



{"id":4458,"date":"2015-07-08T18:31:43","date_gmt":"2015-07-08T16:31:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4458"},"modified":"2015-07-08T18:33:36","modified_gmt":"2015-07-08T16:33:36","slug":"finance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4458","title":{"rendered":"Les cow-boys de Wall Street"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large080715.jpg\" alt=\"Large080715.jpg\" title=\"Large080715.jpg\" width=\"465\" height=\"317\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Sahm Adrangi n\u2019a rien d\u2019exub\u00e9rant. Ce grand homme mince est v\u00eatu sobrement d\u2019une chemise \u00e0 petits carreaux bleus et d\u2019un gilet matelass\u00e9. Le Canadien de 35 ans, de descendance iranienne, a de profondes poches noires sous les yeux. Il parle sur un ton monotone, presque robotique. Son bureau, lui non plus, ne paie pas de mine. Au 2e \u00e9tage d\u2019un gratte-ciel \u00e0 deux pas de NewsCorp, sur Manhattan, les murs du petit local sont l\u00e9g\u00e8rement brunis. Sa salle de conf\u00e9rence ne dispose d\u2019aucune fen\u00eatre, lui conf\u00e9rant un air de mini-bunker.<\/p>\n<p>Mais les apparences sont trompeuses: l\u2019homme est une superstar \u00e0 Wall Street. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le hedge fund qu\u2019il a mont\u00e9 a connu une croissance fulgurante, enregistrant une hausse de son chiffre d\u2019affaires de 180% entre 2009 et 2012. Aujourd\u2019hui, l\u2019homme de 35 ans a plus de 300 millions de dollars sous gestion. Et il est per\u00e7u comme l\u2019un des investisseurs les plus agressifs du moment. Beaucoup voient en lui le Carl Icahn de demain.<\/p>\n<p>Sahm Adrangi appartient \u00e0 une famille de traders bien particuli\u00e8re: les short sellers activistes. Sa m\u00e9thode d\u2019investissement consiste \u00e0 rechercher des firmes qu\u2019il estime sur\u00e9valu\u00e9es, ou m\u00eame pire, qui ne valent rien. Il parie alors que l\u2019action de la soci\u00e9t\u00e9 va baisser, en r\u00e9alisant une vente \u00e0 d\u00e9couvert sur la firme. Si le titre chute, Sahm Adrangi et ses clients deviennent riches. C\u2019est en 2011 qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9 son premier grand coup. Une entreprise chinoise cot\u00e9e \u00e0 la Bourse de New York, nomm\u00e9e China Education Alliance, avait attir\u00e9 son attention: \u00abLes statistiques publi\u00e9es dans ses rapports en Chine \u00e9taient diff\u00e9rentes de celles pr\u00e9sent\u00e9es aux Etats-Unis, raconte Sahm Adrangi. C\u2019\u00e9tait \u00e9trange.\u00bb Surtout, alors que la firme pr\u00e9tendait g\u00e9n\u00e9rer pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de son chiffre d\u2019affaires de 22 millions de dollars gr\u00e2ce \u00e0 des cours donn\u00e9s en ligne, son site internet ne marchait pas. \u00abIl \u00e9tait impossible d\u2019y acheter quoi que ce soit\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Le financier paya alors 1\u2019000 dollars \u00e0 un enqu\u00eateur ind\u00e9pendant sur place pour aller visiter les locaux de la compagnie \u00e0 Harbin, en Chine. \u00abLes bureaux \u00e9taient vides. La situation s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e encore plus d\u00e9sastreuse que ce que l\u2019on imaginait.\u00bb Quelques jours plus tard, Sahm Adrangi publia sur son site internet un rapport d\u00e9non\u00e7ant cette arnaque, en y incluant des photos et des vid\u00e9os des bureaux d\u00e9sertiques de la firme. En quelques jours, l\u2019action de la soci\u00e9t\u00e9 a chut\u00e9 de 59%. L\u2019entreprise a fini par se retirer de la Bourse de New York.