



{"id":4683,"date":"2016-06-23T09:22:59","date_gmt":"2016-06-23T07:22:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4683"},"modified":"2016-06-23T09:42:06","modified_gmt":"2016-06-23T07:42:06","slug":"entretien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4683","title":{"rendered":"\u00abDerri\u00e8re chaque risque, il y a des enjeux et des int\u00e9r\u00eats\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large21062016.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Large21062016.jpg\" alt=\"Large21062016.jpg\" \/><\/p>\n<p>Accidents nucl\u00e9aires, organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s, super-bact\u00e9ries\u2026 A l\u2019heure o\u00f9 les dangers li\u00e9s aux d\u00e9veloppements technologiques d\u00e9passent les fronti\u00e8res, l\u2019individu moderne se sent souvent d\u00e9pass\u00e9 par ces menaces. Mais derri\u00e8re chaque risque, il y a toujours un discours, une vision du monde d\u00e9fendant des int\u00e9r\u00eats sp\u00e9cifiques, rappelle S\u00e9bastien Brunet. Auteur de plusieurs essais sur l\u2019analyse des risques, ce professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9 dans les interactions entre science et soci\u00e9t\u00e9 et plus particuli\u00e8rement sur le concept de risque. Il salue l\u2019\u00e9mergence de nouveaux acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile et des lanceurs d\u2019alerte, qui remettent en question les approches privil\u00e9gi\u00e9es des scientifiques ou des autorit\u00e9s. La confrontation de ces diff\u00e9rents points de vue permet une analyse des risques plus proche de la r\u00e9alit\u00e9. \u00abDans notre vie de tous les jours, nous avons de nombreux outils \u00e0 disposition qui viennent de l\u2019exp\u00e9rience, du bon sens ou de l\u2019intuition. Si vous appliquez un mod\u00e8le strictement scientifique d\u2019analyse des risques, vous allez parfois \u00e9luder des \u00e9l\u00e9ments essentiels \u00e0 la bonne compr\u00e9hension de la situation\u00bb, nous a-t-il dit durant un long entretien t\u00e9l\u00e9phonique.<\/p>\n<p><strong>Comment d\u00e9finissez-vous le risque?<\/strong><\/p>\n<p>Le concept de risque, dans sa version scientifique classique, pr\u00e9suppose une r\u00e9colte de donn\u00e9es scientifiques rigoureuse. On le con\u00e7oit ainsi comme la probabilit\u00e9 d\u2019occurrence d\u2019un \u00e9v\u00e9nement dommageable. Mais le risque est aussi une affaire de perception personnelle. Prenez la peur de prendre l\u2019avion, partag\u00e9e par beaucoup de monde. M\u00eame si les statistiques prouvent qu\u2019un voyage en avion est moins risqu\u00e9 qu\u2019un trajet en voiture, on continuera \u00e0 percevoir ce risque de mani\u00e8re diff\u00e9rente.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui vous a amen\u00e9 \u00e0 vous int\u00e9resser \u00e0 ce sujet?<\/strong><\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 je commen\u00e7ais ma th\u00e8se de doctorat, vers 1995, nous \u00e9tions confront\u00e9s \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des premiers organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s (OGM) sur le territoire europ\u00e9en. On d\u00e9couvrait alors une technologie qui d\u00e9barquait dans nos assiettes en m\u00eame temps que sa commercialisation, et qui s\u2019accompagnait de controverses li\u00e9es \u00e0 ses risques pour l\u2019environnement, la biodiversit\u00e9, la sant\u00e9\u2026 J\u2019avais le sentiment, confirm\u00e9 par la suite lors de mes travaux, que les autorit\u00e9s publiques intervenaient toujours avec un coup de retard. C\u2019est ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui le principe de pr\u00e9caution. Les r\u00e9glementations adopt\u00e9es alors dans le domaine des OGM \u00e9taient \u00e0 ce titre une exception.<\/p>\n<p>En tant que politologue, un autre \u00e9l\u00e9ment qui m\u2019int\u00e9ressait, c\u2019est que la gestion du risque se trouve au c\u0153ur de la cr\u00e9ation de l\u2019Etat-nation. Historiquement, un Etat doit \u00eatre capable de garantir \u00e0 la fois son territoire et sa population contre les menaces tant internes qu\u2019externes. Or, on le voit encore aujourd\u2019hui avec la Syrie: quand les autorit\u00e9s \u00e9tatiques ne sont plus en mesure de g\u00e9rer ces risques qui p\u00e8sent sur leur territoire et leur population, la question de l\u2019existence m\u00eame de l\u2019Etat se pose.