



{"id":4321,"date":"2014-12-29T11:33:59","date_gmt":"2014-12-29T09:33:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4321"},"modified":"2014-12-29T17:00:29","modified_gmt":"2014-12-29T15:00:29","slug":"montres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4321","title":{"rendered":"Grosse pression sur les petits horlogers"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Largeur_edition_31122014.png\" alt=\"Largeur_edition_31122014.png\" title=\"Largeur_edition_31122014.png\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, MELB Holding re\u00e7oit entre 50 et 100 dossiers de marques horlog\u00e8res suisses ind\u00e9pendantes, int\u00e9ress\u00e9es par un rapprochement. La soci\u00e9t\u00e9 familiale de Georges-Henri Meylan, ancien directeur d\u2019Audemars Piguet, fait figure de Graal aux yeux de nombreux horlogers en difficult\u00e9. La raison? En 2012, elle a sauv\u00e9 de la d\u00e9route &#8212; dans le premier cas de mani\u00e8re in extremis &#8212; deux marques ind\u00e9pendantes, \u00e0 l\u2019ADN bien diff\u00e9rent: la neuch\u00e2teloise Hautlence, au design tr\u00e8s audacieux, et la schaffhousoise H. Moser &amp; Cie, qui privil\u00e9gie pour sa part une approche ultra-classique. Des PME qui ont en commun d\u2019\u0153uvrer dans la haute horlogerie, avec, par exemple, des premiers prix \u00e0 30&rsquo;000 francs chez Hautlence.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re les chiffres globaux des exportations horlog\u00e8res helv\u00e9tiques, qui ont explos\u00e9 en 2012 et 2013 et continu\u00e9 de cro\u00eetre en 2014, le d\u00e9cor est moins rose pour les ind\u00e9pendants. \u00abBeaucoup de petites marques sont aujourd\u2019hui en mode survie. De notre c\u00f4t\u00e9, nous sommes en phase de red\u00e9marrage\u00bb, souligne Guillaume Tetu, \u00e0 la t\u00eate de Hautlence. La soci\u00e9t\u00e9 esp\u00e8re retrouver un exercice dans le noir en 2015, forte des r\u00e9seaux et capitaux de MELB Holding ainsi que de sa filiale de distribution asiatique, mais aussi en proposant des prix plus abordables qu\u2019auparavant. Sans oublier le soutien de son nouvel ambassadeur, Eric Cantona.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de H. Moser &amp; Cie, c\u2019est d\u00e9sormais Edouard Meylan, fils de l\u2019ancien dirigeant d\u2019Audemars Piguet, qui est aux commandes: \u00abNous avons amen\u00e9 une gestion plus financi\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9. Avant, la marque cr\u00e9ait des produits qui plaisaient aux ing\u00e9nieurs, hors des r\u00e9alit\u00e9s du march\u00e9. Il y avait un probl\u00e8me avec le prix de revient.\u00bb Exemple: s\u2019il fallait 90 heures pour assembler une montre \u00e0 calendrier perp\u00e9tuel en 2012, aujourd\u2019hui ce processus ne prend plus que 30 heures. \u00abA 100 francs l\u2019heure, on \u00e9conomise tout de m\u00eame 6&rsquo;000 francs par montre.\u00bb La soci\u00e9t\u00e9 a vu son personnel passer de 80 \u00e0 55 personnes. Elle esp\u00e8re, comme sa petite s\u0153ur Hautlence, revenir \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre financier en 2015.<\/p>\n<p><strong>Disparition du salon des ind\u00e9pendants<\/strong><\/p>\n<p>Comme l\u2019illustrent ces parcours sinueux, de lourds nuages planent sur les horlogers ind\u00e9pendants suisses. Deux gros obstacles, combin\u00e9s, cr\u00e9ent actuellement des difficult\u00e9s que certaines marques risquent de ne pouvoir surmonter. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une tendance lourde: la pression croissante des g\u00e9ants horlogers tant sur la livraison de composants strat\u00e9giques que sur la distribution. De l\u2019autre, une raison conjoncturelle: la baisse simultan\u00e9e de la demande en Chine et en Russie, deux march\u00e9s particuli\u00e8rement importants pour ces marques.<\/p>\n<p>La fin du salon des petites marques ind\u00e9pendantes, le Geneva Time Exhibition, qui avait lieu depuis 2010 en parall\u00e8le au Salon international de la Haute Horlogerie de Gen\u00e8ve, illustre ces difficult\u00e9s. Les organisateurs ont d\u00fb mettre la cl\u00e9 sous la porte en raison d\u2019un nombre insuffisant d\u2019exposants.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 Hautlence et H. Moser &amp; Cie, la marque neuch\u00e2teloise Marvin Watch a, elle, bel et bien, connu la faillite\u2026 pendant six mois. Elle tente aujourd\u2019hui de rena\u00eetre de ses cendres suite \u00e0 son rachat par un investisseur chinois, \u00e9galement propri\u00e9taire de la marque Manjaz \u00e0 Bienne. La nouvelle directrice g\u00e9n\u00e9rale, Ma\u00efna Weber, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente dans l\u2019entreprise avant la faillite: \u00abLe gros probl\u00e8me des petites soci\u00e9t\u00e9s, c\u2019est le manque de liquidit\u00e9s pour l\u2019approvisionnement et le marketing.\u00bb<\/p>\n<p>Active sur le segment du moyen de gamme, affichant des prix allant de 300 \u00e0 3&rsquo;000 francs qui la placent en concurrence directe avec des poids lourds comme Tissot ou Longines, une marque comme Marvin doit \u00abfaire du volume\u00bb, ce qui passe par des campagnes publicitaires on\u00e9reuses. \u00abEn plus, la production s\u2019est arr\u00eat\u00e9e pendant six mois. C\u2019est un long processus de relancer la marque. Nous essayons de partager les frais avec Manjaz, en particulier pour la logistique et la distribution en Asie. Notre espoir est d\u2019arriver \u00e0 d\u00e9passer les 15&rsquo;000 pi\u00e8ces en 2016 et de retrouver ainsi les chiffres noirs.\u00bb<\/p>\n<p><strong>La distribution, nerf de la guerre<\/strong><\/p>\n<p>Ancien de Rolex, Lionel Betoux a quant \u00e0 lui d\u00e9cid\u00e9 de reprendre en mars 2013 une marque haut de gamme qui connaissait des difficult\u00e9s, Cabestan, implant\u00e9e dans la Vall\u00e9e de Joux et \u00e0 Gen\u00e8ve. \u00abC\u2019est un d\u00e9fi tr\u00e8s complexe mais passionnant. Avant mon arriv\u00e9e, il y avait un probl\u00e8me au niveau du marketing et de la communication. La montre ne fait pas \u00e0 elle seule la diff\u00e9rence: il faut un encadrement et une promotion efficaces, cr\u00e9er de la visibilit\u00e9 mais aussi de la sympathie aupr\u00e8s des clients et des d\u00e9taillants.\u00bb<\/p>\n<p>Au moins, pas besoin de faire du volume avec des mod\u00e8les d\u2019un prix moyen de 200&rsquo;000 francs. \u00abLes prix ont \u00e9t\u00e9 revus un peu \u00e0 la baisse et nous sommes pass\u00e9s de la vente d\u2019une dizaine \u00e0 une trentaine de mod\u00e8les par an.\u00bb La soci\u00e9t\u00e9 est en phase de relance. \u00abTout co\u00fbte tr\u00e8s cher. Et un d\u00e9taillant peut vous promettre de prendre un stock pour l\u2019automne puis se raviser. Sur d\u2019aussi petites quantit\u00e9s, chaque \u00e9v\u00e9nement de ce genre a un impact.