



{"id":4727,"date":"2016-08-26T09:58:13","date_gmt":"2016-08-26T07:58:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4727"},"modified":"2016-08-26T09:58:13","modified_gmt":"2016-08-26T07:58:13","slug":"sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4727","title":{"rendered":"Aux origines de la schizophr\u00e9nie"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large25082016_1.jpg\" alt=\"Large25082016_1.jpg\" title=\"Large25082016_1.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Depuis pr\u00e8s de quinze ans, \u00e0 Lausanne, des psychiatres travaillent avec des neuroscientifiques afin de mieux comprendre la schizophr\u00e9nie (voir ci-dessous). Cette collaboration, relativement unique au monde, a d\u00e9j\u00e0 permis des avanc\u00e9es prometteuses. \u00abIl peut para\u00eetre logique que les neuroscientifiques et les psychiatres travaillent ensemble, explique Kim Do Cu\u00e9nod, professeure au Centre de neurosciences psychiatriques du CHUV. Mais cette situation est rare. Notre collaboration nous a permis de confronter rapidement les r\u00e9sultats des neurosciences aux probl\u00e8mes des patients.\u00bb Gr\u00e2ce \u00e0 elle, la chercheuse a pu montrer que les sympt\u00f4mes de la schizophr\u00e9nie \u00e9taient en lien avec le stress oxydatif (voir ci-dessous).<\/p>\n<p>\u00abLe syst\u00e8me nerveux, qui p\u00e8se 2% du poids de notre corps mais consomme 25% de l\u2019oxyg\u00e8ne, est particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable au stress oxydatif, poursuit Kim Do Cu\u00e9nod. Nous avons pu observer un d\u00e9ficit du syst\u00e8me antioxydant dans le cerveau des patients atteints de schizophr\u00e9nie, soit par imagerie c\u00e9r\u00e9brale, soit par une analyse du liquide c\u00e9phalo-rachidien.\u00bb Ce travail est conduit dans le cadre d\u2019une collaboration \u00e9troite avec le Centre d\u2019imagerie biom\u00e9dicale de l\u2019EPFL, o\u00f9 sont conduites les mesures d\u2019imagerie qui permettent entre autres d\u2019observer la concentration d\u2019antioxydants dans le cerveau animal et humain, ainsi que les connexions intrac\u00e9r\u00e9brales. <\/p>\n<p>Un des facteurs \u00e0 l\u2019origine de la schizophr\u00e9nie aurait donc dans certains cas une origine g\u00e9n\u00e9tique qui emp\u00eacherait un contr\u00f4le de l\u2019\u00e9quilibre oxydatif du cerveau. Ce qui a des cons\u00e9quences en cascade, comme, par exemple, une d\u00e9t\u00e9rioration de la my\u00e9line, cette gaine isolante qui entoure les cellules nerveuses. Ce d\u00e9ficit perturbe la conductivit\u00e9 des fibres nerveuses et entra\u00eene des probl\u00e8mes de synchronisation entre les diff\u00e9rentes parties du cerveau.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sultats prometteurs<\/strong><\/p>\n<p>\u00abCette d\u00e9couverte pourrait faire partie d\u2019un profil de biomarqueurs et permettre de confirmer un diagnostic de schizophr\u00e9nie, affirme Kim Do Cu\u00e9nod. Actuellement, ce diagnostic est \u00e9tabli uniquement sur la base des sympt\u00f4mes cliniques.\u00bb Mais ces connaissances ouvrent surtout des pistes prometteuses pour de nouveaux traitements. La chercheuse lausannoise et son \u00e9quipe travaillent sur un groupe de 60 patients suivis dans le Service de psychiatrie g\u00e9n\u00e9rale depuis 2008, parmi lesquels une partie a pris un m\u00e9dicament contre le stress oxydatif. Les r\u00e9sultats sont prometteurs: \u00abNous avons observ\u00e9 une am\u00e9lioration des capacit\u00e9s cognitives et des sympt\u00f4mes hallucinatoires chez des patients d\u00e9finis en fonction d\u2019un marqueur redox sanguin\u00bb, raconte Kim Do Cu\u00e9nod. Or, ces troubles cognitifs sont encore assez mal trait\u00e9s par la prise de neuroleptiques, les seuls m\u00e9dicaments donn\u00e9s aux schizophr\u00e8nes \u00e0 l\u2019heure actuelle, qui ont de plus de nombreux effets secondaires, notamment au niveau m\u00e9tabolique.<\/p>\n<p>Ces traitements ouvrent \u00e9galement de nouvelles voies dans la pr\u00e9vention de la maladie. \u00abNous savons maintenant que les causes de la schizophr\u00e9nie r\u00e9sident dans un ensemble complexe de facteurs environnementaux, psychiques et g\u00e9n\u00e9tiques (voir ci-dessous), explique Philippe Conus, chef du Service de psychiatrie g\u00e9n\u00e9rale du CHUV.  