



{"id":4665,"date":"2016-05-24T14:56:50","date_gmt":"2016-05-24T12:56:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4665"},"modified":"2016-05-24T21:24:58","modified_gmt":"2016-05-24T19:24:58","slug":"innovation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4665","title":{"rendered":"Ces techniques qui r\u00e9volutionneront la soci\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large250516.jpg\" title=\"Large250516.jpg\" alt=\"Large250516.jpg\" height=\"311\" border=\"0\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>De grandes organisations comme le World Economic Forum, les cabinets d\u2019audit et de conseils comme Deloitte, Gartner ou PricewaterhouseCoopers \u00e9tablissent r\u00e9guli\u00e8rement leurs classements des avanc\u00e9es techniques et scientifiques les plus prometteuses.<\/p>\n<p>L\u2019impact de ces progr\u00e8s techniques sur tous les aspects de nos vies, d\u00e9j\u00e0 important, s\u2019annonce encore plus spectaculaire dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique &#8212; Modifier l&rsquo;ADN, une r\u00e9alit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>En vingt ans \u00e0 peine, la facult\u00e9 de modifier l\u2019ADN est pass\u00e9e du rang d\u2019\u00e9v\u00e9nement rare et laborieux \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 fr\u00e9quente et efficace. La derni\u00e8re avanc\u00e9e technique, CRISPR-Cas9, a \u00e9t\u00e9 mise au point en 2012 et s\u2019est r\u00e9pandue depuis dans presque tous les laboratoires scientifiques. Cette technique permet d\u2019isoler une zone pr\u00e9cise de la s\u00e9quence ADN pour la modifier. En cas de maladie g\u00e9n\u00e9tique ou de d\u00e9r\u00e8glement de type cancer, l\u2019ADN est alors r\u00e9par\u00e9 sans le g\u00e8ne d\u00e9fectueux, puis replac\u00e9 dans l\u2019organisme, o\u00f9 s\u2019op\u00e8re ensuite une gu\u00e9rison autonome.<\/p>\n<p>\u00abDe nombreux laboratoires de recherche pratiquent \u00e0 pr\u00e9sent la modification cibl\u00e9e de g\u00e9nome, rel\u00e8ve Denis Duboule, professeur en g\u00e9n\u00e9tique et g\u00e9nomique \u00e0 l\u2019EPFL. Le potentiel de cette technique dans le domaine m\u00e9dical est particuli\u00e8rement prometteur, tant du point de vue de la pr\u00e9vention et du diagnostic que du traitement. Il sera prochainement possible d\u2019extraire une cellule, par exemple de moelle osseuse dans un cas de leuc\u00e9mie, de la r\u00e9parer et de la remettre en place, comme une greffe. Pour le moment, on \u00e9tudie encore les possibles effets secondaires, mais on peut s\u2019attendre \u00e0 voir cette technologie se r\u00e9pandre dans les traitements ces prochaines ann\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>De la gu\u00e9rison du cancer \u00e0 l\u2019identification de maladies g\u00e9n\u00e9tiques chez un embryon, les enjeux du d\u00e9veloppement de cette technique et son application future suscitent un d\u00e9bat qui, au-del\u00e0 du domaine purement acad\u00e9mique, devient soci\u00e9tal. Selon le scientifique, l\u2019\u00e9poque est charni\u00e8re et s\u2019appr\u00eate \u00e0 passer du fantasme \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9. \u00abIl va falloir que la soci\u00e9t\u00e9 accompagne cette transition du point de vue \u00e9thique.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Informatique &#8212; Des ordinateurs qui fonctionnent comme le cerveau<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLes ordinateurs que l\u2019on utilise aujourd\u2019hui fonctionnent en \u00e9tant enti\u00e8rement pr\u00e9programm\u00e9s, ce qui restreint leurs capacit\u00e9s, explique Christophe Gamrat, chercheur au Commissariat \u00e0 l\u2019\u00e9nergie atomique et aux \u00e9nergies alternatives, en France. En effet la programmation se limite forc\u00e9ment \u00e0 un certain nombre de domaines et de t\u00e2ches bien pr\u00e9cises. Avec des syst\u00e8mes neuromorphiques, les machines acqui\u00e8rent une plus grande autonomie en r\u00e9agissant et en s\u2019adaptant \u00e0 leur environnement.