



{"id":4664,"date":"2016-05-23T18:30:36","date_gmt":"2016-05-23T16:30:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4664"},"modified":"2016-05-24T21:25:44","modified_gmt":"2016-05-24T19:25:44","slug":"sciences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4664","title":{"rendered":"Les technologies de demain"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large240516.jpg\" alt=\"Large240516.jpg\" title=\"Large240516.jpg\" height=\"311\" border=\"0\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>De grandes organisations comme le World Economic Forum, les cabinets d&rsquo;audit et de conseils comme Deloitte, Gartner ou PricewaterhouseCoopers \u00e9tablissent r\u00e9guli\u00e8rement leurs classements des avanc\u00e9es techniques et scientifiques les plus prometteuses.<\/p>\n<p>L\u2019impact de ces progr\u00e8s techniques sur tous les aspects de nos vies, d\u00e9j\u00e0 important, s\u2019annonce encore plus spectaculaire dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Mat\u00e9riaux &#8212; La promesse des nanoparticules<\/strong><\/p>\n<p>Extr\u00eamement modulables, plus l\u00e9gers, \u00e9lastiques, biocompatibles, respectueux de l\u2019environnement. A l\u2019image des bioplastiques et du b\u00e9ton intelligent, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de mat\u00e9riaux est n\u00e9e. \u00abIl s\u2019agit d\u2019un domaine de recherche tr\u00e8s pouss\u00e9, rel\u00e8ve Sandrine Gerber, professeure au Laboratoire de synth\u00e8se et produits naturels et responsable du Groupe des biomat\u00e9riaux fonctionnalis\u00e9s \u00e0 l\u2019EPFL. Ces nouveaux mat\u00e9riaux permettent de grandes avanc\u00e9es dans de nombreux domaines, comme celui de la construction: meilleure isolation, am\u00e9lioration de l\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 et de la r\u00e9sistance, \u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Dans le domaine de la sant\u00e9, les bio\u00admat\u00e9riaux ont permis des progr\u00e8s spectaculaires. Des vaisseaux artificiels aux implants dentaires, en passant par les proth\u00e8ses pour les hanches ou les articulations, leur utilisation est d\u00e9j\u00e0 courante, mais leur potentiel reste immense. \u00abLa recherche place notamment de gros espoirs dans la nanom\u00e9decine, poursuit Sandrine Gerber, qui travaille actuellement sur des biomat\u00e9riaux nanoscopiques et microscopiques. Les nanoparticules permettent par exemple de limiter les effets secondaires d\u2019un m\u00e9dicament. Elles enrobent le principe actif pour le d\u00e9livrer au plus proche de sa cible. Ce proc\u00e9d\u00e9 est tr\u00e8s efficace pour les m\u00e9dicaments anticanc\u00e9reux, souvent tr\u00e8s toxiques pour le reste de l\u2019organisme. Dans le domaine de la transplantation cellulaire, l\u2019utilisation de microcapsules de polym\u00e8res permet d\u2019isoler les cellules du syst\u00e8me immunitaire et de les prot\u00e9ger.\u00bb Ce ciblage th\u00e9rapeutique s\u2019inscrit dans le sillage d\u2019une m\u00e9decine toujours plus personnalis\u00e9e et devrait permettre de d\u00e9velopper de nouveaux traitements.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Objets connect\u00e9s &#8212; Bient\u00f4t 80 milliards<\/strong><\/p>\n<p>\u00c9quip\u00e9s de puces ou de capteurs, reli\u00e9s \u00e0 internet ou entre eux, les objets connect\u00e9s s\u2019imposent partout. En \u00e0 peine dix ans, leur nombre est pass\u00e9 de moins d\u2019un million \u00e0 plus de 15 milliards dans le monde. Et la croissance va s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer. D\u2019apr\u00e8s les pr\u00e9visions de Gartner et d\u2019Idate, deux cabinets sp\u00e9cialis\u00e9s dans le suivi du march\u00e9 des technologies, on en comptabilisera entre 30 et 80 milliards en 2020.<\/p>\n<p>\u00abCe ph\u00e9nom\u00e8ne touche tous les secteurs de l\u2019industrie et oblige les entreprises \u00e0 s\u2019adapter, explique Philippe Fischer, directeur de la Fondation suisse pour la recherche en microtechnique. Le domaine de l\u2019hor\u00adlogerie en est un parfait exemple.\u00bb Suite \u00e0 la commercialisation de l\u2019Apple Watch, des marques horlog\u00e8res pourtant tr\u00e8s traditionnelles, telles que Montblanc et Breitling, ont aussi d\u00e9velopp\u00e9 leur propre mod\u00e8le.