



{"id":4479,"date":"2015-08-10T09:10:38","date_gmt":"2015-08-10T07:10:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4479"},"modified":"2017-07-12T11:09:37","modified_gmt":"2017-07-12T09:09:37","slug":"societe-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4479","title":{"rendered":"Une nouvelle vie sans travail"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large070815.jpg\" alt=\"Large070815.jpg\" title=\"Large070815.jpg\" width=\"465\" height=\"317\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>\u00abJe voulais retrouver de la coh\u00e9rence\u00bb, dit Christian Sinner. A 58 ans, ce cadre de l\u2019administration yverdonnoise a d\u00e9cid\u00e9 de quitter son emploi. Il est parti en retraite anticip\u00e9e, histoire de reprendre le contr\u00f4le de son temps et se consacrer \u00e0 des projets plus en phase avec ses valeurs. Ses coll\u00e8gues ont \u00e9t\u00e9 surpris par sa d\u00e9cision mais pour Christian, c\u2019\u00e9tait clair: le moment \u00e9tait venu de changer de rythme. Un an plus tard, il ne regrette rien. Ses revenus ont baiss\u00e9 mais il a reconstruit sa vie autour de nouveaux rep\u00e8res. Il est devenu coach.<\/p>\n<p>Comme lui, de nombreux Romands d\u00e9cident \u00e0 un moment de leur carri\u00e8re de prendre le grand large. S\u2019affranchir du monde professionnel, de mani\u00e8re temporaire ou d\u00e9finitive, pour mener un projet personnel ou simplement pour \u00abse ressourcer\u00bb. Certains r\u00e9duisent leur temps travail, d\u2019autres partent en cong\u00e9 sans solde ou prennent une ann\u00e9e sabbatique. Quand il s\u2019agit de personnalit\u00e9s publiques, telles que le directeur de l\u2019EPFL Patrick Aebischer ou celui de Raiffeisen Pierin Vincenz, la nouvelle fait les grands titres des m\u00e9dias. Comme si cette id\u00e9e de larguer les amarres, ce r\u00eave d\u2019une vie loin des contraintes, faisait r\u00e9sonner une aspiration enfouie dans l\u2019inconscient collectif.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019a encore rien d\u2019un raz-de-mar\u00e9e (le taux de pr\u00e9retraite reste relativement stable \u00e0 31.5% des retrait\u00e9s et le temps partiel ne touche que 13.5% de la population active masculine, indique l\u2019OFS) mais il fait partie des comportements \u00e9mergents. \u00abJ\u2019observe davantage de parcours atypiques, avec des cong\u00e9s sabbatiques ou des p\u00e9riodes de temps partiels qu\u2019il y a quinze ans, confirme la psychologue Annabelle P\u00e9clard, codirectrice du cabinet Didisheim \u00e0 Lausanne. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est aussi plus m\u00e9diatis\u00e9. La citation de Saint-Exup\u00e9ry \u2018Fais de ta vie un r\u00eave, et d&rsquo;un r\u00eave une r\u00e9alit\u00e9\u2019 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi utilis\u00e9e!\u00bb<\/p>\n<p>Voyager \u00e0 v\u00e9lo, \u00e9crire un roman, vivre en autosuffisance, se consacrer au jardinage ou \u00e0 sa famille\u2026 Les projets sont infinis. Nous avons rencontr\u00e9 quelques-uns de ces Romands qui ont os\u00e9 prendre leur distance avec la sph\u00e8re professionnelle. Tous parlent d\u2019une d\u00e9cision bien accueillie dans leur entourage. Ces changements de cap ont m\u00eame souvent suscit\u00e9 admiration et envie &#8212; alors qu\u2019il n\u2019y a pas si longtemps, les comportements atypiques en mati\u00e8re de travail \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme suspects, voire d\u00e9viants. \u00abSur le plan professionnel, le fait de prendre un cong\u00e9 sabbatique ou d\u2019avoir eu deux m\u00e9tiers diff\u00e9rents n\u2019est plus vu comme un handicap, mais comme une force, dit la psychologue du travail. La richesse des parcours est davantage reconnues.