



{"id":4517,"date":"2015-10-07T09:11:42","date_gmt":"2015-10-07T07:11:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4517"},"modified":"2015-10-07T09:12:14","modified_gmt":"2015-10-07T07:12:14","slug":"entreprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4517","title":{"rendered":"Comment am\u00e9nager les bureaux de demain"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large20151006.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Large20151006.jpg\" alt=\"Large20151006.jpg\" \/><\/p>\n<p>La solution est l\u00e0, sur le point de voir le jour. Mais c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que la coll\u00e8gue re\u00e7oit son habituel coup de fil du lundi et se met \u00e0 glousser en racontant son weekend \u00abde folie\u00bb. L\u2019id\u00e9e qui s\u2019esquissait il y a cinq secondes encore a disparu. Un exemple &#8212; parmi d\u2019autres &#8212; qui illustre les nombreux probl\u00e8mes pos\u00e9s par le mod\u00e8le de l\u2019open space. En 2011, le Secr\u00e9tariat d\u2019Etat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (SECO) avait m\u00eame mandat\u00e9 la Haute Ecole des sciences et des arts appliqu\u00e9s de Lucerne pour qu\u2019elle enqu\u00eate dans les bureaux. Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude avaient montr\u00e9 que plus le nombre de personnes \u0153uvrant dans un bureau augmente, plus le confort des collaborateurs se d\u00e9grade. Faisant preuve d\u2019un bon sens tout f\u00e9d\u00e9ral, le SECO recommandait aux entreprises qu\u2019elles \u00abint\u00e8grent (&#8230;) dans leur calcul de rentabilit\u00e9 les co\u00fbts indirects induits par les conditions environnementales n\u00e9gatives qui entravent la productivit\u00e9 et g\u00e9n\u00e8rent des absences\u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi, de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s se penchent tr\u00e8s s\u00e9rieusement sur la meilleure mani\u00e8re d\u2019agencer leurs espaces de travail. Des bureaux d\u2019architecture en ont m\u00eame fait leur sp\u00e9cialit\u00e9, \u00e0 l\u2019instar de Studio Banana qui s\u2019est install\u00e9 en mai dernier \u00e0 Lausanne. \u00abChaque situation est unique et implique une fa\u00e7on particuli\u00e8re de penser l\u2019am\u00e9nagement, explique Key Portilla Kawamura, co-fondateur, avec Ali Ganjavian, de l\u2019agence cr\u00e9ative. Un seul type d\u2019espace ne peut pas r\u00e9pondre \u00e0 tous les besoins, il faut en cr\u00e9er plusieurs. Un premier pour s\u2019isoler et passer des coups de fil, un second pour discuter, un troisi\u00e8me pour se concentrer, etc. Le collaborateur, toujours plus nomade, se d\u00e9place en fonction de la nature de la t\u00e2che \u00e0 accomplir.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Monast\u00e8re du Moyen-Age<\/strong><\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1990, le fabricant de meubles suisse Vitra avait demand\u00e9 \u00e0 Ettore Sottsass, Michele de Lucchi et Andrea Branzi, trois stars italiennes du design et de l\u2019architecture, de repenser l\u2019espace de travail. Nomm\u00e9 \u00abCitizen Office\u00bb, le projet r\u00e9duisait \u00e0 n\u00e9ant l\u2019organisation hi\u00e9rarchis\u00e9e en imaginant des \u00abcitoyens\u00bb \u00e9voluant de fa\u00e7on libre et autonome dans les bureaux. Aujourd\u2019hui, Vitra continue de s\u2019inspirer du Citizen Office, am\u00e9nageant les surfaces selon 16 sous-espaces appel\u00e9s \u00abSilence Room\u00bb, \u00abHigh Work\u00bb (chaises et tables de bar) ou encore la \u00abDebate Room\u00bb (debout).