



{"id":4725,"date":"2016-08-24T07:08:16","date_gmt":"2016-08-24T05:08:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4725"},"modified":"2018-01-28T11:01:47","modified_gmt":"2018-01-28T10:01:47","slug":"sante-40","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4725","title":{"rendered":"Mon m\u00e9decin, ce robot"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Robot3_01.jpg\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Robot3_01.jpg\" alt=\"Robot3_01.jpg\" width=\"469\" height=\"312\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Effectuer une suture de mani\u00e8re compl\u00e8tement autonome: c\u2019est la prouesse r\u00e9alis\u00e9e il y a quelques semaines aux Etats-Unis par le robot chirurgien Star (Smart Tissue Autonomous Robot). L\u2019approche utilis\u00e9e par la machine pour reconnecter des segments de l\u2019intestin &#8212; une intervention fr\u00e9quemment utilis\u00e9e pour enlever des tumeurs canc\u00e9reuses du colon &#8212; s\u2019est m\u00eame av\u00e9r\u00e9e meilleure que les proc\u00e9d\u00e9s employ\u00e9s par les chirurgiens humains. \u00abEn \u00e9liminant l\u2019intervention humaine, des robots autonomes pourront potentiellement r\u00e9duire les complications et am\u00e9liorer la s\u00fbret\u00e9 et l\u2019efficacit\u00e9 des interventions chirurgicales sur des tissus mous\u00bb, estiment les chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 George Washington en charge du projet.<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, ce type d\u2019intervention reste un cas isol\u00e9: machines et m\u00e9decins collaborent toujours \u00e9troitement. Le fer de lance de l\u2019intrusion technologique en salles d\u2019op\u00e9ration est le robot <a href=\"http:\/\/www.davincisurgery.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Da Vinci<\/a>. Mis au point par la compagnie am\u00e9ricaine Intuitive Surgical, il est utilis\u00e9 pour des op\u00e9rations minimalement invasives, principalement au niveau de l\u2019abdomen: plut\u00f4t que d\u2019ouvrir la cavit\u00e9 abdominale ou la cage thoracique, le chirurgien proc\u00e8de \u00e0 de petites incisions qui permettent d\u2019introduire ses instruments et de les amener jusqu\u2019\u00e0 la zone \u00e0 op\u00e9rer.<\/p>\n<p>Vendu \u00e0 plus de 3\u2019000 exemplaires \u00e0 travers le monde depuis son lancement il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, avec un co\u00fbt compris entre 1 et 2 millions de francs, Da Vinci se pr\u00e9sente sous la forme de deux parties distinctes: d\u2019une part, un appareillage dot\u00e9 de quatre bras manipulateurs (dans sa derni\u00e8re version) que l\u2019on installe au-dessus du patient. Les bras, \u00e9quip\u00e9s d\u2019instruments chirurgicaux et d\u2019une cam\u00e9ra endoscopique, sont ensuite manipul\u00e9s \u00e0 distance via une console de pilotage derri\u00e8re laquelle s\u2019installe le chirurgien. \u00abLe robot permet de r\u00e9aliser des op\u00e9rations chirurgicales de mani\u00e8re plus intuitive, gr\u00e2ce \u00e0 une vision haute d\u00e9finition en trois dimensions et un surcro\u00eet de stabilit\u00e9 qui permet d\u2019effectuer des gestes extr\u00eamement pr\u00e9cis\u00bb, explique Nicolas Demartines, chef du Service de chirurgie visc\u00e9rale du CHUV.