



{"id":444,"date":"2000-07-03T00:00:00","date_gmt":"2000-07-02T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=444"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"pilules","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=444","title":{"rendered":"Mieux soigner les malades psychiatriques"},"content":{"rendered":"<p>La <a href=http:\/\/www.weltwoche.ch target=_blank>Weltwoche<\/a> fourmille d\u2019articles int\u00e9ressants, de sujets bien trait\u00e9s, de prises de position vigoureuses. Ainsi une colonne intitul\u00e9e \u00abTriste, vraiment triste\u00bb et sign\u00e9e Kathrin Meier-Rust. La journaliste s\u2019en prend \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la psychiatrie en Suisse, \u00e0 la biologisation (tra\u00eetement essentiellement par les m\u00e9dicaments) et donc d\u00e9t\u00e9rioration actuelle des soins de l\u2019\u00e2me dont Zurich, on le sait, est traditionnellement une des Mecques \u00e9tablies, gr\u00e2ce au Jung Institut notamment. Elle rapporte les propos de cinq professeurs de psychiatrie et m\u00e9decine psychosociale dans les Universit\u00e9s suisses &#8211; malheureusement sans citer leurs noms &#8211; qui d\u00e9noncent dans une r\u00e9cente publication la d\u00e9gradation qualitative des soins psychiatriques en Suisse. A les en croire, si le nombre de malades graves ne cesse d\u2019augmenter &#8211; pour cause de toxicomanies diverses, d\u00e9pressions, maladies li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e2ge -, l\u2019offre pourtant gigantesque de th\u00e9rapies pr\u00e9sentes sur le march\u00e9 ne s\u2019adresse pas \u00e0 eux. <\/p>\n<p>L\u2019Allemagne semble avoir r\u00e9ussi \u00e0 faire des \u00e9conomies sans diminuer les effectifs de soignants dans les cliniques psychiatriques. L\u2019Angleterre et la Hollande ont mis en place pour les malades chroniques des syst\u00e8mes de soins ambulatoires humains et nettement moins co\u00fbteux. La Suisse, elle, manque toujours de centres ambulatoires et de cliniques de jour. Paradoxalement, l\u2019hospitalisation reste ici consid\u00e9r\u00e9e comme une solution certes ch\u00e8re qui se r\u00e9v\u00e8lerait \u00eatre la plus rentable alors que les malades, eux, auraient souvent besoin d\u2019\u00eatre occup\u00e9s, d\u2019avoir des contacts sociaux fr\u00e9quents et de recevoir des visites \u00e0 la maison plut\u00f4t que de quitter leur foyer. <\/p>\n<p>Les cinq signataires s\u2019\u00e9l\u00e8vent aussi contre la vogue de la psychopharmacop\u00e9e qui tend \u00e0 se substituer \u00e0 l\u2019accompagnement psychoth\u00e9rapeutique consid\u00e9r\u00e9 comme cher et encore souvent \u00e9litaire. A les en croire, l\u2019\u00e9volution am\u00e9ricaine montre bien vers quelle impasse m\u00e8ne la biologisation de la psychiatrie. Comme les assurances ont tr\u00e8s fortement diminu\u00e9 leurs prestations dans le domaine psy, les cliniques publiques se bornent \u00e0 \u00e9tablir des diagnostics puis \u00e0 prescrire les m\u00e9dicaments indiqu\u00e9s. Or, plus les patients se r\u00e9tablissent vite gr\u00e2ce aux m\u00e9dicaments, plus ils sont livr\u00e9s rapidement \u00e0 eux-m\u00eames et plus ils reviennent vite consulter! Aux Etats-Unis, on les surnomme les \u00abfrequent flyers\u00bb, comme ceux qui prennent r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019avion. Du coup, les assurances am\u00e9ricaines red\u00e9couvrent peu \u00e0 peu que pour baisser les co\u00fbts hospitaliers, il faut encourager l\u2019accompagnement psychoth\u00e9rapeutique. Et on revient \u00e0 la case d\u00e9part.<\/p>\n<p>Int\u00e9ressant, cet article, alors qu\u2019en Suisse aussi, le d\u00e9bat bat son plein autour des m\u00e9dicaments de plus en plus nombreux et cibl\u00e9s disponibles pour traiter des maladies psychiatriques. Ici, les assurances admettent encore de rembourser une pl\u00e9thore de m\u00e9thodes th\u00e9rapeutiques \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 plus ou moins reconnue et on peut imaginer pr\u00f4ner l\u2019\u00e9vidence en esp\u00e9rant que les milieux int\u00e9ress\u00e9s sauront trouver une voie m\u00e9diane qui combine optimalement pharmacop\u00e9e et accompagnement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Suisse, on bourre de m\u00e9dicaments et on hospitalise les patients. Une pratique co\u00fbteuse et inadapt\u00e9e aux maladies actuelles, alertent des psychiatres, tandis que d\u2019autre pays appliquent un suivi \u00e0 domicile des malades, plus performant et moins cher.<\/p>\n","protected":false},"author":59,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-444","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/444","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/59"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=444"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/444\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=444"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=444"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=444"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}