



{"id":4285,"date":"2014-11-05T15:27:57","date_gmt":"2014-11-05T13:27:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4285"},"modified":"2014-11-05T16:14:17","modified_gmt":"2014-11-05T14:14:17","slug":"architecture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4285","title":{"rendered":"Les maisons de demain"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Large20141105_1.jpg\" alt=\"Large20141105_1.jpg\" title=\"Large20141105_1.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Dans quel type de maison ou d\u2019appartement vivrons-nous dans les ann\u00e9es \u00e0 venir? Au-del\u00e0 des questions \u00e9nerg\u00e9tiques, l\u2019un des principaux enjeux consistera \u00e0 cr\u00e9er des logements en ad\u00e9quation avec l\u2019\u00e9volution de nos modes de vie. Le parc immobilier romand, tel qu\u2019il existe aujourd\u2019hui, renvoie encore majoritairement \u00e0 une structure familiale classique d\u2019un couple avec deux enfants. Or, on trouve dans nos villes de plus en plus de familles recompos\u00e9es, de c\u00e9libataires ou de personnes vivant en colocation.<\/p>\n<p>Dans cette optique, les appartements modulables repr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat \u00e9vident. R\u00e9unis dans des coop\u00e9ratives telles que la Codha, ils s\u2019adressent aux nombreuses personnes qui souhaitent vivre dans un environnement o\u00f9 pr\u00e9valent des valeurs comme la solidarit\u00e9 ou la convivialit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette recherche va de pair avec le d\u00e9veloppement de logements toujours plus \u00e9cologiques. Plusieurs communes romandes, mais aussi des promoteurs priv\u00e9s, d\u00e9veloppent une offre r\u00e9pondant \u00e0 une logique durable. Munis d\u2019une toiture photovolta\u00efque et de sondes g\u00e9othermiques, ces b\u00e2timents visent notamment une autonomie totale en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Certains, comme cette s\u00e9rie de chalets pr\u00e9vus dans le village de Nax, en Valais, vont m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 produire davantage d\u2019\u00e9nergie qu\u2019ils n\u2019en consomment.<\/p>\n<p>D\u2019autres concepts venus de l\u2019\u00e9tranger apparaissent en Suisse. C\u2019est le cas des logements de taille r\u00e9duite ou du d\u00e9veloppement de constructions en sous-sol. Encore marginales, ces tentatives d\u00e9montrent une m\u00eame volont\u00e9 de sortir des sentiers battus et de d\u00e9velopper un autre rapport au logement, plus proche des aspirations des uns et des autres. Voici quelques exemples embl\u00e9matiques.<\/p>\n<p><strong>1. Des maisons de montagne qui g\u00e9n\u00e8rent de l\u2019\u00e9nergie<\/strong><\/p>\n<p>En juin, la premi\u00e8re maison de Suisse romande qui produit davantage d\u2019\u00e9nergie qu\u2019elle n\u2019en consomme a vu le jour \u00e0 Nax, en Valais. A la base du projet: les Genevois Thomas B\u00fcchi, de l\u2019entreprise Charpente Concept, et l\u2019architecte Herv\u00e9 Dessimoz. Ensemble ils avaient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 le refuge du Go\u00fbter dans le massif du Mont-Blanc, un b\u00e2timent de quatre \u00e9tages \u00e9nerg\u00e9tiquement autonome situ\u00e9 \u00e0 4\u2019000 m\u00e8tres d\u2019altitude, ou encore le Palais de l\u2019Equilibre d\u2019Expo 02, sph\u00e8re en bois pr\u00f4nant les valeurs du d\u00e9veloppement durable, aujourd\u2019hui bas\u00e9e au CERN.