\u00bb<\/p>\n<p>Autre aspect du m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne: le d\u00e9vouement total \u00e0 une entreprise n\u2019est plus forc\u00e9ment per\u00e7u comme un comportement exemplaire. On conna\u00eet les ravages du burn-out. \u00abVouloir changer de rythme de travail est bien souvent une r\u00e9action \u00e0 un environnement hostile\u00bb, constate Annabelle P\u00e9clard. Beaucoup d\u2019employ\u00e9s consid\u00e8rent que \u00abl\u2019hyperactivit\u00e9 et l\u2019individualisation de l\u2019entreprise ne leur convient plus.\u00bb<\/p>\n<p>Mais que l\u2019on se rassure, la valeur travail reste au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 suisse. \u00abAvoir un emploi dans lequel on s\u2019investit pleinement est m\u00eame consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alisation de soi et \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement\u00bb, rel\u00e8ve la sociologue Nicky Le Feuvre, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne (voir interview plus bas). Pour r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019en passer, il faut un projet personnel qui permette de d\u00e9velopper une autre facette de son identit\u00e9. \u00abS\u2019il s\u2019agit seulement d\u2019une d\u00e9marche n\u00e9gative, qui consiste \u00e0 ne plus avoir de contraintes, l\u2019aventure fonctionne rarement\u00bb, estime la psychologue Annabelle P\u00e9clard.<\/p>\n<p>Et pour mener son projet \u00e0 bien, encore faut-il pouvoir le financer. A cet \u00e9gard, les Suisses font figure de privil\u00e9gi\u00e9s par rapport au reste de l\u2019Europe. Leur revenu disponible pour l\u2019\u00e9pargne s\u2019\u00e9levait ainsi en 2013 \u00e0 environ 13% du salaire mensuel, contre seulement 6,5% dans la Zone euro (OFS et OCDE, 2013). Rencontres avec quelques affranchis.<\/p>\n<p><strong>\u00abJe pars en pr\u00e9retraite\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Directeur des ressources humaines \u00e0 la Ville d\u2019Yverdon-les-Bains, Christian Sinner travaillait \u00e0 un vaste projet de refonte de ses services lorsqu\u2019une \u00e9vidence s\u2019est impos\u00e9e \u00e0 lui: il n\u2019allait pas parvenir \u00e0 terminer ce projet avant sa retraite obligatoire. C\u2019\u00e9tait en mars 2014. \u00abJe ressentais des frustrations en raison des r\u00e9sistances de certains de mes confr\u00e8res et d\u2019une partie des autorit\u00e9s, raconte-t-il. J\u2019avais le sentiment que les finances passaient avant les hommes.\u00bb<\/p>\n<p>Il d\u00e9cide donc de faire le grand saut: partir en retraite anticip\u00e9e. L\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur aura \u00e9t\u00e9 sa participation \u00e0 un programme intitul\u00e9 \u00abCure de philosophie pour cadres\u00bb de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg. \u00abCela m\u2019a permis de comprendre que, dans le monde du travail, de nombreuses personnes se trouvent tiraill\u00e9es entre leurs propres valeurs et la pression de leur employeur, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une entreprise priv\u00e9e ou d\u2019une administration. Or, pour r\u00e9soudre les conflits au travail, il faut retrouver de la coh\u00e9rence.\u00bb<\/p>\n<p>Christian Sinner organise d\u00e9sormais son temps entre ses mandats de coach (qui s\u2019appuient pr\u00e9cis\u00e9ment sur les notions de coh\u00e9rence et d\u2019humanisme) et ses hobbies. Il cuisine, jardine, lit, \u00e9crit ou voyage. Mais peut-on dire pour autant qu\u2019il vit sans travailler? \u00abDans ma perspective, je continue de travailler, mais \u00e0 un rythme fondamentalement diff\u00e9rent. Comme je le lisais r\u00e9cemment sur la page Facebook du Revenu de base inconditionnel, \u2018L\u2019emploi est mort, vive le travail!\u2019.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abEn un an et demi, je ne me suis jamais demand\u00e9 ce que j\u2019allais bien pouvoir faire de ma journ\u00e9e.