



{"id":4560,"date":"2015-12-04T10:03:12","date_gmt":"2015-12-04T08:03:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4560"},"modified":"2015-12-04T10:08:20","modified_gmt":"2015-12-04T08:08:20","slug":"seniors","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4560","title":{"rendered":"La retraite au soleil"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large20151203.jpg\" alt=\"Large20151203.jpg\" title=\"Large20151203.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Une jolie maison blanche au toit plat entour\u00e9e d\u2019un jardin luxuriant plant\u00e9 de palmiers, d\u2019arbres fruitiers et d\u2019essences de toutes sortes. Un \u00eelot de verdure et de calme au milieu du b\u00e9ton et de l\u2019agitation du \u00abbled-el arbi\u00bb de Tunis, la ville arabe et populaire de la capitale tunisienne. Ici vivent Marie-Anne Couvreu, 59 ans, et son conjoint, elle Franco-Suisse, lui Fran\u00e7ais. Retir\u00e9s de la vie professionnelle, ils ont choisi, comme beaucoup, de s\u2019expatrier sous d\u2019autres cieux.<\/p>\n<p>\u00abNous n\u2019aurions jamais imagin\u00e9 nous installer en Tunisie, raconte Marie-Anne Couvreu, attabl\u00e9e \u00e0 l\u2019ombre de la tonnelle de vigne et de jasmin. Nous sommes venus juste apr\u00e8s la r\u00e9volution, en janvier 2011. On s\u2019est dit que pour une fois qu\u2019il y avait une r\u00e9volution, on ne voulait pas la suivre \u00e0 la radio. Mon compagnon venait d\u2019arr\u00eater de travailler. Je me t\u00e2tais pour arr\u00eater \u00e9galement. Nous avions du temps.\u00bb Le conjoint de Marie-Anne Couvreu dirigeait une agence de communication, qu\u2019il a vendue. Elle en \u00e9tait la directrice de cr\u00e9ation. Elle a aussi cr\u00e9\u00e9 et dirig\u00e9 une galerie d\u2019arts graphiques \u00e0 Paris pendant douze ans.<\/p>\n<p><strong>Proximit\u00e9 et co\u00fbt de la vie<\/strong><\/p>\n<p>Il faudra attendre plus de deux ans pour que l\u2019achat soit finalis\u00e9. Puis il a fallu r\u00e9nover et faire revivre le jardin. \u00abNous avons commenc\u00e9 les travaux fin 2013 et nous avons tout de suite plant\u00e9, plant\u00e9, plant\u00e9. Nettoy\u00e9 et plant\u00e9.\u00bb Sur le terrain du couple se trouve \u00e9galement une autre b\u00e2tisse, de style arabe, avec son patio caract\u00e9ristique. Encore en chantier, elle doit servir \u00e0 recevoir famille et amis, d\u00e9j\u00e0 venus souvent en visite. Les concubins, toujours officiellement r\u00e9sidents fran\u00e7ais, font aussi r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019aller-retour avec la France. \u00abCe n\u2019est pas loin. De Marseille, c\u2019est 1h30 en avion. Et il y a des billets pas chers. C\u2019est quelque chose qui a compt\u00e9 dans notre d\u00e9cision.\u00bb<\/p>\n<p>Autre \u00e9l\u00e9ment qui a compt\u00e9: le co\u00fbt de la vie en Tunisie. \u00abJe n\u2019aurais jamais pu avoir une maison comme celle-l\u00e0 en France ou en Italie. On avait un bel appartement \u00e0 Paris, que l\u2019on a vendu et qui nous a permis d\u2019acheter ici et de faire les travaux. La journ\u00e9e de ma\u00e7on revient \u00e0 25 dinars (environ 12,5 francs, ndlr). A part la maison, que je garde tr\u00e8s simple, je ne d\u00e9pense rien. Vivre ici ne co\u00fbte pas cher.\u00bb Seul petit luxe: une discr\u00e8te piscine dans un coin du jardin.<\/p>\n<p>Rares sont les expatri\u00e9s occidentaux \u00e0 vivre dans les quartiers populaires de Tunis. \u00abJ\u2019ai envie d\u2019habiter dans un endroit \u00abvivant\u00bb, de pouvoir aller au march\u00e9\u00bb, explique Marie-Anne Couvreu, qui s\u2019est fait plein d\u2019amis en Tunisie. \u00abDans ce pays, on rencontre tr\u00e8s vite des gens. Je peux appeler n\u2019importe qui, pour aller au cin\u00e9ma ou voir une expo. En plus, tout le monde parle fran\u00e7ais.\u00bb Les deux attentats dans lesquels 59 touristes sont morts cette ann\u00e9e n\u2019effraient pas la Franco-Suisse. \u00ab\u00c7a ne m\u2019inqui\u00e8te pas plus ici qu\u2019\u00e0 Paris, relativise-t-elle, avant d\u2019ajouter: Je me vois bien rester en Tunisie. J\u2019ai aussi un confort de vie qui me permet de prendre l\u2019avion si j\u2019ai envie d\u2019aller ailleurs. Je veux garder cette ind\u00e9pendance-l\u00e0.