



{"id":4655,"date":"2016-05-06T15:00:43","date_gmt":"2016-05-06T13:00:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4655"},"modified":"2016-05-09T16:28:39","modified_gmt":"2016-05-09T14:28:39","slug":"artisanat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4655","title":{"rendered":"Du malt local pour une bi\u00e8re 100% suisse"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large070516.jpg\" width=\"468\" border=\"0\" height=\"311\" alt=\"Large070516.jpg\" title=\"Large070516.jpg\" \/><br \/>\nPr\u00e8s de 600: c\u2019est le nombre de brasseries que comptait la Suisse fin 2015. En 1985, elles n\u2019\u00e9taient que 35. Cette forte progression est due \u00e0 l\u2019essor du nombre de microbrasseries, port\u00e9 par l\u2019engouement des consommateurs pour les produits r\u00e9gionaux. Les petits fabricants de bi\u00e8re, fermement implant\u00e9s dans le terroir de leur canton, sont pourtant moins locaux qu\u2019il n\u2019y para\u00eet au premier abord. Ils se voient en effet contraints d\u2019importer leur malt &#8212; de l\u2019orge cuite pour en d\u00e9gager les ar\u00f4mes &#8212; de France ou d\u2019Allemagne. Une situation qui perdure depuis les ann\u00e9es 1970 et l\u2019\u00e9mergence de g\u00e9ants \u00e9trangers auxquels les acteurs suisses n\u2019ont pas su r\u00e9sister.<\/p>\n<p>Mais la donne est en train de changer. Plusieurs projets de malteries se d\u00e9veloppent en Suisse romande. Le Cercle des agriculteurs de Gen\u00e8ve (CAG), une coop\u00e9rative qui g\u00e8re le pool c\u00e9r\u00e9alier du canton, a mis une premi\u00e8re installation en service fin 2015. L\u2019initiative a n\u00e9cessit\u00e9 l\u2019achat d\u2019une machine en Allemagne et co\u00fbt\u00e9 1 million de francs, financ\u00e9s par la coop\u00e9rative, le canton de Gen\u00e8ve et la Conf\u00e9d\u00e9ration. Sa capacit\u00e9 de fabrication atteint 250 tonnes par ann\u00e9e, ce qui correspond \u00e0 1 250 000 litres de bi\u00e8re. Bien loin des 500 tonnes par jour que fabriquent les grandes malteries industrielles de France et d\u2019Allemagne.<\/p>\n<p>\u00abEn comparaison, nous sommes des artisans\u00bb, dit John Schmalz, le directeur du CAG. En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, une deuxi\u00e8me structure de plus petite taille, lanc\u00e9e par trois agriculteurs, a vu le jour \u00e0 Bavois, dans le canton de Vaud. Dans le Jura, la Brasserie Blanche Pierre s\u2019est aussi attel\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ation de sa propre malterie, qui devrait \u00eatre op\u00e9rationnelle cet automne.<\/p>\n<p><strong>Un souci de coh\u00e9rence<\/strong><\/p>\n<p>Ces d\u00e9marches suscitent l\u2019enthousiasme des brasseries, qui ont ainsi la possibilit\u00e9 de proposer de la bi\u00e8re \u00abvraiment locale\u00bb. \u00abDevoir importer notre malt alors que nous sommes install\u00e9s au milieu des champs constitue une importante source de frustration, raconte Fabien Claret, de la Brasserie du P\u00e8re Jakob, \u00e0 Soral (GE), qui ambitionne \u00e9galement de cr\u00e9er sa propre malterie. Nous nous fournissons d\u00e9sormais en malt genevois pour toutes nos bi\u00e8res blondes, un pas vers plus de coh\u00e9rence avec nos valeurs. Quant au go\u00fbt de la bi\u00e8re, on sent la diff\u00e9rence. Il est plus frais, avec une saveur de c\u00e9r\u00e9ales plus prononc\u00e9e. Les retours de nos clients sont tr\u00e8s positifs.\u00bb<\/p>\n<p>Les cultivateurs de c\u00e9r\u00e9ales, de leur c\u00f4t\u00e9, y trouvent aussi leur compte. \u00abLa malterie du CAG permet de valoriser le travail de nos membres et d\u2019apporter une diversification bienvenue, souligne John Schmalz. La d\u00e9marche offre aussi la possibilit\u00e9 de se r\u00e9approprier un savoir-faire oubli\u00e9.\u00bb Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, de nombreux paysans suisses ont abandonn\u00e9 la culture d\u2019orge fourrag\u00e8re, plus assez rentable. Dans ce contexte, l\u2019orge brassicole, c\u00e9r\u00e9ale de niche pour laquelle ils obtiennent un prix int\u00e9ressant, constitue un nouveau d\u00e9bouch\u00e9. Car les brasseries sont pr\u00eates \u00e0 payer plus cher pour du malt local qui r\u00e9pond aux aspirations des consommateurs: 2 francs le kilo pour celui du CAG, contre 0,9 centime d\u2019euro en moyenne pour le malt \u00e9tranger, sans compter les frais d\u2019importation.<\/p>\n<p><strong>Bient\u00f4t du whisky?<\/strong><\/p>\n<p>En transformant l\u2019orge d\u2019une vingtaine d\u2019agriculteurs genevois, le CAG fournit d\u00e9j\u00e0 huit brasseries de la r\u00e9gion. \u00abLa demande est importante, de la part des microbrasseries mais aussi des restaurants, qui proposent leur propre bi\u00e8re, et des petits commerces qui vendent des kits de brassage au d\u00e9tail. Notre offre se limite pour l\u2019instant au malt blond, mais nous \u00e9tudions la possibilit\u00e9 de fabriquer des malts color\u00e9s, \u00e0 base d\u2019autres c\u00e9r\u00e9ales.\u00bb Et la malterie genevoise pourrait bien ne pas se cantonner \u00e0 la bi\u00e8re. Elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 approch\u00e9e par des producteurs de whisky.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine L\u2019Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gr\u00e2ce au boom des microbrasseries, la Suisse se remet \u00e0 la production de malt, disparue du pays dans les ann\u00e9es 70. Plusieurs projets voient le jour \u00e0 Gen\u00e8ve, dans le Jura et dans le canton de Vaud.<\/p>\n","protected":false},"author":19904,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4655","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19904"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4655\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}