



{"id":4718,"date":"2016-08-11T12:32:47","date_gmt":"2016-08-11T10:32:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4718"},"modified":"2016-08-12T18:10:46","modified_gmt":"2016-08-12T16:10:46","slug":"voyages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4718","title":{"rendered":"Ces destinations qui n\u2019en peuvent plus des touristes"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/imagedujour_120816_1.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"imagedujour_120816_1.jpg\" alt=\"imagedujour_120816_1.jpg\" \/><\/p>\n<p>Imposer des quotas de visites pour un site, le parc naturel des Gal\u00e1pagos le fait depuis les ann\u00e9es 1970. La Tha\u00eflande est all\u00e9e plus loin en mai dernier, en interdisant tout simplement l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00eele de Tachai pour pr\u00e9server son environnement. Sable blanc, eau turquoise, cette perle de l\u2019archipel des Similan, situ\u00e9e \u00e0 une soixantaine de kilom\u00e8tres des c\u00f4tes m\u00e9ridionales de la p\u00e9ninsule tha\u00eflandaise, faisait pourtant r\u00eaver les voyageurs. Un peu trop! Jusqu\u2019\u00e0 mille touristes se rendaient chaque jour sur ses plages qui ne supportent l\u2019empreinte \u00e9cologique que de 70 visiteurs. \u00abCet afflux de vacanciers, de bateaux de plaisance et la profusion de paillottes ont provoqu\u00e9 le r\u00e9chauffement de la mer entra\u00eenant la d\u00e9t\u00e9rioration des r\u00e9cifs coralliens et du littoral\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la presse tha\u00eflandaise Thon Thamrongnawasawat, expert maritime de l\u2019Universit\u00e9 de Kasetsart \u00e0 Bangkok.<\/p>\n<p>Dans la continuit\u00e9, le gouvernement tha\u00eflandais envisage d\u2019exclure d\u2019autres sites maritimes des destinations touristiques, notamment Maya Bay, la c\u00e9l\u00e8bre plage du film The Beach. \u00abLimiter, voire interdire l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un lieu, est une d\u00e9cision coh\u00e9rente, s\u2019il est menac\u00e9 et son patrimoine mis en p\u00e9ril d\u00e9finitivement, estime Gilles Rudaz, sp\u00e9cialiste de la th\u00e9matique paysag\u00e8re \u00e0 l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement (OFEV). Une perspective \u00e0 long terme est essentielle, puisque l\u2019activit\u00e9 touristique d\u00e9pend de la p\u00e9rennit\u00e9 de la ressource sur laquelle elle repose.\u00bb En France, l\u2019exemple de la grotte de Lascaux illustre bien ce propos: les fac-simil\u00e9s Lascaux II ouverts au public d\u00e8s 1983 &#8212; puis III et bient\u00f4t IV &#8212; reproduisent les peintures rupestres de la grotte initiale, permettant de pr\u00e9server l\u2019originale sans m\u00e9contenter les visiteurs.<\/p>\n<p><strong>Limiter l\u2019acc\u00e8s au patrimoine en danger<\/strong><\/p>\n<p>Avec 1,2 milliard de touristes dans le monde en 2014, la hausse de fr\u00e9quentation de certains sites se poursuit et devient m\u00eame une menace pour les locaux. Exemple en Italie, o\u00f9 les habitants des villages des Cinque Terre saturent, victimes des 2,5 millions de voyageurs venus visiter leurs bourgades de p\u00eacheurs en 2015. A la suite d\u2019une p\u00e9tition demandant de \u00absauver les Cinque Terre du tourisme de masse\u00bb, les autorit\u00e9s viennent de mettre en place la vente de billets en quantit\u00e9 limit\u00e9e: seuls 1,5 million de touristes annuels pourront se balader sur les sentiers p\u00e9destres, uniques acc\u00e8s terrestres \u00e0 ces villages m\u00e9di\u00e9vaux.