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9voiement marketing<\/strong><\/p>\n<p>Concernant les avantages de la robotique pour le patient, le sp\u00e9cialiste se montre plus r\u00e9serv\u00e9. \u00abLes \u00e9tudes ont prouv\u00e9 que pour le traitement du cancer, qui est mon domaine d\u2019expertise principal, la robotique m\u00e9dicale est tout aussi bonne que la chirurgie conventionnelle ou laparoscopique. Mais elles n\u2019ont pas encore pu d\u00e9montrer qu\u2019elle \u00e9tait meilleure pour le moment, parce qu\u2019on pr\u00e9f\u00e8re utiliser la robotique pour des op\u00e9rations plus faciles, plus spectaculaires en termes de marketing. Il y a un vaste champ d\u2019investigation sur ses b\u00e9n\u00e9fices qui demeure inexplor\u00e9. Par ailleurs, la robotique n\u2019a connu que peu d\u2019\u00e9volutions techniques majeures depuis son apparition dans le milieu des ann\u00e9es 1990. En revanche, les aspects positifs que sont l\u2019ergonomie et le confort du chirurgien lors de l\u2019op\u00e9ration m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre relev\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Une situation dont la start-up lausannoise <a href=\"http:\/\/www.kbmedical.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">KB Medical<\/a> ne veut pas se satisfaire. Cette spin-off de l\u2019EPFL vient d\u2019obtenir la certification europ\u00e9enne pour son assistant robotique, baptis\u00e9 AQrate. Un projet que la start-up a lanc\u00e9 il y a quatre ans, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 approch\u00e9e par John Duff, docteur au sein du Service de neurochirurgie du CHUV, en vue de trouver une solution technologique in\u00e9dite au d\u00e9fi que repr\u00e9sente la chirurgie des vert\u00e8bres cervicales.<\/p>\n<p>\u00abNous avons abord\u00e9 la mise au point de notre produit avec une approche fondamentalement diff\u00e9rente de ce qui existe actuellement sur le march\u00e9, souligne Jean-Marc Wismer, son CEO. Contrairement au Da Vinci, notre appareil ne r\u00e9plique pas les mouvements du chirurgien, mais lui offre une assistance pour garantir la pr\u00e9cision de la trajectoire lorsqu\u2019il effectue un percement ou vient placer des vis dans les vert\u00e8bres.\u00bb Concr\u00e8tement, AQrate est un bras robotis\u00e9 au bout duquel le m\u00e9decin ins\u00e8re son instrument. Il saisit ensuite la poign\u00e9e de son instrument et l\u2019am\u00e8ne \u00e0 la position d\u00e9sir\u00e9e, intuitivement, un peu comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un exosquelette. Le syst\u00e8me est dot\u00e9 d\u2019un capteur lui permettant de suivre tous les mouvements et de donner un retour de force. \u00abUne fois l\u2019instrument en place, le robot va maintenir la trajectoire de mani\u00e8re extr\u00eamement rigide, permettant ainsi un percement et un placement des vis pr\u00e9cis malgr\u00e9 la contrainte des tissus tendant \u00e0 faire d\u00e9vier cette trajectoire.\u00bb<\/p>\n<p><strong>S\u2019adapter au chirurgien<\/strong><\/p>\n<p>Une solution qui garantit une pr\u00e9cision de la trajectoire du geste, malgr\u00e9 les contraintes li\u00e9es aux instruments ou aux tissus qu\u2019ils doivent traverser, et permet de diminuer les risques de l\u00e9sion au niveau des art\u00e8res ou de la moelle \u00e9pini\u00e8re du patient en particulier lors d\u2019approches mini-invasives. \u00abL\u2019autre diff\u00e9rence majeure de notre approche, c\u2019est que notre robot s\u2019int\u00e8gre dans le processus op\u00e9ratoire traditionnel; c\u2019est le robot qui s\u2019adapte au geste du chirurgien et non l\u2019inverse, pr\u00e9cise Jean-Marc Wismer. Nous venons de terminer une \u00e9tude clinique sur 24 patients, avec des m\u00e9decins ayant chacun des techniques op\u00e9ratoires diff\u00e9rentes. Notre robot a pu \u00eatre rapidement utilis\u00e9 par chacun de ces chirurgiens, qui n\u2019ont pas eu \u00e0 adapter leur pratique \u00e0 la machine.