



{"id":4587,"date":"2016-01-18T19:15:40","date_gmt":"2016-01-18T17:15:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4587"},"modified":"2016-01-21T17:31:03","modified_gmt":"2016-01-21T15:31:03","slug":"carriere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4587","title":{"rendered":"Deux jobs sinon rien"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large20160118.jpg\" alt=\"Large20160118.jpg\" title=\"Large20160118.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>\u00abJe voulais diversifier mes activit\u00e9s, par peur de m\u2019ennuyer.\u00bb Ashkhen Longet, 25 ans, travaille \u00e0 75% comme responsable de la communication dans une soci\u00e9t\u00e9 genevoise de gestion de risque et de patrimoine. En parall\u00e8le, elle a lanc\u00e9 \u00e0 son compte une entreprise d\u2019organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements et donne des cours d\u2019anglais \u00e0 des enfants. La jeune femme ne se reconna\u00eet pas dans le mod\u00e8le d\u2019une carri\u00e8re traditionnelle et ne se voit pas pratiquer le m\u00eame emploi toute sa vie \u00e0 plein temps. Elle pr\u00e9f\u00e8re multiplier les activit\u00e9s pour dynamiser son quotidien et gagner ainsi une forme de libert\u00e9, qu\u2019elle consid\u00e8re plus importante que tout aspect financier.<\/p>\n<p>Ashkhen Longet est une \u00abslasheuse\u00bb. Le terme est n\u00e9 aux Etats-Unis en 2007, de la plume de <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/heymarci.com\/\">Marci Alboher<\/a>, auteur de l\u2019ouvrage \u00abOne Person\/Multiple Careers: A New Model for Work\/Life success\u00bb. Selon cette journaliste am\u00e9ricaine, les \u00abslashers\u00bb constituent un nouveau genre de travailleurs, qui ne se d\u00e9finissent plus par l\u2019intitul\u00e9 d\u2019un seul poste, mais par leurs identit\u00e9s multiples.<\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, le ph\u00e9nom\u00e8ne a travers\u00e9 l\u2019Atlantique et gagne de l\u2019ampleur en Suisse, o\u00f9 il se manifeste de diverses mani\u00e8res. Il s\u2019illustre notamment par l\u2019explosion du temps partiel. Selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), le travail \u00e0 temps partiel concerne aujourd\u2019hui 36,5% des actifs, un taux \u00e9lev\u00e9 qui place notre pays en seconde position du classement europ\u00e9en. La principale motivation qui pousse les Suisses \u00e0 r\u00e9duire leur temps de travail demeure certes familiale, mais parmi les raisons cit\u00e9es par l\u2019OFS, figure aussi l\u2019exercice d\u2019un autre emploi. D\u2019apr\u00e8s l\u2019OFS toujours, en 2014, 7,4% des personnes actives cumulaient deux, voire plusieurs activit\u00e9s salari\u00e9es, principalement par n\u00e9cessit\u00e9, mais aussi par int\u00e9r\u00eat personnel. C\u2019est le cas de Gabrielle Cottier, 33 ans, dipl\u00f4m\u00e9e en Lettres \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve: \u00abJ\u2019ai toujours pratiqu\u00e9 deux m\u00e9tiers en parall\u00e8le pour \u00e9viter la routine. Je n\u2019aime pas le c\u00f4t\u00e9 rigide et r\u00e9p\u00e9titif, c\u2019est pourquoi je recherche toujours des emplois \u00e0 temps partiel. Je pr\u00e9f\u00e8re l\u2019int\u00e9r\u00eat et la vari\u00e9t\u00e9 \u00e0 la stabilit\u00e9 financi\u00e8re.