<\/p>\n<p>Forts de ces exp\u00e9riences, les deux concepteurs ont voulu aller plus loin. Concr\u00e8tement, le projet du village de Nax, situ\u00e9 \u00e0 1\u2019300 m\u00e8tres d\u2019altitude en surplomb de la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, se compose de cinq maisons de montagne. Le chalet t\u00e9moin de la promotion est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 habitable. Son jumeau a \u00e9t\u00e9 vendu cet \u00e9t\u00e9, pour une fin des travaux pr\u00e9vue en \u00e9t\u00e9 2015. Les trois autres sont actuellement en attente d\u2019investisseurs.<\/p>\n<p>Les b\u00e2tisses seront enti\u00e8rement r\u00e9alis\u00e9es en bois suisse (label COBS) et ne consommeront aucune \u00e9nergie fossile. Le projet va au-del\u00e0 de ce que propose le label Minergie-A, qui vise une consommation d\u2019\u00e9nergie proche de z\u00e9ro: ces constructions g\u00e9n\u00e8rent plus d\u2019\u00e9nergie qu\u2019elles n\u2019en consomment. Le surplus permettra, par exemple, de charger une voiture \u00e9lectrique toute l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour ce faire, ces b\u00e2timents doivent r\u00e9pondre \u00e0 plusieurs crit\u00e8res. Par exemple, l\u2019enveloppe (fa\u00e7ades, fen\u00eatres et murs) doit compter avec des indices d\u2019isolations extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9s. \u00abLes fa\u00e7ades sont actives, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles se composent d\u2019une alliance de bois et de verres permettant de capter au mieux la lumi\u00e8re et de cr\u00e9er, entre la lamelle de bois et le verre, un effet de serre\u00bb, explique le responsable commercial Alex B\u00fcchi.<\/p>\n<p>Cette isolation permet d\u2019\u00e9conomiser 80% de l\u2019\u00e9nergie de chauffage et de diviser ainsi par trois la puissance des installations techniques n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019exploitation du b\u00e2timent. Pour le chauffage, une pompe \u00e0 chaleur avec sonde g\u00e9othermique ou \u00e9ventuellement une chaudi\u00e8re \u00e0 bois sont n\u00e9cessaires, deux solutions qui ne consomment que des \u00e9nergies renouvelables. La production d\u2019\u00e9nergie passe par l\u2019int\u00e9gration en fa\u00e7ade ou en toiture d\u2019une installation photovolta\u00efque produisant entre 9\u2019000 et 10&rsquo;000 KW par an. Pour rappel, une famille de quatre \u00e0 cinq personnes consomme au maximum 5&rsquo;000 KW par ann\u00e9e.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les co\u00fbts d\u2019une telle b\u00e2tisse, les concepteurs avancent qu\u2019ils n\u2019exc\u00e8dent pas 10% de plus-value par rapport \u00e0 un \u00e9difice classique. En outre, la forte diminution des charges d\u2019exploitation, voire la vente du courant produit, doit permettre d\u2019amortir les surco\u00fbts en moins de sept ans. Les prix de vente sont compris entre 850&rsquo;000 et 1,1 million de francs pour des surfaces habitables de 120 m2 \u00e0 146 m2.<\/p>\n<p><strong>2. Des appartements modulables au gr\u00e9 des envies<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019habitat flexible se d\u00e9veloppe en Suisse romande. Le concept? Dans un immeuble de logement, certaines pi\u00e8ces dont les locataires ne se servent pas de mani\u00e8re quotidienne, comme la chambre d\u2019amis ou le bureau, sont partag\u00e9es entre diff\u00e9rents appartements.<\/p>\n<p>\u00abBeaucoup de ces projets \u00e9manent de coop\u00e9ratives, toujours plus actives du c\u00f4t\u00e9 romand dans le sillage de la Suisse al\u00e9manique\u00bb, rel\u00e8ve Bruno Marchand, professeur de th\u00e9orie de l\u2019architecture \u00e0 l\u2019EPFL. Par exemple, les projets de la coop\u00e9rative romande Codha comportent tous des espaces mutualis\u00e9s. \u00abIl s&rsquo;agit au minimum d&rsquo;une salle commune et d&rsquo;autres locaux selon les caract\u00e9ristiques, la taille et les envies des habitants\u00bb, note Dario Taschetta, architecte et membre de la direction. En g\u00e9n\u00e9ral, cela concerne une ou plusieurs chambres d&rsquo;amis, des espaces d\u2019accueil pour la grand-m\u00e8re ou le neveu en visite, mais aussi des ateliers, des celliers ou des caves communes.