<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, les donn\u00e9es \u00e9mises par les objets connect\u00e9s sont envoy\u00e9es sur diff\u00e9rents types de terminaux, mais \u00abd\u2019ici \u00e0 cinq ans, l\u2019information convergera surtout vers les smartphones et les tablettes\u00bb, dit le sp\u00e9cialiste. Vendus comme un moyen de faciliter la vie des consommateurs, \u00e0 l\u2019image du r\u00e9frig\u00e9rateur qui \u00e9tablit la liste des courses \u00e0 faire lorsqu\u2019il est vide, les objets connect\u00e9s g\u00e9n\u00e8rent pourtant de nouveaux risques. \u00abLes donn\u00e9es personnelles des utilisateurs sont collect\u00e9es et stock\u00e9es sur le web, ce qui les expose aux abus. Le risque de d\u00e9rives de type \u2018Big Brother\u2019 est r\u00e9el.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Impression 3D &#8212; Vers une troisi\u00e8me r\u00e9volution industrielle<\/strong><\/p>\n<p>Les premiers essais de fabrication additive, ou impression 3D, datent des ann\u00e9es 1980, mais la technologie explose aujourd\u2019hui gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019av\u00e8nement du num\u00e9rique et d\u2019Internet. Elle dessine, selon les experts, les contours d\u2019une nouvelle r\u00e9volution industrielle. \u00abContrairement aux m\u00e9thodes traditionnelles de production par usinage dites \u2018soustractives\u2019, qui retirent de la mati\u00e8re pour cr\u00e9er une pi\u00e8ce, la fabrication additive g\u00e9n\u00e8re peu voire pas de d\u00e9chets, explique le professeur Andreas Mortensen, directeur du Laboratoire de m\u00e9tallurgie m\u00e9canique \u00e0 l\u2019EPFL. On passe directement d\u2019un fichier informatique \u00e0 un produit fini, avec les avantages d\u2019un gain de temps et, selon le cas, de co\u00fbt.\u00bb Les entreprises l\u2019ont compris, la technologie permet un prototypage rapide et r\u00e9duit fortement le temps de mise sur le march\u00e9 d\u2019un nouveau produit. Elle est d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9e dans certains domaines industriels, notamment l\u2019aviation, et m\u00e9dicaux, pour la cr\u00e9ation de proth\u00e8ses personnalis\u00e9es \u00e0 l\u2019aide de scanners.<\/p>\n<p>L\u2019impression 3D se d\u00e9mocratise de plus en plus, notamment \u00e0 travers l\u2019ouverture de \u00abFab labs\u00bb, qui permettent \u00e0 chacun de se r\u00e9approprier les moyens de production. \u00abBient\u00f4t, le particulier pourra produire facilement des objets solides. L\u2019artisanat va se personnaliser.\u00bb Les mati\u00e8res utilis\u00e9es actuellement sont principalement le plastique et le m\u00e9tal sous forme de poudre, comme l\u2019or, le titane ou l\u2019aluminium, r\u00e9assembl\u00e9s par strates gr\u00e2ce \u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 de fusion laser ou \u00e0 faisceau d&rsquo;\u00e9lectrons, \u00abmais bient\u00f4t, les mat\u00e9riaux ainsi exploit\u00e9s vont se multiplier\u00bb. Cette technologie est porteuse de projets majeurs, notamment dans le domaine m\u00e9dical, sous l\u2019appellation de \u00abbioprinting\u00bb avec les tentatives de reproduire des vaisseaux sanguins, du cartilage, de la peau ou m\u00eame des organes complets.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Smart Grid &#8212; Une gestion efficace des r\u00e9seaux \u00e9lectriques<\/strong><\/p>\n<p>Avec l\u2019essor des \u00e9nergies renouvelables comme le solaire ou l\u2019\u00e9olien, les r\u00e9seaux de distribution \u00e9lectrique doivent \u00e9voluer. Car cette nouvelle \u00e9nergie verte, tr\u00e8s variable et al\u00e9atoire &#8212; puisque d\u00e9pendante de la m\u00e9t\u00e9o &#8212; n\u2019est pas simple \u00e0 int\u00e9grer dans les r\u00e9seaux existants, construits pour absorber une production \u00e9nerg\u00e9tique quasi lin\u00e9aire. La transformation des r\u00e9seaux \u00e9lectriques ne repr\u00e9sente pas qu\u2019un d\u00e9fi technique: elle r\u00e9pond \u00e9galement \u00e0 une probl\u00e9matique \u00e9conomique.