



{"id":4413,"date":"2015-05-05T18:40:10","date_gmt":"2015-05-05T16:40:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4413"},"modified":"2015-05-06T13:18:34","modified_gmt":"2015-05-06T11:18:34","slug":"entreprises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4413","title":{"rendered":"Mon informaticien est freelance \u00e0 Karachi"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large050515.jpg\" alt=\"Large050515.jpg\" title=\"Large050515.jpg\" border=\"0\" height=\"317\" width=\"465\" \/><\/p>\n<p>\u00abBonne traduction, juste quelques erreurs avec les termes techniques de l\u2019industrie du vin.\u00bb Satisfaction, donc, pour cet entrepreneur autrichien qui a pay\u00e9 25 euros pour une traduction d\u2019une page et demi de l\u2019allemand vers l\u2019anglais. Petit d\u00e9tail, c\u2019est un freelance au Bangladesh qui s\u2019en est occup\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Rien d\u2019\u00e9tonnant pour ceux qui fr\u00e9quentent le site Freelancer.com. Des graphistes pakistanais y cr\u00e9ent des logos pour des entrepreneurs argentins, des designers su\u00e9dois trouvent des clients au Surinam, tandis que des animateurs vid\u00e9o ukrainiens r\u00e9alisent des films pour des Bahre\u00efnis. Quelque 4000 projets sont publi\u00e9s chaque jour sur ce site cot\u00e9 \u00e0 la bourse australienne, alors que son concurrent Elance-oDesk compte plus de 8 millions de travailleurs freelance dans 180 pays. Ces sites n\u2019attirent d\u2019ailleurs pas que des ind\u00e9pendants. Des entreprises, notamment indiennes ou pakistanaises, voient aussi l\u00e0 un moyen de trouver des clients dans des pays occidentaux.<\/p>\n<p>Des PME suisses se laissent s\u00e9duire. Directeur de Smart Cuts, une petite soci\u00e9t\u00e9 de production vid\u00e9o et animation bas\u00e9e \u00e0 Lausanne, Lucas Chambers s\u2019est r\u00e9cemment fait aider par un freelance en Turquie pour mettre au point son site web. \u00abJ\u2019avais des connaissances de base, mais je ne savais pas comment r\u00e9aliser certains effets particuliers\u00bb, explique-t-il. Il d\u00e9couvre alors Freelancer.com, y poste son projet et re\u00e7oit tr\u00e8s rapidement des propositions d\u2019ind\u00e9pendants en Hollande, au Vietnam et en Turquie, avec des prix allant de 70 \u00e0 100 euros. Il choisit l\u2019offre \u00e0 77 euros d\u2019un informaticien d\u2019Izmir. La collaboration conna\u00eet des hauts et bas. \u00abPendant quelques jours il n\u2019a plus donn\u00e9 signe de vie, je ne savais pas ce qui se passait. Tout d\u2019un coup, il a r\u00e9apparu et m\u2019a dit qu\u2019il vivait le moment le plus difficile de sa vie\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Le Vaudois lui donne le b\u00e9n\u00e9fice du doute. Avec raison, puisque malgr\u00e9 les quelques jours de retard, la qualit\u00e9 du travail le satisfait enti\u00e8rement. Il finit par lui confier la r\u00e9alisation compl\u00e8te de son site pour 400 euros. Depuis, le jeune p\u00e8re de famille turc est parti aux Etats-Unis pour suivre un doctorat en informatique, mais il continue \u00e0 travailler comme ind\u00e9pendant en parall\u00e8le. Lucas Chambers est pr\u00eat \u00e0 lui confier un nouveau projet, ou \u00e0 refaire appel au site sp\u00e9cialis\u00e9. \u00abJ\u2019ai bien aim\u00e9 le concept \u00e0 la carte, rel\u00e8ve-t-il. Et financi\u00e8rement c\u2019\u00e9tait tr\u00e8s avantageux, ce qui compte lorsqu\u2019on lance sa soci\u00e9t\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Tarifs imbattables<\/strong><\/p>\n<p>\u00abToutes les entreprises doivent utiliser des freelance au d\u00e9but, sinon on fait vite des erreurs. On se sent patron, on engage des gens, mais ensuite on n\u2019a pas l\u2019argent pour les payer et on creuse sa tombe tout seul\u00bb, t\u00e9moigne Steven Hori, fondateur de H-Technologies, une soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e en ing\u00e9nierie web. Confier du travail \u00e0 des ind\u00e9pendants permet d\u2019\u00e9viter d\u2019avoir trop de charges fixes alors que le nombre de clients fluctue.