



{"id":4651,"date":"2016-04-28T16:35:19","date_gmt":"2016-04-28T14:35:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4651"},"modified":"2017-07-12T11:07:01","modified_gmt":"2017-07-12T09:07:01","slug":"societe-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4651","title":{"rendered":"Cabarets, la fin d&rsquo;une \u00e9poque"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large290416.jpg\" alt=\"Large290416.jpg\" title=\"Large290416.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><br \/>\nJeudi, 1 heure du matin, en Vieille-Ville de Gen\u00e8ve. Au Crazy Paradise, l\u2019un des derniers cabarets de la place, six jeunes femmes courtement v\u00eatues sont assises au bar. L\u2019une d\u2019elles se l\u00e8ve pour aller se d\u00e9hancher autour d\u2019une barre sur des rythmes \u00e9lectroniques. Sous la lumi\u00e8re bleu fonc\u00e9, la danseuse laisse apercevoir sa poitrine. Un seul homme pour se rincer l\u2019\u0153il. \u00abLes clients se font attendre, raconte Antonio Lopes de Bem, g\u00e9rant du lieu. Et c\u2019est ainsi toutes les nuits, du lundi au samedi, de l\u2019ouverture \u00e0 la fermeture \u00e0 5 heures du matin.\u00bb<\/p>\n<p>Des salles d\u00e9sertes, le Crazy Paradise n\u2019en a pas toujours connu, depuis son ouverture en 1997. \u00abJusqu\u2019en 2010 environ, une bonne vingtaine de clients venaient chaque soir discuter et boire des verres avec nos filles, relate le patron. Aujourd\u2019hui, on en compte difficilement cinq.\u00bb Une absence de spectateurs qui se ressent sur la marche des affaires. \u00abNos revenus ont drastiquement baiss\u00e9 depuis le d\u00e9but de cette ann\u00e9e.\u00bb Pr\u00e9cis\u00e9ment depuis le 1er janvier 2016, date de la suppression du visa de danseuse de cabaret, qui emp\u00eache d\u00e9sormais les g\u00e9rants d\u2019engager des danseuses provenant de pays extra-europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019alors, les candidates venaient pour la plupart d\u2019Ukraine, de Russie, de Moldavie ou de R\u00e9publique dominicaine. Ce qui contribuait au succ\u00e8s de ce genre de bo\u00eetes, comme l\u2019explique J\u00fcrg K\u00f6nig, pr\u00e9sident de l\u2019Association suisse des caf\u00e9s-concerts, cabarets, dancings et discoth\u00e8ques (ASCO): \u00abLe cabaret \u00e9tait un lieu d\u2019exotisme. C\u2019\u00e9tait l\u2019occasion de passer un bon moment avec des femmes venant d\u2019autres cultures.\u00bb A pr\u00e9sent, ils doivent recruter en Suisse ou au sein des pays de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><strong>Escorts et salons de massages<\/strong><\/p>\n<p>Si cette modification de la loi n\u2019est pas la seule raison de la d\u00e9bandade des cabarets, elle semble cependant porter le coup de gr\u00e2ce \u00e0 ce secteur \u00e0 l\u2019agonie depuis plusieurs ann\u00e9es. L\u2019ASCO a vu le nombre de ses cabarets chuter de 300 \u00e0 150 en l\u2019espace de dix ans. Et depuis janvier dernier, le rythme s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 partout en Suisse: \u00e0 Zurich, cinq \u00e9tablissements ont ferm\u00e9 leurs portes. La ville de Lucerne a perdu son dernier cabaret il y a quelques semaines. A Gen\u00e8ve, il en reste cinq, leur nombre ayant \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 par trois en moins d\u2019une d\u00e9cennie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une dizaine d\u2019ann\u00e9es d\u2019activit\u00e9, le Chaux-de-Fonnier Fran\u00e7ois Butzberger vient d\u2019abandonner son cabaret baptis\u00e9 La Fourmi. L\u2019interdiction de fumer dans les \u00e9tablissements publics, entr\u00e9e en vigueur en 2010, a constitu\u00e9 un premier coup dur pour le secteur, pr\u00e9cise-t-il. \u00abLes gens sortent moins.\u00bb<\/p>\n<p>J\u00fcrg K\u00f6nig, qui a quant \u00e0 lui ferm\u00e9 son cabaret \u00e0 Berne l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, remarque \u00e9galement une \u00e9volution dans les m\u0153urs: \u00abLe profil type du client de cabaret est un homme d\u2019affaires en d\u00e9placement, \u00e0 la recherche de divertissement\u00bb. Cependant, pour rencontrer des femmes et \u00e9ventuellement partager un moment de plaisir, l\u2019offre s\u2019est diversifi\u00e9e. Les services d\u2019escorts ainsi que les salons de massage se sont d\u00e9velopp\u00e9s, tout comme les prostitu\u00e9es. A Gen\u00e8ve, par exemple, le nombre de travailleuses du sexe enregistr\u00e9es a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par quatre sur la p\u00e9riode 2008-2015.