



{"id":4449,"date":"2015-06-25T17:44:27","date_gmt":"2015-06-25T15:44:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4449"},"modified":"2015-06-25T17:45:27","modified_gmt":"2015-06-25T15:45:27","slug":"management","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4449","title":{"rendered":"Une entreprise entre amis, une bonne id\u00e9e?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Largeur_edition_25062015_FriendsWork.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Largeur_edition_25062015_FriendsWork.jpg\" alt=\"Largeur_edition_25062015_FriendsWork.jpg\" \/><\/p>\n<p>\u00abSe lancer dans l\u2019entrepreneuriat, c\u2019est comme entrer dans les ordres, r\u00e9sume Yann Popper, cofondateur de la soci\u00e9t\u00e9 genevoise de restauration The Hamburger Foundation. C\u2019est un choix de vie qui bouleverse tout, alors autant le faire avec des personnes que l\u2019on appr\u00e9cie.\u00bb C\u2019est donc avec deux amis d\u2019enfance que le jeune homme a lanc\u00e9 son projet. Et il n\u2019est pas le seul \u00e0 avoir fait ce choix: les PME Luxe-\u00e0-porter, Brasserie Docteur Gab\u2019s ou encore TimeForYou sont autant d\u2019autres exemples romands. \u00abS\u2019associer avec un ami est rassurant car la relation est d\u00e9j\u00e0 construite. Souvent, on poss\u00e8de les m\u00eames valeurs, analyse la psychologue du travail Edna Didisheim. L\u2019enthousiasme partag\u00e9 pour un projet peut \u00eatre un moteur d\u00e9terminant.\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es par l\u2019entreprise de coaching Startups.ch, la Suisse a enregistr\u00e9 un nouveau record du nombre d&rsquo;entreprises cr\u00e9\u00e9es en 2014: 41&rsquo;588 nouvelles soci\u00e9t\u00e9s se sont inscrites au registre du commerce, soit 1,86 % de plus qu\u2019en 2013. \u00abRisque de perdre son travail, m\u00e9sentente avec ses coll\u00e8gues, difficult\u00e9 \u00e0 trouver un poste\u2026 De nombreux facteurs poussent les gens \u00e0 vouloir \u00eatre leur propre patron, rel\u00e8ve Alice Christ, cheffe du marketing chez Startups.ch. Parmi les jeunes pousses que nous suivons, nous constatons une tendance \u00e0 cr\u00e9er entre amis ou connaissances, souvent pour une question de confiance.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Compter sur l\u2019autre<\/strong><\/p>\n<p>La confiance est en effet l\u2019une des premi\u00e8res raisons cit\u00e9es par les entrepreneurs interrog\u00e9s. Choisir de monter sa PME \u00e9quivaut souvent \u00e0 se jeter dans l\u2019inconnu et s\u2019appuyer sur une relation solide et fiable repr\u00e9sente un atout. \u00abNous pouvons compter l\u2019une sur l\u2019autre car nous savons que nous poursuivons le m\u00eame objectif, expliquent les deux amies fondatrices de l\u2019entreprise neuch\u00e2teloise Luxe-\u00e0-porter, G\u00e9raldine Gatto et Marie-Maude Michaud. La compr\u00e9hension et le dialogue sont plus faciles car nous nous connaissons bien.\u00bb<\/p>\n<p>Se lancer \u00e0 plusieurs permet aussi un partage des responsabilit\u00e9s, \u00e9galement per\u00e7u comme un avantage par les amis entrepreneurs. \u00abSe r\u00e9partir les t\u00e2ches et les charges permet de diviser la pression, note Marc Gouzer, cofondateur de The Hamburger Foundation. Seuls, nous ne ferions pas le tiers de ce que nous accomplissons aujourd\u2019hui.\u00bb Mais pour que cela fonctionne, il faut que les comp\u00e9tences de chacun soient compl\u00e9mentaires. \u00abJ\u2019ai pu constater, dans certains cas, que les amis d\u2019\u00e9tudes qui se lancent ensemble rencontrent des probl\u00e8mes car ils poss\u00e8dent exactement les m\u00eames comp\u00e9tences, rel\u00e8ve la psychologue du travail Edna Didisheim. Or, il faut des aptitudes et des savoir-faire diff\u00e9rents au sein d\u2019une \u00e9quipe, afin de pouvoir g\u00e9rer les finances et la communication par exemple.