



{"id":4275,"date":"2014-10-22T10:50:54","date_gmt":"2014-10-22T08:50:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4275"},"modified":"2014-10-23T08:12:01","modified_gmt":"2014-10-23T06:12:01","slug":"sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4275","title":{"rendered":"Ce que vos larmes disent sur vous"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/larmes.jpg\" alt=\"larmes.jpg\" title=\"larmes.jpg\" width=\"414\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>\u00abOn va faire une prise de sang.\u00bb Face \u00e0 bien des sympt\u00f4mes, c\u2019est dans un \u00e9chantillon d\u2019h\u00e9moglobine ou d\u2019urine qu\u2019un m\u00e9decin va chercher les \u00e9l\u00e9ments qui lui permettent de poser un diagnostic. \u00abCes deux fluides sont une mine d\u2019informations pr\u00e9cieuse sur l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 d\u2019un patient: marqueurs biochimiques, anticorps, prot\u00e9ines\u2026\u00bb, note Natacha Turck, ma\u00eetre-assistante au d\u00e9partement de biologie structurale de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>Les scientifiques s\u2019int\u00e9ressent pourtant aujourd\u2019hui \u00e0 d\u2019autres substances corporelles pour effectuer des analyses biologiques. \u00abLes tests de sang et d\u2019urine ont leurs limites: l\u2019urine est tr\u00e8s riche en sel et en cristaux, ce qui compromet la recherche de biomarqueurs prot\u00e9iques. Le sang, lui, regorge de prot\u00e9ines comme l\u2019albumine qui masquent les traces plus faibles laiss\u00e9es par d\u2019autres indicateurs.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un souffle qui en dit long<\/strong><\/p>\n<p>Parmi les champs de recherche les plus encourageants, les compos\u00e9s organiques volatils (COV) \u2013 des substances qui se trouvent dans l\u2019air ambiant et que l\u2019\u00eatre humain ing\u00e8rent en respirant \u2013 sont incontestablement les plus en vogue. Certains protocoles sont d\u00e9j\u00e0 courants, en particulier en gastroent\u00e9rologie o\u00f9 ils permettent d\u2019identifier les bact\u00e9ries pr\u00e9sentes dans le syst\u00e8me digestif.<\/p>\n<p>Le principe: le patient ing\u00e8re une quantit\u00e9 fix\u00e9e de diff\u00e9rents sucres (lactose, fructose\u2026) que d\u00e9grade ensuite son tube digestif. Ne reste qu\u2019\u00e0 comparer les traces de ce processus dans l\u2019hydrog\u00e8ne expir\u00e9 aux normes de r\u00e9f\u00e9rence pour d\u00e9tecter une \u00e9ventuelle anomalie. Le \u00abbreath test\u00bb \u00e0 l\u2019ur\u00e9e, le plus courant, permet ainsi de d\u00e9tecter la pr\u00e9sence de la bact\u00e9rie \u00abHelicobacter pylori\u00bb, responsable d\u2019une large part des ulc\u00e8res gastriques ou duod\u00e9naux.<\/p>\n<p>Et demain? Les chercheurs esp\u00e8rent pouvoir acc\u00e9l\u00e9rer le diagnostic de maladies graves que les premiers sympt\u00f4mes, voisins d\u2019affections courantes, ne permettent pas toujours d\u2019identifier suffisamment t\u00f4t: cancers de l\u2019estomac ou du poumon, maladies h\u00e9patiques\u2026 L\u2019enjeu n\u2019est pas mince en oncologie o\u00f9 la pr\u00e9cocit\u00e9 du diagnostic est essentielle.<\/p>\n<p>Le potentiel est immense et les \u00e9tudes se multiplient partout dans le monde. Le but: identifier et recenser les biomarqueurs pertinents et associer telle ou telle pathologie \u00e0 telle ou telle variation d\u2019une signature chimique, d\u00e9tect\u00e9e par des \u00abnez\u00bb \u00e9lectroniques.<\/p>\n<p>Chez Tecnalia, l\u2019un des plus grands groupes priv\u00e9s de recherche d\u2019Espagne, on d\u00e9veloppe des biocapteurs \u00abcapables de d\u00e9tecter la pr\u00e9sence d\u2019une large gamme de marqueurs du cancer du poumon dans l\u2019air expir\u00e9, explique Eva Ibanez, responsable du d\u00e9partement d\u2019innovation m\u00e9dicale. En parall\u00e8le, nous avons am\u00e9lior\u00e9 la sensibilit\u00e9 des appareils.