\/strong><br \/>\ndes interventions les plus courantes en Suisse pour l\u2019ann\u00e9e 2015<\/p>\n<p>Liposuccion entre CHF 3000.- et 5000.-<br \/>\nChirurgie des paupi\u00e8res entre CHF 3000.- et 6000.-<br \/>\nAugmentation mammaire entre CHF 10\u2019000.- et 14\u2019000.-<br \/>\nRhinoplastie entre CHF 6\u2019000.- et 10\u2019000.-<br \/>\nR\u00e9duction mammaire entre CHF 9\u2019000.- et 13\u2019000.-<br \/>\n(Source: Acredis)<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le secteur se d\u00e9mocratise et touche une population de plus en plus large: plus jeune, plus masculine, et moins riche. 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Enqu\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"author":20208,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[1303],"class_list":["post-4729","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","tag-choix-de-l-editeur","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4729","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20208"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4729"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4729\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4993,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4729\/revisions\/4993"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4729"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4729"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4729"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}