



{"id":4301,"date":"2014-11-27T16:04:59","date_gmt":"2014-11-27T14:04:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4301"},"modified":"2014-11-28T11:16:36","modified_gmt":"2014-11-28T09:16:36","slug":"medias","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4301","title":{"rendered":"Les t\u00e9l\u00e9s locales dans la tourmente"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/mire.jpg\" alt=\"mire.jpg\" title=\"mire.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>La s\u00e9rie noire a d\u00e9but\u00e9 avec L\u00e9man Bleu: en octobre 2013, le directeur de la cha\u00eene genevoise quittait ses fonctions une ann\u00e9e seulement apr\u00e8s son arriv\u00e9e. Quelques mois plus tard, La T\u00e9l\u00e9, qui couvre les cantons de Vaud et de Fribourg, d\u00e9voilait une perte de 1,5 million de francs. Ce fut ensuite au tour de NyonR\u00e9gion T\u00e9l\u00e9vision de faire parler d&rsquo;elle: en septembre, la cha\u00eene annon\u00e7ait devoir trouver en urgence une solution financi\u00e8re pour assurer sa survie. Finalement, en Valais, Canal9 lan\u00e7ait d\u00e9but octobre une vaste campagne d&rsquo;appel aux dons. Un encha\u00eenement d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements fortuits? Probablement pas. Bien qu&rsquo;elles n&rsquo;aient pas grand-chose en commun, ces situations r\u00e9v\u00e8lent les profondes difficult\u00e9s d&rsquo;un secteur en crise.<\/p>\n<p>\u00abLes t\u00e9l\u00e9visions r\u00e9gionales suisses se trouvent dans une posture tr\u00e8s difficile, souligne Ren\u00e9 Grossenbacher, directeur de l&rsquo;institut de recherche zurichois sp\u00e9cialis\u00e9 dans les m\u00e9dias Publicom. La plupart des cha\u00eenes locales ne sont pas rentables.\u00bb Dans un rapport sur la situation \u00e9conomique des radios et t\u00e9l\u00e9visions priv\u00e9es publi\u00e9 en janvier 2014, Publicom indiquait que la moiti\u00e9 des 13 diffuseurs examin\u00e9s \u00e9taient sous-financ\u00e9s ou surendett\u00e9s et que la dotation moyenne en fonds propres avait chut\u00e9 de 23% en 2013. Un premier constat s&rsquo;impose: la t\u00e9l\u00e9vision co\u00fbte tr\u00e8s cher, bien plus que la presse \u00e9crite ou la radio, surtout si l&rsquo;ambition consiste \u00e0 r\u00e9aliser des programmes d&rsquo;information.<\/p>\n<p>La production t\u00e9l\u00e9visuelle n\u00e9cessite un personnel important pour produire du contenu et aussi pour la gestion des aspects techniques. A cela s&rsquo;ajoutent les frais de mat\u00e9riel, qui doit \u00eatre renouvel\u00e9 et adapt\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement pour suivre les \u00e9volutions technologiques. L&rsquo;av\u00e8nement de la haute d\u00e9finition oblige, par exemple, les t\u00e9l\u00e9visions \u00e0 moderniser leur outil de travail. \u00abCes investissements sont indispensables, note Ren\u00e9 Grossenbacher. La qualit\u00e9 des images \u00e9volue tr\u00e8s vite. Les t\u00e9l\u00e9spectateurs s&rsquo;habituent rapidement \u00e0 un certain niveau et n&rsquo;acceptent plus de regarder des images qui ne correspondent pas \u00e0 leurs exigences.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Concurrence fran\u00e7aise<\/strong><\/p>\n<p>Pour Fathi Derder, conseiller national PLR et ancien journaliste qui a particip\u00e9 au lancement de La T\u00e9l\u00e9, les t\u00e9l\u00e9visions r\u00e9gionales reproduisent un mod\u00e8le vieux de 50 ans qui manque de souplesse et d&rsquo;efficacit\u00e9. \u00abElles ne profitent pas des \u00e9volutions technologiques pour produire moins cher et fonctionnent comme de petites RTS. Si l&rsquo;on devait lancer une t\u00e9l\u00e9vision aujourd&rsquo;hui, on ne le ferait plus de cette mani\u00e8re.\u00bb<\/p>\n<p>Les t\u00e9l\u00e9visions priv\u00e9es doivent aussi composer avec un march\u00e9 publicitaire \u00e0 la peine. \u00abL&rsquo;environnement est tr\u00e8s concurrentiel, indique Pascal Mathieu, directeur adjoint de L\u00e9man Bleu. Les fen\u00eatres publicitaires suisses sur les t\u00e9l\u00e9visions fran\u00e7aises (TF1 a rejoint M6 sur ce terrain en 2011, ndlr) ont aspir\u00e9 une partie des annonces et nous ont fait beaucoup de mal.