\u00bb<\/p>\n<p>Pour les petites marques, la distribution reste le nerf de la guerre. Car les d\u00e9taillants sont aussi sous pression et l\u2019espace en vitrine \u00e0 disposition des \u00abpetits\u00bb a eu tendance \u00e0 se r\u00e9duire ces derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00abIl est clair que les d\u00e9taillants doivent avoir l\u2019audace de nous exposer. Il y a un ph\u00e9nom\u00e8ne de concentration de la distribution mais ceux qui restent sont plus int\u00e9ress\u00e9s par des marques alternatives\u00bb, note Guillaume Tetu de Hautlence.<\/p>\n<p>Chez Marvin, Ma\u00efna Weber lance un appel aux d\u00e9taillants: \u00abSi ceux-ci ne veulent pas finir par devenir des \u2018employ\u00e9s\u2019 des groupes, il leur faut des ind\u00e9pendants. Ils feront peut-\u00eatre plus de rotations avec des marques connues, mais un jour tout risque de dispara\u00eetre. Nous proposons un travail sur le long terme et n\u2019imposons pas des clauses aussi strictes.\u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00abTenir le coup dans la temp\u00eate\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Pour Laurent Ferrier, horloger ind\u00e9pendant \u00e0 Plan-les-Ouates (GE), tout avait bien commenc\u00e9: en 2010, il lance dans l\u2019euphorie sa marque haut de gamme \u00e0 la ligne classique. Pour sa premi\u00e8re participation, il remporte le prix de la montre Homme au prestigieux Grand Prix d\u2019horlogerie de Gen\u00e8ve. Du jamais vu! Ses mod\u00e8les sont particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9s en Extr\u00eame-Orient. Dans la foul\u00e9e, il mise sur un nouveau march\u00e9, l\u2019Ukraine\u2026 La suite s\u2019av\u00e8re moins facile, avec le ralentissement de la demande asiatique et la crise ukrainienne, qui p\u00e8sent actuellement sur la petite structure de 15 personnes.<\/p>\n<p>\u00abEn horlogerie, l\u2019image ne suffit pas. Le m\u00e9tier n\u00e9cessite des investissements cons\u00e9quents pour r\u00e9pondre \u00e0 une demande particuli\u00e8rement exigeante. Nous ne b\u00e9n\u00e9ficions malheureusement pas du soutien d\u2019un milliardaire qui nous \u00e9paule dans les p\u00e9riodes difficiles&#8230; Et nos fournisseurs eux-m\u00eames connaissent des difficult\u00e9s, qui se reportent sur nous.\u00bb L\u2019horloger \u00abfait le dos rond\u00bb en esp\u00e9rant que le march\u00e9 asiatique reparte \u00e0 la hausse. \u00abIl faut tenir le coup dans la temp\u00eate. Si le march\u00e9 asiatique avait continu\u00e9 au m\u00eame rythme, nous serions toujours euphoriques aujourd\u2019hui!\u00bb<\/p>\n<p>En attendant, des march\u00e9s traditionnels comme la France permettent de compenser un peu les r\u00e9sultats, qui ont vir\u00e9 du noir au \u00abgris\u00bb. \u00abHeureusement, nous restons assez flexibles du fait de notre petite taille justement, et pouvons r\u00e9duire la voilure. Actuellement, toutes les petites soci\u00e9t\u00e9s horlog\u00e8res souffrent.\u00bb<\/p>\n<p>Il faut souligner que Russes et Chinois occupent une place \u00e0 part dans le petit monde des ind\u00e9pendants. \u00abCes march\u00e9s permettaient \u00e0 beaucoup de survivre. Les Russes en particulier appr\u00e9cient les marques non conventionnelles et les nouveaut\u00e9s. Les Chinois sont plus traditionnels. Le fait que les march\u00e9s chinois et russes baissent simultan\u00e9ment et rapidement pose un gros probl\u00e8me \u00e0 l\u2019industrie. Beaucoup de marques n\u2019ont pas eu assez de temps pour se d\u00e9velopper ailleurs\u00bb, analyse Nicolas Courcoux, directeur des ventes de la marque Slyde \u00e0 Luins (VD).<\/p>\n<p>Un ralentissement qui ne touche du reste pas que les petits: certaines grandes maisons horlog\u00e8res \u00e9galement ont instaur\u00e9 des plans d\u2019\u00e9conomies ou r\u00e9duit leurs effectifs ces derniers mois, \u00e0 l\u2019image des mesures de ch\u00f4mage partiel introduites chez Cartier \u00e0 Fribourg.