



{"id":4559,"date":"2015-12-03T11:40:23","date_gmt":"2015-12-03T09:40:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4559"},"modified":"2015-12-03T11:41:23","modified_gmt":"2015-12-03T09:41:23","slug":"loisirs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4559","title":{"rendered":"Les magasins de sports sous pression"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large021215.jpg\" border=\"0\" height=\"317\" width=\"465\" title=\"Large021215.jpg\" alt=\"Large021215.jpg\" \/><\/p>\n<p>\u00abEnviron 300&rsquo;000 paires de ski sont vendues chaque ann\u00e9e en Suisse. Si elles s\u2019\u00e9coulent \u00e0 500 francs en moyenne au lieu de 700, \u00e9videmment, cela fait une grosse diff\u00e9rence.\u00bb Le constat de Fran\u00e7ois Cruchon, vice-pr\u00e9sident de l\u2019Association suisse des magasins d\u2019articles de sport (Asmas), est sans appel: depuis la d\u00e9cision de la BNS, les magasins de sport souffrent. Pour rester comp\u00e9titifs face \u00e0 des produits soudainement devenus 20% moins chers dans les pays voisins, la plupart d\u2019entre eux ont baiss\u00e9 leurs prix, avec, au passage, d\u2019importantes pertes de revenus et de marges. Le recul du chiffre d\u2019affaires pour l\u2019ensemble de la branche a atteint 2,4%, 7,1% et 8,4% pour les trois premiers trimestres de 2015. Et les perspectives pour la fin de l\u2019ann\u00e9e ne sont gu\u00e8re r\u00e9jouissantes. L\u2019Asmas s\u2019attend \u00e0 un nouveau repli, et table sur une baisse de 4% \u00e0 6% pour l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e. \u00abNous sommes redescendus aux chiffres de 2001\u00bb, se d\u00e9sole Fran\u00e7ois Cruchon.<\/p>\n<p>Le soudain renforcement du franc mi-janvier s\u2019est particuli\u00e8rement fait sentir dans les magasins de sport des stations, qui d\u00e9pendent beaucoup de la client\u00e8le \u00e9trang\u00e8re. Certains h\u00f4tes ont simplement renonc\u00e9 \u00e0 leur s\u00e9jour. Quant \u00e0 ceux qui les ont maintenus, ils se sont montr\u00e9s peu enclins \u00e0 d\u00e9penser. Deux commerces interrog\u00e9s, en Valais et dans le canton de Vaud, \u00e9voquent des baisses de chiffre d\u2019affaires de l\u2019ordre de 15%. \u00abNous avons re\u00e7u une grosse claque, souligne Fran\u00e7ois Roux, propri\u00e9taire d\u2019Evasion Sports, \u00e0 Verbier (VS). Nous achetons toute notre marchandise pour la saison d\u2019hiver au mois d\u2019avril. Apr\u00e8s la d\u00e9cision de la BNS, nous avons revu nos prix \u00e0 la baisse, ce qui signifie que notre stock a perdu une bonne partie de de sa valeur du jour au lendemain.\u00bb A Villars (VD), D\u00e4twyler Sports, 18 employ\u00e9s, a \u00e9galement opt\u00e9 pour des rabais, mais cela n\u2019a pas suffi \u00e0 maintenir le volume des ventes. \u00abLes ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, plusieurs tour-op\u00e9rateurs britanniques avaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9laiss\u00e9 la station, raconte Michel D\u00e4twyler. Villars perd clairement des parts de march\u00e9 au profit de destinations d\u2019autres pays en raison de la chert\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Coupes dans les effectifs<\/strong><\/p>\n<p>En plaine, la situation se r\u00e9v\u00e8le globalement moins tendue. Les consommateurs n\u2019ont pas d\u00e9sert\u00e9 les magasins de sport romands pour ceux de France voisine. \u00abNous pouvons compter sur une client\u00e8le fid\u00e8le, attach\u00e9e au conseil et au service, note J\u00e9r\u00f4me Faure, le directeur d\u2019Univers Sport, situ\u00e9 au centre-ville de Gen\u00e8ve. Depuis janvier, nous enregistrons globalement plus de clients et de ventes, mais notre chiffre d\u2019affaires a tout de m\u00eame baiss\u00e9 de 12% en raison de la r\u00e9\u00e9valuation des prix.