<\/p>\n<p>Ce cas repr\u00e9sente un exemple classique des m\u00e9thodes employ\u00e9es par les short sellers. \u00abNous r\u00e9alisons d\u2019abord des analyses quantitatives, explique Sahm Adrangi. Nous regardons les chiffres d\u2019affaires, \u00e9tudions les rapports publi\u00e9s par la firme, comparons ses performances avec celles de compagnies similaires, etc.\u00bb La r\u00e8gle d\u2019or des short sellers: toujours se m\u00e9fier des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 la mode.<\/p>\n<p>Lorsque des anomalies sont d\u00e9tect\u00e9es, Sahm Adrangi et son \u00e9quipe examinent de plus pr\u00e8s l\u2019entreprise en question. Ils envoient des chercheurs sur le terrain ou interrogent des personnes \u2013 concurrents, employ\u00e9s, experts \u2013 qui connaissent bien la soci\u00e9t\u00e9. \u00abNous avons un jour interrog\u00e9 les ing\u00e9nieurs de Globalstar, un fabricant de t\u00e9l\u00e9phones satellites, qui nous ont parl\u00e9 des probl\u00e8mes techniques de la soci\u00e9t\u00e9. Les dirigeants de la compagnie nous mentaient, mais les employ\u00e9s nous ont dit la v\u00e9rit\u00e9.\u00bb Sahm Adrangi a publi\u00e9 un rapport expliquant que Globalstar \u00abne valait pas 5 milliards de dollars, ni 3 milliards ou 1 milliard, mais tout simplement rien\u00bb. Le jour de la publication du rapport, l\u2019action a chut\u00e9 de 25%.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9volution des r\u00e9seaux sociaux<\/strong><\/p>\n<p>La vente \u00e0 d\u00e9couvert n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau. En 1609 d\u00e9j\u00e0, le marchand hollandais Isaac LeMaire avait pari\u00e9 sur la chute du cours de l\u2019action de la Dutch East India Company en r\u00e9alisant une vente \u00e0 d\u00e9couvert. Mais, en 2015, cette activit\u00e9 a pris une tout autre ampleur.<\/p>\n<p>La raison de cette \u00e9volution? L\u2019internet et les r\u00e9seaux sociaux. \u00abAuparavant, les pronostics des analystes \u00e9taient discut\u00e9s uniquement par un petit groupe de gens, en vase clos, explique Soren Aandahl, directeur de la recherche \u00e0 Glaucus Research, une autre firme du m\u00eame type. Depuis cinq \u00e0 sept ans, l\u2019arriv\u00e9e des forums et des r\u00e9seaux sociaux a tout chang\u00e9. Tout le monde peut d\u00e9sormais partager ses opinions en ligne, m\u00eame les plus petits investisseurs.\u00bb L\u2019internet a fourni un m\u00e9gaphone aux short sellers, leur permettant d\u2019influencer radicalement les prix du march\u00e9.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette transformation, le nombre de short sellers activistes reste encore relativement limit\u00e9. \u00abEtre un short seller requiert une personnalit\u00e9 tr\u00e8s particuli\u00e8re, explique James Arcangel, un sp\u00e9cialiste du sujet \u00e0 la Georgetown University. Leurs opinions contredisent celles des autres acteurs du march\u00e9. Tout le monde leur dit qu\u2019ils ont tort. Ils subissent une \u00e9norme pression psychologique, il faut avoir un esprit fort et ind\u00e9pendant pour exercer ce m\u00e9tier.\u00bb<\/p>\n<p>Les dirigeants et les actionnaires des firmes qui se retrouvent dans le viseur de ces investisseurs ne le prennent pas toujours bien. \u00abJ\u2019ai re\u00e7u plusieurs menaces de mort\u00bb, explique Andrew Left, un vendeur \u00e0 d\u00e9couvert qui a commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9pandre ses id\u00e9es sur son blog d\u00e8s 1994. Quelques ann\u00e9es auparavant, un CEO avait m\u00eame envoy\u00e9 une bande de gros bras devant sa maison, pour l\u2019intimider.