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Donner du sens<br \/>\n<\/strong><br \/>\nOn retrouve parmi les \u00abslashers\u00bb de nombreux jeunes actifs, qui questionnent et prennent en compte leurs int\u00e9r\u00eats personnels avant de se lancer dans le monde professionnel. Mais contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait penser, la g\u00e9n\u00e9ration des 25-35 ans n\u2019est pas la seule concern\u00e9e par le ph\u00e9nom\u00e8ne. Apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 une bonne partie de leur vie \u00e0 plein temps dans une entreprise, beaucoup de quadrag\u00e9naires et de quinquag\u00e9naires cherchent soudain \u00e0 donner du sens \u00e0 ce qu\u2019ils font. \u00abDes difficult\u00e9s ou un sentiment de lassitude apparaissent, alors qu\u2019il leur reste encore de nombreuses ann\u00e9es de travail devant eux, observe Dani\u00e8le Laot Rapp, du cabinet Coach et Vie. Ils doivent alors faire un choix s\u2019ils veulent conserver ou retrouver le plaisir de travailler.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019image de l\u2019artiste qui collectionne les petits boulots est aujourd\u2019hui d\u00e9pass\u00e9e. Les cr\u00e9atifs ne sont plus les seuls \u00e0 avoir plusieurs casquettes, la tendance gagne petit \u00e0 petit d\u2019autres corps de m\u00e9tiers, comme les services ou l\u2019administration. Elle touche m\u00eame des secteurs r\u00e9put\u00e9s tr\u00e8s rigides. \u00abCeux que je rencontre sont en majorit\u00e9 actives dans le domaine de la finance, du trading et de la gestion, dit ainsi Fabienne Revillard, du cabinet de coaching et business consulting AAA+. Ces cadres cherchent \u00e0 diminuer leur temps de travail pour d\u00e9velopper une activit\u00e9 parall\u00e8le qui donne un nouveau sens, une forme d\u2019\u00e9thique et de profondeur \u00e0 leur engagement professionnel. Ils se tournent vers l\u2019\u00e9criture, l\u2019enseignement du yoga ou encore la micro-finance \u00e9cologique, pour citer quelques exemples.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Marci Alboher, l\u2019auteur de \u00abOne Person\/Multiple Careers\u00bb, le ph\u00e9nom\u00e8ne des \u00abslashers\u00bb est d\u2019abord une r\u00e9ponse \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 de l\u2019emploi. Avoir un travail unique toute sa vie n\u2019est plus un symbole de s\u00e9curit\u00e9 sociale et financi\u00e8re. Ces personnes r\u00e9alisent qu\u2019elles doivent se diversifier, d\u00e9velopper des comp\u00e9tences multiples et trouver de nouvelles mani\u00e8res de se sentir accomplies. Elles r\u00e9agissent en quelque sorte au nouvel univers de l\u2019entreprise. \u00abLes carri\u00e8res traditionnelles offrent moins d\u2019attraits \u00e0 l\u2019heure actuelle, mais il y a aussi le fait que peu d\u2019entreprises sont aujourd\u2019hui encore en mesure d\u2019offrir une stabilit\u00e9 \u00e0 long terme, souligne Tib\u00e8re Adler, directeur romand du Think tank \u00e9conomique Avenir Suisse. Face \u00e0 ce constat, les gens rebondissent et inventent de nouveaux sch\u00e9mas professionnels.\u00bb Il observe deux mouvements. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, des salari\u00e9s qui multiplient les emplois \u00e0 cause d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9conomique induite par la r\u00e9alit\u00e9 du march\u00e9 de l\u2019emploi. De l\u2019autre, ceux qui le font par choix, pla\u00e7ant leur d\u00e9veloppement personnel au premier plan.<\/p>\n<p><strong>Besoin d\u2019ind\u00e9pendance<\/strong><\/p>\n<p>Il est aujourd\u2019hui possible de privil\u00e9gier ce mode de vie, car les formes de travail sont en train d\u2019\u00e9voluer. \u00abOn observe une plus grande flexibilit\u00e9 de la part des employeurs, concernant l\u2019acceptation du temps partiel d\u00e9j\u00e0, mais aussi dans l\u2019organisation-m\u00eame des soci\u00e9t\u00e9s, poursuit Tib\u00e8re Adler. Beaucoup d\u2019entreprises, gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9volution digitale et au t\u00e9l\u00e9travail par exemple, n\u2019exigent plus autant de pr\u00e9sence sur le lieu de travail. Seul le r\u00e9sultat importe.