



{"id":4574,"date":"2015-12-24T12:04:34","date_gmt":"2015-12-24T10:04:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4574"},"modified":"2016-01-07T18:59:03","modified_gmt":"2016-01-07T16:59:03","slug":"soins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4574","title":{"rendered":"Des m\u00e9dicaments venus du ciel"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large20151223.jpg\" alt=\"Large20151223.jpg\" title=\"Large20151223.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Le drone ressemble \u00e0 une grosse mouche m\u00e9tallique, entour\u00e9e d\u2019une cage circulaire. Lorsque l\u2019appareil se met en vol, la cage agit comme une coque protectrice. Il peut se cogner contre les obstacles sans dommage. \u00abNous avons pass\u00e9 des centaines d\u2019heures \u00e0 observer des insectes voler pour comprendre comment ils font pour rester stables apr\u00e8s une collision, d\u00e9taille Patrick Th\u00e9voz, cofondateur de <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.flyability.com\/\">Flyability<\/a>, une soci\u00e9t\u00e9 lausannoise issue du P\u00f4le de recherche national en robotique de l\u2019EPFL, r\u00e9cemment class\u00e9e parmi les trois meilleures start-up suisses par Venturelab. Il en est n\u00e9 un drone incroyablement souple et agile, capable de se glisser dans les environnements les plus hostiles et exigus.\u00bb<\/p>\n<p>Cela en fait un partenaire id\u00e9al pour les sauveteurs, lorsqu\u2019il s\u2019agit de retrouver des victimes coinc\u00e9es sous un immeuble effondr\u00e9 apr\u00e8s un tremblement de terre, pris au pi\u00e8ge dans un b\u00e2timent en feu ou surpris par une temp\u00eate en haute montagne. \u00abLes robots roulants utilis\u00e9s actuellement sont souvent bloqu\u00e9s par des d\u00e9bris au sol, note l\u2019entrepreneur. On l\u2019a vu \u00e0 Fukushima, o\u00f9 ils ne sont pas parvenus \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans la centrale nucl\u00e9aire endommag\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/mttr.net\/\">Matternet<\/a>, une start-up californienne, a pour sa part cr\u00e9\u00e9 des drones capables d\u2019amener des m\u00e9dicaments et des biens de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 (eau, rations alimentaires) aux victimes de catastrophes naturelles. Elle les a test\u00e9s en Ha\u00efti suite au tremblement de terre de 2010 et au Bhoutan, pays choisi en raison du mauvais \u00e9tat de ses routes, et donc id\u00e9al pour tester les drones.<\/p>\n<p>Terre des Hommes aussi s\u2019est servi de drones en Ha\u00efti, apr\u00e8s le passage de l\u2019ouragan Sandy en 2012. \u00abCertaines maisons avaient \u00e9t\u00e9 emport\u00e9es sur 15 kilom\u00e8tres par une rivi\u00e8re, rel\u00e8ve Fr\u00e9d\u00e9ric Moine, conseiller en syst\u00e8mes d\u2019information aupr\u00e8s de l\u2019ONG. Un drone \u00e9quip\u00e9 d\u2019une cam\u00e9ra nous a permis de constater l\u2019ampleur des d\u00e9g\u00e2ts.\u00bb La comparaison de ces images avec celles r\u00e9alis\u00e9es avant la catastrophe par OpenStreetMap, une initiative citoyenne de cartographie participative qui a pour but de cr\u00e9er une carte du monde en libre acc\u00e8s gr\u00e2ce aux inputs des communaut\u00e9s locales, a permis de guider les efforts de reconstruction.<\/p>\n<p>Medair, une autre agence humanitaire, en a fait un usage similaire gr\u00e2ce au soutien de la Cha\u00eene du Bonheur suite au typhon Haiyan, qui a ravag\u00e9 les Philippines en 2013. D\u2019autres ONG s\u2019en servent pour surveiller les mouvements de r\u00e9fugi\u00e9s ou pour rep\u00e9rer si des mines antipersonnel ont migr\u00e9 suite \u00e0 un glissement de terrain.<\/p>\n<p><strong>Ambulance volante<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019humanitaire n\u2019est pas la seule application possible. Alec Momont, un chercheur de l\u2019Universit\u00e9 de Delft, aux Pays-Bas, a imagin\u00e9 un appareil qui pourrait servir d\u2019ambulance volante. Equip\u00e9 d\u2019une bo\u00eete contenant un d\u00e9fibrillateur, un tourniquet et quelques autres outils de premier secours, il peut atteindre un patient en l\u2019espace d\u2019une minute dans un rayon de 12 km2, contre dix minutes en moyenne pour une ambulance classique.<\/p>\n<p>Le drone s\u2019oriente gr\u00e2ce \u00e0 un GPS qui se connecte au t\u00e9l\u00e9phone portable de celui qui a appel\u00e9 les urgences. Et une fois arriv\u00e9 sur le site de l\u2019accident, il permet \u00e0 un soignant de poser un diagnostic \u00e0 distance et de guider les gestes de secours par le biais d\u2019une cam\u00e9ra fix\u00e9e sur le drone. \u00abCela permet de faire passer les chances de survie d\u2019un patient en arr\u00eat cardiaque de 8 \u00e0 80%\u00bb, selon Alex Momont.<\/p>\n<p>Cornelius Thiels, m\u00e9decin et chercheur \u00e0 la clinique Mayo, dans le Minnesota, a une autre id\u00e9e en t\u00eate. \u00abBeaucoup d\u2019h\u00f4pitaux ne parviennent pas \u00e0 stocker suffisamment de produits sanguins. Un seul patient n\u00e9cessitant une transfusion massive peut \u00e9puiser leurs r\u00e9serves.