



{"id":4432,"date":"2015-06-02T13:59:58","date_gmt":"2015-06-02T11:59:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4432"},"modified":"2015-06-02T16:42:47","modified_gmt":"2015-06-02T14:42:47","slug":"consommation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4432","title":{"rendered":"La fi\u00e8vre des labels gagne la Suisse"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Largeur_edition_02062015_labels.jpg\" alt=\"Largeur_edition_02062015_labels.jpg\" title=\"Largeur_edition_02062015_labels.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Les labels se multiplient sur les produits vendus en Suisse. On d\u00e9nombre aujourd\u2019hui plus de 300 certifications diff\u00e9rentes, selon une liste (non exhaustive) publi\u00e9e l\u2019automne dernier par le Bureau f\u00e9d\u00e9ral de la consommation. La fonction de ces logos et \u00e9tiquettes qui fleurissent sur les articles? Leur apporter un attrait suppl\u00e9mentaire en signalant leur origine ou leur qualit\u00e9: tel produit est issu du commerce \u00e9quitable, r\u00e9pond aux principes de l\u2019agriculture bio, respecte les crit\u00e8res du d\u00e9veloppement durable, provient d\u2019une r\u00e9gion sp\u00e9cifique ou a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 selon les m\u00e9thodes de l\u2019artisanat traditionnel.<\/p>\n<p>Dans le seul domaine de l\u2019agriculture bio, pas moins de 28 labels viennent certifier que les articles qui les arborent ont \u00e9t\u00e9 produits dans le respect de l\u2019environnement. Cela a repr\u00e9sent\u00e9 6,9% du march\u00e9 alimentaire en 2014. Du c\u00f4t\u00e9 des produits issus du commerce \u00e9quitable, les Suisses sont m\u00eame les champions du monde, avec 53 francs d\u00e9pens\u00e9s par habitant en 2013.<\/p>\n<p><strong>Pouvoir des consommateurs<\/strong><\/p>\n<p>Cette multiplication des certifications de toutes sortes d\u00e9montre qu\u2019aujourd\u2019hui, \u00ables consommateurs exercent un pouvoir immense vis-\u00e0-vis de l\u2019entreprise et de ses produits\u00bb, analyse Marcel Paulssen, professeur en marketing \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. Mais ces labels pr\u00e9sentent aussi des avantages pour les producteurs: ils leurs permettent d\u2019 \u00abam\u00e9liorer leur image aupr\u00e8s de leurs clients et m\u00eame de leurs employ\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>A titre d\u2019exemple, le label \u00abV\u00e9ritable artisan\u00bb a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 \u00e0 la fin 2014 par la soci\u00e9t\u00e9 des Artisans boulangers-p\u00e2tissiers-confiseurs vaudois pour mettre en avant leur savoir-faire traditionnel. Les crit\u00e8res pour l\u2019obtenir sont stricts: toutes les p\u00e2tes, articles de p\u00e2tisserie, produits de confiserie et m\u00eame les snacks doivent avoir \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9s dans l\u2019entreprise. Il est toutefois possible de revendre des produits provenant d\u2019une autre soci\u00e9t\u00e9 du secteur, tant que la confection \u00abmaison\u00bb est assur\u00e9e sur 80% de l\u2019offre. Malgr\u00e9 cet important cahier des charges, le projet s\u00e9duit. Plus de 80 producteurs ont \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9s, ce qui correspond \u00e0 la moiti\u00e9 des membres de la soci\u00e9t\u00e9. Un \u00e9largissement \u00e0 d\u2019autres cantons romands est actuellement \u00e0 l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Dans le domaine vinicole, les Artisans Vignerons d\u2019Yvorne figurent parmi les premiers producteurs \u00e0 avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du label Terravin, un des pionniers romands fond\u00e9 en 1963 sur une initiative de la F\u00e9d\u00e9ration vaudoise des vignerons. M\u00eame s\u2019il est difficile et cher \u00e0 obtenir tous les ans &#8212; les producteurs paient 20 centimes par vignette qu\u2019ils peuvent coller sur les bouteilles &#8212; Patrick Ansermoz, directeur de la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative, souligne son importance. \u00abChaque ann\u00e9e, une vingtaine de nos cuves sont labellis\u00e9es. Ces derni\u00e8res repr\u00e9sentant nos produits phares. Si l\u2019une de ces cuves n\u2019obtenait pas le label Terravin, cela serait tr\u00e8s mauvais pour nos ventes. Par exemple, la Coop, qui commercialise nos vins, y est tr\u00e8s sensible. Nous sommes \u00e9galement en contact avec des commer\u00e7ants au Japon qui nous ont approch\u00e9s parce qu\u2019il connaissaient ce label.\u00bb<\/p>\n<p>En Suisse romande, la certification de provenance constitue une part importante des labels de qualit\u00e9, comme le montrent les exemples de Valais Excellence, Produits du terroir ou Gen\u00e8ve R\u00e9gion \u2013 Terre Avenir. \u00abCes labels de provenance ont une tr\u00e8s grande importance pour les consommateurs romands, tandis que les Suisses al\u00e9maniques font beaucoup plus attention au processus de production, indique Barbara Pfenniger, responsable alimentation de la F\u00e9d\u00e9ration romande des consommateurs. Et m\u00eame si les consommateurs se sentent un peu submerg\u00e9s par ces \u00e9tiquettes, ils y font quand-m\u00eame de plus en plus attention.\u00bb Le label AOP, qui t\u00e9moigne des origines locales d\u2019un produit, est connu par 84% des consommateurs romands et par 57% des consommateurs al\u00e9maniques.