\u00bb<\/p>\n<p>Pour d\u00e9velopper des ordinateurs capables d\u2019apprendre et de mimer le comportement humain, les chercheurs tentent de reproduire informatiquement les interactions des neurones biologiques. Une technologie qui permet d\u2019\u00e9laborer des syst\u00e8mes dits \u00abneuromorphiques\u00bb, dont les applications en reconnaissance visuelle et sonore ainsi qu\u2019en robotique sont innombrables: reconnaissance faciale, traduction instantan\u00e9e, robots autonomes ou encore exploration spatiale.<\/p>\n<p>Actuellement, de nombreux travaux de recherche sont entrepris un peu partout dans le monde. L\u2019EPFL abrite par exemple le c\u00e9l\u00e8bre Human Brain Project, qui vise \u00e0 comprendre en d\u00e9tail le fonctionnement du cerveau humain pour d\u00e9velopper de nouvelles technologies informatiques qui s\u2019en inspirent. Aux Etats-Unis, le projet Synapse, men\u00e9 par IBM et financ\u00e9 par la Darpa, consiste \u00e0 produire des puces neuromorphiques, notamment pour les int\u00e9grer dans des smartphones.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>V\u00e9hicules autonomes &#8212; Demain, un trafic routier intelligent<\/strong><\/p>\n<p>En Suisse, sur le campus de l\u2019EPFL, CityMobil2, un v\u00e9hicule autonome qui fonctionne sans chauffeur, a achev\u00e9 une phase de test concluante fin ao\u00fbt 2015. Equip\u00e9 de capteurs et programm\u00e9 pour desservir diff\u00e9rentes zones du campus, le minibus intelligent a ainsi d\u00e9montr\u00e9 la maturit\u00e9 de cette technologie.<\/p>\n<p>\u00abCe type de v\u00e9hicules est amen\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper fortement durant les prochaines ann\u00e9es, indique Philippe Cina, coordinateur du Mobility Lab Sion-Valais, un projet destin\u00e9 \u00e0 tester des solutions innovantes en mati\u00e8re de mobilit\u00e9 men\u00e9 par La Poste, le canton du Valais, la Ville de Sion, l\u2019EPFL et la HES-SO Valais. Les gens r\u00e9investissent de plus en plus les centres-villes tout en voulant les d\u00e9sencombrer des voitures. Et les v\u00e9hicules autonomes de transport public r\u00e9pondent tr\u00e8s bien \u00e0 cette nouvelle tendance urbanistique.\u00bb<\/p>\n<p>D\u00e9but 2016, un projet pilote men\u00e9 par Car Postal dans le centre-ville de Sion permettra de tester ce nouveau type de transport en zone publique. L\u2019id\u00e9e consiste \u00e0 munir le chef-lieu valaisan de deux minibus autonomes de transport public pour effectuer de courts trajets. Des projets similaires devraient \u00eatre lanc\u00e9s en France, en Allemagne ainsi qu\u2019en Angleterre durant la m\u00eame ann\u00e9e. \u00abParall\u00e8lement, les progr\u00e8s sur les v\u00e9hicules individuels devraient permettre d\u2019optimiser et de fluidifier le trafic routier sur les voies rapides tout en renfor\u00e7ant la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019ici dix \u00e0 quinze ans.\u00bb<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Swisscom teste \u00e9galement un v\u00e9hicule qui roule tout seul \u00e0 Zurich. Une autorisation sp\u00e9cialement d\u00e9livr\u00e9e pour l\u2019occasion permet \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur d\u2019effectuer des essais jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e sur certains tron\u00e7ons de la voie publique.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Economie du partage &#8212; Un mod\u00e8le d\u00e9mocratique<\/strong><\/p>\n<p>\u00abL\u2019\u00e9conomie du partage tire son origine d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne sociologique. Elle r\u00e9sulte de l\u2019\u00e9volution des usages en mati\u00e8re de consommation et de production\u00bb, explique Marc Gruber, responsable de la Chaire en commercialisation entrepreneuriale et technologique de l\u2019EPFL. Cette \u00e9volution, dop\u00e9e par les nouvelles possibilit\u00e9s offertes par internet et le d\u00e9veloppement des r\u00e9seaux sociaux et des smartphones, pr\u00f4ne une mutualisation des ressources et valorise la collaboration entre citoyens et consommateurs, l\u2019essentiel n\u2019\u00e9tant plus de poss\u00e9der mais d\u2019avoir un acc\u00e8s facilit\u00e9 \u00e0 un service ou un bien. \u00abPar sa forme de production tr\u00e8s d\u00e9mocratique, l\u2019\u00e9conomie collaborative offre un fort potentiel d\u2019\u00e9mancipation. Chacun peut devenir producteur et offrir quelque chose au reste de la