\u00bb Cette nouvelle souplesse permet alors \u00e0 ceux qui le souhaitent de d\u00e9velopper une autre activit\u00e9 en marge de leur emploi principal. D\u2019apr\u00e8s le sp\u00e9cialiste en ressources humaines Angelo Vicario, il \u00e9tait encore inimaginable il y a une quinzaine d\u2019ann\u00e9es de voir des entreprises actives dans des domaines tels que la finance accepter des temps partiels. \u00abCela prouve que les mentalit\u00e9s \u00e9voluent, et que les patrons qui laissent davantage de libert\u00e9 \u00e0 leurs employ\u00e9s y trouvent aussi leur compte. Cette flexibilit\u00e9 fait aujourd\u2019hui partie de la politique de plus en plus de soci\u00e9t\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Lui-m\u00eame directeur d\u2019entreprise, Angelo Vicario, emploie 70% de ses collaborateurs \u00e0 temps partiel, \u00e0 des pourcentages divers. \u00abLe fait de leur laisser la possibilit\u00e9 et le temps d\u2019exercer une autre activit\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9, lucrative ou non, leur permet de s\u2019\u00e9panouir. Et ils restent plus longtemps! En 16 ans, ma soci\u00e9t\u00e9 a connu un tournus de personnel particuli\u00e8rement faible.\u00bb<\/p>\n<p>Bien des \u00abslashers\u00bb exercent une activit\u00e9 \u00e0 leur compte, ce qui r\u00e9pond encore davantage \u00e0 leur besoin d\u2019accomplissement. \u00abIls sont motiv\u00e9s \u00e0 travailler en ind\u00e9pendant pour organiser leur temps tout en conservant la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019un emploi salari\u00e9 \u00e0 temps partiel, observe la coach de vie Dani\u00e8le Laot Rapp. Elles se fa\u00e7onnent ainsi un mode de travail sur mesure qui correspond \u00e0 leurs valeurs et \u00e0 leurs besoins.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Vers la fin du salariat<\/strong><\/p>\n<p>Le sentiment de libert\u00e9 procur\u00e9 par une activit\u00e9 ind\u00e9pendante prime sur le sacrifice \u00e9conomique. \u00abG\u00e9rer son temps comme on le souhaite est un v\u00e9ritable luxe, t\u00e9moigne Valentine Ebner, professeure \u00e0 la Haute Ecole d\u2019art et de design de Gen\u00e8ve \u00e0 60% et ind\u00e9pendante \u00e0 40%. Pouvoir mener d\u2019autres exp\u00e9riences en dehors de son travail principal est tr\u00e8s enrichissant.\u00bb Ceux qui gardent leur emploi de salari\u00e9 ne le font pas seulement pour la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique. \u00abRester salari\u00e9 permet de garder un pied dans le march\u00e9 du travail, de se faire un r\u00e9seau, d\u2019\u00e9changer avec des coll\u00e8gues, car en tant qu\u2019ind\u00e9pendant on est souvent tr\u00e8s seul, dit Sophie Aubort, formatrice pour adultes salari\u00e9e et coach ind\u00e9pendante. Je n\u2019ai pas gard\u00e9 mon emploi salari\u00e9 pour des raisons financi\u00e8res mais parce que l\u2019alliance de mes deux activit\u00e9s m\u2019apporte un bon \u00e9quilibre.