\u00bb C\u00f4t\u00e9 finances, l\u2019ancien cadre touche 40% de son revenu pr\u00e9c\u00e9dent. S\u2019il \u00e9tait rest\u00e9 \u00e0 son poste quatre ann\u00e9es de plus, il en aurait re\u00e7u 60%. Cette forte diminution de sa rente repr\u00e9sente-t-elle un sacrifice? \u00abJe vis correctement et je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9pensier.\u00bb Il a \u00e9galement pu compter sur l\u2019h\u00e9ritage anticip\u00e9 de ses parents.<\/p>\n<p>Si le taux de retraites anticip\u00e9es est rest\u00e9 globalement stable en Suisse ces derni\u00e8res ann\u00e9es (+2.5% en 10 ans), des pics ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s au moment des changements conjoncturels ou de l\u00e9gislation. St\u00e9phane Der St\u00e9panian est responsable du centre de comp\u00e9tence AvantAge de Pro Senectute, qui organise en Suisse romande des cours de pr\u00e9paration \u00e0 la retraite. En 2014, il a observ\u00e9 une augmentation de ce chiffre li\u00e9e \u00e0 la baisse du taux de conversion de certaines caisses de retraite ou \u00e0 l\u2019augmentation de la dur\u00e9e de cotisation. \u00abDe nombreuses personnes ont quitt\u00e9 leur emploi fin 2014 pour b\u00e9n\u00e9ficier des anciennes conditions.\u00bb<\/p>\n<p>Les causes des d\u00e9parts en pr\u00e9retraite ont \u00e9galement \u00e9volu\u00e9 vers des motifs plus personnels, sans lien direct avec le fonctionnement de l\u2019entreprise ou des questions de sant\u00e9. \u00abAujourd\u2019hui, les jeunes retrait\u00e9s ont le dynamisme des personnes de 45-50 ans dans les ann\u00e9es 1960. Ils souhaitent se lancer dans de nouveaux projets et activit\u00e9s, afin de compenser en partie la perte de leur identit\u00e9 professionnelle et d\u2019enrichir leur quotidien.\u00bb Les pr\u00e9retrait\u00e9s volontaires qu\u2019il a rencontr\u00e9s ont souvent constitu\u00e9 une \u00e9pargne solide, via leur 2e ou 3e pilier, ou b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une rente-pont avec leur entreprise pour continuer \u00e0 cotiser \u00e0 l\u2019AVS.<\/p>\n<p><strong>Je prends un cong\u00e9 sabatique en famille<\/strong><\/p>\n<p>Vivre sans travailler pour quelques mois ou une ann\u00e9e, en retrouvant son emploi \u00e0 la sortie: c\u2019est d\u00e9sormais possible dans plusieurs grandes entreprises et administrations suisses. Il n\u2019existe aucune statistique officielle en la mati\u00e8re mais des entreprises comme la Coop t\u00e9moignent d\u2019une augmentation de l\u2019int\u00e9r\u00eat des employ\u00e9s pour de tels projets: \u00abNous pouvons octroyer des cong\u00e9s sans solde de plus longue dur\u00e9e, indique le porte-parole Ram\u00f3n Gander. Un nombre croissant de collaborateurs en font la demande.\u00bb<\/p>\n<p>Chez Credit Suisse, les membres du Senior Management actifs de longue date au sein de l&rsquo;\u00e9tablissement peuvent prendre des cong\u00e9s sabbatiques pay\u00e9s. Les collaborateurs ont, par ailleurs, acc\u00e8s \u00e0 des cong\u00e9s sans solde, dont les conditions d&rsquo;octroi sont d\u00e9finies au cas par cas. \u00abLe principe du cong\u00e9 sabbatique pay\u00e9 est aujourd\u2019hui bien ancr\u00e9 au sein de la banque, explique son porte-parole Jean-Paul Darbellay. Les personnes qui remplissent les conditions pour l\u2019obtenir profitent g\u00e9n\u00e9ralement de cette opportunit\u00e9. Il en va de m\u00eame pour les cong\u00e9s sans solde.\u00bb Les demandes de cong\u00e9s peuvent avoir des motifs multiples: r\u00e9aliser un travail personnel, d\u00e9velopper une formation ou d\u00e9couvrir de nouveaux horizons. \u00abNous constatons qu&rsquo;apr\u00e8s une interruption passag\u00e8re, les collaborateurs reprennent leurs activit\u00e9s avec un nouvel \u00e9lan. Ces cong\u00e9s sabbatiques ou sans solde, nous permettent aussi de r\u00e9compenser et de fid\u00e9liser d\u2019excellents collaborateurs.