<\/p>\n<p>La PME lausannoise compte actuellement 19 employ\u00e9s et sous-traite 45% de son travail \u00e0 des ind\u00e9pendants en France, en Roumanie et en Tunisie. \u00abNous collaborons beaucoup avec des traducteurs, des testeurs et des int\u00e9grateurs. Ces travaux prennent du temps et co\u00fbtent cher, mais nous pouvons ainsi fixer un prix maximal, explique Steven Hori. Ce mode de fonctionnement nous permet de pr\u00e9server un budget pour garder les chefs de projet dans notre soci\u00e9t\u00e9.\u00bb Le recrutement s\u2019effectue via des plateformes comme Elance-oDesk ou Freelancer.com, mais aussi via des annonces sur les sites d\u2019emplois des diff\u00e9rents pays pour \u00e9viter les commissions des sites sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<p>D\u2019autres PME font appel \u00e0 des freelances pour absorber des pics de commandes. C\u2019est le cas de Camptocamp, un prestataire de services informatiques bas\u00e9 entre Lausanne et Chamb\u00e9ry. La soci\u00e9t\u00e9, qui compte actuellement 50 employ\u00e9s fixes, s\u2019est cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9seau d\u2019ind\u00e9pendants en Espagne, en Italie et au Portugal et y recourt cinq \u00e0 six fois par an. Les mandats peuvent durer de quelques dizaines \u00e0 quelques centaines de jours.<\/p>\n<p>La plupart du temps, l\u2019exp\u00e9rience est couronn\u00e9e de succ\u00e8s. \u00abLe freelance a souvent un caract\u00e8re d\u2019entrepreneur. Il va \u00e9ventuellement travailler beaucoup plus qu\u2019un collaborateur fixe et avec une motivation tr\u00e8s diff\u00e9rente\u00bb, remarque Luc Maurer, directeur et fondateur de Camptocamp. Par ailleurs, si la collaboration se passe mal, elle peut prendre fin du jour au lendemain, ce qui est impossible avec un employ\u00e9 r\u00e9gulier.<\/p>\n<p>En outre, les tarifs des freelances \u00e9trangers battent nettement les prix helv\u00e9tiques. \u00abEn Espagne et au Portugal on peut tabler sur 20% de moins, tandis que dans les pays de l\u2019Est, comme la Roumanie, la Pologne, ou la R\u00e9publique tch\u00e8que, o\u00f9 l\u2019on trouve des ressources extr\u00eamement performantes en informatique, les tarifs sont environ trois fois plus avantageux qu\u2019en Suisse\u00bb, illustre Luc Maurer. De quoi faire r\u00e9fl\u00e9chir plus d\u2019un entrepreneur confront\u00e9 \u00e0 la concurrence sur le territoire suisse d\u2019entreprises venant de pays limitrophes.<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, l\u2019agence digitale Virtua bas\u00e9e \u00e0 Etoy (VD) ne confie du travail \u00e0 des freelances que lorsqu\u2019elle a besoin d\u2019une comp\u00e9tence dont ne disposent pas ses 82 employ\u00e9s. \u00abC\u2019est extr\u00eamement rare, cela concerne moins de 2% de notre production, mais cela peut arriver pour de la r\u00e9daction de contenu tr\u00e8s pointu, ou pour des traductions en russe ou dans certaines langues asiatiques\u00bb, indique Jean-Bernard Germain, directeur de la production. Dans ces cas, il s\u2019efforce de recruter ses mandataires par bouche-\u00e0-oreille plut\u00f4t que sur des sites. \u00abC\u2019est ce qui nous a donn\u00e9 les meilleurs r\u00e9sultats, et comme \u00e7a nous prenons moins de risques.\u00bb<\/p>\n<p><strong>D\u00e9jouer les obstacles<\/strong><\/p>\n<p>Les sites sp\u00e9cialis\u00e9s ont mis en place des outils pour limiter les risques pour le client. Freelancer.com propose un syst\u00e8me facultatif de paiement o\u00f9 le client d\u00e9pose sur un compte la somme convenue avec le freelance. Celle-ci n\u2019est lib\u00e9r\u00e9e que lorsque le client est satisfait. Un syst\u00e8me d\u2019arbitrage existe \u00e9galement pour les cas de litige.<\/p>\n<p>Chaque freelance fait aussi l\u2019objet d\u2019une \u00e9valuation. Les pourcentages des projets ex\u00e9cut\u00e9s dans les temps et en respectant le budget, ainsi que son taux de r\u00e9engagement figurent sur sa page. Le client lui donne des notes et fait part de ses commentaires. Le plus souvent, ils sont positifs : \u00abExcellent travail! Je lui fournirai d\u2019autres mandats\u00bb, \u00e9crit ce Canadien qui confi\u00e9 l\u2019am\u00e9lioration du r\u00e9f\u00e9rencement de son site pour 250 dollars \u00e0 un d\u00e9veloppeur web bas\u00e9 en Inde. Mais certains sont d\u00e9\u00e7us. \u00abTr\u00e8s mal \u00e9crit, avec de nombreuses erreurs grammaticales. Un gaspillage d\u2019argent\u00bb, r\u00e9sume au contraire cet Am\u00e9ricain qui a investi 450 dollars dans un projet aupr\u00e8s de la m\u00eame personne.