



{"id":4512,"date":"2015-09-30T07:35:45","date_gmt":"2015-09-30T05:35:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4512"},"modified":"2015-09-30T07:53:08","modified_gmt":"2015-09-30T05:53:08","slug":"entreprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4512","title":{"rendered":"Temenos, le c\u0153ur informatique des banques"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/large290915.jpg\" alt=\"large290915.jpg\" title=\"large290915.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Un nouveau client tous les trois jours\u2026 En 2014, 135 nouvelles banques ont rejoint le portefeuille de la soci\u00e9t\u00e9 genevoise Temenos. Logiciels de services bancaires et de gestion d\u2019actifs, maintenance, conseil, logiciels de front office et de back office\u2026 L\u2019entreprise, fond\u00e9e en 1993, fournit aujourd\u2019hui ses solutions \u00e0 38 des 50 premi\u00e8res banques du monde et compte plus de 2\u2019000 institutions financi\u00e8res parmi sa client\u00e8le. Le tout pour le plus grand bonheur de ses actionnaires: apr\u00e8s avoir vu son b\u00e9n\u00e9fice net bondir de plus d\u2019un tiers en 2014, Temenos leur versera cette ann\u00e9e un dividende de 0,4 franc par action, en hausse de 14% par rapport \u00e0 l\u2019exercice pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p>Un succ\u00e8s qui ne doit rien au hasard mais beaucoup \u00e0 son fondateur, le tr\u00e8s embl\u00e9matique George Koukis. Si cet entrepreneur d\u2019origine grecque occupe d\u00e9sormais une fonction de directeur non-executif, apr\u00e8s avoir assum\u00e9 la pr\u00e9sidence du conseil d\u2019administration jusqu\u2019en 2011, Temenos continue d\u2019appliquer sa strat\u00e9gie bas\u00e9e sur une expertise technique \u00e0 toute \u00e9preuve et un effort d\u2019innovation soutenu, essentielle en mati\u00e8re informatique: depuis sa fondation, l\u2019entreprise a toujours consacr\u00e9 20% de son chiffre d\u2019affaires \u00e0 la R&amp;D, y compris en p\u00e9riode de vaches maigres. Une culture de l\u2019innovation qui se r\u00e9v\u00e8le payante: valoris\u00e9e 1,4 milliard de francs au SIX en 2001, Temenos p\u00e8se aujourd\u2019hui 2,3 milliards et domine le march\u00e9 des logiciels bancaires devant l\u2019am\u00e9ricain Oracle, l\u2019indien Infosys et l\u2019allemand SAP.<\/p>\n<p><strong>Repenser les syst\u00e8mes<\/strong><\/p>\n<p>Avec moins d\u2019un quart de si\u00e8cle d\u2019existence, Temenos est une soci\u00e9t\u00e9 jeune mais ces deux d\u00e9cennies rel\u00e8vent de l\u2019histoire longue dans un secteur d\u2019activit\u00e9 marqu\u00e9 par une mutation des habitudes de la client\u00e8le priv\u00e9e et professionnelle. \u00abLe temps des clients fid\u00e8les \u00e0 la m\u00eame banque toute leur vie est termin\u00e9, dit Jean-Michel Hilsenkopf, directeur de Temenos pour l\u2019Europe, l\u2019Afrique et le Moyen-Orient. Ils n\u2019h\u00e9sitent plus \u00e0 changer d\u2019\u00e9tablissement et arbitrent en fonction des services toujours plus nombreux qui leur sont propos\u00e9s, que ce soit en mati\u00e8re de paiements, de cr\u00e9dits, d\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s financiers.\u00bb<\/p>\n<p>Ces changements de comportements ne sont pas le seul moteur d\u2019un march\u00e9 des logiciels bancaires en pleine \u00e9volution. Apr\u00e8s avoir longtemps souffert de la crise financi\u00e8re de 2008, particuli\u00e8rement en Europe, le secteur red\u00e9marre, pouss\u00e9 par diff\u00e9rents facteurs. La plupart des 20\u2019000 banques du monde sont contraintes de s\u2019adapter aux ruptures technologiques, l\u00e0 o\u00f9 beaucoup utilisent encore des logiciels d\u00e9velopp\u00e9s en interne \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960. A l\u2019heure o\u00f9 de nouveaux concurrents comme les banques en ligne occupent le march\u00e9 des canaux digitaux, la comp\u00e9tition joue en faveur de Temenos. Les banquiers traditionnels sont contraints de r\u00e9nover leur architecture informatique au lendemain de la crise de 2008 et de l\u2019apparition du cloud banking, estime le directeur: \u00abNon seulement la cr\u00e9ation d\u2019un r\u00e9seau d\u2019agences physique n\u00e9cessitait une puissance de frappe consid\u00e9rable, mais les