\u00bb<\/p>\n<p>Se couper du travail pour mieux y revenir pourrait \u00eatre la philosophie de G\u00e9raldine et Olivier Crausaz. D\u2019ailleurs, cette enseignante et son mari directeur d\u2019\u00e9cole n\u2019ont pas eu trop de difficult\u00e9s \u00e0 faire accepter un cong\u00e9 sabbatique \u00e0 leurs employeurs: \u00abNous avons eu de la chance, raconte la jeune femme de 36 ans. Ils ont bien compris la plus-value de cette exp\u00e9rience.\u00bb Pour son mari, 41 ans, responsable du Cycle d\u2019orientation de la Gl\u00e2ne dans le canton de Fribourg, c\u2019est Isabelle Chassot, alors en charge de l&rsquo;instruction publique, qui a d\u00e9fendu son dossier au Conseil d\u2019Etat fribourgeois: \u00abElle avait r\u00e9alis\u00e9 que cela me permettrait, une fois rentr\u00e9, de redynamiser l\u2019\u00e9cole avec de nouvelles id\u00e9es.\u00bb Pour vivre cette ann\u00e9e, le couple a \u00e9conomis\u00e9 pendant six ans en faisant des sacrifices sur les loisirs ou les achats.<\/p>\n<p>En 365 jours, ils ont parcouru trois continents et plus de 10&rsquo;000 kilom\u00e8tres \u00e0 v\u00e9lo avec leurs deux enfants de six et neuf ans. Loin du farniente, leur cong\u00e9 sabbatique est un projet p\u00e9dagogique con\u00e7u pour toute la famille. Le quatuor a mis l\u2019accent sur l\u2019\u00e9nergie durable avec des v\u00e9los \u00e9lectriques solaires. G\u00e9raldine et Olivier Crausaz entendent ainsi transmettre \u00e0 leur prog\u00e9niture des valeurs importantes: \u00abAvec le v\u00e9lo, nous pouvons leur montrer que, pour voyager, il faut fournir des efforts, explique-t-elle. Nous leur apprenons aussi \u00e0 prendre le temps et \u00e0 ne pas toujours \u00eatre dans la consommation. Les enfants ont aussi pu observer la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019autres jeunes dans le monde, en Asie ou en Am\u00e9rique du Sud, pour lesquels tout est diff\u00e9rent: l\u2019\u00e9cole, les repas, la maison.\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 l\u2019Angleterre et la France, les Crausaz regagnent actuellement la Suisse. Leur retour, ils l\u2019appr\u00e9hendent un peu: \u00abOn ne rentre jamais comme est on est parti. Il y a dix ans, pour notre premier sabbatique, ce fut tr\u00e8s difficile, confie l\u2019enseignante. Mais, cette fois-ci, nous avons pr\u00e9vu de nous lancer dans de nouveaux projets au travail.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Je suis employ\u00e9 \u00e0 40%<\/strong><\/p>\n<p>Certains Romands ne veulent pas des horaires rigides ou des contraintes de la vie en entreprise. Ils pr\u00e9f\u00e8rent \u00eatre employ\u00e9s \u00e0 un faible pourcentage, sur mandat, ou faire des saisons dans l\u2019agriculture ou en station. Ce \u00abtemps partiel r\u00e9duit\u00bb concerne traditionnellement une plus grande proportion de femmes que d\u2019hommes, mais la tendance tend \u00e0 s\u2019inverser. En 2014, 25% de la population active f\u00e9minine travaillait \u00e0 moins de 50%, contre 27% en 1991. Pour les hommes, le taux est pass\u00e9 de 4,2%  \u00e0 5,9% durant la m\u00eame p\u00e9riode. \u00abLe temps partiel attire surtout les hommes qui ont une activit\u00e9 artistique ou sportive \u00e0 laquelle ils veulent accorder du temps\u00bb, souligne la psychologue Annabelle P\u00e9clard.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas d\u2019Herv\u00e9 Annen, 34 ans, salari\u00e9 \u00e0 la Cour d\u2019appel de Gen\u00e8ve de septembre \u00e0 juin \u00e0 40%. Un syst\u00e8me qui lui permet de s\u2019adonner \u00e0 sa passion: la photographie, qu\u2019il exerce comme ind\u00e9pendant. \u00abAu d\u00e9part, ce n\u2019\u00e9tait pas un choix. Mais, maintenant, ce style de vie me convient. Il m\u2019assure une forme de libert\u00e9.\u00bb Le jeune homme peut ainsi voyager deux fois par ann\u00e9e pour deux, trois ou quatre semaines.