\u00bb<\/p>\n<p>Les patrons de magasins se montrent plut\u00f4t pessimistes pour la saison qui d\u00e9bute. Certes, depuis janvier, les fournisseurs ont fait un effort, ce qui leur a permis de s\u2019approvisionner \u00e0 des co\u00fbts plus en phase avec le march\u00e9. Mais la pression demeure importante et ils doivent s\u2019adapter \u00e0 la nouvelle donne. La plupart soulignent se montrer tr\u00e8s prudents dans les achats de stocks. Certains ont aussi d\u00e9cid\u00e9 d\u2019agir sur les effectifs. \u00abJe n\u2019arrive pas \u00e0 r\u00e9duire mes frais fixes de loyer ou d\u2019assurances, indique J\u00e9r\u00f4me Faure, d\u2019Univers Sport. La seule solution consiste \u00e0 couper dans le personnel. Nous devons renoncer \u00e0 un saisonnier cet hiver. Si cela ne suffit pas, la deuxi\u00e8me \u00e9tape consistera \u00e0 se passer d\u2019un membre de notre \u00e9quipe de six personnes.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abL\u2019influence du franc fort risque de se faire sentir encore davantage cette saison, redoute Michel D\u00e4twyler, de D\u00e4twyler Sport. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, une partie des r\u00e9servations \u00e9taient intervenues avant la d\u00e9cision de la BNS.\u00bb Et m\u00eame si de nombreux clients tiennent \u00e0 se procurer les mod\u00e8les les plus r\u00e9cents, les enseignes devront affronter les restes de stocks de l\u2019hiver pass\u00e9, qui devraient se retrouver sur le march\u00e9 \u00e0 prix cass\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Pression du e-commerce<\/strong><\/p>\n<p>Les tensions li\u00e9es au franc fort interviennent dans un climat peu cl\u00e9ment pour les magasins de sport. Encore plus que le tourisme d\u2019achat, les professionnels de la branche redoutent la concurrence d\u2019internet. \u00abC\u2019est ce qui nous fait le plus de tort\u00bb, constate Fran\u00e7ois Roux, d\u2019Evasion Sports. Le \u00abshowrooming\u00bb, pratique qui consiste \u00e0 se renseigner sur les articles en magasin, voire \u00e0 les essayer, pour ensuite les acheter en ligne, se r\u00e9pand. \u00abLes jeunes g\u00e9n\u00e9rations ont grandi avec un smartphone dans la main, constate J\u00e9r\u00f4me Faure d\u2019Univers Sport. La logique d\u2019achat a totalement chang\u00e9.\u00bb Fran\u00e7ois Cruchon, de l\u2019Asmas, note encore que tous les sports ne sont pas concern\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re. \u00abLe ph\u00e9nom\u00e8ne vise plus le tennis que le ski, qui n\u00e9cessite d\u2019essayer les chaussures, de monter les fixations, et pour lequel le client se soucie de la s\u00e9curit\u00e9.\u00bb Dans son enseigne de Morges, Fran\u00e7ois Sports, Fran\u00e7ois Cruchon s\u2019est adapt\u00e9: il facture d\u00e9sormais 50 francs l\u2019essai de six raquettes, auparavant gratuit, une somme restitu\u00e9e en cas d\u2019achat.<\/p>\n<p>Autre facteur d\u00e9cisif: les consommateurs, plus mobiles et inform\u00e9s, prennent toujours davantage leurs d\u00e9cisions en fonction de la m\u00e9t\u00e9o, un comportement qui impacte les affaires de magasins. Les adeptes de sport d\u2019hiver modifient par exemple volontiers leur choix de station pour le week-end selon les conditions ou se d\u00e9cident \u00e0 la derni\u00e8re minute pour une destination de vacances d\u2019hiver en se basant sur la quantit\u00e9 de neige. \u00abT\u00e9l\u00e9verbier triple son chiffre d\u2019affaires les week-end ensoleill\u00e9s\u00bb, note Fran\u00e7ois Roux, d\u2019Evasion Sports.