\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9partition des responsabilit\u00e9s peut se r\u00e9v\u00e9ler probl\u00e9matique. Souvent, les t\u00e2ches et les parts de la soci\u00e9t\u00e9 sont divis\u00e9es de mani\u00e8res \u00e9gales entre les amis. Mais que se passe-t-il si l\u2019un d\u2019entre eux est amen\u00e9 \u00e0 prendre davantage de pouvoir? Ou si un autre veut baisser son temps de travail? Ou encore s\u2019il faut r\u00e9partir diff\u00e9remment le capital? \u00abLorsque des amis s\u2019associent, il arrive r\u00e9guli\u00e8rement qu\u2019ils ne pr\u00e9voient pas la fin de leur partenariat, poursuit Edna Didisheim. Alors que dans d\u2019autres types d\u2019entreprises, ces situations sont formalis\u00e9es ou du moins discut\u00e9es. Ce manque d\u2019anticipation peut \u00eatre un pi\u00e8ge.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9voir le pire<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est le probl\u00e8me qu\u2019ont rencontr\u00e9 les deux fondatrices de l\u2019entreprise genevoise de conciergerie TimeForYou. Lorsque l\u2019une d\u2019entre elle a souhait\u00e9 diminuer son temps de travail, cela a cr\u00e9\u00e9 un d\u00e9s\u00e9quilibre difficile \u00e0 g\u00e9rer et conduit les deux associ\u00e9es \u00e0 se s\u00e9parer. \u00abNous n\u2019avions pas du tout anticip\u00e9 cette situation, se souvient Julie Besson, actuelle directrice de To Do Today Suisse (anciennement TimeForYou). Le fait d\u2019\u00eatre amies compliquait encore plus les choses car cela nous impliquait \u00e9motionnellement.\u00bb D\u2019apr\u00e8s Reto Engler, co-fondateur avec deux amis de la Brasserie Docteur Gab\u2019s \u00e0 Lausanne, \u00abil est primordial de clarifier les r\u00f4les et les attentes de chacun d\u00e8s le d\u00e9part et de consid\u00e9rer le pire des sc\u00e9narios\u00bb. Dans la m\u00eame optique, les amis de The Hamburger Foundation ont \u00e9tabli une liste de tout ce qui pourrait les pousser \u00e0 se s\u00e9parer, afin d\u2019anticiper les probl\u00e8mes avant qu\u2019ils n\u2019arrivent.<\/p>\n<p>Julie Besson compare volontiers son association avec son amie \u00e0 un mariage. Et comme pour un divorce, des aspects affectifs et financiers entrent en jeu au moment de la s\u00e9paration. Si les deux ex-associ\u00e9es de TimeForYou ont su malgr\u00e9 tout pr\u00e9server leur amiti\u00e9, bien souvent, les dommages caus\u00e9s par un \u00e9chec sont irr\u00e9versibles. \u00abIl s\u2019agit du principal danger de travailler avec un ami, analyse Edna Didisheim. S\u2019il y a conflit, on ne perd pas seulement un associ\u00e9, mais \u00e9galement une personne ch\u00e8re.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 aux deux associ\u00e9s d\u2019espace-terroir.ch, service de livraison \u00e0 domicile de paniers de fruits et l\u00e9gumes locaux et de saison, bas\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve. Six mois apr\u00e8s la fondation de sa soci\u00e9t\u00e9, Guillaume Lambert d\u00e9cide de s\u2019associer avec un ami de son club de foot. \u00abNous avions un accord oral: en tant que fondateur, je poss\u00e9dais deux tiers des parts de la soci\u00e9t\u00e9 et lui un tiers, mais nous poss\u00e9dions le m\u00eame statut de dirigeant. Cela a cr\u00e9\u00e9 un d\u00e9s\u00e9quilibre d\u00e8s le d\u00e9part.\u00bb Alors qu\u2019ils se sont toujours bien entendus, les deux associ\u00e9s d\u00e9veloppent tr\u00e8s vite une relation conflictuelle. Leurs opinions divergent sur la direction \u00e0 donner \u00e0 l\u2019entreprise. \u00abMon associ\u00e9 avait un pass\u00e9 d\u2019employ\u00e9, au contraire de moi. Il ne r\u00e9alisait pas les enjeux qui entourent une jeune soci\u00e9t\u00e9, poursuit Guillaume Lambert. Il voulait d\u00e9velopper une strat\u00e9gie commerciale fid\u00e8le \u00e0 son \u00e9thique mais peu rentable pour le projet, qui pour moi devait passer avant tout.