Etats refusaient d\u2019accorder de nouveaux agr\u00e9ments. Au lendemain de la crise, ils ont jou\u00e9 sur ce levier afin de cr\u00e9er une nouvelle concurrence. Cette derni\u00e8re contraint les banques \u00e0 adapter leurs pratiques pour ne pas se faire distancer en termes de qualit\u00e9 de services. Donc \u00e0 repenser leurs syst\u00e8mes\u2026\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019autant que l\u2019op\u00e9ration peut permettre de s\u00e9rieuses \u00e9conomies: alors que les \u00e9tablissements bancaires consacrent en moyenne 14% de leurs frais g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 l\u2019informatique, Temenos se fait fort de r\u00e9duire cette part \u00e0 5% une fois ses services mis en place. Et le temps des solutions internes semble r\u00e9volu: \u00abLes banques qui souhaitent conserver leurs propres syst\u00e8mes vont au-devant de bien des difficult\u00e9s\u00bb, estime Jean-Michel Hilsenkopf. Mettre \u00e0 jour sa solution maison co\u00fbterait plus cher que d\u2019en changer, alors que les banques doivent offrir les meilleures applications \u00e0 leurs clients dans un contexte marqu\u00e9 par l\u2019arriv\u00e9e de nouveaux entrants.<\/p>\n<p>Pourtant, certains d\u00e9cideurs h\u00e9sitent parfois \u00e0 s\u2019orienter vers un changement global d\u2019architecture informatique: question de co\u00fbt, mais aussi de visibilit\u00e9. \u00abEn Suisse comme dans le reste du monde, le secteur bancaire traverse encore une phrase de consolidation \u00e9conomique et r\u00e9glementaire, au lendemain d\u2019une crise financi\u00e8re qui a durablement r\u00e9duit ses marges de man\u0153uvre, explique Eleanor Taylor-Jolidon, analyste de l\u2019UBP. L\u2019ensemble conduit les grandes banques \u00e0 une certaine prudence sur le plan des investissements informatiques.\u00bb<\/p>\n<p>Une dimension prise en compte de longue date par Temenos, \u00e0 en croire Jean-Michel Hilsenkopf: \u00abApr\u00e8s la croissance exponentielle des premi\u00e8res ann\u00e9es, notre entr\u00e9e en Bourse \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment une mani\u00e8re de r\u00e9pondre \u00e0 ces attentes en d\u00e9veloppant des solutions plus souples et plus adaptables que nos premiers produits.\u00bb Apr\u00e8s avoir longtemps commercialis\u00e9 un logiciel unique qui imposait un changement radical des processus, l\u2019entreprise genevoise a chang\u00e9 son fusil d\u2019\u00e9paule et propose depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0 des produits \u00e9volutifs et adaptables, capables d\u2019\u00eatre d\u00e9ploy\u00e9s en s\u2019int\u00e9grant de fa\u00e7on plus progressive \u00e0 l\u2019existant.<\/p>\n<p><strong>Croissance externe<\/strong><\/p>\n<p>Outre cet effort sur les produits, Temenos a mis sa solidit\u00e9 financi\u00e8re au service d\u2019une politique de croissance externe impressionnante: le groupe genevois a rachet\u00e9 14 soci\u00e9t\u00e9s concurrentes au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, dont deux coup sur coup depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, l\u2019am\u00e9ricain Akcelerant pour 50 millions de dollars et le luxembourgeois Multifonds pour 235 millions d\u2019euros. Deux rachats soigneusement \u00e9tudi\u00e9s qui r\u00e9pondent \u00e0 la double ambition de l\u2019entreprise de se d\u00e9velopper sur de nouveaux march\u00e9s et de nouveaux segments de produits tout en renfor\u00e7ant ses positions. \u00abLe rachat d\u2019Akcelerant est int\u00e9ressant parce qu\u2019il permet \u00e0 Temenos d\u2019entrer sur un march\u00e9 am\u00e9ricain via le secteur particulier des organismes de cr\u00e9dit\u00bb, d\u00e9crypte l\u2019analyste Eleanor Taylor-Jolidon, qui pr\u00e9cise que les Etats-Unis ont toujours \u00e9t\u00e9 un march\u00e9 difficile d\u2019acc\u00e8s pour les acteurs europ\u00e9ens. L\u2019acquisition de Multifonds permet de son c\u00f4t\u00e9 \u00e0 Temenos d\u2019\u00e9largir son \u00e9ventail de services, tout en renfor\u00e7ant sa pr\u00e9sence europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Temenos compte surtout sur le d\u00e9veloppement d\u2019un march\u00e9 bancaire qui en a encore sous le pied, ne serait-ce qu\u2019en raison de l\u2019actuel durcissement des normes qui encadrent les activit\u00e9s bancaires. \u00abLe renforcement des r\u00e9gulations rench\u00e9rit le co\u00fbt des syst\u00e8mes existants et conduit l\u00e0 encore les banques \u00e0 moderniser leurs plateformes\u00bb, explique le directeur r\u00e9gional de Temenos Jean-Michel Hilsenkopf.