<\/p>\n<p>Et les risques sont plus \u00e9lev\u00e9s que lors d\u2019investissements traditionnels. La strat\u00e9gie employ\u00e9e par les short sellers implique de perdre de l\u2019argent jusqu\u2019\u00e0 ce que les march\u00e9s leur donnent raison, et que l\u2019action chute. \u00abCela peut prendre du temps, explique Andrew Left. Ou m\u00eame ne jamais se produire: les march\u00e9s ignorent parfois leurs mises en garde et l\u2019action continue de bien se porter.\u00bb<\/p>\n<p><strong>La Chine dans le viseur<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque Carson Block a fond\u00e9 son hedge fund Muddy Waters, sp\u00e9cialis\u00e9 dans la vente \u00e0 d\u00e9couvert, cet homme trapu aux cils \u00e9trangement longs \u00e9tait un inconnu dans le monde de la finance. Auparavant, l\u2019Am\u00e9ricain avait cr\u00e9\u00e9 une firme d\u2019entreposage en Chine et co-r\u00e9dig\u00e9 le livre \u00abDoing Business in China for dummies\u00bb.<\/p>\n<p>Lors de son s\u00e9jour en Chine, Carson Block a pu observer une s\u00e9rie de compagnies chinoises. Et s\u2019est rapidement rendu compte que plusieurs de ces firmes avaient des probl\u00e8mes. \u00abPersonne, m\u00eame les auditeurs, ne v\u00e9rifiait r\u00e9ellement leurs r\u00e9sultats\u00bb, raconte-t-il.<\/p>\n<p>Un jour, Carson Block est tomb\u00e9 sur Sino-Forest, une firme productrice de bois qu\u2019il trouvait louche. Il a lanc\u00e9 dix enqu\u00eateurs, d\u00e9ploy\u00e9s dans cinq villes diff\u00e9rentes pendant deux mois pour d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9 sur cette entreprise. Apr\u00e8s avoir d\u00e9cortiqu\u00e9 plus de 10\u2019000 pages de documents officiels en chinois, son \u00e9quipe est arriv\u00e9e \u00e0 une sombre conclusion: la firme avait menti sur ses r\u00e9sultats et ses avoirs, \u00e0 hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars. Sino-Forest affirmait, par exemple, g\u00e9n\u00e9rer 231,1 millions de dollars gr\u00e2ce \u00e0 ses ventes de bois originaire de la province du Yunnan, soit plus que toutes les r\u00e9serves foresti\u00e8res de la r\u00e9gion mises ensemble, et six fois les quotas de coupe autoris\u00e9s<br \/>\npar le gouvernement chinois. Sino-Forest \u00e9tait une arnaque \u00abdigne de Madoff\u00bb, stipule le rapport de Muddy Waters.<\/p>\n<p>Carson Block publie sur son site internet un rapport qui r\u00e9tablit la v\u00e9rit\u00e9 et fait chuter son action de 78% en quelques jours, faisant perdre 110 millions de dollars \u00e0 Paul Johnson, le mythique manager d\u2019un hedge fund valant 37 milliards de dollars. Quelques semaines plus tard, la compagnie faisait faillite.<\/p>\n<p>Depuis, Carson Block a publi\u00e9 12 rapports sur des firmes chinoises cot\u00e9es en Bourse en Am\u00e9rique du Nord. Cinq d\u2019entre elles ont d\u00fb se retirer de la Bourse. En Chine, il est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019investisseur le plus d\u00e9test\u00e9 du pays, ayant fait partir en fum\u00e9e pr\u00e8s de 7 milliards d\u2019\u00e9valuation boursi\u00e8re. Il refuse de dire o\u00f9 il habite, et m\u00eane une vie semi-secr\u00e8te entre Hong Kong et les Etats-Unis.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leurs r\u00e9v\u00e9lations, certaines personnes accusent les short sellers d\u2019\u00eatre de purs sp\u00e9culateurs, qui cherchent \u00e0 d\u00e9truire des entreprises au mod\u00e8le d\u2019affaires l\u00e9gitime. En 2008, certains experts et politiciens leur ont reproch\u00e9 d\u2019avoir acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la faillite de Lehman Brothers, en sp\u00e9culant trop agressivement sur la chute de la banque et en la poussant au bord du pr\u00e9cipice.