<\/p>\n<p>\u00abActuellement, pour rem\u00e9dier aux fluctuations de la production \u00e9nerg\u00e9tique solaire et \u00e9olienne, les compagnies d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 doivent pouvoir compter sur des g\u00e9n\u00e9rateurs suppl\u00e9mentaires, dont beaucoup fonctionnent au gaz ou au mazout, explique le professeur Jean-Yves Le Boudec, codirecteur du projet Smart Grid de l\u2019EPFL. Le probl\u00e8me est que la rentabilit\u00e9 de ces g\u00e9n\u00e9rateurs, qui ne sont utilis\u00e9s que de mani\u00e8re tr\u00e8s irr\u00e9guli\u00e8re, n&rsquo;est pas assur\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Une des approches du Smart Grid consiste \u00e0 munir les logements de compteurs intelligents. Ainsi, les consommateurs connaissent \u00e0 l\u2019avance les heures durant lesquelles l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est la plus ch\u00e8re et adaptent leur consommation. \u00abDes syst\u00e8mes d\u00e9j\u00e0 test\u00e9s dans de nombreux pays, dont la Suisse, permettent d&rsquo;adapter la demande \u00e0 la production, et donc de r\u00e9duire les co\u00fbts relatifs \u00e0 l\u2019utilisation des g\u00e9n\u00e9rateurs suppl\u00e9mentaires pour les compagnies d\u2019\u00e9lectricit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Le projet Smart Grid de l\u2019EPFL teste une autre approche: d\u00e9velopper un r\u00e9seau intelligent fonctionnant uniquement avec des \u00e9nergies renouvelables et s\u2019\u00e9quilibrant automatiquement gr\u00e2ce \u00e0 une production d\u00e9centralis\u00e9e, fournie par les installations solaires et \u00e9oliennes des entreprises et des particuliers.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Robotique &#8212; Des robots et des hommes<\/strong><\/p>\n<p>Une proth\u00e8se qui \u00e9value le geste qu\u2019aimerait faire son porteur, une voiture qui se d\u00e9place toute seule, la r\u00e9alisation d\u2019une op\u00e9ration complexe dans la cha\u00eene de fabrication d\u2019un produit industriel: les robots s\u2019imposent partout en devenant de plus en plus performants. \u00abUn robot se diff\u00e9rencie d\u2019une machine par son niveau d\u2019autonomie, explique Aude Billard, professeur \u00e0 l\u2019EPFL au laboratoire Learning Algorithms and Systems. Il est capable d\u2019adapter ses d\u00e9cisions en fonction des circonstances dans un environnement non pr\u00e9dictible.\u00bb La recherche progresse rapidement et les robots du futur int\u00e9greront toujours plus de param\u00e8tres. \u00abDans le secteur industriel, ils travailleront bient\u00f4t en collaboration directe avec des humains, les aidant \u00e0 transporter et \u00e0 fa\u00e7onner des objets. Le potentiel de cette interaction robot-humain est immense, mais elle pose de nombreux probl\u00e8mes nouveaux.\u00bb<\/p>\n<p>Ces probl\u00e8mes sont d\u2019abord techniques puisque des d\u00e9r\u00e8glements sont encore courants, mais ils sont aussi juridiques, car il est difficile de d\u00e9signer un responsable en cas d\u2019incident entre un robot et un humain. Ces questions deviendront centrales, par exemple si un v\u00e9hicule autonome provoque un accident mortel suite \u00e0 une d\u00e9cision informatique rationnelle. Enfin, la question \u00e9thique demeure la plus sensible. Si l\u2019on se f\u00e9licite des progr\u00e8s facilitant la vie quotidienne, la crainte que les robots ne viennent remplacer les humains et changer profond\u00e9ment la structure de certains m\u00e9tiers est r\u00e9elle.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Collaboration: Gabrielle Cottier, Leila Hussein et Thomas Pfefferl\u00e9<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.epflalumni.ch\/epfl-alumni-and-technologist-magazines\/\">Alumnist <\/a>(no 3).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelles sont les \u00e9volutions techniques et scientifiques les plus prometteuses? Et quel sera leur impact sur nos vies? Premier volet des \u00abtechnologies qui vont changer le monde\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":19913,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-4664","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4664","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19913"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4664"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4664\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4664"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4664"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4664"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}