\u00bb Selon les chiffres de l&rsquo;institut zurichois REMP (Recherche et \u00e9tudes des m\u00e9dias publicitaires), les recettes publicitaires et de sponsoring des t\u00e9l\u00e9visions priv\u00e9es suisses ont atteint 74 millions de francs en 2013, en baisse de 8,7% en comparaison avec l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Dans le m\u00eame temps, les fen\u00eatres publicitaires suisses sur les cha\u00eenes \u00e9trang\u00e8res ont progress\u00e9 de 13,6% \u00e0 301 millions de francs.<\/p>\n<p>\u00abL&rsquo;\u00e9conomie genevoise se distingue par son dynamisme et compte de nombreuses grandes entreprises et multinationales, poursuit Pascal Mathieu. Ce n&rsquo;est pas pour autant que les annonces de ces soci\u00e9t\u00e9s tombent dans notre poche. Nous int\u00e9ressons davantage les PME.\u00bb a Canal9, en Valais, le r\u00e9dacteur en chef, Fr\u00e9d\u00e9ric Filippin, rappelle que la publicit\u00e9 t\u00e9l\u00e9visuelle est \u00ablourde \u00e0 mettre en place, beaucoup plus qu&rsquo;\u00e0 la radio. Le march\u00e9 est tendu et la part de la publicit\u00e9 dans nos revenus ne va pas augmenter.\u00bb<\/p>\n<p>Les cha\u00eenes romandes paient aussi leur manque de strat\u00e9gie commune pour attirer les annonceurs au niveau national. \u00abElles ont plusieurs ann\u00e9es de retard par rapport aux al\u00e9maniques, r\u00e9v\u00e8le Marc Friedli, le directeur de Telesuisse, l&rsquo;association des t\u00e9l\u00e9visions r\u00e9gionales suisses. Le paysage romand a beaucoup boug\u00e9 depuis l&rsquo;introduction des nouvelles concessions en 2008 (lire ci-dessous), avec des changements d&rsquo;organisation et d&rsquo;actionnaires, alors que le paysage al\u00e9manique est plut\u00f4t stable depuis pr\u00e8s de vingt ans.\u00bb<\/p>\n<p>Outre-Sarine, les t\u00e9l\u00e9visions sont organis\u00e9es depuis longtemps en pool pour vendre ensemble des espaces publicitaires \u00e0 des annonceurs qui ne souhaitent pas se limiter \u00e0 une seule r\u00e9gion. \u00abCette publicit\u00e9 nationale constitue entre 10 et 20% des recettes publicitaires\u00bb, pr\u00e9cise Marc Friedli.<\/p>\n<p><strong>Manque de proximit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Philipp Kneubuehler, directeur commercial de L\u00e9man Bleu, indique qu&rsquo;il existe aussi un pool romand appel\u00e9 Tele Romandie Combi. \u00abCet outil a dormi pendant un certain temps pour des questions d&rsquo;entente entre les personnes concern\u00e9es. Pour que cela fonctionne, il faut r\u00e9ussir \u00e0 se coordonner, accepter d&rsquo;\u00e9changer un maximum d&rsquo;informations. Aujourd&rsquo;hui, nous travaillons \u00e0 le dynamiser, un projet relanc\u00e9 depuis mars de cette ann\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;objectif? Attaquer le march\u00e9 al\u00e9manique et les entreprises d&rsquo;envergure nationale, notamment les banques, les assurances et la grande distribution. Au final, sur la vingtaine de cha\u00eenes priv\u00e9es de Suisse romande, beaucoup ne pourraient pas fonctionner sans financement public. Cinq d&rsquo;entre elles touchent une part de la redevance (voir encadr\u00e9): La T\u00e9l\u00e9, L\u00e9man Bleu, Canal9, Canal Alpha \u00e0 Neuch\u00e2tel et TeleBielingue \u00e0 Bienne. A titre d&rsquo;exemple, en 2013, La T\u00e9l\u00e9 a re\u00e7u 3,6 millions de la redevance, sur un chiffre d&rsquo;affaires de 6,5 millions. Dans les tr\u00e8s petites cha\u00eenes d&rsquo;information qui ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de la redevance, les collectivit\u00e9s locales sont souvent impliqu\u00e9es. A Onex (GE), les fonds n\u00e9cessaires au fonctionnement de Canal Onex proviennent de la soci\u00e9t\u00e9 qui exploite le t\u00e9l\u00e9r\u00e9seau &#8212; une entreprise mixte dont la commune est actionnaire majoritaire &#8212; et du budget communal.<\/p>\n<p>\u00abLes t\u00e9l\u00e9visions r\u00e9gionales sont n\u00e9es d&rsquo;un projet politique, dit Fathi Derder. Les \u00e9lus veulent s&rsquo;assurer une certaine visibilit\u00e9 et sont donc pr\u00eats \u00e0 les financer. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une logique qui pose de s\u00e9rieux probl\u00e8mes de libert\u00e9 m\u00e9diatique. On touche ici aux limites du journalisme.\u00bb<\/p>\n<p>La mauvaise posture des t\u00e9l\u00e9visions priv\u00e9es n&rsquo;est pas due uniquement \u00e0 des soucis financiers. \u00abCertaines strat\u00e9gies \u00e9ditoriales ont aussi contribu\u00e9 \u00e0 cette situation, d\u00e9clare encore Marc-Henri Jobin, directeur du Centre de formation au journalisme et aux m\u00e9dias, \u00e0 Lausanne. Plusieurs cha\u00eenes ont quitt\u00e9 le cr\u00e9neau de la proximit\u00e9 et des reportages sur le terrain pour faire des talk-shows et essayer de r\u00e9gater avec la RTS. Or, le vrai savoir-faire d&rsquo;une t\u00e9l\u00e9vision r\u00e9gionale est la couverture de l&rsquo;actualit\u00e9 locale. Les t\u00e9l\u00e9spectateurs veulent voir les journalistes se rendre sur place et rencontrer les gens dans leur milieu.\u00bb<\/p>\n<p>Entre 2010 et 2012, cinq des sept principales t\u00e9l\u00e9visions r\u00e9gionales romandes ont enregistr\u00e9 une baisse de leur taux de p\u00e9n\u00e9tration quotidien (part des personnes qui, un jour donn\u00e9, ont regard\u00e9 la cha\u00eene pendant au moins trente secondes), selon le rapport annuel de l&rsquo;institut Mediapulse. Un changement du syst\u00e8me de mesure en 2013 rend impossible une comparaison des donn\u00e9es \u00e0 long terme. Nico Gurtner, porte-parole de l&rsquo;organisme, fournit toutefois quelques indications positives concernant l&rsquo;ann\u00e9e en cours, dont les chiffres ne sont pas encore publi\u00e9s: \u00abLes cha\u00eenes locales se sont bien d\u00e9velopp\u00e9es en Suisse romande en 2014\u00bb, avec des audiences et un taux de p\u00e9n\u00e9tration quotidien g\u00e9n\u00e9ralement en hausse par rapport \u00e0 2013.<\/p>\n<p><strong>Sous perfusion<\/strong><\/p>\n<p>Les t\u00e9l\u00e9visions r\u00e9gionales se trouvent aujourd&rsquo;hui dans une situation de survie, un qualificatif que m\u00eame leurs responsables n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 employer. Dans ce contexte, ont-elles encore un avenir? Non, ass\u00e8ne sans h\u00e9siter Fathi Derder. \u00abLe mod\u00e8le actuel est condamn\u00e9. Je ne vois aucune issue. Les cha\u00eenes r\u00e9gionales sont maintenues artificiellement en vie hors de toute logique de march\u00e9. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la raison pour laquelle elles se trouvent de mani\u00e8re permanente en situation de crise.\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse de Ren\u00e9 Grossenbacher est plus nuanc\u00e9e. \u00abLe march\u00e9 publicitaire ne va pas s&rsquo;agrandir. La survie des t\u00e9l\u00e9visions d\u00e9pendra donc du soutien du monde politique. Seulement, les contributions publiques ne seront pas n\u00e9cessairement suffisantes pour toutes et il est possible que nous assistions \u00e0 une restructuration du march\u00e9 et \u00e0 la disparition de certains acteurs. Les plus grandes cha\u00eenes et celles dont la zone de couverture est la plus homog\u00e8ne culturellement et politiquement disposent des meilleures chances.\u00bb<\/p>\n<p>Ce tableau peu r\u00e9jouissant ne signifie pas pour autant la mort du traitement en images de l&rsquo;actualit\u00e9 de proximit\u00e9. Les sp\u00e9cialistes des m\u00e9dias confirment que la demande est l\u00e0 et pr\u00e9voient m\u00eame une importance croissante du local, voire du microlocal, dans le march\u00e9 de l&rsquo;information. Fathi Derder appelle \u00e0 l&rsquo;apparition de nouveaux acteurs, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle des villes et des quartiers. \u00abA-t-on vraiment besoin de la t\u00e9l\u00e9vision, d&rsquo;autant de personnel et de studios sur\u00e9quip\u00e9s pour traiter l&rsquo;actualit\u00e9 r\u00e9gionale en image? Il faudrait lib\u00e9raliser le secteur pour cr\u00e9er de nouvelles opportunit\u00e9s et exploiter de nouveaux supports. Quant au financement, la solution se trouve peut-\u00eatre du c\u00f4t\u00e9 du crowdfunding et du microfinancement.