



{"id":4309,"date":"2014-12-09T17:04:18","date_gmt":"2014-12-09T16:04:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4309"},"modified":"2017-08-24T10:26:31","modified_gmt":"2017-08-24T08:26:31","slug":"carriere-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4309","title":{"rendered":"Arriver au sommet sans dipl\u00f4me"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large20141209.jpg\" alt=\"Large20141209.jpg\" title=\"Large20141209.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un jeune Bernois, fils de garde forestier \u00e0 Kandersteg, dans l\u2019Oberland. Il fait ses premi\u00e8res classes dans son village, se d\u00e9cide pour une formation \u00e0 l\u2019Ecole sup\u00e9rieure de commerce de La Neuveville puis suit des cours \u00e0 la Swiss Mercantile School de Londres. Un premier poste \u00e0 l\u2019Office du tourisme de Meiringen (BE) en 1963, et tout s\u2019encha\u00eene, jusqu\u2019\u00e0 atteindre les hautes sph\u00e8res de la f\u00e9d\u00e9ration internationale de ski, de l\u2019entreprise Intersport et de la politique. Adolf Ogi est \u00e9lu au Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 45 ans, en 1987. Sur son CV, aucun master, aucune mention d\u2019universit\u00e9.<\/p>\n<p>Le parcours d\u2019Adolf Ogi figure parmi les plus embl\u00e9matiques de l\u2019ascenseur social helv\u00e9tique. C\u2019est une des grande force du pays d\u2019avoir autant d\u2019exemples d\u2019anciens apprentis qui ont gravi les \u00e9chelons de l\u2019\u00e9conomie et du pouvoir: Sergio Ermotti, CEO d\u2019UBS, Daniel Rosselat, directeur du Pal\u00e9o Festival et maire de Nyon, ou encore Monika Walser, qui s\u2019est illustr\u00e9e aux commandes de l\u2019entreprise de sacs en b\u00e2che de camion Freitag. C\u2019est aussi le cas de nombreux patrons romands moins m\u00e9diatis\u00e9s (voir portraits ci-dessous).<\/p>\n<p>Une trajectoire aussi spectaculaire que celle d\u2019Adolf Ogi reste-t-elle possible aujourd\u2019hui? Peut-on encore parvenir au sommet d\u2019une importante entreprise muni d\u2019un simple CFC? De plus en plus difficile, voire impossible, r\u00e9pondent les sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019environnement est devenu beaucoup plus comp\u00e9titif, explique Christiane Morel, directrice d\u2019Ethys, un cabinet sp\u00e9cialis\u00e9 dans le recrutement des cadres pour les grandes PME, depuis plus de 20 ans. Le CFC reste une formation valoris\u00e9e, mais le savoir-faire acquis par la suite doit imp\u00e9rativement \u00eatre valid\u00e9 par des dipl\u00f4mes compl\u00e9mentaires, par exemple un brevet f\u00e9d\u00e9ral. Il faut la preuve que la personne aime apprendre, qu\u2019elle cumule des connaissances pratiques et th\u00e9oriques. Sans ces compl\u00e9ments, il est tr\u00e8s difficile de se faire engager dans une position dirigeante, surtout pour les personnes de plus de quarante ans.\u00bb<\/p>\n<p>Quant aux multinationales, elles n\u2019entrent m\u00eame pas en mati\u00e8re sans un certain niveau acad\u00e9mique associ\u00e9 \u00e0 plusieurs ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience. \u00abLes candidats pour les postes \u00e0 responsabilit\u00e9 doivent imp\u00e9rativement correspondre \u00e0 ces exigences, poursuit Christiane Morel. L\u2019attitude de la jeune g\u00e9n\u00e9ration vis-\u00e0-vis des dipl\u00f4mes a d\u2019ailleurs chang\u00e9. Envisager de faire un MBA est devenu monnaie courante.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Course aux dipl\u00f4mes<\/strong><\/p>\n<p>Les chiffres confirment la tendance. Selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, un quart de la population suisse \u00e2g\u00e9e de 25 \u00e0 64 ans b\u00e9n\u00e9ficiait en 2013 d\u2019une formation universitaire ou d\u2019une haute \u00e9cole, contre 11,9% dix ans plus t\u00f4t. Fr\u00e9d\u00e9ric Bonjour, directeur de la formation au Centre patronal, constate aussi une inflation des titres. \u00abAujourd\u2019hui, une grande partie des jeunes qui commencent par un CFC pensent d\u00e9j\u00e0 aux options qui leur permettront d\u2019obtenir par la suite un Bachelor.