<\/p>\n<p><strong>Nouveaux mod\u00e8les d\u2019affaires<\/strong><\/p>\n<p>Lanc\u00e9e en 2012, Slyde se distingue de son c\u00f4t\u00e9 par un mod\u00e8le d\u2019affaires original: des cadrans digitaux qui reproduisent des mouvements et complications horlog\u00e8res. \u00abNous souhaitons donner acc\u00e8s \u00e0 la haute horlogerie Swiss made \u00e0 un prix abordable \u2013 en moyenne 8&rsquo;500 francs\u00bb, souligne Nicolas Courcoux.<\/p>\n<p>A son lancement, on ne parlait pas encore d\u2019un autre s\u00e9isme en train de gagner l\u2019industrie horlog\u00e8re: la montre connect\u00e9e, dont Apple va commercialiser un premier exemplaire en 2015. Si Nicolas Courcoux dit se r\u00e9jouir de la popularisation de mod\u00e8les diff\u00e9rents du quartz ou de l\u2019automatique, il nuance toutefois la comparaison: \u00abNous ne proposons pas de connexion avec un t\u00e9l\u00e9phone, mais une vraie montre de luxe pourvue d\u2019un \u00e9cran digital tactile. Et notre r\u00e9serve de marche est bien plus importante que celle d\u2019une smartwatch. Leur gros probl\u00e8me, c\u2019est la batterie.\u00bb<\/p>\n<p>Fruit de la collaboration entre le designer horloger r\u00e9put\u00e9 J\u00f6rg Hysek et l\u2019entrepreneur Alain Nicod (cofondateur de LeShop), le produit a n\u00e9cessit\u00e9 trois ans et demi de d\u00e9veloppement et des investissements de l\u2019ordre d\u2019une dizaine de millions de francs. La soci\u00e9t\u00e9 est n\u00e9e de mani\u00e8re originale: le fournisseur de mouvements de l\u2019ancienne marque de J\u00f6rg Hysek s\u2019est fait racheter et n\u2019a d\u00e8s lors plus pu livrer ses moteurs horlogers, ce qui a d\u00e9cid\u00e9 le designer \u00e0 se lancer dans le \u00abtout digital\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abNous sommes aujourd\u2019hui presque dans les chiffres noirs. Mais devenir rentable, cela prend du temps dans notre secteur!\u00bb Elle aussi tr\u00e8s d\u00e9pendante du march\u00e9 russe, qui repr\u00e9sente pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des ventes, la soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 impact\u00e9e par l\u2019effondrement de la valeur du rouble. \u00abCependant, notre gros avantage, aujourd\u2019hui, est que nous n\u2019avons pas besoin de nous approvisionner en cadrans, aiguilles et mouvements, qui sont des goulets d\u2019\u00e9tranglement sur le march\u00e9 horloger. Et une partie importante de nos revenus vient des modules suppl\u00e9mentaires que nous vendons \u00e0 ceux qui d\u00e9tiennent d\u00e9j\u00e0 une Slyde.\u00bb<\/p>\n<p>Le responsable voit trois issues possibles pour les horlogers ind\u00e9pendants traditionnels: aller dans le tr\u00e8s haut de gamme, moins sensible \u00e0 la conjoncture, avoir acc\u00e8s \u00e0 de forts investissements ou d\u00e9velopper un produit vraiment r\u00e9volutionnaire. \u00abOu mieux encore, combiner les trois!\u00bb<\/p>\n<p><strong>Rachats en s\u00e9rie <\/strong><\/p>\n<p>A d\u00e9faut, l\u2019int\u00e9gration \u00e0 un groupe semble parfois inexorable. Les rachats de marques ont abond\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. En juillet, Ulysse Nardin, l\u2019une des derni\u00e8res grandes manufactures ind\u00e9pendantes suisses &#8212; en bonne sant\u00e9 financi\u00e8re pour sa part &#8211;, a \u00e9t\u00e9 acquise par Kering (Gucci, Girard-Perregaux, JeanRichard).