



{"id":4528,"date":"2015-10-21T18:25:33","date_gmt":"2015-10-21T16:25:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4528"},"modified":"2015-10-21T18:26:18","modified_gmt":"2015-10-21T16:26:18","slug":"machines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4528","title":{"rendered":"Petit pays mais grands robots"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large20151021.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Large20151021.jpg\" alt=\"Large20151021.jpg\" \/><\/p>\n<p>\u00abLa Suisse est la Silicon Valley de la robotique, et les \u00e9coles polytechniques de Zurich et de Lausanne figurent parmi les meilleures universit\u00e9s du monde dans le domaine.\u00bb C\u2019est ce que d\u00e9clarait Chris Anderson, ancien r\u00e9dacteur en chef du magazine \u00abWired\u00bb et CEO du fabricant de drones 3D Robotics, dans les colonnes du \u00abTages-Anzeiger\u00bb au printemps 2013. Un point de vue corrobor\u00e9 par l\u2019explosion du nombre de start-up suisses cr\u00e9\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 de ces deux universit\u00e9s. Mais les d\u00e9buts de la robotique suisse remontent aux ann\u00e9es 1970 et 1980 d\u00e9j\u00e0, avec l\u2019essor des groupes industriels ABB et St\u00e4ubli.<\/p>\n<p>Pionni\u00e8res de la branche, les deux firmes jouent d\u00e9sormais les premiers r\u00f4les dans leurs segments respectifs. Le groupe helv\u00e9tico-su\u00e9dois ABB, qui a commercialis\u00e9 plus de 250\u2019000 robots industriels \u00e0 ce jour, fait partie du quatuor de t\u00eate de ce march\u00e9, avec l\u2019allemand Kuka et les japonais Fanuc et Yaskawa. <\/p>\n<p>Les quatre compagnies totalisent actuellement plus de 70% des ventes mondiales du secteur. Avec un chiffre d\u2019affaires annuel de 1 milliard de francs, contre 40 milliards pour ABB, le groupe St\u00e4ubli, fond\u00e9 en 1982, est plus petit, mais est n\u00e9anmoins pr\u00e9sent dans plus de 50 pays et commercialise pr\u00e8s de 3500 robots par an.<\/p>\n<p><strong>L\u2019horlogerie pour fondation<\/strong><\/p>\n<p>Une r\u00e9ussite qui ne doit rien au hasard. \u00abLa Suisse poss\u00e8de des comp\u00e9tences s\u00e9culaires en m\u00e9canique de pr\u00e9cision, souligne Roland Siegwart, professeur \u00e0 l\u2019Institut de robotique et des syst\u00e8mes intelligents de l\u2019ETH Zurich. Ce savoir-faire, principalement appliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019horlogerie, a par la suite \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9 par des connaissances dans les techniques de mesure et la construction d\u2019outillages. La fabrication de robots en \u00e9tait la suite logique.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est au milieu des ann\u00e9es 1970 que la su\u00e9doise ASEA, qui fusionnera avec la suisse Brown, Boveri &amp; Cie en 1988 pour devenir ABB, commercialise \u00abIRB 6\u00bb, le tout premier robot industriel \u00e9lectrique au monde. \u00abAu d\u00e9but, l\u2019intention \u00e9tait de d\u00e9velopper des robots destin\u00e9s \u00e0 la recherche ou aux t\u00e2ches lourdes ou salissantes\u00bb, explique Per Vegard Nerseth, vice-pr\u00e9sident d\u2019ABB et directeur de la division robotique.<\/p>\n<p>L\u2019industrie automobile se reposait alors sur l\u2019automatisation pour am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 de ses processus de fabrication. \u00abIl r\u00e9gnait comme un sentiment de renouveau, et tout le monde pr\u00e9voyait des taux de croissance annuels \u00e0 deux chiffres, pr\u00e9cise Roland Siegwart. Toutefois, les exigences sont devenues de plus en plus complexes et il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que les robots n\u2019\u00e9taient pas en mesure de s\u2019adapter aussi bien que ce qu\u2019on avait imagin\u00e9 initialement.\u00bb<\/p>\n<p>ABB r\u00e9agit en diversifiant son offre, en commen\u00e7ant notamment \u00e0 fournir des robots \u00e0 l\u2019industrie alimentaire. Un changement d\u2019orientation qui trouve son origine dans les recherches du Laboratoire de Syst\u00e8mes Robotiques de l\u2019EPFL, avec le d\u00e9veloppement au milieu des ann\u00e9es 1980 du robot \u00abDelta\u00bb. Dot\u00e9 d\u2019un bras de manipulation form\u00e9 de 3 parall\u00e9logrammes, il se d\u00e9marque par sa vitesse de travail et sa pr\u00e9cision accrues. Il est commercialis\u00e9 par ABB sous le nom de \u00abFlexPicker\u00bb \u00e0 partir de 1988.<\/p>\n<p>St\u00e4ubli, pour sa part, s\u2019est focalis\u00e9 d\u2019entr\u00e9e de jeu sur d\u2019autres secteurs que l\u2019automobile, avec la volont\u00e9 de fabriquer des robots plus compacts et plus polyvalents. \u00abD\u00e8s le d\u00e9part, nous voulions d\u00e9velopper des robots qui se d\u00e9marqueraient par leur mobilit\u00e9, leur dynamique et leur pr\u00e9cision, explique Jean-Marc Collet, directeur des divisions connecteur et robotique chez St\u00e4ubli. Par cons\u00e9quent, nos machines \u00e9taient, et sont toujours, adapt\u00e9es \u00e0 tous les domaines n\u00e9cessitant la manipulation de petits \u00e9l\u00e9ments, comme l\u2019horlogerie, l\u2019outillage ou les sciences du vivant.