<\/p>\n<p>Difficile en effet d\u2019\u00e9radiquer tous les risques. Les diff\u00e9rences de langue, de culture ou de fuseau horaire, tout comme le fait de ne pas se trouver physiquement en contact avec le mandataire peuvent causer de gros probl\u00e8mes de communication. De taille \u00e0 faire capoter un projet, ou \u00e0 impliquer un fort surcro\u00eet de travail pour les employ\u00e9s fixes devant r\u00e9cup\u00e9rer en catastrophe un projet dont la qualit\u00e9 laisse \u00e0 d\u00e9sirer.<\/p>\n<p>\u00abAu d\u00e9but, j\u2019ai fait des mauvaises exp\u00e9riences, comme ce projet de plateforme immobili\u00e8re sur le web pour plus de 150&rsquo;000 francs qui est tomb\u00e9 \u00e0 l\u2019eau, raconte Steven Hori. Nous l\u2019avions sous-trait\u00e9 \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger qui avait promis de l\u2019ex\u00e9cuter en interne, mais l\u2019a en fait sous-trait\u00e9 ailleurs. Au final, le code \u00e9tait inutilisable, un vrai fiasco!\u00bb L\u2019analyste programmeur a tir\u00e9 les le\u00e7ons de l\u2019affaire. Il teste toujours ses freelances avant de leur confier du travail et pr\u00e9voit une grande marge entre le d\u00e9lai donn\u00e9 au mandataire et celui de livraison au client final.<\/p>\n<p>La plupart des entreprises r\u00e9solvent la probl\u00e9matique en mettant sur pied un suivi tr\u00e8s serr\u00e9. \u00abSi l\u2019on veut que \u00e7a marche, il faut un cahier des charges beaucoup plus pr\u00e9cis que si le d\u00e9veloppeur se trouvait dans le bureau d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, pointe Luc Maurer de Camptocamp. D\u2019autre part, pendant le d\u00e9veloppement, il faut tr\u00e8s constamment tester et valider l\u2019\u00e9volution du travail.\u00bb<\/p>\n<p>Mais d\u2019autres entrepreneurs ne veulent surtout pas entendre parler de freelance. \u00abC\u2019est tr\u00e8s mar\u00e9cageux comme relation\u00bb, estime Fiorenzo de Palma, fondateur de Mediancer, une entreprise qui cr\u00e9e notamment des applications mobiles pour iPhone et iPad. Il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 mettre sur pied un partenariat sur le long terme avec une soci\u00e9t\u00e9 tch\u00e8que, \u00e0 la condition qu\u2019elle ne sous-traite jamais ses commandes \u00e0 des freelances. Il recourt \u00e0 elle trois \u00e0 cinq fois par ann\u00e9e lorsqu\u2019il doit absorber de plus gros volumes de travail. \u00abNous leur confions les projets plus simples et nous concentrons sur ceux \u00e0 plus grande valeur ajout\u00e9e\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p>Freelance ou pas, la tendance est bien l\u00e0. Avec le d\u00e9veloppement d\u2019internet, il est de plus en plus facile de collaborer avec des ressources \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, et avec la probl\u00e9matique actuelle du franc fort, les PME helv\u00e9tiques auront de la peine \u00e0 y r\u00e9sister.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous-traiter des projets informatiques ou r\u00e9dactionnels \u00e0 l\u2019autre bout du monde, \u00e0 des tarifs d\u00e9fiant toute concurrence: voil\u00e0 qui tente de plus en plus d&rsquo;entreprises suisses.<\/p>\n","protected":false},"author":19284,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4413","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4413","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19284"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4413"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4413\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4413"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4413"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4413"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}