<\/p>\n<p>Le constat est le m\u00eame au P\u00e9rou o\u00f9 l\u2019Unesco a menac\u00e9 d\u2019inscrire le Machu Picchu sur sa liste noire du patrimoine en danger si les autorit\u00e9s locales ne restreignaient pas l\u2019acc\u00e8s au sanctuaire. Le but: pr\u00e9server l\u2019\u00e9rosion des terrasses agricoles et la beaut\u00e9 de la cit\u00e9 inca. \u00abParadoxalement, en voulant prot\u00e9ger un site, son classement au patrimoine mondial \u00e9veille la curiosit\u00e9 et attire encore davantage de visiteurs\u00bb, remarque Rafael Matos-Wasem, professeur et chercheur \u00e0 la Haute \u00e9cole de gestion et tourisme HES-SO Valais.<\/p>\n<p>En Suisse, c\u2019est le secteur alpin de la Jungfrau-Aletsch qui est aujourd\u2019hui victime de son succ\u00e8s. Pendant la saison estivale, la saturation du train de la Jungfraujoch est fr\u00e9quente. \u00abPour pr\u00e9server l\u2019environnement alpin et la qualit\u00e9 du service aux voyageurs, nous ne transportons pas plus de 5000 personnes par jour, souligne Patrizia Bickel, responsable communication de la compagnie ferroviaire de la Jungfrau. Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 2015, cette limite a \u00e9t\u00e9 atteinte sur pr\u00e8s de 42 jours.\u00bb Pour g\u00e9rer cette sur-fr\u00e9quentation, l\u2019Office du tourisme d\u2019Interlaken essaie de mieux r\u00e9partir les flux de visiteurs et renforce sa communication pendant les saisons creuses.<\/p>\n<p><strong>Quand l\u2019Islande triple de population\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Au Bhoutan, la pr\u00e9servation du \u00abbonheur national brut\u00bb passe par une taxe de s\u00e9jour \u00e9lev\u00e9e, l\u2019obligation de rester dans un co\u00fbteux circuit organis\u00e9 et un quota de 100\u2019000 visiteurs par an. Mais pour V\u00e9ronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme, ce type de mesures est pour l\u2019instant inutile en Suisse: \u00abNotre pays \u00e9chappe au tourisme de masse, du fait aussi du franc fort, qui restreint l\u2019afflux de touristes en ce moment.\u00bb<\/p>\n<p>Fixer un quota d\u2019acc\u00e8s contre l\u2019\u00e9ruption touristique dans son pays, l\u2019Islande y pense pour pr\u00e9server son fonds de commerce naturel, \u00e0 savoir ses paysages. Depuis 2010 et le r\u00e9veil du volcan Eyjafj\u00f6ll, le nombre annuel de visiteurs augmente de 20 \u00e0 25% et a d\u00e9pass\u00e9 le million en 2015\u2026 Soit trois fois la population islandaise. En attendant d\u2019\u00e9ventuels quotas, les autorit\u00e9s islandaises \u00e9dictent des lois environnementales et tentent de pr\u00e9server leur patrimoine \u00e0 coups de campagnes de sensibilisation. Cela ne suffit cependant pas \u00e0 dissuader les conducteurs de 4&#215;4 qui s\u2019engagent hors des sentiers autoris\u00e9s.<\/p>\n<p>Pr\u00e9server et valoriser un patrimoine naturel attractif est aussi un d\u00e9fi pour la Suisse. \u00abLa nature est le premier argument de visite de notre pays, explique V\u00e9ronique Kanel. Si nous disposons de beaucoup de moyens pour sa protection, nous n\u2019avons pas de grands espaces, contrairement \u00e0 d\u2019autres Etats.\u00bb Pour varier l\u2019offre et satisfaire les visiteurs, l\u2019enjeu consiste \u00e0 faire co\u00efncider plusieurs activit\u00e9s en un m\u00eame lieu tout en pr\u00e9servant des zones de tranquillit\u00e9. \u00abLe tourisme ne doit pas \u00eatre trop diffus, mais plut\u00f4t concentr\u00e9 en certains endroits\u00bb, estime Philippe W\u00e4ger, chef du secteur environnement du Club Alpin Suisse. Certaines montagnes comme le Titlis, le Schilthorn ou le Pilatus, ont \u00e9t\u00e9 mises en sc\u00e8ne et \u00aboffertes\u00bb au tourisme de masse; d\u2019autres, non \u00e9quip\u00e9es, se d\u00e9couvrent plus difficilement et restent ainsi pr\u00e9serv\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Ras-le-bol des valises \u00e0 roulettes!