<\/p>\n<p>Pendant l\u2019\u00e9t\u00e9, Herv\u00e9 Annen change d\u2019air pour devenir saisonnier aux Bains des P\u00e2quis. Il travaille \u00e0 70% en juillet et en ao\u00fbt. Il s\u2019occupe des vestiaires, de l\u2019accueil ou encore de la caisse. Des t\u00e2ches bien \u00e9loign\u00e9es de ce qu\u2019il fait d\u2019habitude, mais dont ils ne voudraient pas se passer: \u00abJ\u2019aime cette fa\u00e7on de travailler, tout en profitant de l\u2019\u00e9t\u00e9. C\u2019est un plaisir de pouvoir changer de cadre pour deux mois.\u00bb. D\u2019un point de vue financier, il s\u2019en sort en planifiant son budget sur un trimestre plut\u00f4t qu\u2019au mois. Parmi ses anciens camarades de l\u2019Ecal (\u00c9cole cantonale d&rsquo;art de Lausanne), il n\u2019est pas le seul \u00e0 avoir des activit\u00e9s avec de faibles pourcentages. \u00abMa situation ne les \u00e9tonne pas parce qu\u2019ils vivent la m\u00eame chose.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Je vis dans une communaut\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>Afin de r\u00e9duire leur activit\u00e9 salari\u00e9e \u00e0 un minimum, les plus d\u00e9brouillards ont opt\u00e9 pour l\u2019autosuffisance. Leurs aspirations se refl\u00e8tent dans l\u2019\u00e9conomie de partage, qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment gr\u00e2ce aux outils num\u00e9riques, ou la tendance du \u00abDo It Yourself\u00bb. Les communaut\u00e9s n\u00e9es pendant les ann\u00e9es 1970, dans le sillon du mouvement hippie, comme \u00e0 Gen\u00e8ve les \u00abcommunes\u00bb de Peschier, du Pr\u00e9-J\u00e9r\u00f4me, de la Roseraie ou de \u00abKrouge\u00bb, sont devenues rares. Mais leurs petites s\u0153urs, grandes colocations et coop\u00e9ratives qui favorisent les \u00e9changes entre leurs membres, peuvent permettre de diminuer la d\u00e9pendance financi\u00e8re au travail de leurs occupants.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir encha\u00een\u00e9 les petits boulots, Manuel Ben Gaied a obtenu un CFC de charpentier et travaille \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 60%. Son objectif demeure toutefois d\u2019augmenter encore son autosuffisance afin de baisser son taux d\u2019activit\u00e9 \u00e0 40%. Ce Vaudois de 29 ans, p\u00e8re d\u2019un enfant de deux ans et demi, a emm\u00e9nag\u00e9 dans une coop\u00e9rative d\u2019habitation pr\u00e8s de Winterthour avec plusieurs familles r\u00e9parties entre le b\u00e2timent principal et des d\u00e9pendances, yourtes ou roulottes.<\/p>\n<p>Le jeune homme, membre de la coop\u00e9rative qui d\u00e9tient la maison, profite des avantages de la vie en communaut\u00e9. \u00abRenoncer \u00e0 des espaces priv\u00e9s permet forc\u00e9ment de diminuer les co\u00fbts, raconte Manuel Ben Gaied qui ne dispose que de deux chambres pour sa compagne, son fils et lui. C\u00f4t\u00e9 nourriture, nous faisons des \u00e9conomies en achetant des produits bruts \u00e0 plusieurs pour les pr\u00e9parer nous-m\u00eame et nous avons un tr\u00e8s grand potager.\u00bb La coop\u00e9rative dispose aussi de champs et de machines agricoles. \u00abPlusieurs colocataires \u00e9l\u00e8vent des animaux. Nous pouvons acheter une partie de leur produits ou les \u00e9changer contre un service.\u00bb La garde des enfants se fait selon le m\u00eame principe. \u00abMa compagne et moi sommes tous les deux employ\u00e9s \u00e0 60% et pour garder notre fils, nous pouvons compter sur d\u2019autres r\u00e9sidents que nous payons ou aidons \u00e0 notre tour.\u00bb<\/p>\n<p>Un tel mode de vie est-il aussi possible en dehors d\u2019une communaut\u00e9? \u00abC\u2019est beaucoup plus compliqu\u00e9 en ville, dans un appartement priv\u00e9, explique Manuel Ben Gaied qui habitait auparavant \u00e0 Zurich. Ce type d\u2019\u00e9changes est possible, mais demande plus d\u2019organisation.