\u00bb<\/p>\n<p>Fort du marquage CE, pr\u00e9alable indispensable \u00e0 une commercialisation, AQrate va \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9 dans l\u2019ann\u00e9e qui vient dans un nombre limit\u00e9 d\u2019h\u00f4pitaux. \u00abL\u2019id\u00e9e est de continuer \u00e0 acqu\u00e9rir une exp\u00e9rience en collaboration avec ces centres m\u00e9dicaux pour nous assurer qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019erreurs de jeunesse et pouvoir constater les techniques les plus appropri\u00e9es dans une utilisation quotidienne. La commercialisation \u00e0 grande \u00e9chelle devrait d\u00e9buter d\u00e8s 2018, sous la forme d\u2019une collaboration avec un grand groupe disposant d\u00e9j\u00e0 d\u2019une force de vente et de support sur le terrain appropri\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Les d\u00e9veloppements de la robotique m\u00e9dicale ne se limitent plus seulement \u00e0 la chirurgie. Le D\u00e9partement des neurosciences cliniques du CHUV emploie le robot Erigo, pour favoriser le r\u00e9veil de patients en phase de coma. D\u00e9velopp\u00e9 par la start-up zurichoise <a href=\"https:\/\/www.hocoma.com\/world\/en\/home\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hocoma<\/a>, l\u2019appareil permet \u00e9galement de stimuler le r\u00e9tablissement des fonctions neurologiques de personnes victimes d\u2019une attaque c\u00e9r\u00e9brale ou d\u2019un traumatisme cr\u00e2nien.<\/p>\n<p><strong>Fant\u00f4mes en laboratoire<\/strong><\/p>\n<p>Autre exemple au laboratoire de sciences neurocognitives de l\u2019EPFL dirig\u00e9 par le Prof. Olaf Blanke. L\u2019un des projets sur lesquels travaille actuellement son \u00e9quipe vise \u00e0 mieux comprendre les fonctions c\u00e9r\u00e9brales impliqu\u00e9es lors des hallucinations exp\u00e9riment\u00e9es par certains patients atteints d\u2019affections neurologiques ou psychiatriques, telles que la maladie de Parkinson ou la schizophr\u00e9nie.<\/p>\n<p>A cet effet, les chercheurs ont d\u00e9velopp\u00e9 un syst\u00e8me robotique visant \u00e0 r\u00e9pliquer le \u00absentiment de pr\u00e9sence\u00bb dont peuvent souffrir certains malades. L\u2019exp\u00e9rience se d\u00e9roule de la mani\u00e8re suivante: le sujet effectue des mouvements du bras devant lui, tout en ayant les yeux band\u00e9s. Le dispositif robotique analyse et reproduit ces mouvements derri\u00e8re le patient, lui touchant le dos. La session termin\u00e9e, les sujets rapportent spontan\u00e9ment avoir senti une pr\u00e9sence derri\u00e8re eux.<\/p>\n<p>\u00abCette exp\u00e9rience nous permet d\u2019\u00e9tudier l\u2019\u00e9tat du cerveau dans un \u00e9tat hallucinatoire de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e, et donc de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise, explique Giulio Rognini, le scientifique en charge de l\u2019\u00e9tude, men\u00e9e en collaboration avec le CHUV. Dans l\u2019imm\u00e9diat, nous essayons de voir comment notre syst\u00e8me robotique pourrait contribuer \u00e0 d\u00e9velopper de nouveaux outils de diagnostic. A plus long terme, nous aimerions aussi l\u2019utiliser de mani\u00e8re th\u00e9rapeutique pour r\u00e9duire les \u00e9pisodes hallucinatoires, par exemple sous la forme d\u2019un appareil portatif.\u00bb<\/p>\n<p>Pour le chercheur de l\u2019EPFL, les d\u00e9veloppements en mati\u00e8re de \u00abcognetics\u00bb, soit l\u2019interfa\u00e7age entre fonctions cognitives et robotiques, n\u2019en sont qu\u2019\u00e0 leurs balbutiements. \u00abLes travaux du Prof. Blanke ont montr\u00e9 que bien des fonctions complexes du cerveau, telles que la perception de notre corps, sont bas\u00e9es sur des stimuli tactiles. Un jour, il devrait \u00eatre possible de fournir \u00e0 une personne amput\u00e9e la sensation que sa proth\u00e8se de bras fait vraiment partie de son corps via une interface neuronale.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 9).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les salles d&rsquo;op\u00e9ration, les robots assistent toujours plus les chirurgiens. A l&rsquo;EPFL, plusieurs start-up d\u00e9veloppent de telles machines. 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