



{"id":4606,"date":"2016-02-17T10:24:43","date_gmt":"2016-02-17T08:24:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4606"},"modified":"2016-04-28T15:16:12","modified_gmt":"2016-04-28T13:16:12","slug":"economie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4606","title":{"rendered":"Pourquoi les jeunes Suisses n\u2019aiment pas le risque"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large160216.jpg\" alt=\"Large160216.jpg\" title=\"Large160216.jpg\" border=\"0\" height=\"317\" width=\"465\" \/><\/p>\n<p>En Suisse, tr\u00e8s peu de jeunes choisissent de cr\u00e9er leur entreprise. Ils sont seulement 6,2% \u00e0 le faire entre 18 et 24 ans, contre 16,8% en Allemagne et plus de 24% en Slovaquie. C\u2019est la conclusion du dernier rapport <a href=\"http:\/\/www.gemconsortium.org\/\" target=\"_blank\">Global Entrepreneurship Monitor<\/a> (GEM). \u00abCette situation est directement li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat du march\u00e9 du travail, souligne Rico Baldegger, directeur de la Haute \u00e9cole de gestion Fribourg \u2013 <a href=\"http:\/\/www.heg-fr.ch\/FR\/Pages\/HEG-Fribourg.aspx\" target=\"_blank\">HEG-FR<\/a>. En Suisse, les jeunes cr\u00e9ent rarement leur entreprise par n\u00e9cessit\u00e9. Apr\u00e8s une formation, il est possible de trouver assez facilement un travail bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Cela n\u2019est pas forc\u00e9ment motivant pour lancer son projet.\u00bb<\/p>\n<p>Les Suisses attendent en moyenne sept ans entre la fin de leur formation et la mise en route de leurs ambitions entre\u00adpreneuriales. Un d\u00e9lai qui n\u2019a \u00adpas que des mauvais c\u00f4t\u00e9s. \u00abLe fait qu\u2019ils s\u2019appuient sur des bases solides avant de se lancer montre qu\u2019ils appr\u00e9hendent la vie professionnelle avec rationalit\u00e9\u00bb, estime ainsi Simon May, membre de la direction de l<a href=\"http:\/\/www.ifj.ch\/fr\" target=\"_blank\">\u2019Institut f\u00fcr Jungunternehmen<\/a> (IFG), une structure de soutien aux cr\u00e9ateurs d\u2019entreprise. Un avis que partage David Narr, coach en cr\u00e9ation d\u2019entreprise au sein de l\u2019association Genilem, sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019accompagnement de start-up. \u00abSe reposer sur une certaine exp\u00e9rience et un r\u00e9seau solide repr\u00e9sente un avantage en mati\u00e8re de cr\u00e9ation d\u2019entreprise, remarque-t-il. Mais pour beaucoup de jeunes, l\u2019entreprenariat n\u2019est pas encore per\u00e7u comme une alternative cr\u00e9dible \u00e0 une carri\u00e8re dans une grande compagnie.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Investir dans l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019entreprenariat<\/strong><\/p>\n<p>Une affirmation corrobor\u00e9e par le rapport GEM: en Suisse, 42,3% des personnes interrog\u00e9es voient le m\u00e9tier d\u2019entrepreneur comme un bon choix de carri\u00e8re, contre 55% en moyenne internationale et m\u00eame 64,7% aux Etats-Unis. \u00abLa perception de l\u2019entreprenariat, tout comme l\u2019ambition et la confiance en soi, sont directement li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, note Rico Baldegger. Les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude GEM montrent qu\u2019il est indispensable de commencer cet enseignement t\u00f4t. Il faudrait transmettre d\u00e8s le cycle d\u2019orientation que l\u2019entreprenariat est une voie int\u00e9ressante.\u00bb Le directeur de la HEG-FR cite l\u2019exemple de la Norv\u00e8ge et de la Finlande, qui investissent depuis plusieurs ann\u00e9es dans l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019entreprenariat des jeunes et commencent \u00e0 en r\u00e9colter les fruits.<\/p>\n<p>Une solution actuellement exp\u00e9riment\u00e9e au coll\u00e8ge Champittet \u00e0 Pully (VD). Depuis le mois de septembre, les jeunes de 12 \u00e0 18 ans sont invit\u00e9s \u00e0 d\u00e9couvrir le monde de l\u2019entrepreunariat \u00e0 travers le programme \u00ab<a href=\"http:\/\/www.grainesentrepreneurs.ch\/\" target=\"_blank\">Graines d\u2019Entrepreneurs<\/a>\u00bb. \u00abIl n\u2019est jamais trop t\u00f4t pour promouvoir l\u2019esprit d\u2019entreprise, souligne Simon May. On remarque d\u2019ailleurs que les enfants qui ont grandi dans une famille d\u2019entrepreneurs sont tr\u00e8s t\u00f4t attentifs aux d\u00e9fis li\u00e9s \u00e0 la gestion de la soci\u00e9t\u00e9 de leurs parents.