\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00abJe ne pourrais pas vivre en Suisse\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>La libert\u00e9 de mouvement dont jouit Marie-Anne Couvreu n\u2019est pas donn\u00e9e \u00e0 tout le monde. Ute Hobi, 78 ans, s\u2019est install\u00e9e \u00e0 Chiang Mai, en Tha\u00eflande, en 1996, apr\u00e8s \u00eatre tomb\u00e9e au ch\u00f4mage quatre ans plus t\u00f4t. Elle poss\u00e8de un visa retraite &#8212; pour lequel il faut justifier d\u2019un revenu mensuel d\u2019au moins 65\u2019000 bahts, soit environ 1750 francs, ou d\u2019un capital de 800\u2019000 bahts, soit environ 22\u2019000 francs &#8212; qui lui permet de vivre \u00e0 l\u2019ann\u00e9e dans ce pays en restant r\u00e9sidente suisse, sans payer d\u2019imp\u00f4t en Tha\u00eflande. Elle loue une petite maison avec son conjoint tha\u00eflandais. Elle touche uniquement l\u2019AVS et n\u2019a pas d\u2019\u00e9conomies.<\/p>\n<p>La Saint-Galloise se dit \u00aboblig\u00e9e\u00bb de rester en Tha\u00eflande car son AVS ne lui permet pas de vivre en Suisse. \u00abJ\u2019aurais bien aim\u00e9 revenir en Suisse pour vivre pr\u00e8s de ma famille, mais je ne pourrais pas \u00abvivre\u00bb, seulement v\u00e9g\u00e9ter.\u00bb Elle met de c\u00f4t\u00e9 de quoi rendre visite \u00e0 sa famille en Suisse tous les deux ans. \u00abMa vie en Tha\u00eflande est un nouvel apprentissage. Ici, le mot solidarit\u00e9 veut encore dire quelque chose, l\u2019entraide existe, ainsi que la tol\u00e9rance et la gentillesse. La nourriture est saine, les frais m\u00e9dicaux accessibles.\u00bb Elle souligne n\u2019avoir pas d\u2019assurance maladie: \u00abJe prie pour que rien ne m\u2019arrive, je ne saurais pas comment payer.\u00bb<\/p>\n<p>Vivre en Tha\u00eflande \u00e0 l\u2019ann\u00e9e? Pierre-Alain Perret n\u2019y songerait jamais. Cet ancien enseignant de 66 ans, d\u2019origine vaudoise, ne reste jamais longtemps dans le 40m2 qu\u2019il loue pour 200 francs par mois juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la station baln\u00e9aire de Pattaya, connue pour le tourisme sexuel. Il s\u2019en sert comme base pour rayonner dans toute l\u2019Asie du Sud-Est, notamment au Laos. Le baroudeur, \u00abc\u00e9libataire endurci\u00bb, peut compter sur une retraite d\u2019environ 4000 francs par mois, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019AVS et au 2e pilier. Titulaire d\u2019un visa retraite en Tha\u00eflande comme Ute Hobi, il tient \u00e0 passer au minimum cinq mois par an en Suisse: \u00abJe ne me couperai jamais de mes racines.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Choc culturel<\/strong><\/p>\n<p>Le tableau que Pierre-Alain Perret d\u00e9peint de la vie des retrait\u00e9s exil\u00e9s en Tha\u00eflande n\u2019est pas gai: \u00abLes promoteurs ont compris le business \u00e0 faire avec la population vieillissante europ\u00e9enne. On leur vend le soleil, les belles filles et des appartements \u00e0 30\u2019000 francs, mais c\u2019est un miroir aux alouettes. Culturellement, il n\u2019y a rien. Beaucoup d\u2019Occidentaux s\u2019ennuient \u00e0 mourir et se r\u00e9fugient dans l\u2019alcool. On les voit \u00e0 la plage, le matin, une canette de bi\u00e8re \u00e0 la main. Les couples ne parlent pas la m\u00eame langue. A part le sexe, on va \u00eatre tr\u00e8s clair, il n\u2019y a rien. Si un expatri\u00e9 n\u2019a pas d\u2019activit\u00e9, il est foutu. Le probl\u00e8me, c\u2019est que beaucoup d\u2019entre eux ont coup\u00e9 avec leur pays. Ce sont des d\u00e9racin\u00e9s.\u00bb<br \/>\n_______<br \/>\nCHIFFRE<\/p>\n<p><strong>146\u2019145<\/strong><\/p>\n<p>Le nombre de Suisses de plus de 65 ans qui vivaient \u00e0 l\u2019\u00e9tranger l\u2019an dernier, en hausse de 3,6% sur un an, selon le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Swissquote (no 5\/2015).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s la vie professionnelle, beaucoup de Suisses \u00e9migrent dans des pays chauds o\u00f9 ils b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un meilleur pouvoir d\u2019achat, par choix ou n\u00e9cessit\u00e9. Ce n\u2019est pas toujours le paradis. <\/p>\n","protected":false},"author":19892,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4560","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4560","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19892"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4560"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4560\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4560"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4560"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4560"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}