<\/p>\n<p>Une typologie proche de celle que Studio Banana exp\u00e9rimente dans ses bureaux. Ainsi, la salle de brainstorming n\u2019a pas de table mais des chaises de bar face \u00e0 un tableau blanc. \u00abLes id\u00e9es doivent venir vite, il ne faut pas \u00eatre assis trop confortablement, au risque de s\u2019\u00e9terniser, indique Olivier Terny, collaborateur de la structure. Le corps des participants est dans un entre-deux, ils peuvent facilement se lever et inscrire des choses au tableau.\u00bb<\/p>\n<p>La posture du corps est un \u00e9l\u00e9ment r\u00e9current du discours des cr\u00e9atifs de Studio Banana. \u00abOn conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 les bureaux dont le plateau peut \u00eatre mont\u00e9 ou abaiss\u00e9 et qui permet de travailler debout, dit Key Portilla Kawamura. On voit \u00e0 pr\u00e9sent appara\u00eetre des \u00e9l\u00e9ments roulants sur lesquels prendre place avec son laptop pour travailler en marchant. Le corps a besoin d\u2019\u00eatre stimul\u00e9 pour r\u00e9fl\u00e9chir diff\u00e9remment.\u00bb Pour illustrer cette fa\u00e7on de penser les bureaux, Olivier Terny cite volontiers l\u2019exemple du monast\u00e8re au Moyen-Age et des moines s\u2019isolant dans leur cellule pour r\u00e9fl\u00e9chir et \u00e9crire, se mettant en mouvement et socialisant autour du clo\u00eetre et m\u00e9ditant dans le jardin central.<\/p>\n<p><strong>Participation des collaborateurs<br \/>\n<\/strong><br \/>\nStudio Banana emploie cinq personnes \u00e0 Lausanne, une vingtaine \u00e0 Madrid (sur la calle Platano, banane en espagnol) et quatre \u00e0 Londres. Son mod\u00e8le d\u2019affaires se d\u00e9cline selon trois piliers. \u00abNous sommes d\u2019abord une agence cr\u00e9ative et nous aidons les entreprises dans leurs processus d\u2019innovation, en les aidant \u00e0 penser le design\u00bb, explique Key Portilla Kawamura. Parmi les clients de l\u2019agence: les CFF, l\u2019EPFL, Ernst &amp; Young ou Nestl\u00e9. La deuxi\u00e8me casquette du studio est celle de cr\u00e9ateur d\u2019objets, avec d\u00e9j\u00e0 un bestseller: l\u2019OstrichPillow, un coussin dans lequel mettre la t\u00eate pour faire la sieste. \u00abIl existe \u00e0 pr\u00e9sent une version mini qui permet de se reposer sur son coude ou sa main, ainsi que la d\u00e9clinaison \u2018light\u2019, un bandeau \u00e0 porter autour du cou pour soutenir les cervicales, sur les yeux pour s\u2019endormir ou encore sur la t\u00eate pour la caler confortablement contre une vitre de train par exemple.\u00bb<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me activit\u00e9 de l\u2019agence: la constitution d\u2019une communaut\u00e9 de professionnels \u0153uvrant dans le m\u00eame espace et pouvant \u00eatre amen\u00e9s \u00e0 travailler ensemble. \u00abNous sentions le besoin d\u2019aller au-del\u00e0 du mod\u00e8le standard du coworking, explique le directeur hispano-japonais. Nous voulions apporter plus que la simple mutualisation des infrastructures en cr\u00e9ant un lieu d\u2019\u00e9changes favorisant les collaborations et l\u2019innovation.\u00bb Autour du noyau dur des cinq employ\u00e9s de Studio Banana, l\u2019espace lausannois accueille aussi des architectes, graphistes, cr\u00e9ateurs de sites internet et m\u00eame une \u00e9cole de naturopathie.<\/p>\n<p>\u00abQuand nous commen\u00e7ons un mandat d\u2019am\u00e9nagement de bureaux, il est pour nous tr\u00e8s important de bien comprendre qui sont les collaborateurs, quel est l\u2019espace et quels sont les processus qui doivent y prendre place, d\u00e9taille Olivier Terny. Ce triangle d\u2019interaction est primordial.