



{"id":442,"date":"2000-06-30T00:00:00","date_gmt":"2000-06-29T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=442"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"futbol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=442","title":{"rendered":"Mort subite et pieds carr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Euro 2000"},"content":{"rendered":"<p>La diff\u00e9rence entre la Ligne Maginot et la d\u00e9fense de la Squadra Azzurra? La premi\u00e8re reste fig\u00e9e \u00e0 tout jamais dans l&rsquo;Histoire comme le symbole de la passoire, un \u00e9chec total de strat\u00e9gie d\u00e9fensive; la seconde repousse toutes les offensives depuis des temps imm\u00e9moriaux.<\/p>\n<p>Jeudi soir, les Italiens ont prouv\u00e9, si besoin en \u00e9tait, qu&rsquo;ils poss\u00e8dent (comme en 1982 quand ils remport\u00e8rent la Coupe du Monde en Espagne) un mur de b\u00e9ton que ne renieraient pas les anciennes d\u00e9mocraties populaires d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est.<\/p>\n<p>Le rideau de fer d\u00e9roul\u00e9 par les Transalpins devant leur seize m\u00e8tres s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 si efficace que m\u00eame l&rsquo;\u00e9quipe n\u00e9\u00e9rlandaise, meilleure attaque du tournoi jusqu&rsquo;ici, n&rsquo;a pas trouv\u00e9 le chemin des filets. Il y avait quelque chose de path\u00e9tique a voir les d\u00e9ferlantes oranges se briser syst\u00e9matiquement sur les hauts-fonds de la d\u00e9fense italienne, dirig\u00e9e avec brio par le bell\u00e2tre Paolo Maldini.<\/p>\n<p>R\u00e9duits \u00e0 dix d\u00e8s la trenti\u00e8me minute par la gr\u00e2ce d&rsquo;une expulsion justifi\u00e9e, les Italiens se sont content\u00e9s de d\u00e9fendre, de verrouiller le jeu, de barrer la route de leur moiti\u00e9 de terrain. Ils n&rsquo;ont rien fait d&rsquo;autre, ils n&rsquo;ont rien construit, rien d\u00e9velopp\u00e9, mais d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, cet art absolu de la r\u00e9sistance \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 magistral en soi. Plier, mais ne jamais rompre.<\/p>\n<p>A force de r\u00e9sister, les Azzurri ont \u00e9coeur\u00e9 les N\u00e9\u00e9erlandais. Au point que ceux-ci, impensable, ont bafouill\u00e9 deux penalties durant le jeu (Frank de Boer et Patrick Kluivert) et trois autres durant les tirs au but qui ont finalement d\u00e9cid\u00e9 du vainqueur.<\/p>\n<p>Les Hollandais, si souverains contre les Yougoslaves en quarts de finale (6 \u00e0 1) avaient les pieds carr\u00e9s jeudi soir dans l&rsquo;Arena d&rsquo;Amsterdam. On ne gagne pas avec les pieds carr\u00e9s. Surtout que dans la cage d&rsquo;en-face, le gardien Toldo, le Barthez de la Squadra, r\u00e9alisa des miracles.<\/p>\n<p>En finale, l&rsquo;Italie va donc affronter la France, pour une grande revanche. En 1998, les Fran\u00e7ais                                                              avaient \u00e9limin\u00e9 les Italiens en quarts de finales. Aux penalties. Les Bleus de l&rsquo;Hexagone justement, ont \u00e9limin\u00e9 les Portugais, mercredi soir, \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;une rencontre difficile, \u00e2prement                                                              disput\u00e9e au milieu de terrain par deux rang\u00e9es d&rsquo;artistes latins, subtils et inspir\u00e9s.<\/p>\n<p>On parlera bien s\u00fbr longtemps de ce penalty accord\u00e9 par l&rsquo;arbitre autrichien Benk\u00f6 \u00e0 la fin de la seconde prolongation, transform\u00e9 en \u00abbut en or\u00bb par Zinedine Zidane, une r\u00e9ussite qui valut imm\u00e9diatement la \u00abmort subite\u00bb aux Lusitaniens. Ceux-ci, r\u00e9volt\u00e9s, on le serait \u00e0 moins, ont presque cass\u00e9 la gueule \u00e0 l&rsquo;arbitre et \u00e0 son assistant slovaque.<\/p>\n<p>On se disait que d\u00e9cid\u00e9ment, l&rsquo;Autriche et le Portugal (qui pr\u00e9side actuellement l&rsquo;Union Europ\u00e9enne) ne font pas bon m\u00e9nage. Injustice, scandale? Devant l&rsquo;\u00e9trange lucarne, l&rsquo;image repassait au ralenti, sous tous les angles. On constatait que le d\u00e9fenseur portugais Xavier avait bien tendu la main (r\u00e9flexe?) devant son gardien pour d\u00e9tourner le centre \u00e0 bout portant de Sylvain Wiltord. On se mettait \u00e0 la place de Xavier, le m\u00e9tis aux cheveux jaunes, homme plein de panache. Il venait, quelques minutes plus t\u00f4t, \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame fin du temps r\u00e9glementaire (90e) de rater le but qui aurait propuls\u00e9 le Portugal en finale.<\/p>\n<p>Enfin, rat\u00e9, c&rsquo;est un peu fort, car la parade de Barthez \u00e9tait fantastique. Dans la t\u00eate de Xavier, deux mondes se t\u00e9lescopaient, l&rsquo;enfer et le paradis des footballeurs, cela se lisait sur son visage et dans son regard exorbit\u00e9. Zidane, lui, n&rsquo;eut aucune piti\u00e9 au moment de tirer le penalty fatidique. La d\u00e9termination sur son visage traduisait cette fantastique volont\u00e9 de perfection qui anime le moindre de ses gestes durant une rencontre.<\/p>\n<p>On dit de lui, depuis deux ou trois ans, qu&rsquo;il est le meilleur joueur du monde. Il est toujours difficile de dresser des classements de ce genre: le talent est multiple, il diff\u00e8re selon les individus. Les classer, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 les mutiler un peu. Mais mercredi soir, Zidane ne jouait pas dans la m\u00eame cat\u00e9gorie que les 21 autres acteurs sur le terrain. Contr\u00f4les, touchers de balle, acc\u00e9l\u00e9rations, vista, quand le No.10 fran\u00e7ais \u00e9volue de cette mani\u00e8re, cela rel\u00e8ve de l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle.<\/p>\n<p>A voir le ballon adh\u00e9rer de la sorte \u00e0 ses chaussures \u00e0 crampons, on se disait que le manufacturier \u00e0 du les enduire de super-glu. Dimanche soir, \u00e0 20 heures \u00e0 Rotterdam, le meilleur joueur du monde aura la lourde t\u00e2che d&#8217;emmener ses troupes \u00e0 l&rsquo;assaut de la garde de fer transalpine. Une affiche de r\u00eave. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La finale du championnat d&rsquo;Europe opposera la France \u00e0 l&rsquo;Italie, vainqueurs respectivement du Portugal et des Pays-Bas. Une affiche de r\u00eave.<\/p>\n","protected":false},"author":801,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-442","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/442","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/801"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=442"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/442\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=442"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=442"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=442"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}