\u00bb Apr\u00e8s avoir recueilli des \u00e9chantillons d\u2019haleine aupr\u00e8s des patients d\u2019un h\u00f4pital associ\u00e9, les \u00e9quipes de Tecnalia les ont compar\u00e9s avec ceux de personnes saines afin d\u2019identifier les compos\u00e9s les plus pertinents.<\/p>\n<p><strong>De la sueur et des larmes<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du souffle, le futur de l\u2019analyse pourrait bien se situer dans les yeux ou sous les aisselles des patients: les larmes et la sueur font partie des fluides les plus prometteurs. Natacha Turck travaille depuis des ann\u00e9es \u00e0 rep\u00e9rer les biomarqueurs prot\u00e9iques mais aussi les parasites pr\u00e9sents dans les larmes. Ils seraient susceptibles de d\u00e9tecter une infection virale, d\u2019orienter le diagnostic m\u00e9dical, d\u2019identifier des risques d\u2019AVC ou de faciliter le suivi de maladies comme la scl\u00e9rose en plaques.<\/p>\n<p>\u00abCes tests ont l\u2019avantage d\u2019\u00eatre indolores, peu co\u00fbteux, rapides et pratiques: il suffit de placer un buvard contre la corn\u00e9e pour r\u00e9cup\u00e9rer un \u00e9chantillon\u00bb, explique Natacha Turk. La sueur? Un peu plus long, mais aussi pratique: un simple patch, port\u00e9 quelques jours, permet de rassembler les quantit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019analyse de marqueurs m\u00e9taboliques capables de donner des indications sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des patients canc\u00e9reux. Et donc d\u2019adapter le suivi th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>\u00abDans le cas de patients jusqu\u2019ici soumis \u00e0 des ponctions lombaires r\u00e9guli\u00e8res, le gain est \u00e9vident. Et financi\u00e8rement parlant, les syst\u00e8mes de sant\u00e9 pourraient y gagner\u00bb, anticipe Natacha Turk. Comme pour les COV, le principe est acquis. Reste \u00e0 mener \u00e0 bien le patient travail d\u2019\u00e9tudes cliniques qui permettra d\u2019\u00e9tendre le champ de ces nouvelles analyses biologiques. \u00abNous n\u2019en sommes qu\u2019aux d\u00e9buts mais les applications concr\u00e8tes sont \u00e0 port\u00e9e de main.\u00bb D\u2019ici 5 \u00e0 10 ans, l\u2019analyse des larmes pourrait ainsi \u00eatre aussi pertinente que celle du sang.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Les tests d\u2019autodiagnostic cr\u00e9ent le d\u00e9bat<\/strong><\/p>\n<p>Les progr\u00e8s techniques ont permis de commercialiser \u00e0 bas co\u00fbt diff\u00e9rents examens biologiques autrefois r\u00e9serv\u00e9s aux laboratoires: glyc\u00e9mie, cholest\u00e9rol et certains cancers peuvent d\u00e9sormais \u00eatre diagnostiqu\u00e9s \u00e0 domicile gr\u00e2ce \u00e0 des tests facilement utilisables.<\/p>\n<p>De l\u00e0 \u00e0 envisager une vente libre, il n\u2019y a qu\u2019un pas. Si les autorit\u00e9s de sant\u00e9 y voient une piste de r\u00e9duction du co\u00fbt et de la dur\u00e9e des parcours de soins, certains m\u00e9decins restent dubitatifs, redoutant les effets d\u2019une mauvaise utilisation de ces tests: faux positifs, interpr\u00e9tation erron\u00e9e\u2026 M\u00eame son de cloche du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OSFP), qui estime que toute analyse biologique ne peut s\u2019interpr\u00e9ter que dans un contexte professionnel.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine IN VIVO (no 3 \/ juillet 2014).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sang ou l&rsquo;urine ne sont plus les seuls fluides corporels qui permettent de livrer un diagnostic. De nouveaux terrains d\u2019analyse m\u00e9dicale font leurs preuves. <\/p>\n","protected":false},"author":20148,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4275","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4275","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20148"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4275"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4275\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4275"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4275"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4275"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}