<\/p>\n<p>A Pra Roman, dans les hauteurs de Lausanne, un projet de l\u2019organisation compte environs 85 appartements. Il pr\u00e9voit trois salles communes de tailles diff\u00e9rentes, trois chambres d&rsquo;amis, ainsi que des potagers communs. Des \u00abclusters\u00bb, soit des grandes unit\u00e9s d\u2019habitation pouvant se d\u00e9cliner en plusieurs appartements autour d\u2019un espace commun, sont \u00e9galement pr\u00e9vus.<\/p>\n<p>Toujours \u00e0 Lausanne, dans le quartier de Chailly, un lot de 13 appartements dispose \u00e9galement d\u2019une salle commune et d\u2019une chambre d&rsquo;ami. \u00abTous les appartements sont modulables dans le sens qu&rsquo;il existe une pi\u00e8ce plac\u00e9e strat\u00e9giquement, pouvant \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;un ou \u00e0 l&rsquo;autre des appartements donnant sur le m\u00eame palier\u00bb, r\u00e9sume l\u2019architecte. Ce qui est gagn\u00e9 d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 est ainsi perdu de l&rsquo;autre et vice-versa. A noter qu\u2019un syst\u00e8me de \u00abclusters\u00bb est pr\u00e9vu dans tous les nouveaux projets de la coop\u00e9rative regroupant au minimum 25 logements. C\u2019est le cas \u00e0 Pra Roman, mais aussi \u00e0 Nyon ou dans le cadre d\u2019un projet d\u2019\u00e9co-quartier \u00e0 la Jonction, \u00e0 Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le bureau zurichois Galli Rudolf a r\u00e9cemment inaugur\u00e9 \u00e0 Winterthour la Giesserei, un \u00e9difice \u00abpluri-g\u00e9n\u00e9rationnel\u00bb \u00e9cologique de 155 appartements enti\u00e8rement construit en bois, \u00e0 l\u2019exception des escaliers et des doublures de protection contre les incendies. Haut de six \u00e9tages, il a \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti sur un ancien terrain de l\u2019entreprise Sulzer. Le b\u00e2timent compte 43 diff\u00e9rents types de logements. Un syst\u00e8me modulable permet de varier les tailles en passant d\u2019appartements comptant une chambre \u00e0 coucher, \u00e0 des appartements en comptant jusqu\u2019\u00e0 huit ou dix.<\/p>\n<p><strong>3. Vivre dans une maison de poche<\/strong><\/p>\n<p>Bien que la surface de logement par habitant augmente r\u00e9guli\u00e8rement, notamment en Suisse depuis plus d\u2019un si\u00e8cle, vivre dans une petite maison s\u00e9duit de plus en plus \u00e0 travers le monde. Cette tendance aux habitats de poche est tr\u00e8s marqu\u00e9e en Asie, en particulier au Japon, o\u00f9 les parcelles sont limit\u00e9es et les prix du terrain \u00e9lev\u00e9s, ce qui oblige les architectes \u00e0 r\u00e9aliser des efforts d\u2019int\u00e9gration de tous les espaces de vie sur des surfaces r\u00e9duites.<\/p>\n<p>Il semblerait cependant qu\u2019en Suisse aussi l\u2019on puisse assister prochainement \u00e0 un retour vers des logements plus petits. Selon Bruno Marchand, apr\u00e8s un pic atteint ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 50 m2 de surface habitable brute par habitant, on risque d\u2019\u00eatre contraint de revenir en arri\u00e8re si l\u2019on souhaite conserver des logements abordables, en raison de la hausse constante du prix des terrains et du manque d\u2019espace \u00e0 disposition. A Zurich par exemple, la r\u00e9f\u00e9rence est aujourd\u2019hui plus proche de 35 m2 brut. On assiste donc \u00e0 un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat de concepts renvoyant aux fondements de l\u2019architecture, notamment le module de base ou l\u2019\u00ababri primitif\u00bb, inspir\u00e9 du cabanon imagin\u00e9 par Le Corbusier.