



{"id":4568,"date":"2015-12-16T15:56:25","date_gmt":"2015-12-16T13:56:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4568"},"modified":"2015-12-16T16:02:15","modified_gmt":"2015-12-16T14:02:15","slug":"sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4568","title":{"rendered":"Pourquoi nous ne dormons pas"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large151215.jpg\" alt=\"Large151215.jpg\" title=\"Large151215.jpg\" width=\"465\" height=\"317\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>La privation prolong\u00e9e de sommeil est consid\u00e9r\u00e9e comme une forme de torture par Amnesty International. Cela montre bien l\u2019importance du sommeil pour rester en bonne sant\u00e9. Pourtant, 10% des Europ\u00e9ens souffrent d\u2019un manque de sommeil. Voici les quatre principaux troubles:<\/p>\n<p><strong>Mauvaises habitudes<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons tous d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 une partie de la nuit au lit les yeux grands ouverts, incapables de trouver le sommeil. Cela est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00fb \u00e0 de mauvaises habitudes. \u00abTrop de caf\u00e9 ou d\u2019alcool pendant la soir\u00e9e, utilisation de la tablette ou de l\u2019ordinateur juste avant de se coucher, t\u00e9l\u00e9phone mobile sur la table de chevet, autant d\u2019exemples de mauvaises pratiques qui provoquent un manque de sommeil\u00bb, explique Philip T\u00f8nnesen, chercheur au Centre de m\u00e9decine du sommeil du Rigshospitalet, au Danemark. Son conseil: ne pas faire d\u2019exercice moins de trois heures avant de se coucher, ne pas boire de caf\u00e9 le soir et \u00e9viter de passer sa soir\u00e9e devant un \u00e9cran.<\/p>\n<p><strong>Narcolepsie <\/strong><\/p>\n<p>La narcolepsie touche une personne sur 10\u2019000 \u00e0 20\u2019000. Surtout connue \u00e0 travers les com\u00e9dies montrant des personnes s\u2019endormant sur leur assiette, c\u2019est une pathologie peu r\u00e9pandue mais relativement grave. Si la piste d\u2019une origine g\u00e9n\u00e9tique est aujourd\u2019hui privil\u00e9gi\u00e9e, elle semble \u00eatre en partie caus\u00e9e par une quantit\u00e9 insuffisante d\u2019orexine, un peptide qui nous maintient \u00e9veill\u00e9s. Un narcoleptique peut s\u2019endormir n\u2019importe o\u00f9, mais aussi tomber soudainement suite \u00e0 une cataplexie, un manque de tension musculaire provoqu\u00e9 par une \u00e9motion forte. \u00abLa narcolepsie touche surtout des jeunes d\u2019environ 20 ans, explique Michael Wiegand, professeur au centre m\u00e9dical du sommeil de la Technische Universit\u00e4t M\u00fcnchen (TUM). Outre les m\u00e9dicaments, les patients ont g\u00e9n\u00e9ralement besoin de psychoth\u00e9rapie, car la maladie leur a souvent valu de nombreux \u00e9checs dans leur scolarit\u00e9, leurs relations et leur vie professionnelle.\u00bb<\/p>\n<p>Avec un bon traitement, la plupart des narcoleptiques peuvent vivre une vie presque normale, d\u2019autant que la maladie diminue avec l\u2019\u00e2ge. Les chercheurs seraient m\u00eame en passe de trouver un rem\u00e8de. \u00abNous sommes tr\u00e8s pr\u00e8s de trouver l\u2019origine du manque de ce peptide, dit Michael Wiegand. Nous n\u2019y sommes pas encore, mais nous y arriverons.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Insomnie<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019insomnie peut \u00eatre aigu\u00eb ou chronique. Elle se caract\u00e9rise par une difficult\u00e9 \u00e0 s\u2019endormir et\/ou \u00e0 rester endormi. Elle est suivie par une impression de fatigue la journ\u00e9e qui suit. Pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme chronique, sa dur\u00e9e doit \u00eatre d\u2019au moins trois mois et elle peut se poursuivre pendant plusieurs ann\u00e9es. Elle touche 5 \u00e0 10% des Europ\u00e9ens. \u00abLes facteurs psychologiques, comme le stress, sont souvent les d\u00e9clencheurs de cette forme passag\u00e8re d\u2019insomnie, indique Philip T\u00f8nnesen. L\u2019insomnie chronique, elle, est plus souvent d\u00e9clench\u00e9e par un probl\u00e8me psychologique. Un cercle vicieux d\u2019inqui\u00e9tudes vient s\u2019ajouter au stress initial, rendant le sommeil encore plus inaccessible.\u00bb<\/p>\n<p>Certains troubles, comme la schizophr\u00e9nie, peuvent aussi provoquer l\u2019insomnie, mais selon Philip T\u00f8nnesen, les raisons purement physiologiques sont rares. Contrairement \u00e0 une id\u00e9e r\u00e9pandue, les somnif\u00e8res ne sont plus prescrits que rarement, au profit d\u2019une am\u00e9lioration de l\u2019hygi\u00e8ne du sommeil. Pour les cas s\u00e9v\u00e8res, une th\u00e9rapie cognitive de deux ou trois mois constitue la meilleure solution.