<\/p>\n<p>Et il y a le rapport qualit\u00e9-prix. Dans un cabaret, pour une soir\u00e9e, un client doit d\u00e9penser plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de francs. Au Crazy Paradise, la moindre bouteille de champagne co\u00fbte 400 francs, et les prix grimpent vite, pour atteindre plus de 5000 francs pour une bouteille de Dom P\u00e9rignon ros\u00e9 mill\u00e9sim\u00e9. \u00abPour ceux qui sont en qu\u00eate d\u2019un \u00e9change sexuel, il existe des solutions moins co\u00fbteuses, reconna\u00eet J\u00fcrg K\u00f6nig. Et ceux qui souhaitent conqu\u00e9rir glamour et exotisme ne se rendent plus dans les cabarets.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Les \u00abartistes\u00bb se rebiffent<\/strong><\/p>\n<p>Les clients ne sont pas les seuls \u00e0 bouder. \u00abIl est de plus en plus difficile de recruter des danseuses\u00bb, d\u00e9plore le patron du Crazy Paradise, Antonio Lopes de Bem. Les conditions de travail ne sont plus suffisamment attrayantes. Le salaire s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 2300 francs net par mois. Elles re\u00e7oivent jusqu\u2019\u00e0 1300 francs pour financer leur loyer ainsi qu\u2019une commission de 2 \u00e0 3% sur chaque boisson consomm\u00e9e par le client. En contrepartie, elles travaillent 23 nuits par mois. \u00abJ\u2019attends, je danse un peu, je souris\u00bb, r\u00e9sume Clara, une jeune Roumaine de 31 ans qui cherche un emploi dans la restauration, qu\u2019elle esp\u00e8re moins monotone\u2026<\/p>\n<p>Par ailleurs, si officiellement les danseuses de cabaret ne sont pas des travailleuses du sexe, certaines recourent \u00e0 la prostitution pour augmenter leurs revenus. Anastasia, une autre danseuse du Crazy Paradise, l\u2019avoue clairement: \u00abLe but est de partir avec un client\u00bb. L\u2019absence de fr\u00e9quentation rend donc ces terrains de chasse peu attractifs.<\/p>\n<p>Antonio Lopes de Bem pr\u00e9cise qu\u2019aucune activit\u00e9 sexuelle n\u2019est autoris\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9tablissement. \u00abMais si une de mes danseuses couche avec un client en dehors de ses heures de travail, c\u2019est sa vie priv\u00e9e\u2026\u00bb Les cabarets flirtent ainsi avec la loi. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, plusieurs \u00e9tablissements genevois ont fait l\u2019objet d\u2019enqu\u00eates pour des motifs d\u2019encouragement \u00e0 la prostitution. C\u2019est le cas, notamment, du Velvet, du Pussycat et de La Coupole. Quant au Crazy Paradise, il a d\u00fb fermer ses portes quelques jours en 2012 pour les m\u00eames raisons, sans que les soup\u00e7ons soient confirm\u00e9s. Aujourd\u2019hui, le g\u00e9rant est convaincu: \u00abSi une femme veut se prostituer, il existe d\u2019autres endroits o\u00f9 elle trouvera plus facilement des clients\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Strip-club contre cabaret<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 ce d\u00e9clin, certains exploitants tentent une reconversion. Le Genevois Lionel Mansi a r\u00e9ussi la sienne. En 2012, cette figure embl\u00e9matique de la vie nocturne genevoise, qui travaillait dans les cabarets depuis 1988, a transform\u00e9 son \u00e9tablissement en club de strip-tease. Il g\u00e8re aujourd\u2019hui Le Sensi dans le quartier des P\u00e2quis.<\/p>\n<p>Lors d\u2019une visite ce m\u00eame jeudi soir, une dizaine de femmes en petite tenue accueillent les clients. Comme au Crazy Paradise, elles font de la pole dance autour de la barre verticale, sur une petite sc\u00e8ne. Contrairement aux danseuses de cabaret, elles r\u00e9alisent de vraies figures acrobatiques et se retrouvent tant\u00f4t la t\u00eate en bas, tant\u00f4t les jambes autour de la barre. Les derni\u00e8res chansons de pop \u00e9lectronique qui r\u00e9sonnent dans les enceintes finissent d\u2019enivrer la dizaine de clients, hommes d\u2019affaires \u00e2g\u00e9s de 30 \u00e0 40 ans.