\u00bb<\/p>\n<p>Les \u00abslashers\u00bb ne sont pas les seuls \u00e0 refuser \u00abd\u2019entrer dans le moule\u00bb et \u00e0 vouloir s\u2019affranchir des formes de travail classique. \u00abNous ne sommes qu\u2019au d\u00e9but de cette \u00e9volution qui bouleverse le salariat traditionnel, constate Tib\u00e8re Adler. Pour se lib\u00e9rer des charges sociales, certaines entreprises ne veulent plus non plus de salari\u00e9s, \u00e0 l\u2019image d\u2019Uber, qui n\u2019emploie pas de personnel mais pr\u00e9l\u00e8ve une commission aupr\u00e8s de ses chauffeurs. Ce genre de mod\u00e8le offre une flexibilit\u00e9 de l\u2019emploi et permet le cumul de diverses activit\u00e9s. Cependant, l&rsquo;entreprise transf\u00e8re alors beaucoup plus de responsabilit\u00e9s \u00e0 l\u2019individu que dans le cadre d\u2019un contrat de travail classique.\u00bb<br \/>\n_______<br \/>\nPORTRAITS<\/p>\n<p><strong>\u00abSi je n\u2019avais qu\u2019un seul emploi je m\u2019ennuierais\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ashkhen Longet, Genevoise d\u2019adoption \u00e2g\u00e9e de 25 ans, a toujours cumul\u00e9 plusieurs jobs. \u00abLorsque j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019universit\u00e9, je travaillais d\u00e9j\u00e0 dans diff\u00e9rentes structures en parall\u00e8le, plus par besoin de me diversifier que pour des questions d\u2019argent. Lorsque j\u2019ai termin\u00e9 mes \u00e9tudes, j\u2019ai continu\u00e9 de fonctionner ainsi.\u00bb En 2014, son master d\u2019espagnol en poche, cette polyglotte d\u2019origine russe est embauch\u00e9e dans une entreprise de gestion de risques et de patrimoine \u00e0 75%, en tant que responsable de la communication. En parall\u00e8le, elle lance avec une amie Dream Events, une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019organisation de mariages et d\u2019\u00e9v\u00e9nements pour les enfants. Le week-end, elle donne \u00e9galement des cours d\u2019anglais \u00e0 des enfants. \u00abTout est une question de volont\u00e9, de passion et bien s\u00fbr de gestion du temps. J\u2019ai un agenda tr\u00e8s charg\u00e9 mais cela me permet de mieux m\u2019organiser et d\u2019ainsi appr\u00e9cier encore plus le temps libre aupr\u00e8s de mes proches. Par contre, ce sont souvent mes heures de sommeil qui diminuent!\u00bb<\/p>\n<p>La jeune femme n\u2019imagine pas abandonner son emploi salari\u00e9 pour se consacrer \u00e0 plein temps \u00e0 son activit\u00e9 ind\u00e9pendante: \u00abMon travail fixe m\u2019offre une stabilit\u00e9 et la possibilit\u00e9 de progresser constamment au sein d\u2019un collectif, tandis que mon temps partiel me permet de faire d\u2019autres exp\u00e9riences. Que ce soit en tant que salari\u00e9e ou ind\u00e9pendante, je pense que je m\u2019ennuierais dans un travail \u00e0 100%. J\u2019ai besoin de d\u00e9ployer mon \u00e9nergie dans des activit\u00e9s diff\u00e9rentes. Cela me permet de d\u00e9velopper des comp\u00e9tences vari\u00e9es, d\u2019allier plusieurs de mes int\u00e9r\u00eats et de faire des rencontres. Ces trois aspects sont pour moi aussi importants que la r\u00e9mun\u00e9ration.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abNous sommes des inconscients heureux\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Sophie Aubort et C\u00e9dric Reynaud ont tous deux choisi de d\u00e9velopper une activit\u00e9 ind\u00e9pendante en \u00e9tant salari\u00e9s \u00e0 temps partiel. C\u2019est le besoin de trouver un sens \u00e0 leur parcours professionnel qui a pouss\u00e9 ce couple yverdonnois \u00e0 privil\u00e9gier ce mode de vie. Employ\u00e9e \u00e0 70% dans une soci\u00e9t\u00e9 de formation pour adulte, Sophie est aussi coach de vie \u00e0 20% pour sa propre soci\u00e9t\u00e9, Coaching Sophie. \u00abCes deux activit\u00e9s sont pour moi compl\u00e9mentaires et me permettent de trouver un \u00e9quilibre, explique la jeune femme de 26 ans. Je ne voudrais pratiquer ni l\u2019une ni l\u2019autre \u00e0 100%, je ne me vois pas placer tous mes int\u00e9r\u00eats et mes attentes dans un unique emploi.