\u00bb Absolument pas sur la m\u00eame longueur d\u2019ondes, les deux amis se s\u00e9parent en mauvais termes et ne se fr\u00e9quentent plus aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><strong>Insouciance et d\u00e9fi<\/strong><\/p>\n<p>\u00abOn croit conna\u00eetre quelqu\u2019un, mais souvent, on ne le conna\u00eet que sous un angle: en g\u00e9n\u00e9ral sur le plan priv\u00e9 quand il s\u2019agit d\u2019un ami, explique la psychologue Edna Didisheim. Or une personnalit\u00e9 peut r\u00e9v\u00e9ler d\u2019autres facettes dans le contexte du travail.\u00bb Nullement d\u00e9courag\u00e9 par cette exp\u00e9rience, Guillaume Lambert s\u2019est associ\u00e9 avec \u00e0 autre ami suite au d\u00e9part du premier. \u00abJe ne souhaite pas diriger mon entreprise seul. Etre \u00e0 deux permet de diluer la pression et de ne pas avoir toutes les responsabilit\u00e9s sur les \u00e9paules.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019insouciance et le d\u00e9fi caract\u00e9risent souvent les projets \u00e9labor\u00e9s entre amis. Cette particularit\u00e9 peut souvent s\u2019av\u00e9rer payante. \u00abIl arrive que deux amis, ayant chacun un travail de leur c\u00f4t\u00e9, essaient de lancer un projet ensemble, juste comme \u00e7a, pour voir, commente Alice Christ, de Startups.ch. Et, tr\u00e8s souvent, \u00e7a marche!\u00bb Cependant, cette forme de d\u00e9sinvolture peut aussi se retourner contre la soci\u00e9t\u00e9 et lui \u00eatre fatale. \u00abOn peut parfois d\u00e9celer un manque de s\u00e9rieux, peut-\u00eatre par na\u00efvet\u00e9 ou parce que la pression est moins forte, poursuit Alice Christ. Il s\u2019agit de l\u2019une des causes d\u2019\u00e9chec de ce type d\u2019association.\u00bb<\/p>\n<p>Mais lorsque que les affaires marchent et que la soci\u00e9t\u00e9 se d\u00e9veloppe, tous les amis entrepreneurs s\u2019accordent \u00e0 dire que l\u2019exp\u00e9rience est unique. Il faut accepter de mettre son amiti\u00e9 en p\u00e9ril, \u00abmais c\u2019est un risque \u00e0 prendre car lorsque cela fonctionne, c\u2019est extraordinaire d\u2019avoir ses amis pour coll\u00e8gues, s\u2019enthousiasme Yann Popper, de The Hamburger Foundation. Nous sommes peut-\u00eatre moins riches actuellement que lorsque nous \u00e9tions salari\u00e9s, mais nous sommes bien plus heureux.\u00bb M\u00eame s\u2019ils se voient tous les jours au travail, beaucoup d\u2019associ\u00e9s indiquent continuer \u00e0 se fr\u00e9quenter en dehors, pour des sorties ou m\u00eame des vacances.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>TEMOIGNAGES<\/p>\n<p><strong>\u00abJamais nous n\u2019aurions os\u00e9 nous lancer seuls\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Les fondateurs de The Hamburger Foundation r\u00eavaient d\u00e9j\u00e0 d\u2019ouvrir un restaurant ensemble \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 16 ans.<\/em><\/p>\n<p>Marc Gouzer, George Bowring et Yann Popper, amis d\u2019enfance, ont fond\u00e9 leur entreprise de restauration, The Hamburger Foundation, en ao\u00fbt 2012 \u00e0 Gen\u00e8ve. A l\u2019\u00e9troit dans un petit food-truck les deux premi\u00e8res ann\u00e9es, ils ont dop\u00e9 la croissance de leur soci\u00e9t\u00e9 en 2014 avec l\u2019ouverture d\u2019un restaurant, le lancement d\u2019un second food-truck et l\u2019inauguration d\u2019un bar \u00e0 hu\u00eetres, Chez Henri. De trois collaborateurs, ils sont pass\u00e9s \u00e0 dix salari\u00e9s fixes et emploient jusqu\u2019\u00e0 50 extras en \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Travailler entre amis repr\u00e9sente l\u2019accomplissement d\u2019un r\u00eave dont ils parlaient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 16 ans. \u00abNous nous rendions dans le seul restaurant de burgers de la ville, et projetions d\u2019avoir notre propre enseigne plus tard\u00bb, se rappelle Marc Gouzer. M\u00eame si chacun entame une carri\u00e8re diff\u00e9rente, l\u2019id\u00e9e reste toujours pr\u00e9sente. \u00abA 28 ans, on s\u2019est dit: c\u2019est maintenant ou jamais. Le fait de se lancer \u00e0 trois nous a donn\u00e9 du courage, jamais nous ne l\u2019aurions fait seuls.