<\/strong><\/p>\n<p>Loin des grands espaces islandais et des sommets alpins, les habitants de Venise, Berlin, ou Amsterdam n\u2019en peuvent plus de voir d\u00e9barquer des hordes de touristes \u00e0 valise \u00e0 roulettes. A bout de nerf, ils ont fait pression sur les autorit\u00e9s locales et des mesures de limitation sont \u00e0 l\u2019\u00e9tude. M\u00eame constat plus au sud: les centres historiques de Barcelone et Lisbonne ont la gueule de bois chaque lundi matin apr\u00e8s l\u2019affluence de f\u00eatards venus s\u2019enivrer dans leurs ruelles le temps d\u2019un week-end. Mais s\u2019attaquer \u00e0 un pilier de l\u2019\u00e9conomie ib\u00e9rique reste un sujet sensible en pleine crise. A Lucerne, ce ne sont pas les f\u00eatards mais les cars de Chinois qui sont montr\u00e9s du doigt. \u00abCirculer au centre-ville devenait impossible. Il a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 aux chauffeurs de limiter leur stationnement au temps de d\u00e9chargement et de chargement de leurs passagers et de se parquer hors du centre-ville dans l\u2019intervalle\u00bb, explique Sibylle Gerardi, de l\u2019Office du tourisme de Lucerne.<\/p>\n<p>Reste que pour un touriste venu d\u2019une m\u00e9tropole chinoise, \u00abLucerne est un village sous-peupl\u00e9!\u00bb, note V\u00e9ronique Kanel de Suisse Tourisme. Juger du \u00abtrop de monde\u00bb dans un lieu touristique est tr\u00e8s subjectif. \u00abD\u2019ordinaire, le touriste asiatique appr\u00e9cie les lieux tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9s, alors que l\u2019Occidental essaie de les fuir. La charge psychologique d\u2019un lieu, l\u2019encombrement ressenti par quelqu\u2019un qui visite un site, est une notion qui varie beaucoup selon son interlocuteur\u00bb, note le professeur Rafael Matos-Wasem.<\/p>\n<p>A l\u2019oppos\u00e9 du tourisme de masse, une baisse de fr\u00e9quentation peut aussi avoir des cons\u00e9quences n\u00e9fastes pour un site. Pour relancer le tourisme et attirer les plongeurs, la station baln\u00e9aire turque de Kusadasi n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 couler un vieil Airbus A300 en mer Eg\u00e9e. M\u00eame sc\u00e9nario en mer Noire o\u00f9 un Tupolev a \u00e9t\u00e9 immerg\u00e9 dans les eaux bulgares. Sacrifier des sites pour en pr\u00e9server d\u2019autres, faire co\u00efncider business touristique et protection des sites, c\u2019est l\u00e0 l\u2019\u00e9quilibre \u00e0 trouver pour les responsables des destinations pris\u00e9es.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine L\u2019Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Machu Picchu, Gal\u00e1pagos, Bhoutan, Jungfraujoch, Cinque Terre: des sites exceptionnels qui souffrent de plus en plus du tourisme de masse. Une situation qui pousse certains pays \u00e0 prendre des mesures drastiques pour sauvegarder leur patrimoine.<\/p>\n","protected":false},"author":20152,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4718","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4718","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20152"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4718"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4718\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4718"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4718"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4718"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}