\u00bb Pour se passer d\u2019un salaire \u00e0 plein-temps, il lui a aussi fallu changer ses propres habitudes. \u00abD\u2019un point de vue mat\u00e9riel, je n\u2019ai quasiment rien, quelques v\u00eatements, un v\u00e9lo \u00e9lectrique et un t\u00e9l\u00e9phone. Je pars rarement en vacances \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.\u00bb Le jeune p\u00e8re ne souhaite de toute fa\u00e7on rien poss\u00e9der de plus que ce qu\u2019il peut transporter. \u00abCe n\u2019est pas qu\u2019une question d\u2018\u00e9conomies. Je ne veux pas acheter de choses dont je n\u2019ai pas vraiment besoin et que je ne vais pas savoir appr\u00e9cier sur le long terme.\u00bb<\/p>\n<p>Ce mode d\u2019organisation permet \u00e9galement \u00e0 Manuel Ben Gaied une meilleure qualit\u00e9 de vie \u00e0 la fois au travail et en dehors. \u00abJ\u2019ai fait beaucoup de petits boulots durs physiquement et je ne veux pas vivre \u00e0 l\u2019usure. En travaillant deux \u00e0 trois jours par semaine et en faisant le reste \u00e0 l\u2019envi, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre plus efficace \u00e0 mon emploi, de mieux g\u00e9rer le stress et faire attention \u00e0 mon corps.\u00bb<\/p>\n<p><strong>J\u2019ai tout quitt\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>En six mois, Olivier Toublan, ancien r\u00e9dacteur en chef de PME Magazine, s\u2019est d\u00e9fait de toutes ses attaches: son emploi, le bail de son appartement ainsi que ses meubles et ses v\u00eatements, donn\u00e9s \u00e0 une association caritative. Avec son \u00e9pouse, ils n\u2019ont conserv\u00e9 que de quoi remplir leur sac-\u00e0-dos. Pourquoi un changement aussi radical? \u00abJe suis passionn\u00e9 par mon m\u00e9tier de journaliste et les voyages, raconte-t-il. Plus jeune, j\u2019ai pass\u00e9 18 mois en Inde et en Chine. Puis, comme tous les cadres, je n\u2019ai plus eu l\u2019occasion de partir que quelques semaines par ann\u00e9e, sans vraiment r\u00e9ussir \u00e0 d\u00e9crocher. Je me suis rendu compte que ce n\u2019\u00e9tait pas comme cela que j\u2019aimais voyager.\u00bb<\/p>\n<p>Pour s\u2019arr\u00eater en chemin l\u00e0 o\u00f9 ils le souhaitent et ne pas penser aux projets en cours au travail, les \u00e9poux ont d\u00fb se couper de leurs emplois respectifs. Pour lui, c\u2019\u00e9tait aussi le bon timing: \u00abDans ma carri\u00e8re, j\u2019ai r\u00e9guli\u00e8rement chang\u00e9 de poste, tous les cinq ou six ans. A PME Magazine, j\u2019\u00e9tais arriv\u00e9 \u00e0 la fin d\u2019un cycle. A 48 ans, c\u2019\u00e9tait le moment ou jamais pour r\u00e9aliser notre r\u00eave et pouvoir encore voyager en transports publics et sac-\u00e0-dos.\u00bb<\/p>\n<p>Actuellement dans le delta du Danube en Roumanie, Olivier Toublan restera en tout trois mois en Europe de l\u2019Est, avant de rejoindre le Japon pour quatre mois et l\u2019Am\u00e9rique du Sud pour six. \u00abDans une ann\u00e9e, nous ferons le point. Nous d\u00e9ciderons si nous arr\u00eatons l\u00e0 notre p\u00e9riple ou si nous continuons.\u00bb Le couple a de quoi tenir financi\u00e8rement trois ans. \u00abQuand l\u2019envie ou l\u2019argent ne seront plus l\u00e0, nous rentrerons.\u00bb<\/p>\n<p>Olivier Toublan, qui n\u2019a aucun plan pour la suite, ne se fait pas de soucis pour autant. \u00abSi on s\u2019inqui\u00e8te, on ne part plus. Je reste confiant, car j\u2019ai re\u00e7u des propositions int\u00e9ressantes quand j\u2019ai donn\u00e9 ma d\u00e9mission. Et puis, nous vivons dans un pays avec 3% de ch\u00f4mage.\u00bb L\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9cisif pour lui aura \u00e9t\u00e9 les six mois de battement entre son d\u00e9part professionnel et le d\u00e9but du voyage. \u00abJ\u2019ai pu faire tout ce que je voulais r\u00e9aliser depuis des ann\u00e9es, comme voir 35 documentaires au festival Visions du r\u00e9el ou terminer un livre qui sortira \u00e0 l\u2019automne prochain. En prenant du recul ainsi, petit \u00e0 petit, j\u2019ai pu tout laisser de mani\u00e8re d\u00e9finitive en mai dernier.