\u00bb Les t\u00e2ches se r\u00e9partissent facilement car chacun poss\u00e8de des comp\u00e9tences diff\u00e9rentes. George s\u2019occupe de la logistique et des ressources humaines, Marc de la tr\u00e9sorerie et des n\u00e9gociations avec les fournisseurs et Yann de la communication et de l\u2019esth\u00e9tique. \u00abC\u2019est bon pour l\u2019\u00e9go, chacun a sa responsabilit\u00e9 propre. Mais on s\u2019entraide et on prend les d\u00e9cisions ensemble. Bien s\u00fbr, on se dispute, mais c\u2019est souvent de l\u00e0 que naissent les meilleures id\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Selon eux, \u00eatre trois est id\u00e9al. \u00abIl y a toujours une majorit\u00e9 s\u2019il l\u2019on n\u2019arrive pas \u00e0 se mettre d\u2019accord. Et si l\u2019un de nous veut prendre des vacances, il sait qu\u2019il ne laisse pas une personne seule aux commandes.\u00bb Mais les vacances, ils aiment les prendre ensemble, nullement lass\u00e9s de travailler sept jours sur sept en trio. \u00abOn dit souvent que s\u2019associer avec des amis est dangereux, mais on ne dit pas que si cela fonctionne, c\u2019est absolument g\u00e9nial! Nous ne savons pas si nous ferons des burgers pour toujours, mais nous sommes convaincus que nous continuerons \u00e0 travailler ensemble.\u00bb<br \/>\n________<\/p>\n<p><strong>\u00abQuand nos avis diff\u00e8rent, l\u2019entreprise passe avant tout\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Des responsabilit\u00e9s \u00e0 l\u2019actionnariat, G\u00e9raldine Gatto et Marie-Maude Michaud ont tout partag\u00e9 \u00e0 parts \u00e9gales pour faire fonctionner leur soci\u00e9t\u00e9 Luxe-\u00e0-porter.<\/em><\/p>\n<p>\u00abPour nous, cela a \u00e9t\u00e9 une question de timing, confie G\u00e9raldine Gatto, 37 ans, cofondatrice de l\u2019agence de distribution Luxe-\u00e0-porter. Je venais de quitter mon poste dans un grand groupe horloger suisse et Marie-Maude (Michaud), qui dirige \u00e9galement les bijouteries Michaud avec ses fr\u00e8res, cherchait une personne pour l\u2019aider \u00e0 d\u00e9velopper un nouveau r\u00e9seau de d\u00e9taillants. Nous nous sommes connues comme \u00e7a et avons vite d\u00e9velopp\u00e9 une relation amicale.\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette premi\u00e8re exp\u00e9rience commune, les deux copines originaires de Neuch\u00e2tel lancent leur entreprise en 2008. Elles se consacrent d\u2019abord aux m\u00eames t\u00e2ches, toutes deux \u00e0 plein temps, puis d\u00e9cident de diviser leur temps de travail apr\u00e8s quelques mois. \u00abTravailler \u00e0 deux permet davantage de libert\u00e9 et de flexibilit\u00e9. Lorsque l\u2019une est absente, on sait que l\u2019autre dirigera l\u2019entreprise avec les m\u00eames valeurs que les siennes.\u00bb Elles soulignent la c\u00f4t\u00e9 rassurant de travailler avec une personne complice: \u00abNous partageons les moments difficiles comme les plus joyeux. Mais quand nos avis diff\u00e8rent sur un point, le bien de l\u2019entreprise passe avant tout.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abQuand on a dit autour de nous que nous allions nous lancer ensemble, plusieurs personnes nous ont d\u00e9conseill\u00e9 de tout partager \u00e0 50-50, notamment dans l\u2019actionnariat. Mais il \u00e9tait hors de question pour nous de faire autrement. C\u2019est en trouvant un \u00e9quilibre \u00e0 tous les niveaux que cela nous semblait faisable.