\u00bb<\/p>\n<p>En 1982, St\u00e4ubli, dont le si\u00e8ge social se trouve \u00e0 Pf\u00e4ffikon (SZ), entame une collaboration avec le constructeur de robots am\u00e9ricain Unimation, que St\u00e4ubli finit par racheter en 1989. Le groupe profite par ailleurs de son expertise de longue date en m\u00e9catronique dans l\u2019industrie du textile. Si la soci\u00e9t\u00e9 ne d\u00e9taille pas ses chiffres de vente, Jean-Marc Collet assure que le d\u00e9partement robotique de St\u00e4ubli conna\u00eet une croissance ininterrompue depuis la fin des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p><strong>L\u2019av\u00e8nement des \u00abcobots\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es pourtant, les fabricants se sont efforc\u00e9s de trouver de nouveaux champs d\u2019application pour leurs robots, pour se d\u00e9faire de leur d\u00e9pendance aux industries de l\u2019\u00e9lectronique et de l\u2019automobile. Selon la F\u00e9d\u00e9ration internationale de robotique (IFR), qui regroupe les entreprises, les instituts de recherche et les organismes nationaux du secteur, ces deux industries repr\u00e9sentent encore plus de 60% du chiffre d\u2019affaires mondial.<\/p>\n<p>Aussi bien ABB que St\u00e4ubli misent d\u00e9sormais sur une plus grande collaboration entre l\u2019homme et le robot, notamment pour assembler smartphones ou tablettes. Au printemps 2015, ABB a lanc\u00e9 \u00abYuMi\u00bb, un petit robot habile capable d\u2019apprendre rapidement de nouvelles proc\u00e9dures afin d\u2019assister les hommes dans leur travail. De son c\u00f4t\u00e9, St\u00e4ubli pr\u00e9voit de lancer une nouvelle s\u00e9rie de robots au d\u00e9but 2016; celle-ci doit \u00e9galement permettre la collaboration entre l\u2019homme et la machine et r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019\u00e9volution des besoins dans les proc\u00e9dures de montage de petits \u00e9l\u00e9ments: des s\u00e9ries de produits plus courtes, davantage de souplesse et une pr\u00e9cision accrue.<br \/>\n_______<br \/>\nENCADRE<\/p>\n<p><strong>Des robots salamandres, professeurs ou chirurgiens<\/strong><\/p>\n<p><em>La robotique investit \u00e9galement les universit\u00e9s suisses, \u00e0 l\u2019image des travaux men\u00e9s \u00e0 l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL). Explications.<\/em><\/p>\n<p>La robotique bio-inspir\u00e9e consiste \u00e0 cr\u00e9er des machines s\u2019inspirant de syst\u00e8mes naturels qui fonctionnent bien. A l\u2019EPFL, L\u2019\u00e9quipe du professeur Auke Jan Ijspeert d\u00e9veloppe ainsi un robot salamandre qui copie la locomotion de cet amphibien, capable de se mouvoir aussi bien sur Terre que dans l\u2019eau. \u00abLa ma\u00eetrise de nouveaux modes de locomotion pourrait avoir des applications pour les interventions en zone de catastrophe, lorsqu\u2019il est impossible d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un terrain avec des roues ou des chenilles\u00bb, explique Francesco Mondada, professeur titulaire au Laboratoire de syst\u00e8mes robotiques. Mais la robotique bio-inspir\u00e9e s\u2019int\u00e9resse aussi aux interactions d\u2019animaux sociaux (fourmis, bancs de poissons, poussins, etc.) qui r\u00e9gissent un comportement collectif.<\/p>\n<p>La robotique biom\u00e9dicale se concentre, quant \u00e0 elle, sur le d\u00e9veloppement d\u2019instruments destin\u00e9s \u00e0 aider les chirurgiens, ainsi que de solutions pour r\u00e9habiliter les personnes handicap\u00e9es, telles que des proth\u00e8ses de mains ou de jambes.<\/p>\n<p>Enfin, la robotique \u00e9ducative entend permettre une meilleure compr\u00e9hension des technologies et de la robotique, toujours plus pr\u00e9sentes au quotidien. Avec son \u00e9quipe, Francesco Mondada a mis au point le robot Thymio, \u00e0 la fois outil p\u00e9dagogique et jouet, qu\u2019un enfant peut programmer lui-m\u00eame et que des enseignants utilisent dans le monde entier. Ce type de robotique ouvre \u00e9galement le champ \u00e0 des m\u00e9thodes d\u2019enseignement alternatives, susceptibles de r\u00e9ins\u00e9rer des jeunes en d\u00e9crochage scolaire.<\/p>\n<p>Collaboration: Martine Brocard<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Swissquote (n\u00b04\/2015).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les entreprises helv\u00e9tiques ABB et St\u00e4ubli sont \u00e0 la pointe de la robotique. Leurs machines collaboratives pr\u00e9figurent le march\u00e9 du travail de demain.<\/p>\n","protected":false},"author":20177,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4528","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20177"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4528"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4528\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}