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0, l\u2019entreprise fait valoir qu\u2019un adulte sur deux dans le monde n\u2019a aujourd\u2019hui acc\u00e8s \u00e0 aucun service financier, en particulier en Am\u00e9rique latine et en Afrique subsaharienne. Un probl\u00e8me structurel que l\u2019essor du mobile banking pourrait bien r\u00e9soudre en facilitant l\u2019acc\u00e8s aux produits bancaires et au cr\u00e9dit, d\u2019autant que les co\u00fbts d\u2019entretien \u00e9lev\u00e9s des r\u00e9seaux d\u2019agences physiques devraient diminuer \u00e0 l\u2019\u00e8re du cloud. Temenos estime que d\u2019ici \u00e0 dix ans, 95% des services bancaires se feront sur le net, notamment via des smartphones dont l\u2019usage se g\u00e9n\u00e9ralise, y compris dans les pays \u00e9mergents. Les banques n\u2019ont pas fini d\u2019avoir besoin de Temenos \u2013 un nom qui sonne comme un symbole: en grec ancien, le terme d\u00e9signe l\u2019espace sacr\u00e9 d\u2019un sanctuaire.<br \/>\n_______<br \/>\nENCADRE<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9tapes cl\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Novembre 1993: George Koukis rach\u00e8te \u00e0 un entrepreneur de Zurich la division \u00ablogiciels\u00bb d\u2019une entreprise mal en point. Un investissement de 948\u2019000 dollars qui s\u2019accompagne d\u2019une implantation \u00e0 Gen\u00e8ve, du recrutement d\u2019une demi-douzaine de salari\u00e9s et d\u2019un changement de nom. Temenos est n\u00e9e et voit son activit\u00e9 cro\u00eetre de fa\u00e7on exponentielle sur le march\u00e9 tr\u00e8s disput\u00e9 des logiciels bancaires, en lan\u00e7ant son produit historique et embl\u00e9matique, le T24.<\/p>\n<p>En 2001, l\u2019entreprise entre \u00e0 la Bourse de Zurich dans une double perspective: financer son d\u00e9veloppement sur de nouveaux march\u00e9s et se donner les moyens de r\u00e9pondre aux attentes toujours plus exigeantes de ses clients les plus importants. L\u2019entreprise, devenue l\u2019un des principaux leaders mondiaux du secteur, conna\u00eet depuis 2008 une croissance r\u00e9guli\u00e8re, bas\u00e9e sur la diversification d\u2019une offre initialement construite autour d\u2019un seul produit. En jeu, sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux \u00e9volutions des besoins d\u2019institutions financi\u00e8res elles-m\u00eames soumises aux \u00e9volutions r\u00e9glementaires et aux nouveaux usages de l\u2019\u00e8re num\u00e9rique.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>EN CHIFFRES<\/p>\n<p><strong>4\u2019000<\/strong><br \/>\nLe nombre de personnes qu\u2019emploie Temenos dans 40 pays.<\/p>\n<p><strong>2\u2019000 <\/strong><br \/>\nLe nombre d\u2019institutions financi\u00e8res qui ont recours aux services du leader genevois, dans 150 pays.<\/p>\n<p><strong>91,6 <\/strong><br \/>\nEn millions de dollars: le b\u00e9n\u00e9fice net en 2014 soit 34% de mieux qu\u2019en 2013.<\/p>\n<p><strong>70 <\/strong><br \/>\nLe nombre de filiales de Temenos dans le monde.<\/p>\n<p><strong>26,3%<\/strong><br \/>\nLa hausse du cours de l\u2019action Temenos sur un an.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Swissquote (no3\/2015).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En moins de vingt-cinq ans, le genevois Temenos s\u2019est impos\u00e9 comme l\u2019un des leaders mondiaux dans le secteur des logiciels bancaires.<\/p>\n","protected":false},"author":20148,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4512","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4512","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20148"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4512"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4512\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4512"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4512"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4512"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}