<\/p>\n<p>En Suisse, un exemple int\u00e9ressant situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de la ville de Fribourg reprend cette forme ancestrale en lui donnant une allure plus contemporaine. Afin de financer l\u2019entretien d\u2019un parc priv\u00e9 de 30 hectares, les architectes du bureau LVPH ont r\u00e9alis\u00e9, en 2012, cinq pavillons dans la v\u00e9g\u00e9tation en les affectant \u00e0 de la location. Con\u00e7us comme des volumes abstraits en bois, les constructions occupent une surface au sol d\u2019environ 30 m2. Chacune se d\u00e9veloppe sur quatre niveaux, sur neuf m\u00e8tres de hauteur, pour un total de 85 m2 de surface habitable. Equip\u00e9es de mani\u00e8re minimale (douche, cuisine, po\u00eale \u00e0 bois), elles peuvent servir d\u2019habitation pour des personnes seules ou en couple, mais aussi de bureau ou d\u2019atelier.<\/p>\n<p>Le sous-sol comprend les installations sanitaires, le chauffage et les rangements. Au niveau du parc, l\u2019entr\u00e9e s\u2019ouvre sur la cuisine. Les deux \u00e9tages sup\u00e9rieurs &#8211; d\u2019une seule pi\u00e8ce &#8211; permettent \u00e0 l\u2019occupant d\u2019emm\u00e9nager l\u2019espace disponible selon ses envies. Les fen\u00eatres coulissent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, cr\u00e9ant un rapport imm\u00e9diat et \u00abintense\u00bb avec la v\u00e9g\u00e9tation environnante. Les concepteurs souhaitaient cr\u00e9er des \u00abs\u00e9quences spatiales fortes\u00bb avec un minimum de moyens. Le projet privil\u00e9gie la sensation architecturale et pose, notamment, la question du confort et de la norme dans l\u2019habitat contemporain.<\/p>\n<p>Le responsable Paul Humbert pr\u00e9cise cependant que ce type de biens reste, pour l\u2019heure, peu fr\u00e9quent. \u00abIl s&rsquo;agit d&rsquo;un march\u00e9 de niche, principalement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;endroit appropri\u00e9 pour construire ce genre d&rsquo;objet en Suisse: les terrains \u00e0 b\u00e2tir sont grands et co\u00fbteux, avec souvent des r\u00e8glementations contraignantes.\u00bb Reste que ce projet ouvre des pistes de r\u00e9flexion int\u00e9ressantes, notamment parce qu\u2019il occupe de lieux proches de la nature qui restaient jusqu\u2019alors inoccup\u00e9s.<\/p>\n<p>A noter que le logement minimal a fait l\u2019objet de nombreuses exp\u00e9rimentations dans les ann\u00e9es 1920 et 1930 en Europe, du fait de la recherche d\u2019habitats \u00e9conomiques et sociaux, parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019industrialisation dans le domaine de la construction. \u00abLe Corbusier et Charlotte Perriand ont beaucoup explor\u00e9 le th\u00e8me de la rationalisation des cuisines, en cherchant \u00e0 les rendre plus ergonomiques, plus compactes et donc plus petites\u00bb, rel\u00e8ve Olivier Cochard, architecte bas\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve. Beaucoup d\u2019autres ont travaill\u00e9 sur le logement minimal d\u00e8s cette \u00e9poque, comme l\u2019architecte hollandais Jacobus Johannes Pieter Oud par exemple.<\/p>\n<p><strong>4. Construire en sous-sol pour densifier la ville<\/strong><\/p>\n<p>Construit dans une gigantesque fosse par le groupe Shimao Property, un h\u00f4tel de luxe de 380 chambres ouvrira prochainement \u00e0 Shanghai. Sa particularit\u00e9: plusieurs de ses \u00e9tages, ainsi qu\u2019un restaurant, se trouveront en sous-sol. A Mexico, le projet Earthscraper envisage 65 \u00e9tages sous terre. A New York, un parc souterrain en plein centre-ville devrait \u00eatre finalis\u00e9 en 2018: un syst\u00e8me utilisant la fibre optique y apportera une lumi\u00e8re \u00abnaturelle\u00bb permettant la photosynth\u00e8se. Au-del\u00e0 du marketing et de l\u2019appel \u00e0 des \u00abexp\u00e9riences uniques\u00bb en vogue dans l\u2019h\u00f4tellerie de luxe, peut-on imaginer qu\u2019apr\u00e8s la course \u00e0 la tour la plus haute, le prochain d\u00e9fi des promoteurs sera celui des \u00abgroundscrapers\u00bb?