\u00bb Elle ajoute que conserver un travail salari\u00e9 permet de garder un pied dans le march\u00e9 de l\u2019emploi, d\u2019avoir des coll\u00e8gues, de se constituer un r\u00e9seau. \u00abC\u2019est sain, car on est souvent tr\u00e8s seul en tant qu\u2019ind\u00e9pendant.\u00bb<\/p>\n<p>Son mari C\u00e9dric, 29 ans, cadre \u00e0 60% chez InnoPark et fondateur de la soci\u00e9t\u00e9 Creativ ID, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019aide \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019entreprise, est du m\u00eame avis. \u00abTravailler \u00e0 temps partiel et d\u00e9velopper une activit\u00e9 ind\u00e9pendante demande des concessions, notamment financi\u00e8res. Il faut par exemple faire le deuil de la maison et de la belle voiture, mais cela offre une autre qualit\u00e9 de vie. Avec notre activit\u00e9 ind\u00e9pendante, nous pouvons g\u00e9rer notre temps et partager par exemple davantage de moments ensemble.\u00bb Le couple avoue faire figure d\u2019ovni dans son entourage. Grands-parents et parents ne comprennent pas leur choix. \u00abLeur vision du travail est toute autre, c\u2019est une question de g\u00e9n\u00e9ration. Ils s\u2019inqui\u00e8tent pour notre situation financi\u00e8re et nous traitent d\u2019inconscients. Nous leur r\u00e9pondons que nous sommes des inconscients heureux.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJe fuis le travail trop r\u00e9p\u00e9titif\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 \u00e0 100% durant cinq ans dans un bureau de chasseurs de tendances \u00e0 Paris, Valentine Ebner est engag\u00e9e en 2003 \u00e0 la Haute Ecole d\u2019art et design de Gen\u00e8ve (HEAD) en tant que charg\u00e9e de cours en design de mode. \u00abJ\u2019avais r\u00e9alis\u00e9 que travailler \u00e0 100% ne me convenait pas, indique la designer de 46 ans. Comme les postes de charg\u00e9s de cours sont limit\u00e9s \u00e0 un certain pourcentage, cela me convenait donc parfaitement.\u00bb Pour combler son 40% restant, elle lance sa marque de linge de maison Industrial Craft Design, constitue des dossiers de tendance pour des clients et effectue des recherches dans le d\u00e9veloppement de nouveaux tissus. \u00abL\u2019argent n\u2019est pas mon principal moteur. Je me sens privil\u00e9gi\u00e9e car je peux g\u00e9rer mon temps comme je l\u2019entends. Je travaille beaucoup, parfois le dimanche ou la nuit, mais je n\u2019en ai pas l\u2019impression. Le sentiment de libert\u00e9 prime. Je vis seule et n\u2019ai pas d\u2019enfants, c\u2019est peut-\u00eatre aussi pour cela que je peux me le permettre.\u00bb<\/p>\n<p>Au sein de la HEAD, Valentine Ebner est compl\u00e8tement transparente sur ses activit\u00e9s parall\u00e8les. \u00abC\u2019est m\u00eame encourag\u00e9 tant que cela n\u2019empi\u00e8te pas sur le travail des enseignants. Et justement, les divers projets que je d\u00e9veloppe en dehors nourrissent mes cours.\u00bb Depuis peu, elle enseigne \u00e9galement l\u2019analyse des tendances \u00e0 Renens, dans le cadre du nouveau Master Innokick. \u00abJe planche encore sur de nombreux projets \u00e0 10 ou 15%. Je fuis le travail r\u00e9p\u00e9titif. Je reste toujours \u00e0 l\u2019affut pour remplir mes 40% de libre.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toujours plus de Suisses cumulent plusieurs activit\u00e9s professionnelles dans des secteurs souvent compl\u00e8tement diff\u00e9rents. 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