



{"id":4408,"date":"2015-04-28T17:46:14","date_gmt":"2015-04-28T15:46:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4408"},"modified":"2015-05-01T16:14:06","modified_gmt":"2015-05-01T14:14:06","slug":"entreprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4408","title":{"rendered":"Alpiq, un g\u00e9ant en plein remaniement"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large280415.jpg\" border=\"0\" height=\"317\" width=\"465\" title=\"Large280415.jpg\" alt=\"Large280415.jpg\" \/><\/p>\n<p>Clic. Rien de plus simple que d\u2019appuyer sur un bouton pour allumer la lumi\u00e8re. Mais qui a remarqu\u00e9 une diff\u00e9rence dans l\u2019\u00e9clairage de son logement aux cours des sept derni\u00e8res ann\u00e9es? Personne, car rien n\u2019a chang\u00e9. Pourtant, de la centrale \u00e0 l\u2019interrupteur, le march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 vit de profonds bouleversements qui contraignent ses acteurs \u00e0 se restructurer.<\/p>\n<p>Alpiq ne fait pas exception.\u00a0Le num\u00e9ro un suisse de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 traverse une phase difficile. En 2013, il a r\u00e9alis\u00e9 un chiffre d\u2019affaires net de 9,4 milliards de francs, en baisse de 26% par rapport \u00e0 2012.\u00a0Ce r\u00e9sultat a d\u00e9j\u00e0 diminu\u00e9 de 15% pour les neuf premiers mois de 2014. Le groupe a par ailleurs annonc\u00e9 au d\u00e9but janvier s\u2019attendre \u00e0 des corrections de valeur d\u2019environ un milliard de francs apr\u00e8s imp\u00f4ts. Enfin, le prix de l\u2019action a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 par plus de six par rapport \u00e0 janvier 2009, date de la cr\u00e9ation d\u2019Alpiq apr\u00e8s la fusion entre Aar et Tessin SA d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 (Atel) et le romand Energie Ouest Suisse (EOS).<\/p>\n<p>En cause, un prix de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 historiquement bas sur le march\u00e9. Celui-ci s\u2019explique, d\u2019une part, par la crise \u00e9conomique de 2008-2009 qui a fait baisser la demande en \u00e9nergie, et, d\u2019autre part, par la catastrophe de Fukushima en mars 2011 qui a aussi envoy\u00e9 une onde de choc dans le milieu. La Suisse et l\u2019Allemagne ont d\u00e9cid\u00e9 de sortir du nucl\u00e9aire, la premi\u00e8re sans fixer de date pr\u00e9cise, la seconde d\u2019ici \u00e0 2022. Depuis lors, Berlin subventionne massivement ses \u00e9nergies renouvelables \u00e9oliennes et solaires. \u00abLes subsides sont pay\u00e9s lorsque l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est inject\u00e9e dans le r\u00e9seau, si bien que les jours de soleil et de vent, l\u2019offre explose et les prix d\u00e9gringolent, explique Dominik Meyer, analyste financier \u00e0 la banque Vontobel. Ce syst\u00e8me est un v\u00e9ritable poison pour le march\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>L\u2019hydraulique \u00e0 la peine<\/strong><\/p>\n<p>De plus, le prix de la tonne de CO2 a fortement baiss\u00e9. \u00abIl suffit d\u2019acheter des certificats bon march\u00e9 d\u2019\u00e9missions de CO2 pour produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 avec de vieilles centrales \u00e0 charbon\u00bb, poursuit Dominik Meyer. De bien mauvaises nouvelles pour Alpiq, qui produit 34% de son \u00e9lectricit\u00e9 avec des centrales hydrauliques\u2026 L\u2019eau des barrages, turbinable \u00e0 n\u2019importe quel moment, ne fait plus office de joker lors des pics de demandes d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, comme \u00e0 midi. \u00abL\u2019\u00e9nergie solaire, disponible toute la journ\u00e9e, a priv\u00e9 l\u2019hydraulique d\u2019un de ses attraits\u00bb, constate Daniel Rupli, analyste chez Credit Suisse.