\u00bb<\/p>\n<p>Au moment de quitter son emploi pour plonger dans l\u2019inconnu, le r\u00e9dacteur en chef de 48 ans a pu compter sur le soutien de son entourage. \u00abJe crois que c\u2019est un r\u00eave pour beaucoup de cadres, mais qu\u2019ils sont peu \u00e0 oser franchir le pas.\u00bb<br \/>\n______<\/p>\n<p>INTERVIEW<\/p>\n<p><strong>\u00abUne ann\u00e9e sabbatique, c\u2019est reculer pour mieux sauter\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mergence de mod\u00e8les alternatifs ne remet pas en question la centralit\u00e9 du travail dans la vie des individus, selon Nicky Le Feuvre, professeure de sociologie du travail et de l\u2019emploi \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne.<\/p>\n<p><strong>Ann\u00e9es sabbatiques, temps partiel, retraites anticip\u00e9es: y a-t-il un d\u00e9sir des Suisses de se distancier de leur travail<\/strong>?<br \/>\nNous observons plut\u00f4t l\u2019inverse. Le travail prend une place de plus en plus importante dans la vie des individus. Avoir un emploi dans lequel on s\u2019investit pleinement est consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alisation de soi et \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement. Autrefois, le rapport au travail \u00e9tait plus instrumental. Les entreprises consid\u00e9raient leurs salari\u00e9s comme des forces n\u00e9cessaires \u00e0 leur bon fonctionnement, qu\u2019elles devaient surtout surveiller et contr\u00f4ler. Aujourd\u2019hui, elles s\u2019attendent \u00e0 un attachement affectif. Cela s\u2019explique par les nouvelles tensions sur le march\u00e9 de l\u2019emploi, notamment par une situation \u00e9conomique marqu\u00e9e par la mont\u00e9e du ch\u00f4mage. De par sa raret\u00e9, le travail devient un objet plus valoris\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Ces ph\u00e9nom\u00e8nes sont pourtant de plus en plus visibles\u2026 <\/strong><br \/>\nContrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait penser, les ann\u00e9es sabbatiques attestent de cette centralit\u00e9 croissante du travail dans la vie des gens. L\u2019objectif d\u2019une ann\u00e9e sabbatique est souvent de s\u2019\u00e9loigner de son emploi pour \u00eatre plus performant, plus engag\u00e9 et plus motiv\u00e9 \u00e0 son retour. Ces cong\u00e9s sont davantage pens\u00e9s comme une possibilit\u00e9 de \u00abreculer pour mieux sauter\u00bb que comme une v\u00e9ritable prise de distance. Les entreprises qui acceptent ou encouragent leurs salari\u00e9s \u00e0 \u00abfaire un break\u00bb attendent un retour sur investissement. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue qu\u2019une ann\u00e9e sabbatique est financi\u00e8rement difficile \u00e0 assumer et ne concerne donc qu\u2019une petite cat\u00e9gorie de salari\u00e9s bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Et le temps partiel?<\/strong><br \/>\nCertaines personnes d\u00e9cident effectivement de travailler moins, quitte \u00e0 consommer moins, pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une meilleure qualit\u00e9 de vie. Mais elles sont rares. En Suisse, le temps partiel est essentiellement adopt\u00e9 par les femmes qui manifestent par ce biais leur engagement vis-\u00e0-vis du travail. Dans les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes, les m\u00e8res de jeunes enfants restaient chez elles pendant plusieurs ann\u00e9es. Aujourd\u2019hui, elles se maintiennent en emploi, m\u00eame si ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 temps partiel. Chez les hommes, le taux de temps partiel n\u2019augmente pour ainsi dire pas, sauf chez les moins de 25 ans et chez les plus de 60 ans, c\u2019est-\u00e0-dire durant des p\u00e9riodes de transition professionnelle.