\u00bb<\/p>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Bonjour c\u00f4toie principalement des PME des arts et m\u00e9tiers d\u2019une taille moyenne de 25 employ\u00e9s. Il note l\u2019importance de la formation continue et de la formation professionnelle sup\u00e9rieure. \u00abDans l\u2019industrie, les machines, la vente ou encore le commerce, les cadres compl\u00e8tent souvent leur parcours par un brevet ou un dipl\u00f4me reconnu sur le plan f\u00e9d\u00e9ral.\u00bb Chaque ann\u00e9e, 22&rsquo;000 personnes obtiennent un de ces titres. Le responsable du Centre patronal souligne par ailleurs la perm\u00e9abilit\u00e9 du syst\u00e8me suisse. Une personne qui opte pour l\u2019apprentissage a la possibilit\u00e9 d\u2019encha\u00eener avec une maturit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s aux hautes \u00e9coles ou des passerelles pour entrer \u00e0 l\u2019universit\u00e9.<\/p>\n<p>Etre engag\u00e9 dans un poste dirigeant sans \u00eatre au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une solide formation th\u00e9orique devient donc de plus en plus difficile. Mais qu\u2019en est-il des patrons qui ont fond\u00e9 leur propre entreprise? Ici, les r\u00e8gles du jeu changent compl\u00e8tement. \u00abIl existe dans le tissu \u00e9conomique romand de tr\u00e8s nombreux patrons qui ont parfaitement r\u00e9ussi sans autre dipl\u00f4me en poche qu\u2019un apprentissage\u00bb, confirme Fr\u00e9d\u00e9ric Bonjour. Selon une vaste \u00e9tude de la Haute \u00e9cole sp\u00e9cialis\u00e9e de la Suisse du Nord-Ouest (FHNW) sur la situation des jeunes entreprises du pays, publi\u00e9e en 2010, seulement 38% des personnes qui cr\u00e9ent leur soci\u00e9t\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une formation universitaire ou d\u2019une haute \u00e9cole.<\/p>\n<p><strong>Avoir le \u00abfeu sacr\u00e9\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00abCe qui compte, c\u2019est l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit, insiste Adrian Urs Sidler, charg\u00e9 de cours pour le certificat en gestion d\u2019entreprises de la FHNW et fondateur d\u2019un bureau de conseil pour les PME. Il faut avoir le feu sacr\u00e9, peu importe le niveau de formation.\u00bb L\u2019offre de cours autour de l\u2019entreprenariat ne cesse d\u2019augmenter. Mais si ces enseignements sont trop acad\u00e9miques, ils ratent leur objectif, juge le sp\u00e9cialiste. Adrian Urs Sidler estime par ailleurs que d\u00e9marrer par un apprentissage peut repr\u00e9senter un grand avantage.<\/p>\n<p>\u00abJe constate que les anciens apprentis font souvent de meilleurs patrons, poursuit-il. Il s\u2019agit de personnes qui acqui\u00e8rent tr\u00e8s jeunes une exp\u00e9rience pratique et le sens des responsabilit\u00e9s. Un \u00e9tudiant en m\u00e9decine de 25 ans a souvent la maturit\u00e9 d\u2019un apprenti de 20 ans. De plus, les personnes qui ont effectu\u00e9 un CFC sont en g\u00e9n\u00e9ral plus proches de leurs employ\u00e9s.\u00bb Or, dans un contexte o\u00f9 les salari\u00e9s n\u2019ambitionnent plus de rester 20 ans dans la m\u00eame entreprise, la capacit\u00e9 de gestion et de motivation du personnel gagne toujours davantage en importance.<\/p>\n<p>Avoir l\u2019\u00e9toffe d\u2019un CEO et d\u2019un cr\u00e9ateur de projet ne s\u2019apprend donc pas sur les bancs de l\u2019\u00e9cole. Le parcours de Babette Keller le prouve. \u00abJe suis n\u00e9e entrepreneur!