Si l\u2019on pouvait d\u00e9tecter les sujets \u00e0 risque, nous pourrions leur proposer un traitement pr\u00e9ventif, qui am\u00e9liorerait l\u2019\u00e9quilibre oxydatif de leur cerveau.\u00bb Ces d\u00e9couvertes donnent beaucoup d\u2019espoir \u00e0 Philippe Conus: \u00abLa psychiatrie a certes fait beaucoup de progr\u00e8s dans la prise en charge des patients schizophr\u00e8nes et leur qualit\u00e9 de vie. Avant, nous avions 700 lits pour eux ici \u00e0 l\u2019H\u00f4pital de Cery et il n\u2019en reste actuellement plus que 95. Les gens vivent soit chez eux, soit dans un foyer.\u00bb Mais pour le sp\u00e9cialiste, ces r\u00e9sultats, obtenus gr\u00e2ce \u00e0 une combinaison de neuroleptiques et de prise en charge psychoth\u00e9rapeutique, ne sont pas suffisants. \u00abParmi les patients qui subissent une premi\u00e8re crise psychotique, 30% en gu\u00e9riront, 30% seront dans une situation interm\u00e9diaire et 30% feront de nombreuses rechutes.\u00bb L\u2019identification de bio-marqueurs et le d\u00e9veloppement de strat\u00e9gies d\u2019intervention pr\u00e9coce pourraient donc am\u00e9liorer ce tableau.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>LEXIQUE<\/p>\n<p><strong>Schizophr\u00e9nie<\/strong><br \/>\nLa schizophr\u00e9nie est une maladie psychique en lien avec une perte de contact avec la r\u00e9alit\u00e9. Elle touche environ 0,7% de la population et se manifeste au d\u00e9but de l\u2019\u00e2ge adulte. Elle se caract\u00e9rise par des id\u00e9es d\u00e9lirantes, des hallucinations, une d\u00e9sorganisation de la pens\u00e9e, ainsi que par une modification de la fa\u00e7on qu\u2019on a d\u2019\u00e9prouver et d\u2019exprimer ses \u00e9motions. Contrairement \u00e0 des id\u00e9es re\u00e7ues, la schizophr\u00e9nie ne concerne pas le d\u00e9doublement de la personnalit\u00e9 et ne rend pas les personnes plus agressives.<\/p>\n<p><strong>Stress oxydatif<\/strong><br \/>\nPour qu\u2019une cellule fonctionne de fa\u00e7on optimale, il faut un \u00e9quilibre entre les radicaux libres et les antioxydants. On nomme cela la balance redox. Lorsqu\u2019il y a un d\u00e9s\u00e9quilibre redox, cela peut entra\u00eener une situation de stress oxydatif. Si ce stress perdure sur le long terme et\/ou a lieu durant des phases cl\u00e9s du d\u00e9veloppement c\u00e9r\u00e9bral (gestation ou premi\u00e8res ann\u00e9es de la vie), il peut causer des l\u00e9sions sur les membranes des cellules, les prot\u00e9ines et l\u2019ADN.<\/p>\n<p><strong>Causes de la schizophr\u00e9nie<\/strong><br \/>\nLa plupart des sp\u00e9cialistes sont maintenant d\u2019accord pour dire que la schizophr\u00e9nie est la r\u00e9sultante d\u2019une multitude de facteurs g\u00e9n\u00e9tiques, environnementaux et psychologiques. Les recherches ont par exemple mis en \u00e9vidence le g\u00e8ne de vuln\u00e9rabilit\u00e9 DISC-1, dont l\u2019alt\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e dans une grande famille \u00e9cossaise dont de nombreux membres ont \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s schizophr\u00e8nes. Durant la grossesse, des infections comme la grippe, des carences alimentaires ou un stress psychologique s\u00e9v\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 mis en lien avec un risque accru de schizophr\u00e9nie. Des mauvais traitements durant l\u2019enfance, comme des abus psychologiques ou sexuels augmentent la pr\u00e9valence de la maladie, de m\u00eame que la consommation de haschisch.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 9).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les facteurs g\u00e9n\u00e9tiques et environnementaux impliqu\u00e9s dans la schizophr\u00e9nie sont de mieux en mieux connus. Des \u00e9tudes conjointes entre le CHUV et l\u2019EPFL pourraient permettre de d\u00e9velopper de nouveaux m\u00e9dicaments.\t<\/p>\n","protected":false},"author":19538,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4727","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4727","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19538"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4727"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4727\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4727"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4727"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4727"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}