<\/p>\n<p>Alpiq se bat maintenant pour sauver ses barrages. \u00abLa Suisse est pr\u00e9destin\u00e9e pour cette source d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 propre et flexible, indique le groupe dans une r\u00e9ponse \u00e9crite. C\u2019est la raison pour laquelle nous avons inscrit la rentabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie hydraulique suisse \u00e0 l\u2019agenda politique et nous menons un dialogue intensif avec toutes les parties prenantes.\u00bb La Commission de l\u2019environnement, de l\u2019am\u00e9nagement du territoire et de l\u2019\u00e9nergie du Conseil national planche actuellement sur des mesures d\u2019encouragement \u00e0 l\u2019\u00e9nergie hydraulique. Certaines sont sp\u00e9cialement ax\u00e9es sur les grandes centrales.<\/p>\n<p><strong>March\u00e9 de gros sinistr\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>En Suisse comme en Europe, tous les fournisseurs d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ressentent les effets de la nouvelle donne. Mais actuellement, Alpiq souffre plus que ses principaux concurrents helv\u00e9tiques, Axpo et les Forces Motrices Bernoises (BKW). Son mod\u00e8le d\u2019affaires en est la cause. Le groupe bas\u00e9 \u00e0 Lausanne est grossiste en \u00e9lectricit\u00e9. Il vend de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 des distributeurs comme Romande Energie ou les Services Industriels de Gen\u00e8ve (SIG) mais pas au consommateur final. A l\u2019inverse, Axpo et BKW disposent de contrats avec les priv\u00e9s. La diff\u00e9rence est \u00e9norme, car en Suisse, le march\u00e9 de d\u00e9tail de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est r\u00e9gul\u00e9 et les prix sont fixes. Sur ce plan-l\u00e0, Alpiq est perdant. \u00abComme nous ne pouvons pas revendre notre \u00e9nergie directement \u00e0 des clients finaux captifs, nous sommes compl\u00e8tement expos\u00e9s aux prix du march\u00e9\u00bb, r\u00e9sume Christel Varone, attach\u00e9e de presse du groupe.<\/p>\n<p>Alpiq attend donc beaucoup de l\u2019ouverture compl\u00e8te du march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 en Suisse (lire l&rsquo;encadr\u00e9 ci-dessous). \u00abCe nouvel environnement lib\u00e9ralis\u00e9 permettrait de cr\u00e9er des opportunit\u00e9s commerciales en lien avec les clients finaux\u00bb, indique le groupe.<\/p>\n<p><strong>Eloignement du c\u0153ur de m\u00e9tier<\/strong><\/p>\n<p>Mais la survie d\u2019Alpiq passe surtout par une r\u00e9duction de sa d\u00e9pendance au march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Il mise pour cela sur les services \u00e9nerg\u00e9tiques. A moyen terme, la contribution de ce secteur dans le r\u00e9sultat devrait passer de 15 \u00e0 40%, pr\u00e9cise le groupe. La soci\u00e9t\u00e9 Alpiq In Tech propose d\u00e9j\u00e0 une large gamme de services, tels que le calcul de l\u2019efficience \u00e9nerg\u00e9tique des b\u00e2timents, la pose de cat\u00e9naires pour trains, trams ou trolleybus, ou encore de bornes de recharge pour les voitures \u00e9lectriques.<\/p>\n<p>Le groupe a en outre r\u00e9cemment acquis Flexitricity, leader britannique de la gestion d\u00e9centralis\u00e9e de l\u2019\u00e9nergie. Cette sp\u00e9cialit\u00e9 pourrait rapporter gros. Elle consiste \u00e0 int\u00e9grer dans le r\u00e9seau l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 provenant de sources plus petites et moins stables, comme un parc \u00e9olien ou une installation solaire, dont la production fluctue en fonction de la force du vent ou de l\u2019ensoleillement. Seul hic, pratiquement tous les grands groupes d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 s\u2019y int\u00e9ressent. \u00abPour obtenir le savoir-faire et les personnes qui ma\u00eetrisent ces techniques, il faut souvent racheter les compagnies actives dans le domaine, explique Dominik Meyer. Mais comme elles sont peu nombreuses et que la demande est forte, leurs prix grimpent. Pourtant elles sont g\u00e9n\u00e9ralement encore jeunes et peu profitables. Par cons\u00e9quent, leur restructuration et leur int\u00e9gration dans un groupe risque fort de demander un grand travail de management.