\u00bb La situation est tout autre pour les jeunes qui sont les premiers de leur famille \u00e0 se lancer. \u00abCertains cr\u00e9ateurs d\u2019entreprise que j\u2019accompagne me confient que leurs parents leur ont donn\u00e9 deux ans pour leur projet avant de trouver un \u2039vrai\u203a m\u00e9tier, relate David Narr. Beaucoup d\u2019employ\u00e9s dans une grande entreprise ne s\u2019imaginent pas devenir ind\u00e9pendants, ils pensent que c\u2019est trop risqu\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une exp\u00e9rience pas assez valoris\u00e9e en cas d\u2019\u00e9chec<\/strong><\/p>\n<p>Des pr\u00e9jug\u00e9s qui seraient li\u00e9s \u00e0 une profonde m\u00e9connaissance du m\u00e9tier. \u00abEtre entrepreneur, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment savoir diminuer l\u2019exposition aux risques, rappelle David Narr. Les jeunes que j\u2019accompagne ne jouent pas \u00e0 la roulette, ils veulent que leur aventure entrepreneuriale r\u00e9ussisse. Et m\u00eame si cela ne marche pas, ils auront beaucoup appris.\u00bb Une exp\u00e9rience qui n\u2019est d\u2019ailleurs pas assez appr\u00e9ci\u00e9e par les recruteurs. \u00abPeut-\u00eatre qu\u2019il y a l\u00e0 aussi un important travail d\u2019\u00e9ducation \u00e0 faire. Je garantis que passer deux ans \u00e0 \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 des clients est plus formateur que deux ans pass\u00e9s en tant qu\u2019employ\u00e9 d\u2019une multinationale.\u00bb<\/p>\n<p>Si la Suisse peut mieux faire en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019entreprenariat, il ne faut cependant pas peindre le diable sur la muraille. \u00abLe pays profite de bonnes conditions-cadres, et nous disposons aussi de structures de soutien aux start-up, r\u00e9sume Rico Baldegger. La plupart des experts interrog\u00e9s dans le cadre du rapport GEM 2014 s\u2019accordent cependant \u00e0 dire que la Suisse dispose d\u2019un potentiel inexploit\u00e9, principalement en raison du manque de collaborations entre les r\u00e9gions du pays. \u00abBien des projets se limitent encore \u00e0 tel ou tel canton, souligne Rico Baldegger. Nos partenaires internationaux ne peuvent que rigoler quand on leur explique que Gen\u00e8ve et Zurich sont s\u00e9par\u00e9es de seulement 270 km.\u00bb Une meilleure collaboration dans le pays serait ainsi le pr\u00e9alable pour faire \u00e9merger une innovation disruptive capable de partir \u00e0 la conqu\u00eate du monde, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un Twitter, d\u2019un Snapchat ou d\u2019un Instagram.<br \/>\n_______<br \/>\nENCADRE<\/p>\n<p><strong>L\u2019entreprenariat en chiffres<\/strong><\/p>\n<p><strong>556\u2019302<\/strong><br \/>\nLe nombre de petites et moyennes entreprises recens\u00e9es actuellement en Suisse par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, ce qui repr\u00e9sente 2\u2019899\u2019169 emplois au total.<\/p>\n<p><strong>50<\/strong><br \/>\nc\u2019est le nombre de personnes qui se lancent quotidiennement dans l\u2019entreprenariat en Suisse, selon l\u2019institut IFJ.<\/p>\n<p><strong>130\u2019000<\/strong><br \/>\nen francs, la somme maximale mise \u00e0 disposition par le programme Venture Kick aux start-up issues des universit\u00e9s et hautes \u00e9coles de Suisse. Depuis son lancement en 2007, le programme a soutenu pr\u00e8s de 351 projets de start-up. Plus d\u2019informations sur <a href=\"http:\/\/www.venturekick.ch\" target=\"_blank\">www.venturekick.ch<\/a><\/p>\n<p><strong>3<\/strong><br \/>\nen ann\u00e9es, la dur\u00e9e du coaching offerte au gagnant du prix GENILEM-HES, auquel s\u2019ajoute un financement de 20\u2019000 CHF. Le concours est ouvert \u00e0 tous les \u00e9tudiants HES de Vaud et de Gen\u00e8ve. Inscription et conditions de participation sur <a href=\"http:\/\/www.prixgenilemhes.ch\" target=\"_blank\">www.prixgenilemhes.ch<\/a><br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 10).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 H\u00e9misph\u00e8res au prix de CHF 45.- (d\u00e8s 45 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/revuehemispheres.com\" target=\"_blank\">revuehemispheres.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Devenir entrepreneur est une option de carri\u00e8re qui fait r\u00eaver, mais que peu d\u2019Helv\u00e8tes suivent au sortir des \u00e9tudes. Comment favoriser les vocations entrepreneuriales?  <\/p>\n","protected":false},"author":20154,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4606","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4606","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20154"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4606"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4606\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4606"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4606"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4606"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}