<\/p>\n<p>Le but de leur venue? Pour 80 francs, obtenir une danse priv\u00e9e tr\u00e8s sensuelle d\u2019environ six minutes en t\u00eate \u00e0 t\u00eate, au sous-sol de l\u2019\u00e9tablissement. \u00abEntre fin 2012 et 2016, mon chiffre d\u2019affaires a doubl\u00e9, explique Lionel Mansi. Dans un strip-club, il n\u2019y a aucune ambigu\u00eft\u00e9, les gens viennent pour vivre un moment \u00e9rotique. Beaucoup de mes clients fr\u00e9quentaient auparavant les cabarets. Nous accueillons m\u00eame des couples, ce qui n\u2019est pas courant dans l\u2019autre lieu.\u00bb<\/p>\n<p>Et les danseuses? Elles viennent pour la plupart de France et de R\u00e9publique tch\u00e8que, se consid\u00e8rent comme des artistes et entretiennent soigneusement leur page Facebook. \u00abMes danseuses travaillent dans le monde entier pour diff\u00e9rents \u00e9tablissements.\u00bb Lionel Mansi est convaincu qu\u2019il n\u2019y aura plus de cabarets sous leur forme actuelle \u00e0 Gen\u00e8ve dans cinq ans. \u00abLe concept est r\u00e9volu.\u00bb<\/p>\n<p>Le Crazy Paradise pourrait fermer cette ann\u00e9e encore. \u00abJ\u2019envisage de le transformer en discoth\u00e8que, annonce son patron. Je ne peux plus continuer \u00e0 puiser dans mes \u00e9conomies pour le faire tourner.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRE<\/p>\n<p><strong>\u00abDanseuse\u00bb, un statut contest\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><em>Controvers\u00e9 depuis son entr\u00e9e en vigueur, le visa de danseuse de cabaret a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e.<br \/>\n<\/em><br \/>\nDepuis 1995, les ressortissantes non qualifi\u00e9es, en provenance d\u2019Etats tiers, b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019un visa particulier qui leur permettait d\u2019exercer l\u2019activit\u00e9 de danseuse de cabaret en Suisse huit mois par an. Le but principal de ce programme \u00e9tait de prot\u00e9ger ces danseuses d\u2019\u00e9ventuelles exploitations. Une aubaine pour les cabarets: gr\u00e2ce \u00e0 ce statut, ils pouvaient embaucher des femmes venant de pays non europ\u00e9ens, satisfaisant ainsi une forte demande. Mais l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral des migrations (ODM) a constat\u00e9 que les femmes abusaient de ce permis pour pratiquer la prostitution. \u00abLa Suisse \u00e9tait le seul pays en Europe \u00e0 avoir un tel statut\u00bb, explique Alexander Ott, directeur de la police des \u00e9trangers \u00e0 Berne.<\/p>\n<p>La suppression de ce visa est entr\u00e9e en vigueur le 1er janvier 2016. D\u00e9sormais, les cabarets doivent recruter leurs danseuses au sein des pays de l\u2019Union europ\u00e9enne. La plupart des cantons l\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 aboli. Seuls dix d\u2019entre eux, dont Gen\u00e8ve et Neuch\u00e2tel, appliquaient encore ce statut en 2015.<\/p>\n<p>Le libre \u00e9tablissement pour les travailleuses bulgares et roumaines sera effectif \u00e0 partir du 1er juin 2016, mais il est d\u00e9j\u00e0 possible qu\u2019un cabaret les emploie sous certaines conditions.<\/p>\n<p>Pour Michel F\u00e9lix, responsable de la communication de l\u2019Association de d\u00e9fense des travailleurs et travailleuses du sexe \u00e0 Gen\u00e8ve (Aspasie), \u00abil est trop t\u00f4t pour analyser les cons\u00e9quences de la d\u00e9cision f\u00e9d\u00e9rale\u00bb. Seule certitude, ce visa de danseuse leur assurait un cadre s\u00fbr. D\u00e9sormais, \u00abil y a le risque que ces femmes ne se prostituent ill\u00e9galement\u00bb.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>INTERVIEW<\/p>\n<p><strong>\u00abOn agite le spectre de la traite d\u2019\u00eatres humains\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Des centaines de danseuses de cabaret se retrouvent sans permis de travail depuis le 1er janvier 2016. Romaric Thi\u00e9vent, g\u00e9ographe, auteur d\u2019une th\u00e8se sur les danseuses de cabaret extra-europ\u00e9ennes en Suisse, soutenue en juin 2015 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel, \u00e9claire leur parcours.<\/em><\/p>\n<p><strong>Qui \u00e9taient les d\u00e9tentrices d\u2019un permis d\u2019artiste de cabaret?