<\/p>\n<p><strong>Dans vos ouvrages sur le risque*, vous identifiez les \u00e9volutions de perceptions du risque par la soci\u00e9t\u00e9. Lesquelles sont les plus marquantes actuellement?<\/strong><\/p>\n<p>Le discours classique pr\u00e9sente l\u2019\u00e9tude des risques comme le r\u00e9sultat d\u2019un savant calcul. Mais ce qui est int\u00e9ressant, c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui le risque est \u00e9galement devenu un instrument de contestation politique. Pour ce faire, de nombreux acteurs se sont r\u00e9appropri\u00e9 sa dimension scientifique premi\u00e8re. Prenez l\u2019exemple d\u2019associations qui se mobilisent contre le trafic a\u00e9rien de nuit en soulignant les risques d\u2019effets n\u00e9fastes pour la sant\u00e9 et l\u2019environnement. A premi\u00e8re vue, on pourrait se dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne NIMBY (\u00abnot in my backyard\u00bb), que ces gens n\u2019y croient pas vraiment, qu\u2019ils veulent simplement pr\u00e9server la tranquillit\u00e9 de leur jardin. Mais en r\u00e9alit\u00e9 ces groupes-l\u00e0, en mobilisant le concept de risque, vont plus loin. Ils ne disent pas \u00abregardez les cons\u00e9quences que cela peut avoir sur notre sant\u00e9\u00bb, ils demandent \u00abest-ce que c\u2019est le mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 que vous souhaitez?\u00bb.<\/p>\n<p>Le risque pr\u00e9sente des caract\u00e9ristiques extraordinaires de mobilisation. On observe d\u2019ailleurs que quand un risque est bien int\u00e9gr\u00e9 par un citoyen, il finit par faire partie de sa repr\u00e9sentation du monde. L\u2019exemple-type est la femme enceinte: elle ne peut pas fumer ou boire parce que des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que cela avait des cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 de son enfant. L\u2019int\u00e9gration de ces risques va modifier son comportement sans que l\u2019Etat ne soit l\u00e0 pour le r\u00e9p\u00e9ter. La femme enceinte sera en quelque sorte \u00e0 la fois le r\u00e9ceptacle d\u2019un message sur le risque, mais aussi une \u00e9mettrice, car elle va elle-m\u00eame influencer les autres femmes enceintes.<\/p>\n<p><strong>Certaines causes se r\u00e9v\u00e8lent toutefois plus mobilisatrices que d\u2019autres\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Bien s\u00fbr! Dans son ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence Risikogesellschaft, paru en 1986, le sociologue allemand Ulrich Beck se situe dans cette perspective. La dimension essentielle de son discours, c\u2019est que le risque r\u00e9sulte d\u00e9sormais d\u2019une activit\u00e9 humaine technologique qui d\u00e9passe les fronti\u00e8res des Etats, mais aussi leur temporalit\u00e9. Les syst\u00e8mes politiques actuels se situent dans une dimension \u00e0 court terme, \u00e0 savoir survivre le temps de la l\u00e9gislature. Beck met en garde contre les acteurs scientifiques ou industriels qui produisent sans cesse de nouvelles activit\u00e9s qu\u2019il est impossible de brider \u00e0 l\u2019avance. De nouveaux objets vont transformer les relations entre les individus, faire \u00e9voluer les relations de pouvoir ou les modes de consommation. Mais ces changements ne peuvent pas \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s de mani\u00e8re imm\u00e9diate par la politique.<\/p>\n<p>Prenez le cas du t\u00e9l\u00e9phone mobile. Quand il a \u00e9t\u00e9 mis sur le march\u00e9, personne n\u2019a imagin\u00e9 un instant qu\u2019on allait augmenter le nombre d\u2019accidents sur la route parce que les gens allaient t\u00e9l\u00e9phoner en conduisant. On n\u2019a pas non plus pens\u00e9 qu\u2019on allait utiliser des t\u00e9l\u00e9phones mobiles pour faire exploser des bombes dans des stations de m\u00e9tro. Une technologie ne d\u00e9ploie toute sa potentialit\u00e9 que lorsqu\u2019elle est mise \u00e0 la disposition du public, qui va se la r\u00e9approprier.