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La redevance, aussi pour les t\u00e9l\u00e9visions priv\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>La redevance est une taxe pr\u00e9lev\u00e9e par la Conf\u00e9d\u00e9ration qui sert \u00e0 financer les programmes de radio et de t\u00e9l\u00e9vision de la SSR. Ses recettes totales ont atteint 1,35 milliard de francs en 2013. Dans le but de garantir la diversit\u00e9 de l&rsquo;information, une exigence qui se trouve dans la constitution, la Conf\u00e9d\u00e9ration octroie une partie de ces fonds \u00e0 certains diffuseurs priv\u00e9s. En Suisse romande, cinq cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision locales priv\u00e9es profitent de cette manne: La T\u00e9l\u00e9, Canal9, Canal Alpha, TeleBielingue et L\u00e9man Bleu. Pour ces cha\u00eenes, la part de financement de la redevance peut atteindre 70%, le m\u00eame ordre de grandeur que pour la SSR. Comment ont-elles obtenu ce soutien? Elles ont remport\u00e9 une des concessions &#8212; d\u00e9finies selon des zones de diffusion et assorties d&rsquo;un mandat de prestation &#8212; lors de la derni\u00e8re mise au concours par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral en 2008. Les concessions sont en principe remises au concours tous les dix ans.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Autopsie de quatre cha\u00eenes en crise<\/strong><\/p>\n<p><em>NRTV, L\u00e9man Bleu, la T\u00e9l\u00e9 et Canal9 ont aliment\u00e9 un flux quasi continu de mauvaises nouvelles depuis une ann\u00e9e. Presque toutes ces cha\u00eenes ont des probl\u00e8mes de financements. Explications.<\/em><\/p>\n<p>1. NyonR\u00e9gion T\u00e9l\u00e9vision (NRTV) vit peut-\u00eatre ses derni\u00e8res heures. M\u00eame les acteurs qui se sont battus pour la cha\u00eene locale n&rsquo;y croient plus vraiment. \u00abElle est en sursis, confirme Fabienne Freymond Cantone, conseill\u00e8re municipale qui repr\u00e9sente la Ville de Nyon dans les diff\u00e9rentes instances qui la chapeautent. J&rsquo;esp\u00e8re malgr\u00e9 tout que nous allons trouver une solution.\u00bb NRTV, dont le budget se monte \u00e0 800&rsquo;000 francs annuels, est financ\u00e9e \u00e0 hauteur de 500&rsquo;000 francs par le T\u00e9l\u00e9r\u00e9seau de la r\u00e9gion nyonnaise et de la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e9lectrique intercommunale de La C\u00f4te.<\/p>\n<p>Or, ces derniers ont annonc\u00e9 leur volont\u00e9 de se retirer dans le courant de l&rsquo;ann\u00e9e 2015. Avec l&rsquo;essor de la t\u00e9l\u00e9vision par Internet et des offres de type Swisscom TV, les t\u00e9l\u00e9r\u00e9seaux, longtemps en situation de monopole, perdent des abonn\u00e9s. Sous pression face \u00e0 la concurrence, ils tentent de r\u00e9duire leurs d\u00e9penses, parfois au d\u00e9triment des cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision priv\u00e9es.<\/p>\n<p>2. En Valais, Canal9 se pr\u00e9pare aussi au d\u00e9sengagement d\u00e9but 2015 du groupement de t\u00e9l\u00e9r\u00e9seaux Net+, qui percevait jusqu&rsquo;ici 3 francs par mois aupr\u00e8s de ses abonn\u00e9s au b\u00e9n\u00e9fice de la cha\u00eene. \u00abCela provoquera un manque \u00e0 gagner de 1,8 million de francs par an pour un budget total de 8 millions\u00bb, regrette Fr\u00e9d\u00e9ric Filippin, le r\u00e9dacteur en chef de Canal9. La cha\u00eene a lanc\u00e9 une vaste campagne pour r\u00e9colter des fonds directement aupr\u00e8s des t\u00e9l\u00e9spectateurs. Elle a \u00e9galement demand\u00e9 le soutien des communes du Valais romand, \u00e0 raison de 2 francs par an et par habitant, ce qui \u00e9quivaudrait \u00e0 400&rsquo;000 francs. \u00abNous sommes encore tr\u00e8s loin des 1,8 million n\u00e9cessaires, admet Fr\u00e9d\u00e9ric Filippin. Canal9 dispose de finances saines. Dans un premier temps, si nous n&rsquo;arrivons pas \u00e0 cette somme, il ne se passera rien. Les premi\u00e8res mesures pourraient concerner un redimensionnement de certaines \u00e9missions, mais pas avant ao\u00fbt 2015. Nous proc\u00e9derons \u00e0 des r\u00e9ductions d&rsquo;effectifs seulement en dernier recours.