<\/p>\n<p>Et elles ne le crient pas sur les toits, mais de nombreuses marques cherchent un repreneur, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un groupe ou d\u2019un investisseur priv\u00e9 \u00e0 la force de frappe cons\u00e9quente. A ce titre, le rachat des marques s\u00e9culaires helv\u00e9tiques Corum et Eterna par un groupe chinois, a secou\u00e9 le microcosme horloger suisse.<\/p>\n<p>Le tableau n\u2019est cependant pas compl\u00e8tement noir ni totalement nouveau: tout au long de son histoire, l\u2019horlogerie suisse a oscill\u00e9 entre des cycles de concentrations et de \u00abd\u00e9centralisations\u00bb. La premi\u00e8re d\u00e9cennie du 21\u00e8me si\u00e8cle a ainsi \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement riche en cr\u00e9ations de marques, et un esprit nouveau a souffl\u00e9 sur toute l\u2019industrie via des p\u00e9pini\u00e8res de talents comme l\u2019Acad\u00e9mie horlog\u00e8re des cr\u00e9ateurs ind\u00e9pendants bas\u00e9e \u00e0 Zurich. Des petites marques tr\u00e8s pointues comme Urwerk ou MB&amp;F ont trouv\u00e9 une niche particuli\u00e8rement porteuse.<\/p>\n<p>La conjonction de plusieurs facteurs n\u00e9gatifs cause certes aujourd\u2019hui une p\u00e9riode ardue pour les ind\u00e9pendants. Mais pour Alain Spinedi, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Louis Erard au Noirmont (JU), la crise est tout simplement le pain quotidien des petites marques: \u00abQuand j\u2019ai repris la soci\u00e9t\u00e9 en 2003, elle \u00e9tait \u00e0 l\u2019agonie. Depuis lors, nous avons v\u00e9cu un \u00e9tat de guerre permanent, en particulier face aux d\u00e9fis du franc fort et de la r\u00e9duction des livraisons de composants par ETA (filiale du Swatch Group). Mais nous sommes sortis plus forts de ces crises et avons \u00e9tendu notre gamme: puisque les mouvements m\u00e9caniques \u00e9taient moins disponibles, par exemple, nous nous sommes lanc\u00e9s dans le quartz pour rester abordables. Nos ventent fr\u00f4lent aujourd\u2019hui les 20&rsquo;000 mod\u00e8les par an.\u00bb<\/p>\n<p>Tr\u00e8s r\u00e9actifs, les ind\u00e9pendants peuvent s\u2019engouffrer dans les br\u00e8ches ouvertes par les groupes. Louis Erard va par exemple \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par le puissant d\u00e9taillant suisse G\u00fcbelin, avec lequel plusieurs marques phares de Swatch Group viennent de rompre leur partenariat. Les petits profitent aussi indirectement de tous les efforts consentis par les g\u00e9ants horlogers pour promouvoir le Swiss made \u00e0 travers le monde. Et comme la Silicon Valley, la \u00abWatch Valley\u00bb aura sans doute toujours besoin de cr\u00e9atifs ind\u00e9pendants pour nourrir son innovation. Autant de sources d\u2019espoir face aux bilans teint\u00e9s de rouge.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ralentissement en Chine, crise en Europe de l\u2019Est, verrouillage de la distribution par les g\u00e9ants du secteur: les mauvaises nouvelles s\u2019accumulent pour les marques horlog\u00e8res ind\u00e9pendantes. <\/p>\n","protected":false},"author":19840,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4321","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4321","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19840"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4321"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4321\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4321"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4321"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4321"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}