communaut\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Avec 10 millions de r\u00e9servations enregistr\u00e9es en 2014, la plateforme de location d\u2019h\u00e9bergement entre particuliers Airbnb incarne \u00e0 elle seule le succ\u00e8s de cette nouvelle tendance. L\u2019\u00e9conomie de partage a aussi gagn\u00e9 les secteurs du transport, avec le covoiturage et les taxis d\u2019Uber, et du financement, via les plateformes de crowdfunding, et va continuer \u00e0 se d\u00e9velopper. \u00abA l\u2019avenir, d\u2019autres industries seront \u00e9galement concern\u00e9es. On peut imaginer que cela s\u2019\u00e9tende \u00e0 des services comme les repas, les travaux de r\u00e9paration \u00e0 domicile ou encore l\u2019\u00e9du\u00adcation.\u00bb Face \u00e0 cette \u00e9conomie parall\u00e8le, les entreprises traditionnelles devront se remettre en question et se r\u00e9inventer. \u00abLa \u2018sharing economy\u2019 est un mod\u00e8le disruptif. Son apparition va entra\u00eener la disparition du mod\u00e8le pr\u00e9c\u00e9dent.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Nutrig\u00e9nomique &#8212; Une alimentation personnalis\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>\u00abNous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019abondance avec \u00e0 disposition une grande quantit\u00e9 de nourriture qui g\u00e9n\u00e8re beaucoup de calories pour peu d\u2019effort physique. Il y a une inad\u00e9quation entre cet exc\u00e8s de nourriture et notre g\u00e9nome originel de chasseur-cueilleur\u00bb, explique Walter Wahli, professeur honoraire \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Lausanne, sp\u00e9cialiste du contr\u00f4le g\u00e9n\u00e9tique sur le m\u00e9tabolisme \u00e9nerg\u00e9tique. En effet, le g\u00e9nome humain a peu chang\u00e9 depuis la s\u00e9dentarisation des populations et l\u2019av\u00e8nement de la nourriture industrielle, ce qui a entra\u00een\u00e9 le d\u00e9veloppement des pathologies m\u00e9taboliques comme l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, le diab\u00e8te et les maladies cardiovasculaires. \u00abPar l\u2019\u00e9tude des interactions entre les nutriments et nos g\u00e8nes, la nutrig\u00e9nomique veut d\u00e9velopper les connaissances qui permettront de r\u00e9soudre ces probl\u00e8mes m\u00e9taboliques.\u00bb<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement de cette science pourrait d\u00e9boucher sur une alimentation personnalis\u00e9e aussi baptis\u00e9e \u00abnutrition de pr\u00e9cision\u00bb. \u00abLa nutrig\u00e9nomique pourra aider les populations qui ne disposent pas d\u2019une alimentation abondante, en d\u00e9terminant quels nutriments sont essentiels \u00e0 leur m\u00e9tabolisme.\u00bb La t\u00e2che n\u2019est cependant pas simple: \u00abNous avons pr\u00e8s de 20&rsquo;000 g\u00e8nes diff\u00e9rents, mais seul un certain nombre est li\u00e9 \u00e0 la nutrition. Nous devons cibler ces g\u00e8nes et comprendre comment ils fonctionnent. Je suis optimiste, la recherche est progressive, et d\u2019ici \u00e0 quelques ann\u00e9es, nous y arriverons.\u00bb Avec la d\u00e9mocratisation du s\u00e9quen\u00e7age de g\u00e9nome, chacun pourra bient\u00f4t conna\u00eetre ses g\u00e8nes. Sur cette base, la nutrig\u00e9nomique permettra de proposer une nutrition adapt\u00e9e \u00e0 chaque personne ou m\u00eame de proposer en magasin des s\u00e9lections d\u2019aliments cibl\u00e9s pour tel ou tel g\u00e9nome. \u00abIl s\u2019agit d\u2019un domaine davantage pr\u00e9ventif que curatif, son but \u00e9tant que les gens vivent plus longtemps en bonne sant\u00e9. Le plaisir social et gustatif de manger ne devra cependant pas dispara\u00eetre.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Collaboration: Gabrielle Cottier, Leila Hussein et Thomas Pfefferl\u00e9<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.epflalumni.ch\/epfl-alumni-and-technologist-magazines\/\">Alumnist<\/a> (no 3).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des objets connect\u00e9s aux nanoparticules en passant par l\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique et la nutrig\u00e9nomique, les progr\u00e8s techniques et scientifiques touchent de nombreux domaines d&rsquo;application. 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