<\/p>\n<p>La question que l\u2019on peut se poser derri\u00e8re tout cela est la suivante: quelle est la capacit\u00e9 des Etats \u00e0 accompagner le d\u00e9veloppement technologique et les risques qui y sont li\u00e9s? Car d\u2019une part ils ne sont pas \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019activit\u00e9 en question, et d\u2019autre part, ils ne disposent pas forc\u00e9ment du mat\u00e9riel ou des donn\u00e9es pour comprendre de quoi on parle. M\u00eame si un Etat dispose de ces m\u00e9canismes de compr\u00e9hension, il n\u2019a pas la ma\u00eetrise de ce qui se passe dans le pays d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Dans le cas d\u2019une centrale nucl\u00e9aire d\u00e9faillante en France ou en Belgique, c\u2019est l\u2019ensemble de l\u2019Europe qui est concern\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Peut-on dire que le risque est omnipr\u00e9sent dans notre soci\u00e9t\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, mais paradoxalement, on ne le voit plus. Quand vous ouvrez un journal ou \u00e9coutez la radio, chaque sujet est abord\u00e9 sous l\u2019aspect du risque, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019augmentation du taux de ch\u00f4mage, d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre des finances publiques ou de l\u2019explosion d\u00e9mographique. Tout l\u2019enjeu, quand on est confront\u00e9 \u00e0 un discours qui mobilise le risque, c\u2019est de le mettre en perspective. Prenez le cas d\u2019une crise agroalimentaire comme celle de la \u00abvache folle\u00bb. Dans une telle situation, quels sont les arguments pour une intervention des autorit\u00e9s? Certains vont souligner l\u2019aspect \u00e9conomique, en disant que si on n\u2019agit pas, le march\u00e9 va s\u2019\u00e9crouler. D\u2019autres aborderont le sujet sous l\u2019angle de la sant\u00e9 humaine. Mais on peut aussi s\u2019interroger sur la dimension sociale, car les crises alimentaires touchent les producteurs de b\u00e9tail dans leur mode de fonctionnement. Chaque fois qu\u2019un risque est identifi\u00e9, il soutient une vision du monde particuli\u00e8re. Or quand vous portez sur un sujet un regard financier, soci\u00e9tal, ou environnemental, vous excluez ses autres dimensions. C\u2019est en cela que le risque est potentiellement r\u00e9ducteur de complexit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Qui est le plus l\u00e9gitime pour identifier les risques? <\/strong><\/p>\n<p>Je dirais, en premier lieu, les autorit\u00e9s politiques. C\u2019est leur responsabilit\u00e9 de d\u00e9finir les risques que l\u2019on doit r\u00e9guler, ceux que l\u2019on doit r\u00e9duire. Mais pour cela, il est n\u00e9cessaire de disposer d\u2019une identification des risques qui soit la moins orient\u00e9e et la moins ferm\u00e9e possible. Cela demande aussi de faire l\u2019effort d\u2019aller \u00e9couter ceux qui sont g\u00e9n\u00e9ralement peu \u00e9cout\u00e9s. Or aujourd\u2019hui, on remarque dans la plupart des pays europ\u00e9ens un d\u00e9calage toujours plus important entre les citoyens et les autorit\u00e9s publiques. Cette m\u00e9fiance extr\u00eamement marqu\u00e9e envers les institutions s\u2019accompagne d\u2019une perte de ma\u00eetrise de leur environnement physique \u00e0 cause de la technologie. Beaucoup de citoyens se sentent perdus face aux innovations et \u00e0 leur commercialisation. Cette double perte de confiance, \u00e0 la fois envers le syst\u00e8me politique et le syst\u00e8me technique, repr\u00e9sente un risque tr\u00e8s important, une remise en question du syst\u00e8me d\u00e9mocratique.<br \/>\n<strong><br \/>\nIl existe aujourd\u2019hui une volont\u00e9 de plus en plus forte de tendre vers le risque z\u00e9ro. Est-ce seulement possible?<\/strong><\/p>\n<p>Non, car par d\u00e9finition, quand il y a une activit\u00e9, il y a toujours un risque associ\u00e9. Si vous ne voulez pas d\u2019accident de voiture, il ne faut pas poss\u00e9der de voiture\u2026 Et encore le risque perdure en tant que pi\u00e9ton. Le risque z\u00e9ro est avant tout une posture politique.