\u00bb, lance la p\u00e9tillante directrice de Keller Trading, PME biennoise qui fabrique des textiles en microfibres pour l&rsquo;industrie horlog\u00e8re, la bijouterie et l&rsquo;h\u00f4tellerie. Babette Keller a suivi un apprentissage de vendeuse en chaussures. Quelques ann\u00e9es plus tard, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 24 ans, employ\u00e9e dans le pr\u00eat-\u00e0-porter et passionn\u00e9e de couture, elle se lance dans la fabrication de pochettes pour l\u2019entreprise horlog\u00e8re Breitling, un mandat d\u00e9croch\u00e9 par le biais de son p\u00e8re qui travaille alors pour la marque.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Keller Trading emploie 37 personnes et compte les plus prestigieuses enseignes de luxe parmi ses clients. \u00abMon MBA, c\u2019est mon parcours de vie et le fait d\u2019avoir eu quatre enfants. Je g\u00e8re mon entreprise comme une famille et le respect de mes collaborateurs et de mes clients se trouve au centre de mes pr\u00e9occupations. A mes yeux, la capacit\u00e9 relationnelle est l\u2019un des points forts d\u2019un bon leadership. Un cursus universitaire ne m&rsquo;aurait sans doute pas apport\u00e9 beaucoup plus que ce que j&rsquo;ai appris sur le terrain: la passion, l&rsquo;ardeur, l&rsquo;endurance, l&rsquo;anticipation et la pers\u00e9v\u00e9rance.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Tandem fructueux<\/strong><\/p>\n<p>Fondateur d\u2019une entreprise ou professionnel recrut\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, au final, les qualit\u00e9s personnelles d\u2019un CEO font la diff\u00e9rence. Christiane Morel, la directrice d\u2019Ethys, estime qu\u2019un bon dirigeant doit poss\u00e9der l\u2019envergure d\u2019un rassembleur et se montrer capable de motiver ses employ\u00e9s afin que tous tendent vers un objectif commun, sans toutefois \u00eatre pr\u00e9tentieux. \u00abCela para\u00eet simple mais il s\u2019agit de personnalit\u00e9s rares. Un patron doit aussi \u00eatre visionnaire, bon strat\u00e8ge et cultiver un excellent r\u00e9seau.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abJe constate des diff\u00e9rences \u00e9normes dans la mani\u00e8re d\u2019appr\u00e9hender les choses et le mode de fonctionnement entre les personnes dot\u00e9es d\u2019un CFC, accompagn\u00e9 ou non de dipl\u00f4mes compl\u00e9mentaires, et celles qui ont fr\u00e9quent\u00e9 HEC ou suivi un MBA, poursuit-elle. Lequel de ces deux profils est le meilleur? Tout d\u00e9pend de la PME. Mais j\u2019observe que deux cadres, l\u2019un venu de la formation professionnelle, l\u2019autre de la formation tertiaire, forment souvent un tandem tr\u00e8s fructueux.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>PORTRAITS<br \/>\n<strong><br \/>\n\u00abSi vous \u00eates s\u00fbr d\u2019avoir une bonne id\u00e9e, foncez!\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Pierre Maget, cofondateur de Tekoe, s\u2019est consacr\u00e9 au football avant de devenir entrepreneur. Il estime que son parcours serait plus difficile \u00e0 reproduire aujourd\u2019hui.<\/em><\/p>\n<p>Pierre Maget codirige la soci\u00e9t\u00e9 Tekoe, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le th\u00e9 \u00e0 l\u2019emporter, et ses 80 employ\u00e9s. Seul bagage acad\u00e9mique de ce cr\u00e9atif de 51 ans: un CFC de commerce, d\u00e9croch\u00e9 \u00e0 19 ans. Entre-deux, une carri\u00e8re de footballeur mais surtout un tourbillon de rencontres et d\u2019id\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai fait partie de ces gamins qui ont grandi avec une balle dans les pieds. J\u2019avais la chance d\u2019avoir de la facilit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Cela me permettait de me consacrer surtout au football.\u00bb Pierre Maget investit donc ses jeunes ann\u00e9es \u00e0 taper le cuir dans les diff\u00e9rents stades de Suisse. Seul romand lors de ces p\u00e9r\u00e9grinations footballistiques, Pierre Maget apprend le dialecte al\u00e9manique. Une langue qu\u2019il utilise encore tous les jours. \u00abC\u2019est un gage d\u2019ouverture qui est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 outre-Sarine. Cela offre bien plus d\u2019opportunit\u00e9s que l\u2019on ne l\u2019imagine.