<\/p>\n<p>A l\u2019EPFL, le projet Deep City d\u00e9veloppe un outil d&rsquo;aide \u00e0 la d\u00e9cision territoriale permettant \u00e0 une ville ou \u00e0 une agglom\u00e9ration de prendre en compte l&rsquo;utilisation de ses ressources souterraines (eau, g\u00e9othermie, g\u00e9o-mat\u00e9riaux et espace) lors de l&rsquo;\u00e9laboration des plans ou des projets d&rsquo;am\u00e9nagement de son territoire. \u00abEn d\u2019autres termes, il s\u2019agit d\u2019aider \u00e0 identifier les secteurs de la ville les plus propices au d\u00e9veloppement souterrain du point de vue technique, \u00e9conomique et socio-spatial\u00bb, rel\u00e8vent les responsables Philippe Thalmann et Michael Doyle.<\/p>\n<p>Il est cependant peu r\u00e9aliste de chercher \u00e0 enterrer des surfaces d&rsquo;habitation: en Suisse, un tel logement souterrain serait m\u00eame ill\u00e9gal. \u00abLe type d&rsquo;affectation que nous souhaitons enfouir en priorit\u00e9 dans le sous-sol urbain sont des activit\u00e9s commerciales ou culturelles, telles que les centres-commerciaux et les cin\u00e9mas multiplexes, pour lesquelles on construit encore beaucoup trop souvent d&rsquo;immenses cubes borgnes en p\u00e9riph\u00e9rie.\u00bb Les parkings urbains sont \u00e9videmment aussi des candidats de premier plan pour l&rsquo;enfouissement.<\/p>\n<p>L&rsquo;hypoth\u00e8se de Deep City est la suivante: la densification et la consolidation du tissu urbain par un d\u00e9veloppement ne se limitant pas \u00e0 une construction en hauteur permettront \u00e0 des villes, qu&rsquo;elles soient en forte ou faible croissance d\u00e9mographique, de devenir des villes compactes \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du pi\u00e9ton. Le projet ne cherche pas \u00e0 promouvoir en sous-sol les erreurs commises par le pass\u00e9 en hauteur, c&rsquo;est-\u00e0-dire des zones monofonctionnelles ne supportant pas la vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;activit\u00e9s qui font l&rsquo;urbanit\u00e9 d&rsquo;une ville.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la course aujourd&rsquo;hui dans ce domaine ne devrait pas \u00eatre \u00e0 celui qui construira le plus profond\u00e9ment, \u00abmais \u00e0 celui qui r\u00e9ussira le mieux \u00e0 ma\u00eetriser les ambiances physiques en sous-sol et \u00e0 cr\u00e9er une exp\u00e9rience architecturale ou urbaine qui surprendra par son originalit\u00e9 et sa qualit\u00e9\u00bb, concluent les deux chercheurs.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Appartements de poche, logements modulables, chalets \u00e9colos, chambres d\u2019h\u00f4tel souterraines: l\u2019habitat du XXIe si\u00e8cle prend des formes toujours plus vari\u00e9es. Tour d\u2019horizon.<\/p>\n","protected":false},"author":18920,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4285","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4285","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18920"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4285"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4285\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4285"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4285"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4285"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}