<\/p>\n<p>Quant aux grandes enseignes, comme Ochsner, Athleticum ou Sport XX, elles ont cannibalis\u00e9 une partie du march\u00e9. \u00abIl y a vingt ans, elles n\u2019existaient pas, remarque Fran\u00e7ois Cruchon. Aujourd\u2019hui, elles repr\u00e9sentent 50% de la branche.\u00bb En parall\u00e8le, le nombre de points de vente a fortement diminu\u00e9. La section Vaud-Fribourg de l\u2019Asmas, qui rassemblait encore 70 magasins il y a un quart de si\u00e8cle, n\u2019en compte plus que 35. Les commerces situ\u00e9s dans les villes, dont les loyers n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019augmenter, ont particuli\u00e8rement souffert.<\/p>\n<p><strong>\u00abLes rapides mangent les lents\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Cruchon anticipe que ce mouvement de disparitions va se poursuivre. Dans un march\u00e9 qu\u2019il qualifie de satur\u00e9, il estime toutefois que ce ne sont pas \u00ables gros qui mangent les petits, mais les rapides qui mangent les lents\u00bb. \u00abIl faut se remettre constamment en question. Il existe une client\u00e8le pour les magasins de sport sp\u00e9cialis\u00e9s, qui misent sur le conseil. Les commerces qui n\u2019ont pas vraiment de profil, qui font un peu de tout, sont les plus expos\u00e9s. Mais aussi ceux qui existent depuis longtemps et n\u2019ont pas de succession, car il est aujourd\u2019hui quasiment impossible de trouver un repreneur.\u00bb C\u2019est le cas de Bornand Sport, \u00e0 Vevey, institution familiale historique qui a ferm\u00e9 en juin 2015, apr\u00e8s 92 ans d\u2019existence.<\/p>\n<p>Dans la bataille pour les parts de march\u00e9, certains tirent leur \u00e9pingle du jeu. SB Sport, \u00e0 Gland (VD), a tripl\u00e9 son chiffre d\u2019affaires en 11 ans et emploie une quarantaine de personnes. Sa formule: des prix comp\u00e9titifs (possibles gr\u00e2ce \u00e0 des volumes d\u2019achats importants) et l\u2019opportunit\u00e9 pour les consommateurs d\u2019utiliser le mat\u00e9riel achet\u00e9 avec un accompagnement. \u00abNous offrons, par exemple, une journ\u00e9e de formation gratuite aux clients qui ont acquis des skis de randonn\u00e9es et les \u00e9quipements de s\u00e9curit\u00e9 qui vont avec, indique le directeur Marc Bucher. Nous organisons aussi des camps de sport pour enfants. Ce type de services suppl\u00e9mentaires nous donne une image diff\u00e9rente. Il faut chercher des solutions au niveau des prix, mais on ne peut pas gagner en ne restant actif que sur ce terrain.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les PME romandes sp\u00e9cialis\u00e9es dans la vente d\u2019articles de sport et outdoor sont bouscul\u00e9es par le franc fort. Un facteur qui vient s\u2019ajouter \u00e0 la concurrence du e-commerce et des grandes surfaces. La saison d\u2019hiver s\u2019annonce difficile. <\/p>\n","protected":false},"author":19904,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4559","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4559","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19904"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4559"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4559\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4559"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4559"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4559"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}