<\/p>\n<p><strong>Le monde du travail est-il plus dur que par le pass\u00e9?<\/strong><br \/>\nQuand le travail devient n\u00e9cessaire \u00e0 la reconnaissance sociale et \u00e0 la construction de soi, cela cr\u00e9e une immense pression. Il y a probablement moins d\u2019usure physique qu\u2019auparavant, mais il existe une usure psychique provoqu\u00e9e par l\u2019obligation d\u2019\u00eatre constamment \u00abau taquet\u00bb et, surtout, d\u2019\u00eatre heureux au travail. La hausse des cas de burnout t\u00e9moigne de la pr\u00e9sence de nouvelles souffrances. Les exigences augmentent, les salari\u00e9s doivent \u00eatre adaptables, flexibles, hyper-connect\u00e9s, toujours disponibles, m\u00eame en dehors des horaires. Ils doivent prouver qu\u2019ils sont pr\u00e9sents pour leur entreprise m\u00eame si ce n\u2019est pas le cas physiquement. La pression est encore plus forte dans les secteurs menac\u00e9s, en raison du risque de perdre son emploi.<\/p>\n<p><strong>Y a-t-il une remise en cause de ce mod\u00e8le?<\/strong><br \/>\nUn employ\u00e9 qui consacre beaucoup de temps et d\u2019\u00e9nergie \u00e0 son travail s\u2019attend \u00e0 ce que son engagement soit r\u00e9tribu\u00e9. Mais parfois, la reconnaissance attendue ne vient pas. On peut d\u00e8s lors comprendre que cela entra\u00eene le besoin de prendre de la distance. C\u2019est le cas, par exemple, des retraites anticip\u00e9es. Elles sont souvent motiv\u00e9es par le fait que les personnes d\u2019un certain \u00e2ge ne se retrouvent plus dans un monde du travail dont les r\u00e8gles du jeu ont chang\u00e9. Dans de nombreux cas, ces jeunes retrait\u00e9s se lancent dans d\u2019autres projets, comme le b\u00e9n\u00e9volat, de l\u2019humanitaire ou la garde de leurs petits-enfants. Elles cherchent ailleurs le sens qu\u2019elles ne trouvent plus dans leur emploi. Mais je ne constate pas de remise en cause g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de la centralit\u00e9 du travail. Les personnes qui s\u2019en \u00e9loignent existent, mais leur choix est inhabituel. D\u2019un point de vue sociologique, ce sont des \u00abd\u00e9viants\u00bb par rapport \u00e0 la norme.<\/p>\n<p><strong>Qui sont ces \u00abd\u00e9viants\u00bb?<\/strong><br \/>\nAdopter une posture critique revient \u00e0 se mettre en danger, \u00e0 d\u00e9cider, en quelque sorte, de se positionner \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 accepter de subir une forme de marginalisation. Une norme existe car elle emporte l\u2019adh\u00e9sion. Je ne crois pas que les personnes qui se distancient du travail soient des avant-gardistes qui annoncent un changement social. Il s\u2019agit plut\u00f4t de quelques privil\u00e9gi\u00e9s qui peuvent se permettre de soustraire, plus ou moins momentan\u00e9ment, \u00e0 l\u2019injonction au bonheur par le travail.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Collaboration: Sophie Gaitzsch<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ann\u00e9e sabbatique, retraite anticip\u00e9e, temps partiel\u2026 Nombreux sont les Romands qui r\u00eavent de s\u2019\u00e9loigner du monde professionnel pour se ressourcer ou mener un projet cr\u00e9atif. Rencontres.<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1303],"class_list":["post-4479","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-choix-de-l-editeur","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4479","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4479"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4479\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5007,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4479\/revisions\/5007"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4479"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4479"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4479"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}