<\/strong><\/p>\n<p>Les trois quarts des femmes venaient des pays de l\u2019Est (Ukraine, Moldavie, Russie) ou de R\u00e9publique dominicaine. A cela s\u2019ajoutaient quelques nationalit\u00e9s \u00abr\u00e9siduelles\u00bb comme les pays d\u2019Asie du Sud-Est ou le Maroc. La tranche d\u2019\u00e2ge la plus repr\u00e9sent\u00e9e \u00e9tait celle des 20-30 ans, l\u2019industrie du sexe valorisant le corps de la femme jeune.<\/p>\n<p><strong>Faisaient-elles une seule fois le voyage ou revenaient-elles plusieurs ann\u00e9es de suite en Suisse?<\/strong><\/p>\n<p>Elles venaient pour la plupart une ou deux fois seulement en Suisse, gr\u00e2ce \u00e0 des agences de placement. Mais la question est plut\u00f4t de savoir pourquoi elles faisaient ce travail plus ou moins longtemps. Les conditions de travail tr\u00e8s difficiles dans les cabarets, du fait notamment des horaires de nuit et des abus d\u2019alcool, constituaient le premier facteur. Ces femmes avaient, par ailleurs, des projets migratoires extr\u00eamement diff\u00e9rents. Certaines avaient besoin d\u2019une somme d\u2019argent pr\u00e9cise et s\u2019arr\u00eataient une fois qu\u2019elles l\u2019avaient r\u00e9unie, d\u2019autres en avaient fait un projet de vie.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 dans vos entretiens \u00e0 des cas de traite d\u2019\u00eatres humains?<\/strong><\/p>\n<p>Les personnes interrog\u00e9es m\u2019ont parl\u00e9 de cas d\u2019exploitation: retenues sur salaire, arnaques aux cartes AVS, etc. Mais je n\u2019ai eu acc\u00e8s \u00e0 aucune situation d\u2019exploitation extr\u00eame.<\/p>\n<p><strong>Un des arguments en faveur de l\u2019abolition de ce permis \u00e9tait pourtant justement la lutte contre la traite\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Je trouve ce discours \u00e9trange, car le statut de danseuse de cabaret avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 dans le but de mieux prot\u00e9ger les femmes extra-europ\u00e9ennes, qui venaient travailler dans les cabarets au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un permis d\u2019artiste. Pour les prot\u00e9ger contre les multiples abus dont elles \u00e9taient victimes dans un secteur jusqu\u2019alors peu r\u00e9glement\u00e9. Or, l\u2019Etat a failli \u00e0 faire appliquer la loi et, plut\u00f4t que d\u2019intensifier les contr\u00f4les, il a supprim\u00e9 un permis, donc une voie migratoire. On a tendance, dans la presse et chez les politiciens, \u00e0 agiter le spectre de la traite d\u2019\u00eatres humains lorsqu\u2019on parle de flux migratoires des travailleuses du sexe, parce qu\u2019on a du mal \u00e0 accepter qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un choix, m\u00eame par d\u00e9faut. Une danseuse de cabaret ukrainienne m\u2019a dit un jour qu\u2019elle ne voyait pas en quoi il \u00e9tait plus d\u00e9gradant de venir danser dans un cabaret ici que de travailler sur un march\u00e9 \u00e0 Kiev pour une mis\u00e8re.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Collaboration: Blandine Guignier<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine L\u2019Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, la plupart de ces \u00e9tablissements d\u00e9suets vont fermer. Les clients s\u2019encanaillent ailleurs. Quant aux filles de l\u2019Est, brim\u00e9es par la loi, elles sont parties se rhabiller.<\/p>\n","protected":false},"author":20177,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1303],"class_list":["post-4651","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-choix-de-l-editeur","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4651","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20177"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4651"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4651\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5004,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4651\/revisions\/5004"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4651"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4651"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4651"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}