\u00bb<\/p>\n<p>Pour se donner toutes les chances, Alpiq se serre la ceinture. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le groupe a coup\u00e9 dans ses investissements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et continue \u00e0 diminuer ses co\u00fbts. Il travaille \u00e0 r\u00e9duire sa dette et proc\u00e8de actuellement \u00e0 la vente de ses actions dans le r\u00e9seau d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 tr\u00e8s haute tension Swissgrid, pour r\u00e9investir dans d\u2019autres domaines de croissance. Le chemin sera long jusqu\u2019\u00e0 ce que le groupe voie la lumi\u00e8re au bout du tunnel.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>ENCADRES<\/p>\n<p><strong>Bient\u00f4t le libre choix de son fournisseur d\u2019\u00e9lectricit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>En Suisse, seuls les tr\u00e8s gros clients, soit les entreprises consommant plus de 100\u2019000 kWh par an, peuvent choisir leur fournisseur d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Mais cela va changer. D\u00e8s 2018, les m\u00e9nages priv\u00e9s dont la consommation moyenne s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 4\u2019500 kWh par an, devraient eux aussi pouvoir choisir leur fournisseur de courant.<\/p>\n<p>Le principe devrait ressembler \u00e0 celui de l\u2019assurance maladie. Chaque ann\u00e9e, les consommateurs finaux auront deux mois pour changer de contrat \u00e0 partir de la publication des tarifs par les entreprises d\u2019approvisionnement en \u00e9lectricit\u00e9. Le libre choix ne sera toutefois pas obligatoire. Si les priv\u00e9s n\u2019entreprennent aucune d\u00e9marche, ils continueront \u00e0 recevoir l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 par leur entreprise locale. La lib\u00e9ralisation compl\u00e8te de ce march\u00e9 en Suisse est l\u2019une des conditions pos\u00e9es par l\u2019Union europ\u00e9enne pour la conclusion d\u2019un accord sur l\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>En chiffres <\/strong><\/p>\n<p><strong>6\u2019500 <\/strong><br \/>\nC\u2019est en m\u00e9gawatts la puissance que produirait le groupe Alpiq en une heure s\u2019il enclenchait en m\u00eame temps toutes ses centrales. Ce chiffre \u00e9quivaut \u00e0 6,5 fois la puissance de la centrale nucl\u00e9aire de G\u00f6sgen(SO).<\/p>\n<p><strong>17\u2019000 <\/strong><br \/>\nC\u2019est en gigawatts\/heure la production d\u2019Alpiq en 2013. Une valeur modeste compar\u00e9e aux 653,9 terawatts\/heure, soit 38 fois plus, fournis par le fran\u00e7ais EDF.<\/p>\n<p><strong>7\u2019800<\/strong><br \/>\nLe nombre d\u2019employ\u00e9s du groupe. Plus de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux travaillent dans les services \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<p><strong>69% <\/strong><br \/>\nLa part de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 suisse dans la production totale du groupe<\/p>\n<p><strong>26<\/strong><br \/>\nLe nombre de pays, tous europ\u00e9ens, dans lesquels Alpiq poss\u00e8de des filiales.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Swissquote (n\u00b01, 2015).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Confront\u00e9 au bouleversement du march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, le num\u00e9ro un helv\u00e9tique fait face \u00e0 d\u2019importantes difficult\u00e9s. Des restructurations massives sont en cours. 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