<\/p>\n<p><strong>Les v\u00eatements aussi<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9chelle suisse, le secteur des v\u00eatements constitue deux tiers du chiffre d\u2019affaires total des produits \u00e9quitables, indique une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2012 par l\u2019association Swiss Fair Trade. La soci\u00e9t\u00e9 lausannoise Product DNA se veut pionni\u00e8re dans ce domaine. Elle a cr\u00e9\u00e9 une plateforme internet qui permet aux consommateurs de remonter toutes les \u00e9tapes de fabrication d\u2019un produit &#8212; depuis le traitement des mati\u00e8res premi\u00e8res jusqu\u2019\u00e0 son arriv\u00e9e chez les vendeurs &#8212; \u00e0 l\u2019aide d\u2019un code qui se trouve sur son \u00e9tiquette. Robin Cornelius, le fondateur de la marque Switcher, qui a \u00e9t\u00e9 un des pionniers suisses dans la production \u00e9thique au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, se trouve \u00e0 l\u2019origine du projet. Une dizaine de marques collaborent aujourd\u2019hui \u00e0 Product DNA, comme les sacs biod\u00e9gradables Bio Apply. \u00abLes consommateurs exigent de plus en plus de transparence, explique Robin Cornelius. Pour nous, les labels ne suffisent pas \u00e0 garantir la provenance d\u2019un v\u00eatement et les conditions de sa fabrication. Nous voulons donner aux consommateurs la possibilit\u00e9 de v\u00e9rifier la cr\u00e9dibilit\u00e9 de chaque label.\u00bb M\u00eame si la route est encore longue, Robin Cornelius souhaite que la tra\u00e7abilit\u00e9 de chaque produit textile devienne un jour la norme.<\/p>\n<p>Les labels de qualit\u00e9 ne s\u2019appliquent pas seulement aux produits de consommation courante. On les trouve \u00e9galement sur les portes de certains \u00e9tablissements publics, \u00e0 l\u2019image de la nouvelle certification Vaud Oenotourisme, soutenue par l\u2019Office du tourisme du canton. Elle vise notamment \u00e0 stimuler le tourisme vinicole: \u00abLes visiteurs sont de plus en plus sensibles aux exp\u00e9riences locales et veulent consommer des produits authentiques, indique Yann Stucki, responsable du projet. Avec notre label, nous leur donnons une sensation d\u2019unit\u00e9. S\u2019ils le voient dans n\u2019importe quel restaurant ou h\u00f4tel dans le canton, ils savent qu\u2019ils recevront des vins et des produits du terroir vaudois\u00bb, explique Yann Stucki. Pour l\u2019instant, une quinzaine d\u2019\u00e9tablissements &#8212; restaurants, h\u00f4tels, vignobles et lieux de vente de produits artisanaux &#8212; sont int\u00e9ress\u00e9s et pr\u00eats \u00e0 payer 1&rsquo;900 francs pour une formation de cinq jours. Ils doivent se soumettre \u00e0 deux contr\u00f4les en trois ans, renouvelables.<\/p>\n<p>Les entreprises peuvent \u00e9galement \u00eatre certifi\u00e9es par un label de qualit\u00e9. L\u2019initiative genevoise Eco-Label atteste depuis 2011 des efforts qu\u2019elles d\u00e9ploient dans le domaine du d\u00e9veloppement durable, notamment quand elles d\u00e9veloppent le tri des d\u00e9chets et r\u00e9duisent leur consommation \u00e9nerg\u00e9tique. Plus de 300 soci\u00e9t\u00e9s ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 labellis\u00e9es. Pour l\u2019entreprise Soraco, active dans la construction de routes et dans l\u2019am\u00e9nagement d\u2019espace urbain, ce label offre surtout un avantage lors des appels d\u2019offres publics, comme le confirme Christophe Colin, responsable entre autres de la s\u00e9curit\u00e9 au sein de la soci\u00e9t\u00e9. M\u00eame si, pr\u00e9cise-t-il, \u00abune ann\u00e9e apr\u00e8s l\u2019obtention du label, nous n\u2019avons pas encore ressenti d\u2019effet direct sur notre chiffre d\u2019affaires\u00bb. L\u2019initiative Eco-Label pr\u00e9sente un autre avantage: avec sa gamme de prix allant de 300 \u00e0 5000 francs par ann\u00e9e en fonction de la taille de l\u2019entreprise, il reste nettement moins cher qu\u2019une d\u00e9marche de certification ISO (environ 20&rsquo;000 francs pour une entreprise de 50 personnes).<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le succ\u00e8s des labels aupr\u00e8s des consommateurs, certaines entreprises restent prudentes, \u00e0 l\u2019image du chocolatier Camille Bloch, bas\u00e9 \u00e0 Courtelary, dans le canton de Berne. Plut\u00f4t que d\u2019investir dans une certification, qui lui co\u00fbterait cher, la firme pr\u00e9f\u00e8re investir dans ses propres projets au Ghana, d\u2019o\u00f9 elle importe la majeure partie de son cacao. \u00abIl s\u2019agit de projets d&rsquo;infrastructure, mais \u00e9galement de formations pour les agriculteurs qui re\u00e7oivent une prime suppl\u00e9mentaire en plus du prix du cacao\u00bb, indique la responsable de la communication Regula Gerber. Elle souligne que, pour Camille Bloch, il est plus important que les consommateurs fassent confiance \u00e0 la marque, sans que celle-ci ne doive d\u00e9l\u00e9guer cette responsabilit\u00e9 \u00e0 un label.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9veloppement durable, commerce \u00e9quitable, agriculture biologique\u2026 Plus de 300 labels attestent de la qualit\u00e9 ou de l\u2019orgine des produits. Mais que cachent ces \u00e9tiquettes? Tour d\u2019horizon. <\/p>\n","protected":false},"author":20177,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4432","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20177"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4432"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4432\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}