



{"id":432,"date":"2000-06-15T00:00:00","date_gmt":"2000-06-14T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=432"},"modified":"2017-07-12T11:32:07","modified_gmt":"2017-07-12T09:32:07","slug":"typo-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=432","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9nigme historique du caract\u00e8re @"},"content":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;ont en commun une petite souris, une trompe d&rsquo;\u00e9l\u00e9phant, une queue de singe, un asticot, un pied de chat, une oreille, un strudel et des rollmops? Tous ces termes d\u00e9signent le caract\u00e8re @ dans diff\u00e9rentes langues. <\/p>\n<p>Le caract\u00e8re @, c&rsquo;est l&rsquo;ic\u00f4ne de la modernit\u00e9, le symbole du si\u00e8cle technologique dans lequel nous venons d&rsquo;entrer. Mais d&rsquo;o\u00f9 vient ce dr\u00f4le d&rsquo;escargot englu\u00e9 dans la Toile?<\/p>\n<p>Les dictionnaires et les encyclop\u00e9dies restent muets sur ses origines. Les ouvrages de typographie \u00e9galement. Le <a href=http:\/\/www.olf.gouv.qc.ca target=_blank>site<\/a> de l&rsquo;Office qu\u00e9b\u00e9cois de terminologie offre quelques pistes int\u00e9ressantes, mais c&rsquo;est Alain Le Diberder et son \u00abHistoire d&rsquo;@, l&rsquo;ab\u00e9c\u00e9daire du cyber\u00bb (\u00e9ditions La D\u00e9couverte) qui fournit les renseignements les plus substantiels.<\/p>\n<p>Directeur des nouveaux programmes de Canal Plus, Alain Le Diberder tente de tracer dans son ouvrage les origines de cette lettre \u00e9trange qui incarne d\u00e9sormais la cyberculture. Premier constat: si l&rsquo;on introduit le caract\u00e8re @ dans les moteurs de recherche, ils vont l&rsquo;ignorer. Et si l&rsquo;on essaie le nom en toutes lettres? Mais lequel? Arrobe, arobase, arobas, arobace? Dans toutes les langues, l\u2019appellation reste probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Alain Le Diberder avance plusieurs hypoth\u00e8se quant \u00e0 son origine. Dans l\u2019\u00e9criture manuscrite du Moyen Age, le signe @ a peut-\u00eatre permis de contracter le mot \u00abad\u00bb (vers, \u00e0). Mais il est aussi possible que sa naissance soit li\u00e9e \u00e0 la normalisation de l&rsquo;\u00e9criture par les imprimeurs de la Renaissance; selon cette piste, le caract\u00e8re @ aurait \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 des typographes. Son nom, arobase, serait alors la contraction de \u00aba, rond, bas de casse\u00bb (caract\u00e8re minuscule).<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me et derni\u00e8re hypoth\u00e8se: l\u2019arobase proviendrait de l\u2019arroba, cette unit\u00e9 de mesure invent\u00e9e par les commer\u00e7ants espagnols du XVIIe si\u00e8cle pour \u00e9valuer le poids des taureaux dans les corridas. L\u2019arroba, ou arrobe en fran\u00e7ais, est encore utilis\u00e9e aujourd\u2019hui. Elle d\u00e9signe \u00e0 la fois un poids (entre 12 et 15 kilos) et une capacit\u00e9 (entre 10 et 16 litres). <\/p>\n<p>Le signe graphique @ ne figurait pas sur les claviers QWERTY des premi\u00e8res machines \u00e0 \u00e9crire (1873). Il a \u00e9t\u00e9 introduit plus tard, \u00e0 la demande des comptables et des employ\u00e9s commerciaux. Et s\u2019il conna\u00eet aujourd\u2019hui un succ\u00e8s plan\u00e9taire, c\u2019est bien s\u00fbr par la gr\u00e2ce de l\u2019e-mail, invent\u00e9 en 1972 par Ray Tomlinson, un ing\u00e9nieur de la firme BBN.<\/p>\n<p>Pour s\u00e9parer le nom du destinataire de celui de la machine qui h\u00e9berge son courrier, Tomlinson avait cherch\u00e9 sur son clavier un caract\u00e8re neutre. Plusieurs possibilit\u00e9s s&rsquo;offraient \u00e0 lui. Il choisit @ parce que ce signe pouvait se lire \u00abat\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00abchez\u00bb ou \u00ab\u00e0\u00bb. Ainsi, l\u2019arobase retrouva peut-\u00eatre son sens latin de \u00abad\u00bb et entama une nouvelle carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 comment le caract\u00e8re @ en est venu \u00e0 symboliser la cyberculture: en d\u00e9signant l\u2019origine des courriers \u00e9lectroniques. Pour une lettre dont l\u2019origine reste obscure, ce destin ne manque pas d\u2019ironie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On l\u2019utilise tous les jours pour envoyer des e-mails. On l\u2019appelle \u00abat\u00bb, ou \u00abarobase\u00bb, m\u00eame si personne n\u2019est en mesure d\u2019expliquer l\u2019origine de son nom. Le myst\u00e8re de ce caract\u00e8re typographique reste entier.<\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[1298],"class_list":["post-432","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","tag-chroniques","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=432"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/432\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6028,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/432\/revisions\/6028"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}