<\/p>\n<p>Mais les short sellers r\u00e9futent cette interpr\u00e9tation: \u00abNous sommes des boucs \u00e9missaires trop faciles \u00e0 cibler, explique Carson Block. Nous sommes l\u00e0 pour r\u00e9\u00e9quilibrer les pr\u00e9visions trop optimistes des investisseurs. Le march\u00e9 ne peut pas toujours monter. Nous cherchons \u00e0 rappeler aux gens pourquoi certaines compagnies ne valent rien ou sont tout simplement frauduleuses. Beaucoup de compagnies font n\u2019importe quoi. Nous les trouvons et alertons le march\u00e9 quand il y a des abus.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRE<\/p>\n<p><strong>Le fonctionnement de la vente \u00e0 d\u00e9couvert<\/strong><\/p>\n<p>La vente \u00e0 d\u00e9couvert consiste \u00e0 parier que le prix d\u2019une action va baisser. Un investisseur emprunte un titre contre le versement d\u2019un int\u00e9r\u00eat, le vend, puis attend la baisse effective de l\u2019action pour la racheter et la rendre \u00e0 son pr\u00eateur, apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 un profit.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>PORTRAITS<\/p>\n<p><strong>Le v\u00e9t\u00e9ran<\/strong><br \/>\nAndrew Left, Citron Research<\/p>\n<p>Ce Californien est le premier short seller \u00e0 s\u2019\u00eatre fait conna\u00eetre sur le web gr\u00e2ce \u00e0 un blog cr\u00e9\u00e9 en 1994. \u00abIl y a tellement de personnes et de firmes en lesquelles vous ne pouvez pas avoir confiance, tonne-t-il. Il faut juste avoir les c\u2026 de dire haut et fort qu\u2019elles ne valent rien.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>L\u2019ancien avocat<\/strong><br \/>\nSoren Aandahl, Glaucus Research<\/p>\n<p>Avant de lancer Glaucus Research en 2011, Soren Aandahl (33 ans) travaillait comme avocat et a notamment enqu\u00eat\u00e9 sur l\u2019affaire Enron pour le gouvernement am\u00e9ricain. \u00abLe m\u00e9tier de vendeur \u00e0 d\u00e9couvert ressemble \u00e0 celui de d\u00e9tective, dit-il. Vous cherchez partout des indices pour conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>L\u2019expert de la Chine<\/strong><br \/>\nCarson Block, Muddy Waters<\/p>\n<p>Ce grand connaisseur de la Chine estime qu\u2019une vente \u00e0 d\u00e9couvert est un combat: \u00abD\u00e8s lors que l\u2019on publie un rapport sur une firme, nous savons que sa r\u00e9ponse sera agressive, explique-t-il. Nous devons \u00eatre certains que nous disposons d\u2019assez d\u2019information pour prouver au public que nous avons raison. Ces firmes ont des moyens bien plus importants que les n\u00f4tres. On ne peut pas commettre d\u2019erreurs.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Le pragmatique<\/strong><br \/>\nSahm Adrangi, Kerrisdale Capital<\/p>\n<p>Canadien d\u2019origine, Sahm Adrangi voulait devenir journaliste avant de se lancer dans la vente \u00e0 d\u00e9couvert. \u00abTrop peu de gens s\u2019int\u00e9ressent aux probl\u00e8mes des entreprises, estime-t-il. Beaucoup de personnes ont un int\u00e9r\u00eat direct \u00e0 faire monter artificiellement les prix d\u2019une action. Nous cherchons \u00e0 contrecarrer ce ph\u00e9nom\u00e8ne.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Swissquote Magazine (2015, no2).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les vendeurs \u00e0 d\u00e9couvert parient sur des firmes dont le titre est sur\u00e9valu\u00e9 ou qui ne valent rien. Dans l\u2019espoir de remporter le gros lot si elles coulent. 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