<\/p>\n<p><strong>Apn\u00e9e du sommeil<br \/>\n<\/strong><br \/>\nL\u2019apn\u00e9e, caract\u00e9ris\u00e9e par un blocage r\u00e9current de la respiration, est le plus commun des troubles physiologiques du sommeil. La respiration est interrompue jusqu\u2019\u00e0 trente secondes, entre cinq et cent fois par heure, parce que la langue se rabat et bloque la gorge &#8212; d\u2019o\u00f9 son nom \u00abapn\u00e9e obstructive du sommeil\u00bb. Ce handicap touche 2% des femmes et 5% des hommes, et entra\u00eene chez eux une fatigue perp\u00e9tuelle. Rien d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 cela: le sommeil permet \u00e0 une partie du cerveau de se reposer. Mais cette derni\u00e8re s\u2019active si nous cessons de respirer. Ainsi, si notre respiration s\u2019arr\u00eate toutes les deux minutes, le cerveau risque de ne pas avoir le temps du tout de r\u00e9cup\u00e9rer. L\u2019apn\u00e9e du sommeil peut s\u2019accompagner de cons\u00e9quences s\u00e9rieuses: un risque accru de troubles cardiovasculaires ainsi que de mort pr\u00e9matur\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour les formes b\u00e9nignes, le premier traitement est li\u00e9 au mode de vie. Il implique souvent un r\u00e9gime amaigrissant, \u00e9tant donn\u00e9 que trois patients sur quatre sont en surpoids. Pour les cas mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 s\u00e9v\u00e8res, le traitement standard est un appareil de ventilation appel\u00e9 PPC (\u00abpression positive continue\u00bb). Port\u00e9 pendant la nuit, il insuffle de l\u2019air pressuris\u00e9 dans la bouche et le nez pour maintenir la gorge ouverte. Des bagues fixant la langue, ainsi que diff\u00e9rentes op\u00e9rations chirurgicales figurent parmi les autres solutions. Philip T\u00f8nnesen d\u00e9veloppe actuellement un petit appareil pour les personnes dont l\u2019apn\u00e9e du sommeil d\u00e9pend de leur position. Fix\u00e9 sur le torse, il \u00e9met des vibrations lorsque le patient se tourne sur le dos et cesse lorsqu\u2019il revient sur le c\u00f4t\u00e9.<br \/>\n_______<br \/>\nENCADRES<\/p>\n<p><strong>Outil de diagnostic <\/strong><\/p>\n<p>\u00abLe sommeil est un processus physiologique qui a une grande influence sur la sant\u00e9\u00bb, explique Poul Jennum, directeur du Centre danois de m\u00e9decine du sommeil. C\u2019est pour cette raison qu\u2019avec Helge Bjarup S\u00f8rensen du service d\u2019Ing\u00e9nierie \u00e9lectrique de la Danmarks Tekniske Universitet (DTU), il analyse et interpr\u00e8te les donn\u00e9es de milliers de patients endormis, \u00e0 la recherche de maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives. \u00abEnsemble, nous concevons des m\u00e9thodes d\u2019analyse automatique pour rechercher des \u00e9v\u00e9nements inhabituels pouvant servir de biomarqueurs pour une maladie donn\u00e9e. Ensuite, nous int\u00e9grons ces d\u00e9couvertes \u00e0 des algorithmes, ce qui permet \u00e0 un ordinateur d\u2019analyser les donn\u00e9es d\u2019un patient en quelques minutes, alors qu\u2019un cerveau humain mettrait entre trois et cinq heures\u00bb, explique Helge Bjarup S\u00f8rensen.<\/p>\n<p>Cette collaboration a donn\u00e9 naissance \u00e0 un logiciel de d\u00e9tection de structures du sommeil, ainsi qu\u2019\u00e0 la d\u00e9couverte brevet\u00e9e de biomarqueurs \u00e9lectrophysiologiques combinant des donn\u00e9es du sommeil paradoxal et de l\u2019activit\u00e9 musculaire. Pour les deux chercheurs, cela pourrait aider les m\u00e9decins \u00e0 d\u00e9tecter la maladie de Parkinson dix \u00e0 douze ans plus t\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019heure actuelle. \u00abNous d\u00e9veloppons un algorithme capable d\u2019analyser les donn\u00e9es d\u2019un patient et de fournir au m\u00e9decin un profil des risques. Cette d\u00e9couverte pourrait aider les patients, les m\u00e9decins et la soci\u00e9t\u00e9\u00bb, affirme Poul Jennum.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Dormir, un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel<\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame si la qualit\u00e9 et la dose minimale n\u00e9cessaires varient selon le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique d\u2019un individu, on peut dire que le sommeil a \u00e9volu\u00e9 au fil de l\u2019Histoire. Ainsi, Michael Wiegand note qu\u2019au Moyen \u00c2ge, avant l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, les gens se couchaient t\u00f4t, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, puis se relevaient vers minuit pour se retrouver sur la place du march\u00e9 &#8212; \u00abpour une pause dans le sommeil\u00bb &#8212; avant de se recoucher vers 2h. De nos jours, en Asie, il n\u2019est pas rare que des personnes s\u2019endorment au restaurant, voire \u00e0 des conf\u00e9rences scientifiques. \u00abDans certaines cultures, dormir en public permet de montrer qu\u2019on est quelqu\u2019un de tr\u00e8s occup\u00e9\u00bb, explique Michael Wiegand.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Technologist (no 7).<\/p>\n<p>Pour souscrire un abonnement \u00e0 Technologist au prix de CHF 45.- (42 euros) pour 8 num\u00e9ros, rendez-vous sur <a href=\"http:\/\/technologist.eu\" target=\"_blank\">technologist.eu<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troubles du sommeil peuvent bouleverser une vie, jusqu\u2019\u00e0 faire perdre emploi et amis. Heureusement, les scientifiques en comprennent de mieux en mieux les causes.<\/p>\n","protected":false},"author":20169,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4568","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20169"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4568"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4568\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}