\u00bb L\u2019\u00e9quipe de Luxe-\u00e0-porter compte aujourd\u2019hui sept collaborateurs et g\u00e8re la distribution de six marques de bijouterie et horlogerie, dont la marque belge Ice-Watch et la suisse Bomberg, dans plus de 200 points de vente en Suisse.<br \/>\nApr\u00e8s sept ans de collaboration, les deux associ\u00e9es assurent par ailleurs toujours sortir entre amies en dehors du travail. \u00abNous sommes toutes deux beaucoup en d\u00e9placement pour des rendez-vous clients ou pour visiter nos revendeurs. Cette distance permet s\u00fbrement de garder le plaisir de se retrouver.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abNotre amiti\u00e9 a permis \u00e0 l\u2019entreprise d\u2019\u00e9voluer rapidement\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>La Brasserie Docteur Gab\u2019s est n\u00e9e d\u2019un hobby d\u2019adolescents pratiqu\u00e9 dans une cave.<\/em><\/p>\n<p>Nich\u00e9e dans la petite commune de La Claie-aux-Moines, au-dessus de Lausanne, la Brasserie Docteur Gab\u2019s est n\u00e9e en 2012 de la passion pour la bi\u00e8re artisanale de trois voisins et amis d\u2019enfance: Reto Engler, Gabriel Hasler et David Paraskevopoulos. \u00abTout a commenc\u00e9 quand Gabriel a re\u00e7u un kit de fabrication de bi\u00e8re pour ses 16 ans, en 2001, raconte Reto Engler. Nous nous sommes vite pris au jeu et nous nous retrouvions les soirs de semaine et les week-ends \u00e0 brasser dans sa cave.\u00bb L\u2019id\u00e9e de transformer leur hobby en activit\u00e9 professionnelle na\u00eet en 2010, \u00e0 la fin de leurs \u00e9tudes respectives.<\/p>\n<p>\u00abNous avions continu\u00e9 notre activit\u00e9 amateur entre les cours, en vendant d\u2019abord suffisamment de bi\u00e8res \u00e0 notre entourage pour amortir nos d\u00e9penses et acheter du nouveau mat\u00e9riel. Et en 2010, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de nous consacrer, pour deux ans au moins, \u00e0 d\u00e9velopper notre entreprise \u00e0 plein temps.\u00bb Un pari gagnant pour les trois amis qui emploient aujourd\u2019hui 15 collaborateurs, produisent pr\u00e8s de 240&rsquo;000 litres de bi\u00e8re par ann\u00e9e et comptent plus de 500 clients dans toute la Suisse romande.<\/p>\n<p>Ils s\u2019accordent \u00e0 dire que leur amiti\u00e9 a \u00e9t\u00e9 un moteur positif pour leur affaire et leur a permis d\u2019\u00e9voluer rapidement: \u00abElle a repr\u00e9sent\u00e9 une valeur ajout\u00e9e dans notre d\u00e9marrage. Nous nous faisions confiance et \u00e9tions pr\u00eats \u00e0 nous impliquer totalement.\u00bb La seule difficult\u00e9 pour les trois copains, aujourd\u2019hui trentenaires, a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9finition du r\u00f4le de chacun: \u00abEtre trois \u00e0 faire la m\u00eame chose ne fonctionne pas longtemps. Le partage des t\u00e2ches a \u00e9t\u00e9 salvateur. David s\u2019occupe de la commercialisation, Gabriel du management et moi-m\u00eame de la production. Les salaires ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis sur cette base-l\u00e0.\u00bb La Brasserie Docteur Gab\u2019s distribue aujourd\u2019hui cinq saveurs de bi\u00e8res fixes et une de plus pour chaque saison. Le prochain d\u00e9fi? Faire d\u00e9couvrir les mariages possibles entre la bi\u00e8re et les plats cuisin\u00e9s, en collaborant avec des restaurants ou des petits festivals locaux.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong> \u00abAucun contrat n\u2019avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli entre nous\u00bb <\/strong><\/p>\n<p><em>Pour le bien de leur soci\u00e9t\u00e9 TimeForYou, Julie Besson et son associ\u00e9e ont d\u00fb se s\u00e9parer.