\u00bb<\/p>\n<p>3. La T\u00e9l\u00e9, qui couvre les cantons de Vaud et de Fribourg, s&rsquo;est quant \u00e0 elle illustr\u00e9e par ses fantaisies comptables. Alors qu&rsquo;elle pr\u00e9voyait un exercice 2013 \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre, la cha\u00eene a finalement annonc\u00e9 en mai une perte de 1,5 million de francs &#8212; sur un chiffre d&rsquo;affaires de 6,5 millions &#8212; apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert que certaines recettes avaient \u00e9t\u00e9 doubl\u00e9es par erreur.<\/p>\n<p>\u00abCe r\u00e9sultat a aussi \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9 par des rentr\u00e9es publicitaires moins \u00e9lev\u00e9es qu&rsquo;escompt\u00e9\u00bb, rel\u00e8ve Thierry Savary, directeur ad interim, par ailleurs \u00e0 la t\u00eate de Radio Fribourg. L&rsquo;affaire a entra\u00een\u00e9 la d\u00e9mission avec effet imm\u00e9diat du directeur de l&rsquo;\u00e9poque, Christophe Rasch, la fermeture du bureau de Meyrin (GE) et une mobilisation en urgence pour recapitaliser la cha\u00eene \u00e0 hauteur de 1,5 million de francs.<\/p>\n<p>\u00abNous travaillons aujourd&rsquo;hui \u00e0 changer la structure et l&rsquo;organisation, et \u00e0 mettre en place un syst\u00e8me de gouvernance plus clair, qui mise sur davantage de transparence et le travail en \u00e9quipe, poursuit Thierry Savary. La cha\u00eene peut vivre avec les erreurs du pass\u00e9, \u00e0 condition de repartir sur de bonnes bases.\u00bb La nouvelle direction oeuvre aussi au remaniement int\u00e9gral de la politique commerciale. Pour l&rsquo;ann\u00e9e 2014, le directeur pr\u00e9voit un bouclement des comptes dans le rouge. \u00abNous ne pouvons pas encore articuler de chiffre, ni dire s&rsquo;il faudra ou non r\u00e9injecter de l&rsquo;argent pour rester viable.\u00bb<\/p>\n<p>4. A Gen\u00e8ve, L\u00e9man Bleu a connu trois changements de directeur en trois ans. \u00abDans ces circonstances, il est difficile d&rsquo;instaurer une continuit\u00e9, consid\u00e8re Pascal Mathieu, directeur adjoint de la cha\u00eene depuis le dernier changement en octobre 2013. Aujourd&rsquo;hui, notre objectif est avant tout de stabiliser l&rsquo;\u00e9difice.\u00bb Le choix de l&rsquo;ancienne \u00e9quipe dirigeante de faire de L\u00e9man Bleu une cha\u00eene plus g\u00e9n\u00e9raliste, en diffusant des films et des documentaires, avait \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9 par le public. Sans compter la grogne \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;entreprise face \u00e0 des m\u00e9thodes de gestion muscl\u00e9es. La cha\u00eene de 35 collaborateurs, qui fonctionne avec un budget de 4 millions de francs, pr\u00e9voit de boucler l&rsquo;exercice 2014 sur une \u00abpetite perte\u00bb. Et se r\u00e9jouit d&rsquo;avoir retrouv\u00e9 ses t\u00e9l\u00e9spectateurs, au nombre de 55&rsquo;000 par jour, contre<br \/>\n38&rsquo;000 il y a un an, en misant \u00e0 nouveau sur une \u00ablogique de proximit\u00e9\u00bb.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9boires financiers, publicit\u00e9 en baisse, restructurations: les revers s&rsquo;accumulent pour les cha\u00eenes priv\u00e9es de Suisse romande. Dans un environnement toujours plus difficile, parviendront-elles \u00e0 survivre?<\/p>\n","protected":false},"author":19904,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4301","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4301","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19904"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4301"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4301\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4301"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4301"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4301"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}