\u00bb Discuter avec les collaborateurs des diff\u00e9rents services constitue alors une premi\u00e8re \u00e9tape indispensable. \u00abIls participent pleinement \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de leur environnement de travail. Ils en sont aussi les cr\u00e9ateurs.\u00bb Et les \u00abcitoyens\u00bb \u00e9voluant de fa\u00e7on libre et autonome dans les bureaux tels que les imaginaient Sottsass, de Lucchi et Branzi.<br \/>\n_______<br \/>\nENCADRE<\/p>\n<p><strong>Un mobilier de bureau intelligent<\/strong><\/p>\n<p><em>La soci\u00e9t\u00e9 genevoise Brandstorm a cr\u00e9\u00e9 une table qui s\u2019adapte \u00e0 l\u2019espace \u00e0 disposition et au nombre de collaborateurs.<\/em><\/p>\n<p>\u00abZ\u00e9ro pollution visuelle, flexibilit\u00e9 totale.\u00bb Le brief de Rapha\u00ebl Henry, directeur cr\u00e9atif de la soci\u00e9t\u00e9 Brandstorm, sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019architecture de marques, tenait en peu de mots. Pour que le nombre croissant de collaborateurs de la structure puissent travailler confortablement ensemble, l&rsquo;\u00e9quipe se met \u00e0 imaginer un design de table id\u00e9ale qui s&rsquo;adapte \u00e0 l&rsquo;espace \u00e0 disposition et permettrait \u00e0 chacun de s&rsquo;asseoir autour. \u00abLe meuble final \u00e9mane d\u2019une r\u00e9flexion commune\u00bb, explique Marc Henry l\u2019un des associ\u00e9s du bureau.<\/p>\n<p>La table s\u2019adapte gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me lui permettant de se d\u00e9ployer ou de se contracter. Le design du meuble permet quant \u00e0 lui de canaliser les c\u00e2bles et de ranger dans des tiroirs int\u00e9gr\u00e9s au plateau les documents et stylos. Enfin, les mat\u00e9riaux &#8212; une structure en m\u00e9tal, du bois et du linol\u00e9um contrecoll\u00e9 &#8212; ont \u00e9t\u00e9 choisis pour leur r\u00e9sistance et leur stabilit\u00e9. En outre, ils donnent au meuble la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 requise. \u00abNos clients, lorsqu\u2019ils nous rendaient visite, aimaient beaucoup cette table. Elle a tellement plu qu\u2019on l\u2019a d\u2019abord \u00e9dit\u00e9e pour un bureau de trading \u00e0 Gen\u00e8ve, puis on a continu\u00e9 \u00e0 en produire \u00e0 la demande, en petites s\u00e9ries.\u00bb<\/p>\n<p>En septembre dernier, Brandstorm a pr\u00e9sent\u00e9 au Detroit Design Festival un ensemble de meubles &#8212; console, table ovale, table \u00e0 manger et bureau &#8211; inspir\u00e9s de cette premi\u00e8re pi\u00e8ce. \u00abSi le design a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 en Suisse, nous avons fait d\u00e9velopper les pi\u00e8ces \u00e0 D\u00e9troit, raconte Marc Henry. La marque Shinola, qui fait partie de nos clients, est bas\u00e9e dans cette ville et nous avons plusieurs contacts sur place. L\u2019opportunit\u00e9 de produire les objets s\u2019est naturellement pr\u00e9sent\u00e9e. Cette table combine plusieurs mat\u00e9riaux et des plateaux qui doivent s\u2019imbriquer. Nous avons fait appel \u00e0 un partenaire \u00e0 D\u00e9troit qui sait exactement comment cr\u00e9er cet embo\u00eetement.\u00bb Brandstorm se dit \u00e0 pr\u00e9sent pr\u00eat \u00e0 commencer une production locale en Suisse, en Europe et en Chine, le but \u00e9tant de r\u00e9duire la distance entre le lieu de production et le client.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Install\u00e9e depuis mai \u00e0 Lausanne, l\u2019agence cr\u00e9ative Studio Banana, n\u00e9e \u00e0 Madrid, se sp\u00e9cialise dans l\u2019organisation des espaces de travail. 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