\u00bb R\u00e9sultat, ils doivent transf\u00e9rer le malade vers un autre h\u00f4pital ou se faire livrer du sang par la route ou par les airs.<\/p>\n<p>Outre son co\u00fbt, une telle op\u00e9ration repr\u00e9sente un risque pour le personnel de sant\u00e9 \u2013 chaque ann\u00e9e, 40 soignants d\u00e9c\u00e8dent au cours de ce genre de transferts \u2013 et le v\u00e9hicule peut rester coinc\u00e9 dans le trafic, mettant en danger la vie du patient.<\/p>\n<p>Ces engins pourraient servir aussi \u00e0 acheminer des \u00e9chantillons de laboratoire ou des m\u00e9dicaments aux patients vivant dans des zones recul\u00e9es. \u00abLes traitements \u00e0 base de narcotiques pourraient \u00eatre livr\u00e9s sous forme de dose quotidienne, plut\u00f4t que mensuelle, ce qui minimiserait les risques de d\u00e9pendance\u00bb, ajoute le m\u00e9decin. A terme, ces appareils pourraient m\u00eame transporter des organes. \u00abCela permettrait de coordonner l\u2019offre et la demande de fa\u00e7on plus flexible, et donc de r\u00e9duire le temps d\u2019attente chez les patients n\u00e9cessitant une transplantation.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Drones de recherche<\/strong><\/p>\n<p>La recherche m\u00e9dicale a elle aussi commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019appuyer sur les drones. Project Premonition, une initiative am\u00e9ricaine qui a pour but d\u2019identifier de nouveaux virus en d\u00e9codant leur g\u00e9nome, s\u2019en sert pour capturer des moustiques et acc\u00e9der aux \u00e9chantillons de sang animal ou humain qu\u2019ils contiennent. \u00abJe chasse les moustiques depuis vingt ans et jusqu\u2019ici, cela impliquait de poser des pi\u00e8ges en pleine nature \u00e0 pied ou en camion, soupire Douglas Norris, microbiologiste \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 John Hopkins, qui participe au projet. Une \u00e9quipe de scientifiques pouvait en poser 8 \u00e0 12 par jour au maximum.\u00bb Project Premonition veut d\u00e9sormais confier cette t\u00e2che \u00e0 un drone. \u00abIl peut voler en ligne droite, sans devoir contourner des obstacles, et peut travailler jour et nuit\u00bb, se r\u00e9jouit le scientifique. Il pense qu\u2019un seul de ces engins pourrait remplacer une \u00e9quipe enti\u00e8re de poseurs de pi\u00e8ges.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leur potentiel, les drones ont encore du chemin \u00e0 parcourir. L\u2019appareil moyen ne peut porter plus de 2 ou 3 kilos et ne peut rester en l\u2019air que durant une heure. Cela restreint son rayon d\u2019action \u00e0 90 km2 au maximum. \u00abSi on leur fait transporter des m\u00e9dicaments ou des \u00e9chantillons de laboratoire, il faut en outre s\u2019assurer qu\u2019ils ne soient pas expos\u00e9s \u00e0 la chaleur ou \u00e0 l\u2019humidit\u00e9 en cours de vol\u00bb, note Cornelius Thiels.<\/p>\n<p>De nombreux pays ont aussi des lois restreignant l\u2019usage de leur espace a\u00e9rien par des drones. \u00abChaque Etat a ses propres r\u00e8gles, rel\u00e8ve Patrick Th\u00e9voz, de Flyability. En Suisse, les drones ne peuvent pas voler \u00e0 moins de 5 km d\u2019un a\u00e9roport, au-del\u00e0 d\u2019une certaine altitude et au-dessus d\u2019une foule.\u00bb En France, il faut d\u00e9poser ses plans de vol aupr\u00e8s des autorit\u00e9s et obtenir une homologation. \u00abMais une loi est en pr\u00e9paration, sur le plan europ\u00e9en, pour uniformiser tout cela\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>L\u2019usage de ces appareils volants soul\u00e8ve en outre certaines questions en lien avec la protection de la vie priv\u00e9e. Si on les d\u00e9ploie pour surveiller des r\u00e9fugi\u00e9s avec une r\u00e9solution de 4 cm au sol, leur visage devient tout \u00e0 fait reconnaissable. De m\u00eame, si les m\u00e9dicaments envoy\u00e9s au domicile d\u2019un patient sont intercept\u00e9s par un voisin par exemple, celui-ci aurait des informations sur son \u00e9tat de sant\u00e9. L\u2019envol des drones doit donc encore surmonter plusieurs obstacles.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 7).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/invivomagazine.com\" target=\"_blank\">invivomagazine.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chercheurs et humanitaires s\u2019int\u00e9ressent aux drones pour aider les patients et les victimes de catastrophes. Mais des obstacles techniques et l\u00e9gislatifs restent \u00e0 surmonter.<\/p>\n","protected":false},"author":19062,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-4574","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4574","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19062"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4574"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4574\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4574"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4574"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4574"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}