\u00bb<\/p>\n<p>Capitaine du FC Saint-Gall en 1985, il poursuit une carri\u00e8re semi-professionnelle jusqu\u2019\u00e0 35 ans. Il n\u2019en attend pourtant pas la fin pour se lancer dans le monde \u00e9conomique. N\u00e9 dans une famille de commer\u00e7ants, Pierre Maget a travaill\u00e9 deux ans et demi dans la fiduciaire de son p\u00e8re apr\u00e8s avoir obtenu son CFC. Mais il a surtout toujours fourmill\u00e9 d\u2019id\u00e9es. En club d\u00e9j\u00e0, il se retrouve souvent dans le r\u00f4le d\u2019organisateur d\u2019\u00e9v\u00e9nements. En 1994, il lance sa marque de casquettes, la soci\u00e9t\u00e9 textile Open Air. Il a alors 31 ans. En deux ans, la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9colle.<\/p>\n<p>Pierre Maget conc\u00e8de toutefois qu\u2019il a parfois eu l\u2019impression de ne pas \u00eatre pris au s\u00e9rieux. En cause: son parcours atypique. \u00abJ\u2019ai peut-\u00eatre moins d\u2019outils de gestion qu\u2019un universitaire. Mais je connais mes limites. L\u2019essentiel est de savoir s\u2019entourer.\u00bb Cet entourage, c\u2019est d\u2019abord Val\u00e9rie Peyre avec qui il forme un duo efficace et dynamique. Ensemble, ils fondent Tekoe en 2004 \u00e0 Lausanne.<\/p>\n<p>Apprendre \u00e0 d\u00e9l\u00e9guer est devenu fondamental pour le tandem. Tekoe, qui a atteint le million de th\u00e9s vendus en Suisse, a doubl\u00e9 son nombre d\u2019employ\u00e9s ces 14 derniers mois avec l\u2019ouverture de magasins \u00e0 Madrid, Zurich et Gen\u00e8ve. Pierre Maget le conc\u00e8de: \u00abIl n\u2019est pas \u00e9vident de s\u2019\u00e9loigner de son march\u00e9. Nous recevons moins de feedback. Les contacts avec les clients sont plus rares.\u00bb<\/p>\n<p>Cet autodidacte n\u2019exclut pas non plus de passer un jour par les bancs de l\u2019universit\u00e9. \u00abJ\u2019aimerais bien prendre des cours d\u2019architecture, d\u2019\u00e9conomie ou de gestion d\u2019entreprise. Je participe \u00e0 quatre ou cinq foires internationales par an. Je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 tout: mode, inventions, nouvelles tendances. Je parcours ces salons de A \u00e0 Z. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019est n\u00e9 la couleur verte de Tekoe.\u00bb<\/p>\n<p>Il l\u2019affirme pourtant, son parcours serait plus difficile \u00e0 reproduire aujourd\u2019hui. Le monde est plus complexe, les banquiers se laissent aussi moins convaincre. Mais Pierre Maget, qui rencontre beaucoup d\u2019\u00e9tudiants dans le magasin de Tekoe situ\u00e9 sur le site de l\u2019EPFL, reste optimiste: \u00abEn Suisse, on est un peu timide. Mais il ne faut pas trop \u00e9couter les autres. Si vous \u00eates s\u00fbr d\u2019avoir une bonne id\u00e9e, foncez!\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abL\u2019essentiel, c\u2019est d\u2019\u00eatre passionn\u00e9\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Ancien \u00e9l\u00e8ve dissip\u00e9, Christian Python est aujourd\u2019hui \u00e0 la t\u00eate d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de s\u00fbret\u00e9 de 130 employ\u00e9s. <\/em><\/p>\n<p>\u00abMon parcours professionnel!?\u2026\u00bb Christian Python n\u2019a pas perdu sa bonhomie malgr\u00e9 sa carri\u00e8re exponentielle. Le directeur de Python S\u00e9curit\u00e9, une PME genevoise de 130 employ\u00e9s, reconna\u00eet sans pudeur son absence de dipl\u00f4me. Pas vraiment de quoi rougir, en effet, lorsque l\u2019on dirige une soci\u00e9t\u00e9 qui a su s\u2019imposer sur son march\u00e9. Ses comp\u00e9tences, ce Fribourgeois d\u2019origine de 61 ans les a acquises sur le terrain.<\/p>\n<p>Les jeunes ann\u00e9es de Christian Python sont pourtant marqu\u00e9es par le doute. \u00abLa concentration n\u2019\u00e9tait pas mon fort \u00e0 l\u2019\u00e9cole. J\u2019avais du mal \u00e0 crocher quand le sujet ne m\u2019int\u00e9ressait pas.