



{"id":4343,"date":"2015-01-26T15:27:38","date_gmt":"2015-01-26T13:27:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4343"},"modified":"2017-07-12T11:28:46","modified_gmt":"2017-07-12T09:28:46","slug":"societe-18","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4343","title":{"rendered":"Les femmes et les enfants d\u2019abord?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large20150126.jpg\" alt=\"Large20150126.jpg\" title=\"Large20150126.jpg\" height=\"317\" width=\"465\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Dans cette station des Alpes fran\u00e7aises, les pistes sont de vrais boulevards. \u00c7a glisse pour cette famille su\u00e9doise venue passer ses vacances dans ce d\u00e9cor de carte postale. Le soleil brille, la neige scintille, pas la moindre anicroche. Du moins le premier jour! Nous voici embarqu\u00e9s dans \u00abSnow Therapy\u00bb, le film de Ruben \u00d6stlund, mercredi sur les \u00e9crans romands.<\/p>\n<p>Le lendemain, Monsieur, Madame et les deux enfants mangent sur la terrasse panoramique d\u2019un restaurant d\u2019altitude quand une avalanche se d\u00e9clenche sur la pente qui leur fait face. L\u2019occasion r\u00eav\u00e9e de sortir son iPhone pour immortaliser ce spectacle \u00e0 couper le souffle. \u00abPas de panique, elle est sous contr\u00f4le\u00bb, rassure le p\u00e8re. L\u2019est-elle vraiment alors que, de toute \u00e9vidence, elle se dirige sur les tabl\u00e9es? Cris de frayeurs des clients, effroi, sauve-qui-peut. Un nuage de poussi\u00e8re neigeuse envahit les lieux. Quel cauchemar! Ebba, la m\u00e8re, essaye de prot\u00e9ger ses enfants alors que Tomas saisit ses gants et son iPad et s\u2019enfuit \u00e0 toutes jambes.<\/p>\n<p>Miraculeusement, la masse de poudreuse s\u2019arr\u00eate au pied de la terrasse, sans victime apparente. La vie reprend son cours, on termine le repas interrompu. La famille vient d\u2019\u00e9chapper \u00e0 une avalanche mais n\u2019en a pas moins subi une secousse aux dommages encore invisibles.<\/p>\n<p>Pour Madame, rien ne sera plus comme avant. Elle a vu son mari tenter de se sauver sans se soucier de sa prog\u00e9niture, ni d\u2019elle d\u2019ailleurs. L\u2019accusation de l\u00e2chet\u00e9 est port\u00e9e le soir-m\u00eame lors d\u2019un repas avec des amis. Le principal int\u00e9ress\u00e9 commence par nier cette interpr\u00e9tation avant de hurler, quelques jours plus tard, en pleurs, la t\u00eate entre les mains: \u00abJe suis la victime de mon instinct. Je ne suis pas un h\u00e9ros. J\u2019ai pas r\u00e9fl\u00e9chi, j\u2019ai voulu sauver ma peau\u00bb.<\/p>\n<p>S\u2019ensuit, durant le reste des vacances, dans la sph\u00e8re du couple et de son entourage, une interrogation sur le r\u00f4le de l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui au sein de la famille. Une avalanche d\u2019\u00e9changes, tour \u00e0 tour grin\u00e7ants, comiques ou cruels, aux cons\u00e9quences ravageuses, s\u2019abat sur l\u2019\u00e9quipe de vacanciers. Une \u00absnow therapy\u00bb se d\u00e9roule sous les yeux m\u00e9dus\u00e9s des spectateurs et les contraint \u00e0 s\u2019interroger. Confront\u00e9s \u00e0 une situation de survie, quels seraient nos premiers r\u00e9flexes?<\/p>\n<p>\u00d6stlund s\u2019est inspir\u00e9 d\u2019une histoire r\u00e9elle &#8211; lors d\u2019une attaque \u00e0 main arm\u00e9e dans un restaurant, un homme \u00e9tait parti se cacher sans prot\u00e9ger sa femme &#8211; et de la r\u00e9alit\u00e9 statistique selon laquelle de nombreux couples victimes de catastrophes naturelles finissent par divorcer. L\u2019heure est-elle venue de faire son deuil de la chevaleresque phrase \u00abLes femmes et les enfants d\u2019abord\u00bb?<\/p>\n<p>Le comportement exemplaire de Leonardo Di Caprio dans \u00abTitanic\u00bb a marqu\u00e9 l\u2019imaginaire collectif. Mais la formule consacr\u00e9e lors des naufrages, l&rsquo;\u00e9lan protecteur des hommes envers les femmes et les plus faibles, n\u2019a en r\u00e9alit\u00e9 pris forme que dans de rares catastrophes. Sur le Titanic, 70% des femmes et des enfants ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9s contre 20% seulement des hommes. Une \u00e9tude su\u00e9doise de Mikael Elinder et Oscar Erixson, de l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Uppsala, portant sur le taux de survie de 15\u2019000 naufrag\u00e9s entre 1852 et 2011, fait \u00e9tat d\u2019une autre exception o\u00f9 des soldats ont laiss\u00e9 leurs places sur les chaloupes aux femmes et aux enfants. C\u2019\u00e9tait en 1852, sur le Birkenhead.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur m\u00eame de la catastrophe, il n\u2019y a pas de r\u00e8gles de civilit\u00e9, nous enseigne le travail de ces chercheurs. Les deux exemples du Titanic et du Birkenhead sont les seuls o\u00f9 la mortalit\u00e9 des femmes a \u00e9t\u00e9 plus faible que celle des hommes. Dans les cas \u00e9tudi\u00e9s, 37% des hommes naufrag\u00e9s ont surv\u00e9cu tandis que le score n&rsquo;atteint que 27% pour les femmes. Pour les enfants, il plonge \u00e0 15%. En revanche, les marins peuvent se rassurer, 61% de l&rsquo;\u00e9quipage a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 tout comme 56% des capitaines. Dans un bateau, mieux vaut \u00eatre un homme et de pr\u00e9f\u00e9rence membre de l&rsquo;\u00e9quipage. L\u2019instinct de survie est seul ma\u00eetre \u00e0 bord, conclut l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Il n\u2019en va pas diff\u00e9remment sur terre. En cas de catastrophe naturelle ou de conflit arm\u00e9, les femmes et les enfants ne sont pas sauv\u00e9s prioritairement mais en sont les premi\u00e8res victimes. L\u2019injonction rendue c\u00e9l\u00e8bre avec le Titanic a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9e par-dessus bord pour se muer en une boutade lanc\u00e9e par le passager d\u2019un car qui doit \u00eatre \u00e9vacu\u00e9 de toute urgence, \u00e0 la fin de \u00abSnow Therapy\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les hommes ne se comportent pas tous comme Leonardo Di Caprio sur le Titanic. \u00abSnow Therapy\u00bb, un film su\u00e9dois, vient tr\u00e8s subtilement le rappeler avec son \u00abh\u00e9ros\u00bb qui sauve prioritairement sa peau. Un regard vivifiant sur la masculinit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1298],"class_list":["post-4343","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-chroniques","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4343","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4343"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4343\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5538,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4343\/revisions\/5538"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4343"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4343"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4343"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}