<\/em><\/p>\n<p>En 2007, Julie Besson fonde avec une amie la soci\u00e9t\u00e9 de conciergerie d\u2019entreprise TimeForYou. \u00abAmies depuis 10 ans, nous nous trouvions toutes deux dans une p\u00e9riode charni\u00e8re de notre parcours professionnel\u00bb, se souvient Julie Besson. Constatant la pauvret\u00e9 de l\u2019offre en mati\u00e8re de services \u00e0 la personne en Suisse, elles d\u00e9cident de lancer leur soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve. \u00abNous trouvions plus sympa de nous lancer \u00e0 deux, de partager nos id\u00e9es et nos comp\u00e9tences.\u00bb<\/p>\n<p>Les deux associ\u00e9es se r\u00e9partissent les t\u00e2ches et les parts de la soci\u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re \u00e9gale. Hormis les statuts standards exig\u00e9s par la loi, aucun contrat n\u2019est \u00e9tabli pour r\u00e9gir leurs relations. \u00abNous \u00e9tions comme deux amoureux qui n\u2019ont pas envie de parler de leur contrat de mariage. Nous n\u2019y avons m\u00eame pas pens\u00e9.\u00bb Mais en 2011, l\u2019associ\u00e9e de Julie Besson souhaite diminuer son engagement pour des raisons priv\u00e9es. Le fait de n\u2019avoir pas anticip\u00e9 une telle situation pose alors probl\u00e8me. \u00abLe timing \u00e9tait mauvais, l\u2019entreprise traversait une p\u00e9riode difficile. Dans une start-up o\u00f9 tout est encore \u00e0 construire, il est impossible de s\u2019engager \u00e0 temps partiel. Nous avons vite r\u00e9alis\u00e9 que cela n\u2019allait pas fonctionner et cr\u00e9er des tensions entre nous. Finalement, nous avons d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable de nous s\u00e9parer. Aujourd\u2019hui, nous sommes toujours amies, mais cette p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 douloureuse.\u00bb<\/p>\n<p>Julie Besson continue de d\u00e9velopper seule la soci\u00e9t\u00e9 qui emploie aujourd\u2019hui 15 collaborateurs et travaille pour des clients tels que Nestl\u00e9, Lombard Odier ou la Loterie Romande. D\u00e9but 2015, TimeForYou op\u00e8re un virage important en fusionnant avec le groupe To Do Today, leader de la conciergerie d\u2019entreprise en France, et devient To Do Today Suisse. \u00abC\u2019est un compromis id\u00e9al. Il s\u2019agit d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 taille humaine, dirig\u00e9e par une entrepreneuse avec qui je peux \u00e9changer, le tout dans un cadre juridique clair et \u00e9quitable.\u00bb Gr\u00e2ce \u00e0 cette nouvelle synergie commerciale, Julie Besson souhaite \u00e9tendre ses activit\u00e9s \u00e0 toute la Suisse.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRE<\/p>\n<p><strong>Les cinq r\u00e8gles d\u2019or pour fonder une entreprise entre amis<\/strong><\/p>\n<p>1. Se mettre d\u2019accord d\u00e8s le d\u00e9part sur la r\u00e9partition des responsabilit\u00e9s, des parts de la soci\u00e9t\u00e9 et des salaires, et formaliser cet arrangement.<\/p>\n<p>2. Pr\u00e9voir tous les sc\u00e9narios possibles (d\u00e9part de l\u2019un des associ\u00e9s, diminution du temps de travail, nouvelle r\u00e9partition du capital, etc.) et contractualiser la mani\u00e8re de proc\u00e9der dans ce genre de situation.<\/p>\n<p>3. Dialoguer ouvertement, \u00e9changer sans tabous, ne pas craindre les conflits car ils peuvent amener des solutions. Faire passer le bien de l\u2019entreprise avant tout.<\/p>\n<p>4. S\u2019accomplir individuellement. L\u2019\u00e9thique, les valeurs et le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9 doit correspondre \u00e0 chaque associ\u00e9.<\/p>\n<p>5. S\u2019adjoindre les services d\u2019un m\u00e9diateur. Ne pas h\u00e9siter \u00e0 faire appel \u00e0 une tierce personne pour aider \u00e0 la prise de d\u00e9cisions conflictuelles ou pour un simple regard ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Collaboration: C\u00e9line Bilardo<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fonder une soci\u00e9t\u00e9 avec un ami: c\u2019est le choix que font de nombreux jeunes entrepreneurs.  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