\u00bb Une l\u00e9g\u00e8re hyperactivit\u00e9, une pointe de dyslexie: il termine son \u00e9cole obligatoire \u00e0 17 ans, sans projet pour la suite.<\/p>\n<p>Le d\u00e9clic se produit lors du service militaire. Il prend go\u00fbt aux op\u00e9rations s\u00e9curitaires version grande \u00e9chelle et se voit faire carri\u00e8re sous les drapeaux. Mais son manque de dipl\u00f4me et de maitrise de la langue allemande lui barrent le chemin. Il part pour un long s\u00e9jour \u00e0 Zurich. A son retour, il trouve un poste dans la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019un magasin genevois. Il ne le sait pas encore mais Christian Python vient de trouver sa voie.<\/p>\n<p>La surveillance contre le vol \u00e0 l\u2019\u00e9talage devient sa sp\u00e9cialit\u00e9. Geek de la premi\u00e8re heure, il est le premier de son entreprise \u00e0 se doter d\u2019un \u00abbeeper\u00bb, puis d\u2019un portable. \u00abA l\u2019\u00e9poque, nous avions besoin d\u2019immenses mallettes pour passer des coups de fil. J\u2019ai d\u00fb acheter ces appareils \u00e0 mes frais. Mais une fois que mon chef a vu le beeper, il a imm\u00e9diatement voulu avoir le sien.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ancien \u00e9tudiant frustr\u00e9 n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 se rendre \u00e0 Paris ou Munich pour y suivre des colloques sur la s\u00e9curit\u00e9. Les derniers gadgets, les tactiques d\u2019observation, la formation, Christian Python s\u2019int\u00e9resse \u00e0 tout. Il noue des contacts avec tous les acteurs de la \u00abcha\u00eene s\u00e9curitaire\u00bb.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 une restriction de personnel, il d\u00e9missionne et postule comme chef de la s\u00e9curit\u00e9 de la cha\u00eene de magasins Jelmoli. On lui fait confiance. Il devient vite responsable pour toute la Suisse romande, soit des d\u00e9placements entre 15 succursales. Christian Python acc\u00e8de ensuite au poste de chef de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Globus, puis \u00e0 Minit Suisse et Italie.<\/p>\n<p>En 2002, il cr\u00e9e Python S\u00e9curit\u00e9 avec le soutien de sa femme, aujourd\u2019hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Son exp\u00e9rience d\u2019homme de terrain assure \u00e0 la firme une certaine renomm\u00e9e. Consultant pendant les travaux du centre commercial de la Praille, \u00e0 Gen\u00e8ve, la jeune soci\u00e9t\u00e9 est charg\u00e9e de la surveillance du complexe d\u00e8s son ouverture.<\/p>\n<p>Python S\u00e9curit\u00e9, responsable de la s\u00e9curit\u00e9 de Servette, traverse toutefois des p\u00e9riodes difficiles avec les probl\u00e8mes de tr\u00e9sorerie du club. Mais le directeur parvient \u00e0 rebondir. Il cite le match Angleterre-Argentine, en 2005 \u00e0 Gen\u00e8ve, une rencontre suivie dans le monde entier. L\u2019op\u00e9ration est une r\u00e9ussite et les contrats s\u2019encha\u00eenent: le championnat d\u2019Europe de football 2008, des partenaires \u00e9tatiques, les CFF. La soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e8re, 12 ans apr\u00e8s sa fondation, un chiffre d\u2019affaires annuel de quatre \u00e0 cinq millions de francs.<\/p>\n<p>Christian Python avoue avoir manqu\u00e9 de confiance au long de son parcours. Il met en avant certaines lectures qui lui ont permis de se lib\u00e9rer du pass\u00e9 et de surmonter sa peur de l\u2019\u00e9chec. \u00abJ\u2019ai appris \u00e0 gravir les sommets pas \u00e0 pas. Bien s\u00fbr, quand j\u2019auditionne quelqu\u2019un avec un profil comme le mien, je tends \u00e0 faire confiance. L\u2019essentiel, pour moi, c\u2019est d\u2019\u00eatre passionn\u00e9.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grimper les \u00e9chelons d\u2019une entreprise ou lancer sa soci\u00e9t\u00e9 sans formation acad\u00e9mique? 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