<\/p>\n<p>Le principe de pr\u00e9caution repr\u00e9sente un autre cas de figure. C\u2019est une mani\u00e8re pour le politique de se r\u00e9approprier le cours du d\u00e9veloppement scientifique, technologique et industriel. En mobilisant ce principe, il peut imposer aux acteurs industriels ou scientifiques la prise en compte d\u2019autres consid\u00e9rations et forcer ainsi l\u2019acquisition de connaissances utiles \u00e0 la prise de d\u00e9cision publique.<\/p>\n<p><strong>Plut\u00f4t que d\u2019\u00e9viter le risque, on essaie de le comprendre\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Oui. Cela d\u00e9montre que derri\u00e8re chaque discours sur le risque, il y a toujours des int\u00e9r\u00eats. Quelqu\u2019un expliquant qu\u2019il va identifier les risques qui se posent \u00e0 la Suisse de mani\u00e8re objective, neutre et scientifique tient un discours de manipulation. Parce qu\u2019il n\u2019existe pas une seule vision de la Suisse. Ce qui est essentiel \u00e0 mes yeux, c\u2019est de confronter diff\u00e9rents avis. De mobiliser les citoyens, les lanceurs d\u2019alerte et de voir ce qui en ressort. Cela permet d\u2019analyser ce qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pris en consid\u00e9ration ou pas.<\/p>\n<p>Nous sommes de plus en plus confront\u00e9s aujourd\u2019hui \u00e0 des controverses scientifiques. On remet constamment en question l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des experts, qui avant \u00e9tait indiscutable.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est plut\u00f4t sain\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Exactement. Je vais vous donner l\u2019exemple d\u2019une crise r\u00e9cente en Belgique: le d\u00e9raillement d\u2019un train contenant des produits chimiques hautement explosifs. A cette occasion, on a fait venir des experts de France pour accompagner le dispositif pompier visant \u00e0 transvaser les produits contenus dans un des wagons emp\u00eatr\u00e9 dans des amas ferreux. Une fois que les experts scientifiques avaient confirm\u00e9 que le wagon avait \u00e9t\u00e9 vid\u00e9, on a demand\u00e9 \u00e0 un grutier de le retirer des rails. Mais le grutier a r\u00e9pondu que le wagon n\u2019\u00e9tait pas vide, car il n\u2019arrivait pas \u00e0 le soulever. Les experts l\u2019ont raill\u00e9, mais le grutier a persist\u00e9. Plus tard, on a appris que l\u2019ensemble du m\u00e9canisme de transfert de produits d\u2019un wagon \u00e0 l\u2019autre avait dysfonctionn\u00e9. Personne ne l\u2019avait vu, \u00e0 part le grutier. Ce cas appara\u00eet simple, mais en situation de crise, il n\u2019est pas toujours \u00e9vident d\u2019\u00e9couter tout le monde.<\/p>\n<p><strong>Comment voyez-vous \u00e9voluer l\u2019analyse des risques dans les ann\u00e9es \u00e0 venir?<\/strong><\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 civile active, avec des acteurs qui se posent des questions et se mobilisent, va permettre d\u2019aller chercher des \u00e9l\u00e9ments qui sont habituellement exclus de l\u2019analyse des risques classique. Ce sera plus sain, on obtiendra une analyse plus proche de la complexit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9. Cela ne veut pas dire qu\u2019il faut jeter les disciplines scientifiques aux orties. Mais les chercheurs doivent \u00eatre capables de s\u2019ouvrir et d\u2019entendre le discours d\u2019autres acteurs sur la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019ils observent.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 11).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 H\u00e9misph\u00e8res au prix de CHF 45.- (d\u00e8s 45 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/www.revuehemispheres.com\" target=\"_blank\">revuehemispheres.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Longtemps rest\u00e9 l\u2019apanage des experts, le risque est d\u00e9sormais devenu un instrument de mobilisation politique. 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